Le livre de septembre 2011

 

 

 

 

 

Samira SEHILI

 

Huileries antiques de Jebel Semmama

 

 

Centre de Publication universitaire,

Faculté des Lettres, Arts et Humanités de la Manouba,  Tunis 2009, 494 p.

 

 

 

 

 

 

Présentation

 

Situé dans la région de Kasserine, le Jebel Semmama appartient aux Hautes Steppes tunisiennes et prolonge le massif  de Châambi vers le Nord-Est. Fruit d'une prospection archéologique minutieuse, ce travail révèle les derniers témoins d'une activité jadis florissante dans cette région, les huileries à jumelles dont le nombre, la taille et la diversité constituent l'originalité du secteur étudié.

Le livre est issu de la thèse de l'auteure.

 

 

L'auteure

 

Samira Sehili, historienne de formation, est maître de conférences en histoire et archéologie romaine à la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Manouba (à Tunis), en Tunisie. Elle fait partie de l'équipe de la carte archéologique de Tunisie. Dans le cadre de ses activités de recherche et aussi de l'école doctorale, elle organise des rencontres avec des spécialistes de l'archéologie et des nouvelles méthodes de recherche sur le monde rural, pendant toute l'année universitaire ("l'archéologie rurale: méthode et apport de la recherche").

 

Sommaire

 

Présentation (p. 9)

Première Partie : Inventaire du matériel oléicole  (p. 21)

 

Deuxième Partie : Typologie et distribution spatiale du matériel oléicole (p. 133)

Chapitre 1 — Typologie des plateaux de broyage, des plateaux de pressoir, des contrepoids et des auges (p. 135)

Chapitre 2 — Typologie et distribution spatiale des pressoirs à jumelles (p. 181)

Chapitre 3 —  Les huileries et leurs édifices annexes p. 217)

 

Troisième partie : L’équipement hydraulique et le problème de l’organisation de l’espace (p. 297)

Chapitre 1—  L’équipement hydraulique de J. Semmama (p. 299)

Chapitre 2 — Les centres de production oléicole et l’organisation de l’espace (p. 351)

Chapitre 3 — Le problème de la datation et l’essor économique de la Haute Byzacène (p. 407)

 

Conclusion (p. 453)

Indices (p. 459)

Bibliographie (p. 477)

 

 

Commentaires

 

La synthèse de Samira Sehili porte sur une région de 640 km2 qu'elle a patiemment explorée pour en faire la carte archéologique, avec l'intention d'apporter une contribution à l'étude de l'oléiculture antique et des grands domaines dans cette région de l'Africa antique. La région est située au centre-ouest de la Tunisie, à proximité de la frontière avec l'Algérie. C'est une région montagneuse, où l'altitude moyenne dépasse souvent 1000 m. 

Or il se trouve que le sol de cette région est parsemé de vestiges originaux qui se signalent à l'attention. On voit en effet d'assez nombreux montants parallèles surmontés d'un linteau, formant des espèces de dolmen antiques alignés : ce sont, en réalité, des éléments d'anciennes huileries, restés en élévation et qui dominent des champs de ruines. Nommées “jumelles”, ces pièces architectoniques correspondent à des éléments qui se trouvaient entre les pressoirs et les bassins de dépôt.

 

La série des jumelles du gisement d'Henchir El Begar 2 (site 20 de la carte ci-dessous)

 

 

Mais il faut prendre de la hauteur et se situer au niveau plus général de l'ensemble de la feuille étudiée pour mesurer l'intérêt. Le résultat de la prospection de la feuille topographique de Jebel Semmama, est de fournir 119 gisements archéologiques, dont 77 sont des huileries ou comportent des éléments de fabrication de l'huile d'olive. Certaines sont de véritables huileries industrielles dont le livre offre l'étude détaillée, technique, économique et sociale. Cet inventaire complète donc de façon appropriée la série déjà dense des informations sur la production oléicole antique en Afrique du Nord.

 

 

 

 

Cette activité se développe vraiment au cours du IIe s. de notre ère (au moins dans la partie nord de la zone étudiée, autour du Saltus Beguensis), et reste intense au delà du IVe s., certains établissements donnant des signes d'occupation jusqu'aux VIe et même VIIe s. Plus au sud, l'apparition des établissements est peut-être plus tardive. Quand peut-on commencer par parler du déclin de cette activité ? Certainement pas aux IIIe et IVe s., ce qui tranche avec d'autres régions du monde romain. Le processus de déclin ne s'amorce qu'au Ve s.

Exploitant les données de ses propres prospections de terrain, les archives des anciens prospecteurs, l'épigraphie, utilisant des photographies aériennes pour étudier le milieu physique et parcellaire dans lequel sont situés les gisements inventoriés, l'étude de Samira Sehili s'avère une enquête archéologique très complète et, déjà, le début d'une interrogation archéogéographique.

 

 

 

GC septembre 2011

 

 

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