Le livre d’octobre 2007

 

Samuel LETURCQ, Un village, la terre et ses hommes, Toury-en-Beauce (XIIe-XVIIe siècle), ed. du CTHS, Paris 2007, 568 p.

 

 

 

 

 

Ce livre, issu d’une thèse, raconte l’histoire discrète d’une petite terre de Beauce à partir de l’observation minutieuse des structures d’exploitation d’un terroir sous l’Ancien Régime, Toury-en-Beauce, commune d’Eure-et-Loir et ancienne possession de l’abbaye de Saint-Denis. L’auteur démonte les ressorts d’une dynamique en remontant progressivement jusqu’au XIIe siècle et en faisant tomber, pas à pas, quelques certitudes qui sont rien moins qu’acquises. Parmi ces « préjugés » (le mot est de l’auteur, p. 442) : le repli des communautés sur elles-mêmes, la soumission des exploitants à un régime de contraintes communautaires rigide, fixité de l’institution communautaire à l’époque médiévale et moderne.

Il s’agit d’un ouvrage d’histoire agraire qui postule que pour réussir à étudier le fonctionnement d’un système agraire médiéval, il ne faut pas hésiter à installer l’objet dans un processus évolutif qui franchisse la « frontière » du XVe siècle et associe, dans une même réflexion, les derniers siècles du Moyen Âge et les trois siècles de l’époque moderne (p. 11-12).

Cet ouvrage se revendique, aussi, de la micro-analyse, afin d’accéder à l’horizon quotidien des paysans. Ce faisant, l’auteur entend ne jamais considérer l’analyse de Toury-en-Beauce et celle de Rouvray-Saint-Denis, comme représentative de l’ensemble de la situation beauceronne. La micro-analyse n’est pas la recherche d’une exemplarité.

L’auteur aboutit à quelques conclusions majures. La communauté agraire n’est pas assimilable à la communauté paroissiale, alors que le discours officiel de l’époque souhaiterait qu’il en soit ainsi. Cette société rurale fragmentée n’est pas fermée et pratique les relations intercommunautaires. L’assolement se fait sans contraintes collectives, mais par des accords de gré à gré entre exploitants. Le système est donc souple, n’interdisant pas des pratiques individuelles. Bref, à Toury, le système agraire en vigueur pendant la période médiévale et moderne ne correspond pas aux traits réputés classiques d’un openfield system.

 

Table des matières de l’ouvrage

 

Première partie — Aspects méthodologiques

Chapitre 1 - Le concept d’openfield : une notion floue

Chapitre 2 - Une étude historique fortement orientée selon des préoccupations ethnographiques et géographiques

 

Deuxième partie — Une structure agraire collective dans les derniers siècles de son existence : Toury-en-Beauce (XVIIe-XIXe s.)

Chapitre 1 - Les structures de la propriété foncière et de l’exploitation au sein du finage de Toury en 1696

Chapitre 2 - Communautés et « intercommunalité » à Toury. La difficile définition d’un territoire agraire

Chapitre 3 - La gestion de l’assolement : pratiques collectives et individualisme agraire

 

Troisième partie — L’élaboration médiévale d’une structure agraire communautaire (XIIe-XVe siècle)

Chapitre 1 - Le prélèvement seigneurial à Toury au bas Moyen Âge : une typologie sophistiquée

Chapitre 2 - Toury aux XIVe-XVe siècles. L’organisation complexe d’un terroir agraire communautaire

Chapitre 3 - Les structures de l’exploitation agricole au XVe siècle. Le cas de Rouvray-Saint-Denis.

Chapitre 4 - XIIe-XIVe siècles. Une période de bouleversements : l’implantation des fondements de la structure agraire tourysienne du bas Moyen Âge.

 

Annexes (12 annexes, pp. 451-503)

Pièces justificatives (pp. 504-526)

Sources

Bibliographie

Table des figures

Table des tableaux

Table des graphiques

 

 

L’auteur

 

Samuel Leturcq est maître de conférences en histoire médiévale à l’Université de Tours. 

Accès privé