Le livre de novembre 2009

 

Michel PROVOST

La Côte-d'Or

Collection : Carte archéologique de la Gaule

 

Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Maison des Sciences de l'Homme

3 volumes, Paris 2009, volume 1, 560 p. ; volume 2, 656 p. ; volume 3, 464 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

La table des matières

 

Volume 21 / 1

 

Bibliographie

 

Synthèses d'introduction sur le département

- Pierre Rat : le conditionnement géologique

- Françoise Vignier : histoire de la recherche archéologique en Côte-d'Or

- Yves Pautrat : Paléolithique et Néolithique

- Claude Mordant : l'Âge du Bronze

- Philippe Barral : le second Âge du Fer

- René Goguey : archéologie aérienne

- Dominique Goguey et Yves Pautrat : parcellaires sous les forêts en Chatillonais

- Gérard Chouquer : archéogéographie des trames planimétriques

- Christian Vernou : la viticulture antique

- Michel Reddé : l'armée et les affaires militaires

- Michel Reddé : les ouvrages militaires romains

- Philippe Chassignet : les voies romaines

- D. et R. Ratel : la voie de Chalon à Boulogne

- Michel Mangin : Agglomérations et campagnes de Côte-d’Or à l’époque romaine

- Michel Mangin : le fer dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge

- Simone Deyts : les sanctuaires

- Simone Deyts : la sculpture.

 

Inventaire archéologique

Communes d'Agencourt à Alise-Sainte-Reine

(dans cet inventaire, l'étude monographique du site d'Alesia occupe les pages 349-539)

 

Index

 

Volume 21 / 2

 

Inventaire archéologique (suite)

Communes d'Allerey  à Normier

(dans cet inventaire, l'étude monographique du site de Dijon occupe les pages 229-304, et celle du site de Mâlain les pages 457 à 495)

 

Volume 21 / 3

 

Inventaire archéologique (suite et fin )

Communes de Nuits-Saint-Georges à Voulaines-les-Templiers

(dans cet inventaire, l'étude monographique du site des Bolards à Nuits-Saint-Georges occupe les pages 5-44, et celle du site de Vertault les pages 248 à 380)

 

 

 

Présentation de l'ouvrage

 

 

Ce monumental ouvrage est le fruit d'un projet de 20 ans qui a d'abord suscité l'incrédulité avant de connaître une phase de réalisation. Mais il n'aurait jamais vu le jour si le responsable de la collection n'avait lui-même pris les choses en mains et assuré la rédaction du corps de l'ouvrage. Ces 1680 pages témoignent donc de l'opiniâtreté de Michel Provost et sont, pour l'essentiel, à mettre à son crédit.

La Côte-d'Or est, on le sait depuis longtemps, un département riche en vestiges parmi les département fortunés.

 

 

L'image aérienne, la planimétrie et l'archéogéographie

 

C'est une heureuse surprise. Cette carte archéologique rassemble trois études qui, chacune à sa façon, témoignent de l'intérêt pour les planimétries et les documents qui les font connaître.

La première est celle de René Goguey, qui dresse un bilan de 50 ans de prospections aériennes en Côte -d'Or et offre un album de ses clichés les plus remarquables.

Vient ensuite l'étude sur les parcellaires situés sous les forêts du Chatillonnais. Dominique Goguey et Yves Pautrat en donnent une étude et une carte de synthèse, qui ouvre des perspectives intéressantes sur l'occupation des sols.

Enfin, l'étude de G. Chouquer sur l'archéogéographie des trames planimétriques (lire la présentation) propose à la fois des études très détaillées de certains secteurs et un cadre d'analyse.

Le résultat est que la Carte Archéologique de la Côte-d'Or consacre plus de 110 pages aux planimétries en les faisant entrer de façon neuve dans la documentation archéologique.

 

 

 

Des monographies majeures

 

Un autre aspect remarquable de l'ouvrage et sans doute son point le plus fort, est la série des monographies que Michel Provost a réalisées sur les sites d'Alesia, Mâlain, Dijon, Vix, Vertault, les Bolards à Nuits-Saint-Georges et qui offrent des études fondamentales pour des agglomérations antiques importantes.

De la lecture de ces dossiers ce qui ressort va au delà de l'inventaire, bien que celui-ci soit à chaque fois scrupuleux et abondant. Ce qu'on devine c'est l'intérêt de ces sites fortuitement regroupés par l'histoire dans le département de la Côte-d'Or, et à travers lesquels on sent que se posent de vraies questions d'histoire et d'archéologie de l'Antiquité.

Le lecteur trouvera par exemple avec Dijon un cas original entre tous puisque ce site donne une documentation exceptionnelle (épigraphie, statuaire, blocs architectoniques) alors qu'aucun urbanisme n'apparaît avant l'Antiquité tardive, et alors que le site de Dibio a été déplacé, migrant des parages de la voie romaine  au site bien connu du castrum.

Lux retient aussi l'attention, avec l'immense ensemble romain qu'il faut sans doute associer à la station militaire voisine de Til-Châtel. Ce site ressemble à une villa mais en dépasse peut-être le type, au point qu'on hésite à l'intégrer dans le réseau ordinaire des exploitations agricoles, même grandes. Si ce n'est pas une villa, de quoi s'agit-il ?

Le cas de l'agglomération de Vertault, au nord-ouest du département, est passionnant. Voilà un site pour lequel on a une mention de vicus (CIL XIII, 5661), ce qui n'est pas si fréquent, et qui rassemble une série vraiment surprenante de particularités : une ville de métallurgiste et de forgerons, avec des thermes romains où il n’y a pas une source ; autrement dit, une ville qui fonctionne uniquement avec l’eau de pluie (p. 255) ; une place centrale vide entourée d’un sanctuaire indigène, d’un sanctuaire romanisé, d’un sanctuaire de l’eau devenu sanctuaire impérial (comme à Glanum) entourée de forgerons et de métallurgistes fabricant de petits objets d’une qualité exceptionnelle, notamment avec une spécialité dans les alliages à base de cuivre. Cette ville urbanisée, avec un plan structuré et des insulae quelquefois en losange, n'a pas de véritable forum, alors qu'Alesia, de taille comparable ou à peine un peu supérieure, en a un.

 

 

 

 

 

Accès privé