Le livre d’avril 2010

 

 

 

 

Géocarrefour

Vol. 84, n° 4

 

Géohistoire/Géo-histoire.

Quelles méthodes pour quel récit ?

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de la revue

 

Une fois n’est pas coutume, le “livre du mois” est un tome d’une revue, une revue de géographie. Géocarrefour est en effet une revue éditée et en ligne, publiée par l’Association des amis de la Revue Géographique de Lyon quatre fois par an.

http://geocarrefour.revues.org/

 

Sommaire du numéro

 

(p. 211) Introduction

Nicolas Jacob-Rousseau

 

(p. 217) Ce que le temps fait aux formes planimétriques : du péché originel de l’analyse de morphologie agraire à sa réhabilitation

Gérard Chouquer

 

(p. 229) Sources historiques et problématiques de recherche en géographie des risques naturels

Jean-Marc Antoine

Bertrand Desailly

Anne Peltier

 

(p. 241) Questions géographiques, sources historiques. Pourquoi Rome devint capitale de l’Italie ?

Géraldine Djament-Tran

 

(p. 249) Enseigner l’histoire-géographie àpartir d’une étude de cas géohistorique. Retour sur une expérience pédagogique conduite avec un SIG

Sylvain Genevois

Philippe Briat

Thierry Joliveau

Adrien Meon

 

(p. 259) Enseigner l’inondation : la presse quotidienne régionale dans les Alpes et leur piémont (1882-2005)

Yves-François Le Lay

Anne Rivière-Honegger

 

(p. 271) Le recensement général de l’agriculture de 1955, une référence pour les géographes ?

Florence Richard-Schott

 

(p. 228) Comptes rendus d’ouvrages

 

 

 

Commentaire

 

Le dossier que propose Nicolas Jacob-Rousseau est intéressant à plus d’un titre. Invité par plusieurs essais récents, dont celui de Christian Grataloup paru en 2007, à faire le point sur le développement des travaux de géohistoire, N. Jacob-Rousseau a souhaité organiser la matière de son dossier autour de quelques questions majeures.

La première est une interrogation sur la signification profonde du renouveau de l’étude de la dimension géographique des sociétés anciennes. Une autre est le lien de plus en plus fréquent fait entre passé et environnement dans les recherches dites paléo-environnementales. De même, la prise en compte de la durée dans l’appréciation des risques ouvre des champs nouveaux à l’expertise. Enfin, le développement toujours plus marqué de la dimension patrimoniale des sociétés actuelles conduit à se poser la question : qui collecte et interprète les archives et pour quels projets de restitution ?

 

Le dossier réuni illustre bien tout l’intérêt et les contradictions normales de l’entreprise, dès lors qu’on se fixe comme objectif de réfléchir à « quel récit » on peut aboutir.

En le lisant, il me semble qu’on peut désormais présenter le redéploiement actuel de la recherche à partir de trois entrées, tout aussi légitimes les unes que les autres, mais qui ne facilitent pas l’exercice de la synthèse et l’écriture du récit :

1.      restituer des passés périodisés, démarche d’historien et d’archéologue qui doit éviter le danger d’actualisme. Le point de départ est alors “historique”, et la connaissance passe par une anthropologie historique de l’espace afin de comprendre comment une société donnée le concevait.

2.      rechercher des héritages : la démarche part alors d’une question présente (exemple, le risque d’inondation) pour chercher dans la profondeur temporelle des raisons de comprendre, de prévenir, de réagir. C’est d’une réactivation de la mémoire volatile des sociétés dont il est question.

3.      étudier des dynamiques géographiques dans la durée, celles des objets “naturels” (les fleuves, qui ont aussi, comme chacun le sait désormais, une histoire), ou celles des objets “sociaux” (les morphologies agraires ou urbaines, par exemple), ce qui conduit à mettre en évidence des effets dynamiques spécifiques que ne rencontre pas aisément la première approche. C’est plus particulièrement le domaine de l’archéogéographie, dans sa volonté de promouvoir des objets jusqu’ici peu étudiés, comme la dynamique de longue durée des parcellaires.

 

Une seconde livraison complètera ce premier dossier et elle portera sur « l’évolution des paysages ».

 

 

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