Le livre de septembre 2007

 

Heike BUNGERT, Cora LEE KLUGE et Robert C. OSTERGREN (ed), Wisconsin German. Land and life, ed. University of Wisconsin, Madison 2006, 262 p,

 

 

 

 

 

Ce livre est le résultat d’un projet de recherche coopératif entre des chercheurs américains du Max Kade Institute for German-American Studies de l’Université de Madison (Wisconsin) et allemands de l’Institute of Anglo-American History de l’Université de Cologne, tous travaillant sur la question de l’immigration au XIXe s. Les immigrants étudiés sont des Allemands issus des rives du Rhin, du Westerwald, de Cologne, de l’Eifel, et de la Hesse rhénane pour aller se fixer en différentes villes et régions du Wisconsin : Reeseville, Cross Plains, Holyland, et dans les comtés de Calumet, de Washington et Sheboygan. L’originalité de l’approche est de tenter une histoire comparée des populations et de leur du rapport à la terre, à la fois dans leurs régions d’origine en Europe et dans leurs nouvelles destinations. Sont ainsi comparées la démographie, l’histoire familiale, l’habitation, l’exploitation, les cadastres, et la place de ces émigrants dans les arpentages et l’exploitation forestière.

Ce qui fait le lien de cette étude, ce sont donc les groupes eux-mêmes, dans leur pérégrination. L’histoire commence sur une terre et se termine sur une autre, et le processus migratoire lui-même n’est pas oublié. Défendant le principe d’une histoire régionale, l’ouvrage prend appui sur des travaux de l’Université de Madison qui vont en ce sens et qui promeuvent une histoire située entre le niveau micro-local des histoires individuelles et familiales et le niveau macro des histoires centrées sur les ensembles nationaux, étudiant par exemple « les Allemands en Amérique ». Les auteurs pensent que le niveau intermédiaire est pertinent pour approcher certaines des réalités de ces populations.

Des cartes évolutives montrent la progression de l’implantation et la relative interférence des communautés entre elles, tout en constituant des blocs assez homogènes de migrants germaniques, alors que les formes ont considérablement changé par rapport aux plans des terroirs allemands.  Ainsi, dans une des zones d’étude, au contact de 4 comtés, les communautés germaniques apparaissent très denses, trente ans après le début de la colonisation (1862), à peine interrompues par des lots attribués à des Anglais, des Irlandais ou des descendants d’Américains.

 

Implantation des communautés germaniques en 1890 dans le sud du Wisconsin (figure 5 de la page 216).

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