Le livre d'octobre 2011

 

 

 

 

 

Carlo CITTER, Antonia ARNOLDUS-HUYZENDVELD

 

Uso del suolo e sfruttamento delle risorse

nella pianura grossetana nel Medioevo

Verso una storia del parcellario e del paesaggio agrario

 

Ed. Artemide, Roma 2011, 160 p.

 

 

 

 

 

 

Présentation

 

Questo libro nasce in risposta ad un bando del Comune di Grosseto per una pubblicazione sull’uso del suolo e lo sfruttamento delle risorse nel territorio della città di Grosseto nel Medioevo. L’occasione era particolarmente appetibile non certo per riproporre il noto, ma per andare avanti e individuare una nuova metodologia di studio integrato dell’ambiente e del paesaggio antropico nella sua dimensione temporale. Il punto di partenza è ovviamente il lavoro che abbiamo condotto per l’edizione degli scavi urbani a Grosseto nel 2007, di cui presentiamo una breve sintesi, aggiornata ed emendata dove necessario. Ma lo scopo dichiarato di questo libro è costruire un sistema di categorie di segni lasciati sul paesaggio e sulla cartografia storica per arrivare ad indicare quali siano le aree potenzialmente più promettenti per ottenere dati archeologici ancorati a cronologie assolute sulla stratificazione del parcellario agrario. L’immagine a colori in copertina è infatti la visualizzazione grafica dell’ultima opera di bonifica realizzata negli anni ‘30 del XX secolo.

A monte è la convinzione che l’archeologia italiana debba superare la pur fruttuosa stagione sitocentrica per andare ad indagare il tessuto connettivo, il contenitore dei siti: il paesaggio.

 

Ce livre, dont l'opportunité est venue d'une demande de la commune de Grosseto, a été une occasion pour les auteurs d'aller de l'avant et de proposer de nouvelles méthodes d'étude, intégrées au milieu et au paysage anthropique, dans sa dimension temporelle. Partant des fouilles urbaines réalisées en 2007, le but déclaré de ce livre est de « construire un système de catégories d'indices laissés dans le paysage et dans la cartographie historique pour arriver à indiquer quels sont les aires potentiellement les plus prometteuses pour obtenir des données archéologiques ancrées dans une chronologie absolue par la stratification du parcellaire agraire ».

Toujours selon la quatrième de couverture, l'ambition est de passer de la fructueuse saison sitocentrique, pour aller vers le tissu de mise en relation, celui qui contient les sites, c'est-à-dire le paysage.

 

 

Sommaire

 

Présentations

 

Les motivations, les objets et la méthodologie de ce projet

 

Les données disponibles sur le territoire de Grosseto pour le Moyen Âge : limites et potentialités

— Sources géospatiales

— Sources non géospatiales : un regard d'ensemble

 

L'étude du parcellaire et du paysage agraire dans le territoire de Grosseto au Moyen Âge : une approche intégrée

 

Le paysage agraire et l'exploitation des ressources du territoire de Grosseto au Moyen Âge : points assurés et questions ouvertes

 

Les prospectives de la recherche : les recherches sur le terrain et la vérification des traces

 

Bibliographie

 

 

Commentaires

 

Ce livre (Usage du sol et exploitation des ressources dans la plaine de Grosseto au Moyen Âge. Vers une histoire du parcellaire et du paysage agraire) se présente comme une étude d'histoire du paysage agraire de la région de Grosseto, petite ville de Toscane méridionale, entre Livourne et Rome. Il a des aspects indéniables de monographie locale, par son propos et son lien identitaire avec la collectivité territoriale. Les auteurs sont des chercheurs de l'Université de Sienne.

 

Cependant, voici un ouvrage intéressant qu'on aurait tort de prendre rapidement pour une monographie de plus. La raison est la suivante. Désireux de faire une étude du territoire de Grosseto au Moyen Âge, les auteurs rencontrent immédiatement le vrai problème, celui de la méthode. Bons connaisseurs de l'état de l'art, ils voient bien qu'ils ont à leur disposition plusieurs méthodes qui n'aboutiront pas aux mêmes résultats. L'une est la méthode anglo-saxonne qui donne la priorité à la question de la genèse du village et de la communauté rurale, qui fait du Domesday Book la base de son travail, et qui donc, se situe dans une approche manoriale de l'espace agraire. Une autre est l'approche espagnole qui met l'accent sur les grands systèmes hydrauliques. L'approche française est celle de l'analyse des formes, à l'honneur depuis que Marc Bloc en a signalé l'intérêt.

Pourtant, ils sont conscients des inadaptations que telle ou telle méthode peut présenter, et, selon eux, malgré le caractère “fascinant” (c'est leur mot) du terme field system, ils observent que la méthode anglaise peut induire, en Italie, un préjudice, à savoir qu'il s'agisse précisément d'une superposition de systèmes. Quelques éclaircissements auraient été ici nécessaires.

Conscients des errements du passé, les auteurs écrivent, avec un recul critique qui attire immédiatement l'attention (p. 12, dans ma traduction) : « Si nous étions partis avec l'intention de chercher la centuriation romaine de Rosselle, nous l'aurions probablement trouvée. Si nous étions partis de la volonté de trouver sur le terrain les signes de la seigneurie siennoise ou florentine ou de celle des Aldobrandeschi, les preuves n'auraient pas manqué pour soutenir telle ou telle thèse ».  En écrivant ceci, ils ont explicitement en tête le risque du déterminisme et de l'idéologie.

 

Sur de telles bases, et avec cette conscience en éveil, que font les auteurs ? Il est intéressant de voir que, de chapitre en chapitre, ils exploitent les différentes méthodes qu'ils ont relevées dans leur propos liminaire. On trouve ainsi à la fois une étude de la distribution des faits dans le territoire selon  les méthodes anglaises de l'analyse économique de l'espace (site catchment analysis) ; une analyse géoarchéologique des conditions dynamiques de la plaine alluviale de Grosseto ; une étude des potentialités agricoles des sols (il aurait été intéressant qu'ils disent ce qu'ils pensent de la méthodologie du programme Archaeomedes qui a traité ce thème) ; une étude du réseau viaire (mais il manque la référence aux travaux d'Éric Vion et à la thèse de Sandrine Robert qui a très bien formalisé la notion d'attracteurs dans la dynamique des réseaux) ; une étude des formes planimétriques, sur la base d'une compilation de la cartographie ancienne et de la photo-interprétation (là encore il manque la référence aux travaux de l'école d'archéogéographie, encore complètement inconnus, notamment les travaux de Robin Brigand). Il n'empêche, tout ceci est riche et prometteur.

 

La déclaration citée ci-dessus et ses implications épistémologiques appellent néanmoins des observations. Une observation peut être faite. S'il est utile de se prémunir d'un déterminisme morpho-historique, l'effet inverse peut également exister : d'où la nécessité, aussi, de concevoir pour ne pas passer à côté de réalités sociales. Pourquoi, en effet, refuserait-on de voir des faits historiques, par crainte d'une lecture “déterministe ou idéologique” (p. 12). Sait-on, d'ailleurs, évaluer combien de réalités on refuse de voir sous ce prétexte ?

Les auteurs savent se prémunir de lectures morpho-historiques trop faciles et il faut leur en savoir gré. Ils expérimentent, par exemple, différentes élaborations cartographiques (pages 114 à 133), en superposant des grilles à des relevés de traces, afin d'évaluer la pertinence des éventuelles centuriations. On annonce, dans ces régions, des modules de 16 par 32 actus, des orientations diverses, mais l'absence d'indices probants pour la reconstitution des limites ne permet pas de dépasser la simple hypothèse de travail. Les auteurs concluent donc à la faiblesse des indices. Comme une grande partie du territoire qui entoure Grosseto est dans une situation de remplissage alluvial, la lecture des formes tout autant que le relevé de traces fossiles sont peu concluants. Parce que les auteurs ont pris soin de réaliser une compilation des limites viaires et parcellaires du plan cadastral de 1823, afin de ne pas tenir compte des parcellaires géométriques actuels de la plaine, force est de dire que leur figure de la page 126 permet de relativiser cette partie du travail. Le résultat est qu'ils fragilisent un peu plus les espoirs de ceux qui pensaient, ici, pouvoir lire les centuriations à livre ouvert.

 

En définitive, ce livre est intéressant par la qualité de l'interrogation méthodologique des auteurs. C'est de très bon augure pour la suite de leurs recherches.

 

 

GC septembre 2011

 

 

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