Le livre de juin 2010

 

 

 

Sous la direction de

Olivier Passarrius, Aymat Catafau, Michel Martzluff

 

Archéologie d’une montagne brûlée

Massif de Rodès, Pyrénées-Orientales

 

Éditions Trabucaire/Conseil Général des Pyrénées-Orientales, Canet 2009, 504 p.

 

 

 


 

 

Présentation de l’ouvrage

 

(4e de couverture)

 

Le 22 août 2005 un incendie détruit 1970 hectares de maquis et de forêt aux portes du Conflent, dans le département des Pyrénées-Orientales. Depuis la route qui longe la Têt, le regard est frappé par la variété du paysage révélé par le feu. Partout des terrasses, à perte de vue, accrochées à des pentes quasiment verticales.

De la végétation calcinée émerge un vaste espace minéral transformé à la main par des générations d’hommes et de femmes. C'est l'histoire de ces hommes et de ces femmes, l'histoire de cette montagne brûlée et de ses paysages que nous avons voulu comprendre.

Un projet d'étude diachronique des occupations humaines et de l'évolution des paysages a été mis en place dès l'automne 2005, avec des chercheurs d'horizons différents (archéologues, historiens, géologues, géographes). Cet ouvrage synthétise les résultats de quatre années de travaux.

Pour la première fois après un incendie de forêt, l'archéologie restitue l'histoire d'une montagne des contreforts pyrénéens, depuis le Paléolithique et l'âge du Bronze jusqu'aux crises de la viticulture et aux industries disparues du siècle dernier. En espérant, pour une fois au moins, que no hi hagi mal que per bé no vingui, qu'à quelque chose malheur ait été bon.

 

 

Contributeurs de l’ouvrage

 

L’ouvrage est un travail collectif réunissant de nombreux chercheurs :

Patrice Alessandri. Patrick Barthes. Marjorie Bernat-Gaubert. Marc Calvet. Jean-Pierre Comps. Carine Coupeau-Passarius. Johanna Faerber. Denis Fontaine. Pierre Giresse. Richard Iund. Céline Jandor. Jérôme Kotarba. Peter McPhee. Nicolas Marty. Sabine Nadal. Valérie Porra-Kuténi. Alain Vignaud.

Les directeurs de l’ouvrage sont :

Olivier Passarrius, docteur en histoire médiévale, Pôle archéologique Départemental

Aymat Catafau, maître de conférences à l’Université de Perpignan (CRHiSM)

Michel Martzluff, maître de conférences à l’Université de Perpignan (UMR 5608 du CNRS)

 

L’ouvrage comprend une introduction, 17 chapitres, une conclusion et cinq annexes.

 

 

Commentaires

 

Ce livre somptueux constitue le bilan d’une recherche d’archéologie dans un paysage  fortuitement remodelé par l’incendie et rendu de ce fait beaucoup plus transparent qu’il ne l’était avant le sinistre. L’enquête approfondie menée par l’équipe de chercheurs a mis en évidence une occupation très poussée du massif, mais marquée par l’alternance des conquêtes et des déprises. Les grandes phases de l’occupation ancienne sont l’âge du Bronze, particulièrement riche, et le Moyen Âge, période pendant laquelle des villages apparaissent à l’époque carolingienne pour commencer à être désertés à la fin du XIVe et au XVe s. Mais l’essentiel de la planimétrie agraire dévoilée par l’incendie, avec ses innombrables terrasses, ses cortals ou bergeries, et ses 300 cabanes à encorbellement, a été édifié à l’époque moderne, et est encore en construction au début du XIXe s., lorsque le plan cadastral napoléonien en offre déjà une vue déjà très instructive.

Les thèmes dominants sont l’habitat, les activités agraires, l’extraction du marbre et de la pierre à bâtir, la circulation, l’édification de la planimétrie agraire, et, bein entedu, le rythme et le temps des choses.

On doit relever la qualité globale de l’ensemble du livre, servi par une édition très soignée. À la précision des descriptions et études archéologiques répond une illustration éloquente, souvent intelligemment commentée, comme dans le cas des explications des extraits du plan cadastral du XIXe s , et une cartographie très claire.

On suggèrera simplement ce qui devrait être un prolongement du travail à défaut d’avoir pu être un point de départ : la réalisation d’une cartographie de compilation traitée dans un système d’information géographique, qui aurait permis ou qui permettra de poser les bases d’une analyse morphologique plus inventive encore. L’étude du réseau routier et celle de l’occupation du sol dans son ensemble y gagneront. 

(GC)

 

 

Plan du village médiéval de Ropidera (plan O. Passarrius, DAO, M. Martzluff)

 

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