Forum Medieval Europe

Session d’archéogéographie

 

INSTITUT NATIONAL D’HISTOIRE DE L’ART

2 rue Vivienne, 75002 Paris, métro Bourse ou Palais Royal

 

Salle Benjamin

 

 

PROGRAMME

 

jeudi 6 septembre de 8 h 30 à 13 h 30

Présidence : Ricardo Gonzalez Villaescusa

professeur d’archéologie, Université de Reims (Champagne)

 

Paysages méditerranéens

 

8 h 30

Josep Maria PALET MARTINEZ

Institut Català d’Arqueologia Clàssica (Tarragona)

Analyse des formes du paysage dans le Camp de Tarragona (Catalogne) : structuration et dynamique du territoire de l’Antiquité au Moyen Âge

 

9 h

Hector ORENGO ROMEU

Institut Català d’Arqueologia Clàssica (Tarragona)

Land use and distribution on a Pyrenean high mountain environment: the Perafita-Claror valleys survey.

 

9 h 30

Alain CHARTRAIN

Conservateur en chef du patrimoine, SRA Languedoc-Roussillon

Parcellaires fossiles et faits funéraires dans  l’espace et le temps sur le territoire rural de Montpellier

 

10 h

Tiziana ERCOLE

Doctorante, Paris I.

Quelles définitions pour les opérations d’arpentage de l’ager Albensis ? Nouvelles considérations.

 

 

10 h 30 Pause

 

11 h

Robin BRIGAND

Doctorant, Université de Franche-Comté

Les paysages agraires de la plaine vénitienne

 

11 h 30

Giuseppe CERAUDO

Professeur, Università del Salento - Lecce Dipartimento di Beni Culturali

Laboratorio di "Topografia antica e Fotogrammetria"

Cartografia finalizzata e Aerotopografia archeologica. La via Traiana e la centuriazione attribuita all’ager Aecanus nel Tavoliere di Puglia

 

France du nord et Suisse

 

12 h

Annette COMBE

Archéologue du territoire

Du 20e siècle à l’Antiquité romaine : la centuriation du Plateau de Bevaix (Neuchâtel, Suisse)

 

12 h 30

Amaia LEGAZ et Dominique BAUD,

Post-doctorante et doctorant, Laboratoire EDYTEM, Bâtiment Belledonnes –  UFR CISM, Université de Savoie – Campus scientifique

Analyse des dynamiques paysagères en Savoie à la croisée de l’histoire et de la géographie

 

13 h

Karine BERTHIER*, Myriam Arroyo-Bishop**, Didier Barreau**, Jean-Claude Linca***

*Laboratoire départemental d’archéologie-Conseil général du Val-de-Marne

Lamop/UMR 8589

**Laboratoire départemental d’archéologie-Conseil général du Val-de-Marne

***Direction du Service de l’Environnement et de l’Assainissement-Conseil général du Val-de-Marne

Réflexion et élaboration d’un SIG pour l’étude des petites rivières : l’exemple de la Bièvre dans le Val-de-Marne

 

 

vendredi 7 septembre de 8 h 30  à 13 h 30

Présidence : (selon disponibilité)

 

France du Nord

 

8 h 30

Bruno BERTIN

Doctorant, UMR 5138, Archéologie et archéométrie, MOM Lyon 2.

Archéologie et géomatique: télédetection de données archéologiques à l'aide d'un paramoteur radiocommandé

 

9 h

Marie-Pierre BUSCAIL

Doctorante, UMR 7041 ARSCAN, « archéologie environnementale »

Archéogéographie des espaces médiévaux : exemple des possessions royales en Gâtinais

 

9 h 30

Jean-Louis MAIGROT (1), Patrice BECK (3), F. FAUCHER (2), Pierre CURMI (1), Jean-Louis DUPOUEY (4), J.-M.  BRAYER (1).

(1) ENESADijon/UMR 55 94 Université de Bourgogne ; (2) SRA/UMR 55 94 Université de Bourgogne ; (3) Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; (4) INRA Nancy.

À la recherche des finages disparus : habitats, pratiques agraires et organisation du territoire autour de l’Abbaye de Saint-Seine, du Moyen Âge à nos jours. Les bordes désertées des Bois de Cestres et leurs territoires (Saint-Martin-du-Mont. Côte d’Or).

 

Amérique latine

 

10 h

Arno Alvarez KERN

Professeur Universitaire / Chercheur du CNPq PUCRS – P. Université Catolique (Porto Alegre, RS, Brésil)

Lignes et chemins :  les formes du paysage dans la colonisation au sud du Brésil 

 

10. 30 Pause

 

11 h

Artur Henrique FRANCO BARCELOS

Professeur d’Université, Universidade de Caxias do Sul (Brésil)

Arqueologia do Espaço Rural das Missões Jesuíticas de Guaranis da Antiga Província do Paraguay no século XVIII

(Archéologie de l’espace rural des Missions Jésuites des Guaranis de l’ancienne Province du Paraguay au XVIIIe s.)

 

Transmission et périodisations dans la longue durée

 

11 h 30

Magali WATTEAUX

Doctorante, allocataire de reherches, Paris-I

Plaine-bocage, une réévaluation. Relecture archéogéographique des dynamiques spatiales dans l’Ouest de la France : l’exemple du Sud-Vendée.

 

12 h

Claire MARCHAND

Docteur en Histoire, chercheuse associée UMR 7041, Enseignante en lycée professionnel agricole.

Que faire de l’héritage?

 

12 h 30 

Gérard CHOUQUER

Directeur de recherches, Umr 7041 et Gdr 2137 du CNRS ; rédacteur en chef d’Études rurales.

Spatiotemporalités des planifications historiques : une proposition de réorganisation

 

 

RÉSUMÉ DES COMMUNICATIONS

 

 

1.  Josep Maria PALET MARTINEZ

Institut Català d’Arqueologia Clàssica (Tarragona)

 

Analyse des formes du paysage dans le Camp de Tarragona (Catalogne) : structuration et dynamique du territoire de l’Antiquité au Moyen Âge

 

La communication s’occupe des apports de l’archéo-morphologie à l’étude des espaces agraires antiques et des centuriations romaines à la région de Tarragone. L’analyse des formes montre une complexe morphologie agraire et des réseaux viaires qui traduisent une structuration territoriale antique fossilisée dans la morphologie moderne du territoire. L’étude planimétrique s’appui sur l’apport des S.I.G. et la prospection archéologique. Le bilan final montre un développement très remarquable de la planimétrie pendant l’antiquité et l’influence de cette planimétrie dans la durée, notamment dans la morphologie du paysage médiéval.

 

 

2.  Hector ORENGO ROMEU

Institut Català d’Arqueologia Clàssica (Tarragona)

 

Land use and distribution on a Pyrenean high mountain environment: the Perafita-Claror valleys survey.

 

The study of land distribution and cadastration has had an enormous importance in landscape archaeology during the last 25 years. Theoretical, technical and methodological improvements allow today to avoid mistakes commonly assumed in past decades. However, land distribution studies have been almost exclusively focused on lowland areas. In this paper an attempt will be made to explain soil use and its distribution in a high mountain environment from a diachronic perspective. The combined use of fieldwalking survey, map and photo interpretation, archives research and GIS analysis will prove adequate to provide valuable information on the evolving land tenure and exploitation systems of this Pyrenean area.

 

 

3.  Alain CHARTRAIN

Conservateur en chef du patrimoine, SRA Languedoc-Roussillon

A proper study of mankind is dot, and dash. 

Parcellaires fossiles et faits funéraires dans  l’espace et le temps sur le territoire rural de Montpellier

On soumet à la réflexion les fragments inédits d’espace agraire situés en montpelliérais et répartis en 7 fenêtres d’observation d’un total  de 113 hectares  (ZAC Mermoz, Multiplexe, Transparence Lez-Lironde, Zone de Fret, Céreirède, Mauguio Sud). Pour l’Age du Fer la microrégion se caractérise par la présence de la cité de Lattara (niveaux anciens étrusques vers 500 av.J.C) dans un espace où l’habitat, archéologiquement insaisissable, est néanmoins largement dénoncé par la multitude des nécropoles. L’Antiquité lato sensu se signale en premier lieu par l’absence de ville et l’expression multipolaire d’un fait urbain latent qui ne cristallisera qu’autour de l’An Mil. L’Antiquité nous propose actuellement, et à l’instar du Néolithique final, une campagne densément mise en valeur où pullulent systèmes parcellaires, traces de vignes et nécropoles, où s’articulent 3 ou 4 réseaux cadastraux antiques (Nîmes A –Sextantio/Ambrussum- Montpelliérais  A et B- Nîmes B) mais où fermes et villas restent rares sans doute en raison d’une concentration.

Considérant les fenêtres d’observation une à une et dans la diachronie  on abordera en particulier les chemins, les systèmes d’orientations (une rose des vents quantifiée sera présentée), la typologie et la dissémination des faits funéraires, quelques réalités métrologiques, ainsi que des faits de bornage ou le jeu de points particuliers dans la longue durée. On soulignera quelques perspectives d’approche géométrique et de chronologie relative entre réseaux. Pour finir on examinera quelques exemples d’articulation spatiale entre Age du Fer et Gallo-romain sinon Antiquité Tardive. Comme en Nîmois on s’interrogera sur l’ancrage laténien profond de ces espaces agraires.

 

 

4. Tiziana ERCOLE

Doctorante, Paris I.

 

Quelles définitions pour les opérations d’arpentage de l’ager Albensis ? Nouvelles considérations.

 

Dans une note inédite de G. Chouquer appliquée au territoire de la commune de Celano,  l’auteur aborde la question de l’interprétation des formes inhérentes à une partition intermediaire du territoire à l’interieur des bandes définies par la limitatio d’Alba Fucens, et recherche une possible cohérence métrologique entre cette reconstruction et le texte du Liber Coloniarum.

À la suite de ces suppositions, à l’aide du SIG, je propose une relecture des trames reconnaissables dans le secteur septentrional de la région du Fucino. Certains situations planimétriques analysées pendant cette recherche, paraissent correspondre, en fait, aux opérations de sous-partition des unités primaires, et qui ont structuré, de manière plus capillaire, des zones du territoire. Ces subdivisions ont laissé une empreinte dans la morphologie de la zone, en termes de régularité et de périodicité des alignements.

 

 

5.  Robin BRIGAND

Doctorant, Université de Franche-Comté

 

Les paysages agraires de la plaine vénitienne

 

Cette étude s’attache à l’histoire des paysages agraires de la partie orientale de la plaine padane. Il s’agit d’aborder de concert la géodynamique des milieux et la morphologie agraire, dans la perspective de situer les formes de l’occupation du sol et de l’agriculture sur plus de deux millénaires. Ainsi, le fil conducteur repose sur l’ampleur des transformations et des mutations que l’homme a apportées aux milieux naturels, de l’Antiquité à la période préindustrielle. La plaine de Venise du XXIe siècle se distingue par des paysages profondément anthropisés, par une rétraction des campagnes au profit d’un tissu urbain en croissance exponentielle depuis un peu moins d’un demi-siècle. Les caractères de cette nébuleuse vénitienne - aussi contraignants soient-ils pour l’étude par récurrence des paysages anciens - contiennent les mutations sociales et économiques des siècles précédents, qu’il s’agisse de l’occupation de la plaine par le patriciat de Venise (XVe-XVIIIe siècles), des mitages pionniers de l’expansion médiévale (XIe-XIVe siècles) ou de l’organisation agraire dans le cadre de la centuriation antique.

La plaine vénitienne, tout particulièrement celle qui est située directement au nord de la lagune et limitée par le Piave et la Brenta, a été retenue pour des raisons de problématique et de sources. Les phénomènes sociaux étudiés, renvoyant aux différentes modalités d’appropriation de l’espace par l’homme, y sont très bien perceptibles et, pour la plupart, représentatifs de l’ensemble de la Vénétie et des provinces de la plaine padane. L’originalité de cette fenêtre d’étude réside néanmoins dans la manifestation et la combinaison des formes agraires, sur un espace relativement réduit, que l’approche morphologique permet de souligner. Ainsi ce secteur se révèle un laboratoire remarquable dans lequel sont appréhendées la nature et la forme des parcellaires historiques en liaison avec les caractéristiques du milieu naturel, notamment le contraste entre les sols naturellement drainants de la haute plaine avec ceux humides de la basse plaine. Dans ce contexte spécifique, l’action de l’homme sur ces paysages repose sur un patient travail d’aménagement hydrologique, consistant à assécher les zones humides, à profiter de l’abondance de la ressource en eau pour l’irrigation et à réguler les eaux de résurgences.

En Vénétie, si la distribution du peuplement protohistorique s’apparente à une exploitation localisée et ponctuelle de la ressource en eau, la structuration antique est la première organisation continue dans l’espace des terrains de la haute comme de la basse plaine. Fortement matérialisées au sol, les centuriations romaines qui forment le substrat morphologique de la plaine vénitienne ont été très tôt reconnues et étudiées. Depuis, la méthodologie employée pour les reconstitutions n’a guère évolué et la centuriation reste un document purement historique, n’existant que par la chronologie de la romanisation et la question du statut politique des cités concernées. Ici, l’objectif est d’approfondir l’enquête à l’échelle du parcellaire développé dans le cadre des centuries et de préciser les contextes de transmission et de transformation de la planimétrie antique. Il s’agit d’exploiter les multiples nuances dans la matérialisation de la centuriation, de la dissolution complète des limites à leur très net maintien - par exemple, le graticolato romano de la limitation au nord-est de Padoue - afin d’expliquer les processus en jeu dans ces transformations.

Parce que l’impact hydrogéologique est le facteur dominant de l’évolution d’un réseau centurié, cette enquête est, pour une part importante, résolument axée sur la compréhension des dynamiques naturelles. La microtopographie, la pédologie et la géomorphologie figurent à ce titre parmi les piliers de la démarche. Ces outils sont employées dans le cadre d’un SIG qui accompagne un recours nécéssaire à la télédétection.

La seconde phase clef dans la construction des paysages vénitiens débute avec le XIIe siècle. Cette période de croissance économique et démographique va doter les villes de moyens humains et financiers à l’origine de l’affirmation des pouvoirs communaux sur les campagnes. L’écho territorial de cette dynamique est la multiplication, à l’échelle européenne, du phénomène des villeneuves, bastides et autres fondations nouvelles. La Vénétie n’échappe pas à cette dynamique et, systématiquement, les fondations nouvelles procèdent d’une double fonction : mise en valeur agricole, marquage et protection de la frontière communale. Les travaux récents de C. Lavigne ont révélé l’importance de la planification agraire médiévale dans le cadre des paysages neufs de fondations. Les modèles qu’il propose sont largement observés dans plusieurs secteurs de la plaine vénitienne, notamment à Cittadella, Castelfranco et Villafranca. Ces colonisations massives de terroirs et ces réorganisations agraires, clairement documentées par les textes, sont, parfois, étroitement connectées à l’armature de la centuriation. Localement, la matérialisation des limites et des principales divisions intermédiaires est la résultante des aménagements médiévaux.

La fin de la période médiévale et les débuts de la renaissance italienne voient l’avènement d’une véritable révolution hydraulique provoquée par les pouvoirs urbains en butte à des questions de ravitaillement des centres de population. C’est le cas de la Lombardie, une des provinces à l’agriculture la plus florissante de l’Europe, mais aussi celui de la Vénétie, qui, dès la conquête de la Terraferma, va se doter d’importants réseaux hydrauliques pour l’irrigation de la haute plaine et la régulation des flux de la basse. Cette dynamique se traduit, dans les actes, par la création de magistères chargés d’adacquare li terreni, d’augmenter les superficies cultivables comme de protéger la lagune et sa périphérie des eaux stagnantes ; dans la planimétrie par des organisations parcellaires étroitement adaptées à l’environnement, à la topographie et à la qualité des sols et, bien souvent, liées à une villa patricienne. Lieu de villégiature et véritable azienda agricole, la villa moderne se place au centre d’un vaste processus d’aménagement et de densification du tissu rural. La mobilisation de ces dynamiques modernes, dans le cadre d’une étude des formes de transmission de l’information antique, est un facteur à ne pas négliger  car elles apportent un éclairage sur la résilience des centuriations et sur leurs capacités à intégrer les flux hydriques. Cette approche conditionne la planimétrie régulière héritée de l’Antiquité, telle que nous la percevons aujourd’hui, à être un produit d’une histoire non linéaire, plus complexe, et qui conjugue l’histoire économique à celle de l’environnement, sur plusieurs millénaires.

 

 

6.  Giuseppe CERAUDO

Professeur, Università del Salento - Lecce Dipartimento di Beni Culturali

Laboratorio di "Topografia antica e Fotogrammetria"

 

Cartografia finalizzata e Aerotopografia archeologica. La via Traiana e la centuriazione attribuita all’ager Aecanus nel Tavoliere di Puglia

 

Il “Progetto Via Traiana”, avviato nell’autunno del 2004 dall’Università del Salento, si inserisce tra le attività di ricerca portate avanti dal Laboratorio di Topografia Antica e Fotogrammetria (LabTAF) presso il Dipartimento di Beni Culturali dell’Ateneo di Lecce. La necessità di affrontare secondo un’impostazione organica, analitica e sistematica il problema della ricostruzione del tracciato della via Traiana, è all’origine dell’ “indagine topografica”. Seguendo ovviamente la teoria dei procedimenti e le fonti tradizionali per questo tipo d’indagine, l’innovativo approccio metodologico alle problematiche archeologiche del territorio è qualificato dall’attenzione verso alcune nuove tecnologie - in particolare verso i sistemi di osservazione remota (remote sensing) - e dall’avvio di ricognizioni aeree finalizzate all’acquisizione di dati inediti dal territorio.

Per la via Traiana, la presenza di fonti letterarie ed epigrafiche, degli itinerari antichi, di numerosi miliari, di toponimi, di fonti medievali, della cartografia storica e - come già detto - di immagini aeree di tipo diverso, in collegamento stretto con la ricerca archeologica condotta sul terreno, ha permesso una ricostruzione molto dettagliata del tracciato, consentendo il confronto e l’integrazione dei dati con quanto già riferito da autorevoli studiosi sulla base delle fonti itinerarie in nostro possesso (Thomas Ashby - Giovanna Alvisi).

In aggiunta a questo tipo di ricerca integrata - ampiamente collaudata in innumerevoli studi di dettaglio -, credo sia ormai opportuno mettere a profitto quelle potenzialità che le moderne tecnologie legate all’informatica, ed in modo particolare alla realizzazione di cartografie numeriche, ci consentono di utilizzare. Le carte analitiche, ormai totalmente tridimensionali, non solo nella sostanza ma anche nella forma (attraverso elaborazioni di specifici software), permettono di effettuare con la massima precisione misurazioni complesse su modelli digitali del terreno, in cui vengono prese in considerazione le distanze non proiettate su di un piano, ma nel loro reale sviluppo altimetrico, calcolando la misura sui dislivelli che è possibile incontrare lungo il tracciato di un asse stradale, certo o ricostruito, con le sue varianti.

Questo tipo di procedura, replicabile in tutti quei contesti in cui la morfologia moderna non sia stata completamente stravolta rispetto a quella antica, verrà applicato per ricostruire tutto il percorso della via Traiana, ed in particolare è stato già sperimentato nel tratto Aecae-Herdonia. La porzione di terreno interessata dal passaggio della via antica, comprese le possibili varianti, è stata modellata in 3D, adagiandovi sopra la linea della strada, a quel punto misurabile nel suo reale sviluppo e nella sua reale estensione plano-altimetrica. L’Itinerarium Antonini riporta per questo segmento la distanza di 19 miglia, mentre nell’Itinerarium Burdigalense sarebbero 18 le miglia che separano Aecae da Herdonia: dai dati in nostro possesso la prima misura, dal centro delle due città, circa 28 km pari a quasi 19 miglia (di poco arrotondata per eccesso), sembra essere quella più verosimile.

In questo tratto, la coincidenza del percorso della via Traiana con uno dei cardini della divisione agraria attribuita all’ager Aecanus permette di considerare con certezza sia l’anteriorità della limitatio (di età graccana o, più probabilmente, tardo-repubblicana) rispetto alla sistemazione traianea dell’arteria stradale, ma anche la sua continuità d’uso fino ad età imperiale avanzata.

Del tutto eccezionale la leggibilità e la ricchezza delle tracce del reticolo agrario, visibili sia sulle strisciate del “volo base”, riprese nel maggio 1955 (rilevate puntualmente con restituzione aerofotogrammetrica all’interno del LabTAF), sia sulle immagini oblique effettuate nel corso di recenti ricognizioni aeree.

 

résumé de la présentation

Le « Projet via Traiana » de l’Université de Lecce, propose une approche méthodologique renouvelée et innovante d’archéologie du territoire. La recherche est intégrée, collectant de nombreux détails nouveaux et les travaux plus anciens, réalisant une cartographie totalement tridimensionnelle, pas seulement dans la substance mais aussi dans les formes. Cette méthodologie est déjà appliquée au ronçon Aecae-Herdonia. Dans ce seceur le rapport entre la voie et la centuriation de l’ager Aecanus est important. Les traces de cette limitaiton agraire sont particulièrement visibles sur la mission de 1955.

 

 

7. Annette COMBE

Ex Archéologue du territoire

 

Du 20e siècle à l’Antiquité romaine : la centuriation du Plateau de Bevaix (Neuchâtel, Suisse)

 

Mon intervention consistera à rapporter les résultats de l’étude détaillée du territoire de trois communes du canton de Neuchâtel en Suisse, qui m’a permis de formuler l’hypothèse de l’existence d’une centuriation implantée à l’époque romaine, dont les marques auraient perduré jusqu’à nos jours et que les investigations archéologiques semblent confirmer. Cette recherche a été conduite en collaboration avec une collègue géologue chargée d’étudier les géoressources de cette région. J’en parlerai brièvement en exposant les tenants et les aboutissants de ce travail. J’emprunterai également à mes collègues archéologues-fouilleurs leurs résultats relatifs à la centuriation, afin de souligner l’importance, pour la recherche des cadastres antiques, de l’interdisciplinarité d’une part, de l’étude détaillées des archives (des plans à grande échelle, celle des plans cadastraux) et du terrain d’autres parts.

 

Contexte de la recherche

La construction de l’autoroute A5 (Lausanne-Yverdon-Neuchâtel-Soleure), ouverte en 2004 et longeant la chaîne du Jura à l’ouest du plateau suisse, a donné lieu à des investigations archéologiques pendant plus de 20 ans. Au sud-ouest de la ville de Neuchâtel, dans la région des villages de Bevaix, Boudry et Cortaillod, le tracé coupe une zone agricole relativement plate et large qu’on nomme le « Plateau de Bevaix », limité au sud-est par un large talus plongeant vers le lac de Neuchâtel, au nord-ouest par le versant abrupt du Jura.

Les sondages préliminaires ayant révélé des occupations continues depuis l’Age du Bronze, le Service et musée cantonal d’archéologie de Neuchâtel choisit alors de lancer une étude complète du territoire de ces trois communes, conduite sur la base d’une prospection systématique du sol et de l’étude des archives afin d’intégrer les découvertes des interventions ponctuelles dans un contexte élargi du point de vue spatial et diachronique. Les résultats ont été publiés dans le premier volume consacré au Plateau de Bevaix[1], les suivants étant réservés à chacune des fouilles opérées sur le tracé-même de l’autoroute[2].

 

Moyens et méthodes

Julie Rieder, géologue de formation, a parcouru l’ensemble du terrain, à pied, décrit et cartographié l’ensemble des « géoressources » de la région. Ce terme recouvre les ressources minérales (blocs erratiques, carrières, groisières, gravières, sablières et autres pépites d’or), ainsi que toute l’hydrologie (cours d’eau, nappes phréatiques, sources, puits, fontaines, canalisations, etc.). Ses résultats sont publiés sur des plans détaillés qui permettent de visualiser chaque élément selon leur genre et l’époque de leur utilisation. Ses découvertes les plus spectaculaires consistent en plusieurs menhirs, pierres à cupules et traces de tumulus, mais l’ensemble de ses recherches a surtout permis d’appréhender l’histoire d’un point de vue générale au niveau du travail et de la vie des populations, des pré-industries, fabriques et activités passées, utile à tout archéologue et historien ayant à travailler sur cette région.

Quant à moi, archéologue romaniste, j’avais recherché les traces de centuriation romaine dans la région d’Avenche (Suisse) en 1997. J’avais alors critiqué d’une part la méthode la plus utilisée qui consiste à analyser des cartes à l’échelle de 1 :25'000, trop petite à mon avis, d’autre part la découverte trop répandue à mon goût des renormationes, ces superpositions de centuriations antiques dans une même région. Sur le Plateau de Bevaix, j’ai eu l’opportunité de reconstituer les cadastres des 18e et 19e siècles, et d’en étudier les orientations et modules, aboutissant à la conviction qu’une centuriation avait été imposée par les Romains, ce que je n’aurais pas pu proposer si je n’avais examiné que des cartes à une plus petite échelle. Dans le même temps, les archéologues qui fouillaient le terrain mettaient au jour un système de fossés qui confirmait mon hypothèse. La confrontation des résultats de ces différentes recherches ont donc témoigné de la nécessité de travailler sur plusieurs fronts et dans le détail des plans cadastraux.

En outre, l’étude de documents d’archives et des toponymes m’a permis de remonter le temps de l’histoire du territoire et de me convaincre que seuls les arpenteurs romains d’une part et les remembrements parcellaires du 20e siècle d’autre part ont modifié profondément le parcellaire. Entre ces deux  interventions conséquentes, l’évolution du paysage n’a été que ponctuelle et locale. A partir de ce constat, j’ai estimé que l’examen des cadastres du 18e siècle m’autorisait à prétendre que l’aménagement du territoire de cette époque était encore marqué par celui de l’Antiquité gallo-romaine.

 

Les résultats

Cette recherche historique m’a permis de reconstituer le paysage, ses zones de cultures, de prés, de vignes, de défrichement, le parcours des chemins, l’emplacement d’habitations disparues, et de formuler des hypothèses sur la formation des villages et de leur territoire, notamment l’origine en relation avec l’époque romaine de Bevaix et de Cortaillod. Boudry étant un bourg fortifié créé au 14e siècle, il était d’emblée évincé de cette logique, mais trois hameaux sont apparus dans les terriers, vidés de leurs habitants par cette petite « ville neuve ».

L’étude des cadastres du 18e siècle a révélé que 40% environ des terres cultivables étaient rigoureusement orientées à 45° par rapport aux points cardinaux, et qu’en appliquant cette orientation, les villages de Bevaix et de Cortaillod (leur rue principale) se trouvaient à une distance de 710 mètres. Or, un fossé venait d’être découvert, fouillé sur une longueur de 200 mètres, filant tout droit du sud-ouest vers le nord-est, avec de canaux secondaires perpendiculaires débouchant tous les 35,5 mètres, soit la dimension d’un actus.

Il ne m’en a pas fallu davantage pour proposer la reconstitution d’une cadastration romaine, de type centuriation, dont les vestiges actuels sont ténus en raison du développement urbanistique et industriel de cette région, mais que les plans cadastraux anciens révèlent avec conviction.

 

 

8. Amaia LEGAZ et Dominique BAUD,

Post-doctorante et doctorant, Laboratoire EDYTEM, Bâtiment Belledonnes –  UFR CISM, Université de Savoie – Campus scientifique

 

Analyse des dynamiques paysagères en Savoie à la croisée de l’histoire et de la géographie

 

Cette étude géo-historique des formes paysagères vise à formaliser une méthodologie d’utilisation de la documentation ancienne dans la gestion durable du territoire nord-alpin.

La source principale de notre analyse est le cadastre sarde dont les plans et matrices ont été réalisés entre 1728 et 1738 dans le Duché de Savoie, complétée par les cadastres postérieurs : le cadastre français (1862-1945) et le cadastre actuel. Le cadastre sarde contient des informations d’une grande richesse, concernant le parcellaire, les usages du sol et la propriété. Par la précision des formes, surfaces et positions des parcelles sur le plan, cette archive est un témoignage privilégié de la physionomie des paysages de la montagne alpine du 18e siècle, hérités des relations société/environnement antérieures. L’exploitation de ces données et de ces cartes acquiert une opérationnalité tout à fait inédite, notamment grâce aux nouvelles techniques de traitement  informatique permettant leur intégration aux SIG. Les informations dégagées sur l’évolution de l’occupation du sol contribueront à l’élaboration de projets d’aménagements et de gestion des environnements actuels. Deux problématiques seront développées correspondant plus particulièrement à deux terrains d’étude. En Haute-Maurienne, les différentes formes d’exploitation développées au cours de siècles posent la question de l’évolution de l’organisation des pâturages. En vallée d’Aulps, la présence continue du 11e à la fin du 18e siècle d’une importante abbaye amène à s’interroger sur l’impact foncier et paysager d’un tel établissement religieux.

Les données tant historiques que géographiques croisées dans des SIG permettront de réaliser des cartes dynamiques. Elles seront la base de la réflexion pour une reconstitution évolutive de la ressource patrimoniale qu’est le paysage

 

 

9. Karine BERTHIER*, Myriam Arroyo-Bishop**, Didier Barreau**, Jean-Claude Linca***

*Laboratoire départemental d’archéologie-Conseil général du Val-de-Marne

Lamop/UMR 8589

**Laboratoire départemental d’archéologie-Conseil général du Val-de-Marne

***Direction du Service de l’Environnement et de l’Assainissement-Conseil général du Val-de-Marne

 

Réflexion et élaboration d’un SIG pour l’étude des petites rivières : l’exemple de la Bièvre dans le Val-de-Marne

 

Dans le cadre d’une étude sur l’impact de l’homme sur la rivière de Bièvre et son affluent le ru de Rungis, depuis la période gallo-romaine jusqu’à nos jours, un SIG a été élaboré afin de localiser les anciens tracés de la Bièvre. Le travail s’est déroulé en plusieurs phases. L’ensemble des données issu des découvertes archéologiques a été cartographié, puis les informations issues de différents ouvrages traitant de l’histoire locale ont été confrontées, avec les documents d’origine permettant ainsi d’affiner l’histoire des transformations de l’habitat et de mettre en évidence le rapport de l’homme avec le cours d’eau. La recherche sur les aménagements hydrauliques, dans le département du Val-de-Marne, a été menée depuis la commune de Rungis jusqu'à celle de Gentilly, soit sur six communes du département, avant son entrée dans Paris. Toutefois, des communes, comme Wissous et Antony, situées hors du département ont également été prises en compte car leur histoire s'est révélée indissociable des agglomérations val-de-marnaises. Le dépouillement des archives conservées dans plusieurs dépôts a, tout d’abord, permis de réaliser le recensement de plus de 300 plans figurant l'occupation humaine dans la vallée de la Bièvre et du Plateau de Longboyau, auquel il faut ajouter les cadastres napoléoniens[3]. Une photothèque des ces documents a été créée pour l’ensemble des sources cartographiques, du XVIIe au XXe siècle, conservées dans les différents dépôts d’archives. Ces documents, en grande partie inédits, ont ensuite été saisis sous forme d’une base de données et fiches d’archives, réalisées avec le logiciel « FileMaker Pro 6 ». Un dépouillement des archives des anciens établissements religieux et des grands propriétaires laïcs, possessionnés dans la vallée de la Bièvre, a été réalisé afin de relever toutes les mentions concernant la rivière mais aussi ses affluents, que ce soit des données concernant les aménagements hydrauliques comme les moulins, pêcheries, la création de canaux ou bien le captage de sources et cela de la période médiévale à nos jours. Par la suite, devant l’importance des informations trouvées, il est vite apparu qu’il était nécessaire, pour la compréhension de ce cours d’eau, d’élargir l’enquête à la fois à d’autres séries d’archives mais également à d’autres dépôts que celui des Archives nationales[4]. Les textes, issus des documents d’archives, ont été saisis volontairement sous « Word » par lieu géographique, thématique et par chronologie, fournissant ainsi une masse complémentaire d’informations. Les données historiques ont également été ajoutées à la base de données des cartes archéologiques, et saisies sur le SIG (Système d’Information Géographique) du laboratoire départemental d’archéologie, permettant ainsi d’affiner certaines datations de sites archéologiques. La DSEA, souhaitant exploiter ce travail dans le cadre de ses propres compétences, a développé des outils cartographiques reprenant les plans issus de ce travail et permettant de créer une cartographie évolutive de la vallée, avec la prise en compte des différents aménagements au cours des siècles, et la mise en évidence des différents tracés de la rivière[5]. Les éléments représentés sur les documents anciens ont été saisis et superposés sur le référentiel actuel, c’est-à-dire le fond de plan 1/2000e du Conseil général du Val-de-Marne, au moyen du logiciel Géomédia et intégrés au SIG du service cartographique de la DSEA. De plus, à chaque objet saisi dans la base de donnée du SIG, un lien a été créé vers la base de données du laboratoire départemental d’archéologie. A partir de ce moment toutes les données de la base du LDA sont exploitables dans le SIG et chaque objet est associé à ces données (date, auteur, etc…). Dans un premier temps, toutes les images du cadastre Napoléonien, au nombre de 30, ont été intégrées car nous avions là un document recouvrant l’ensemble de la zone d’étude[6], puis à ces données du XIXe siècle, nous avons ajoutés des plans plus anciens afin de visualiser l’évolution de l’emprise anthropique dans la vallée de la Bièvre.

 

 

10. Bruno BERTIN

Doctorant, UMR 5138, Archéologie et archéométrie, MOM Lyon 2.

 

Archéologie et géomatique: télédetection de données archéologiques à l'aide d'un paramoteur radiocommandé

 

Depuis plus d’une trentaine d’années, la castellologie est certainement l’une des spécialités de l’archéologie médiévale qui a le plus évolué. A l’aide des plus récentes techniques d’imageries aériennes et spatiales, la discipline a pu renouveler les données issues de l’observation des sites, et ainsi obtenir une masse documentaire riche et variée. La présente communication s’intéressera à l’utilisation spécifique du drone Pixy (paramoteur radiocommandé) dans le cadre d’une étude typologique des structures architecturales de défense entre le 11e et le 16e siècle, à l’échelle d’un département entier, celui de l’Allier.

 Sur un territoire aussi vaste et contrasté du point de vue des paysages et de la géologie et surtout riche d’un patrimoine bâti castral conséquent, il convenait de définir d’une méthodologie simple dans sa mise œuvre qui permettrait l’acquisition de données inaccessibles alors. Le recours à ce vecteur spécifique offre la possibilité de démultiplier les survols de sites afin d’obtenir un catalogue normalisé de formes à l’aide d’ortho-photographies. De plus, l’évolution de l’aéromodèle à une altitude basse (entre 50 et 150 m) permet d’obtenir des images à très haute définition, avec une vraie résolution centimétrique.

Ainsi, il devient possible, grâce à cette technologie, de caractériser des objets jusqu’à présent peu ou pas visibles et surtout d’identifier des dynamiques spatiales et temporelles à une échelle fine.

 

 

11.  Marie-Pierre BUSCAIL

Doctorante, UMR 7041 ARSCAN, « archéologie environnementale »

 

Archéogéographie des espaces médiévaux : exemple des possessions royales en Gâtinais

 

La documentation écrite sur les biens du roi de France a longtemps été abordée sous le seul angle institutionnel, associant son ou ses domaines au territoire français. Envisagée à partir du point de vue archéogéographique, cette documentation est un terrain propice à une réflexion sur les espaces médiévaux, thème actuellement en plein essor chez les médiévistes. Longtemps considérés comme homogènes, continus, uniscalaires, l’analyse archéogéographique des sources fait au contraire ressortir des espaces complexes hétérogènes, discontinus et multiscalaires. A partir d’un corpus original, cette communication se veut proposer des pistes de réflexions et d’analyses sur ce type de données écrites alors érigées en source première. Le secteur considéré pour l’étude est le Gâtinais en raison de la richesse de la documentation éditée dont une prisée effectuée pour le douaire de Jeanne de Bourgogne en 1332, des comptes royaux et ceux du Comte de Champagne, des actes divers de cessions et d’achats de biens entre le roi et divers seigneurs ecclésiastiques et laïcs. Nous réfléchirons sur les logiques de ces espaces, leurs « états » (selon le terme de J. Lévy) à deux moments : début du XIIIe et milieu du XIVe siècles en Gâtinais afin de s’interroger sur ces points : quels espaces en présence ? Quels types de réseaux et territoires ? Pouvons-nous y déceler des logiques spatiales ? Quelles articulations entre celles-ci ?

Dans un premier temps, les actes mettent au jour des logiques spatiales de localisations (par relation et par analogie), des itinéraires et des flux, des espaces toponymiques de représentations, des espaces matériels, immatériels et multiples de représentations et d’appropriations qui jouent sur les échelles spatio-temporelles.

Dans un second temps, nous montrerons des exemples de cartographie multiple de ces espaces seigneuriaux à partir du traitement des données sur Access et sur SIG, puis de leurs confrontations avec d’autres types de données.

Enfin, dans un dernier temps, nous esquisserons quelques tentatives de modélisations de ces dynamiques à partir de méthodes de géographie spatialiste et de divers Ces modélisations révèleront des réseaux et des territoires divers, des nœuds de connections, des corridors, des hiérarchies des lieux, des logiques de fronts pionniers, bref des cospatialités révélatrices de toute la complexité de la relation géographique des sociétés médiévales avec leur milieu.

 

 

12. Jean-Louis MAIGROT (1), Patrice BECK (3), F. FAUCHER (2), Pierre CURMI (1). Jean-Louis DUPOUEY (4), J.-M.  BRAYER (1).

(1) ENESADijon/UMR 55 94 Université de Bourgogne ; (2) SRA/UMR 55 94 Université de Bourgogne ; (3) Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; (4) INRA Nancy.

 

À la recherche des finages disparus : habitats, pratiques agraires et organisation du territoire autour de l’Abbaye de Saint-Seine, du Moyen Âge à nos jours. Les bordes désertées des Bois de Cestres et leurs territoires (Saint-Martin-du-Mont. Côte d’Or).

 

A 25 km au nord-ouest de Dijon, entre Val-Suzon et Saint-Seine l’Abbaye, le finage de la commune de Saint-Martin-du-Mont, avec ses 3701 hectares de superficie voit son peuplement réparti en six hameaux, auxquels il faut ajouter deux habitats désertés très vraisemblablement depuis le XVe siècle, et situés, aujourd'hui au moins dans les marges forestières. Assez originale dans la région, cette configuration de l'habitat montre une organisation spatiale dans laquelle les pratiques territoriales de l’abbaye bénédictine de Saint-Seine constituent un héritage puissant inscrit dans le paysage actuel.

L’un des habitats désertés, celui des bois de Cestres, pourrait bien être Les Bordes Gaudot, dont la présence à partir de 1323 et la désertion entre 1406 et 1417 sont  évoquées par les documents écrits. Repéré dès 1938, il fait l’objet depuis 2003 d’une autorisation de fouille programmé.

Sur le terrain, l’habitat s’avère complexe, constitué de deux fermes distinctes et d’un grand bâtiment isolé, où l’on note de notables remaniements structurels. Ces constructions sont associées à des enclos culturaux et à des axes de circulation marqués par des murets qui amorcent les linéaments d'un parcellaire.

Le site offre ainsi la possibilité d’établir un modèle dynamique d’occupation des sols, en relation avec son contexte englobant, les terres de l’abbaye de Saint Seine, répondant ainsi à une des questions initiales : "comment en un lieu des hommes ont pu tirer parti d’un milieu pour en vivre et quelles en ont été les conséquences sur la dynamique territoriale locale et générale ?"

Outre l’enquête historique, la fouille archéologique du site et la prospection de terrain complétée par l’emploi du laser aéroporté, la démarche demande la mobilisation de concepts issus de la géographie. Le point de vue des sciences de la terre et de la vie est requis, permettant de qualifier le milieu bio-physique et les dynamiques qui l’affectent comme objet hybride à l'interface du groupe humain et de son environnement. La mesure de l’importance de l'anthropisation du milieu en relation avec le site déserté, à travers la recherche de marqueurs pertinents de l’évolution débouche sur la cartographie de la distribution spatiale des sols et des associations végétales des bois de Cestres, la végétation se révélant, dans ce contexte, un excellent marqueur d’anthropisation.

Les données recueillies alimentent une base de données développée sous Système d’Information Géographique. Le recours aux fonctionnalités d'un SIG permet la mise en cohérence de données spatiales et temporelles multiscalaires de nature diverses.

 

Structure de l'intervention.

* Le site dans un contexte forestier "aveugle" : complexité de l'habitat  et du parcellaire associé.

* La prospection pédestre et par laser aéroporté : radiographie des bois de Cestres.

* L’analyse cartographique : les Bordes dans le contexte général de l’occupation des sols.

 

 

13. Arno Alvarez KERN

Professeur Universitaire / Chercheur du CNPq PUCRS – P. Université Catholique (Porto Alegre, RS, Brésil)

 

« Lignes et chemins :  les formes du paysage dans la colonisation au sud du Brésil »

 

L’objectif principal sera de présenter les résultats encore partiels des recherches qui se développent actuellement sur les formes du paysage (lignes et chemins) dans la colonisation europeènne au sud du Brésil. Le travail presentée ici est un approche contextuelle de caractère critique et réflexif, ayant comme but le processus de l’immigration entre l’Allemagne, l’Italie et le Brésil. La perpective dans laquelle se place notre étude est le double affrontement d’un nouveau peuplement avec la nature et avec la société.

L’analyse des formes des paysage anciens en milieu tropical est une tâche extrêmement difficile. Et elle requiert une approche complexe de confrontation entre les données provenant de diverses sources premières: photo-interprétation,  textes historiques, la culture matérielle, l’iconographie, mais également de la bibliographie spécialisée existante.

Une expérience humaine extraordinaire conduisit des immigrants à une situation absolument nouvelle, dans le nouveau monde: la lutte pour la vie contre les indiens et contre la forêt vierge, l’adaptation à la société ibérique déjà organisée.

 

 

14. Artur Henrique FRANCO BARCELOS

Professeur d’Université, Universidade de Caxias do Sul (Brésil)

 

Arqueologia do Espaço Rural das Missões Jesuíticas de Guaranis da Antiga Província do Paraguay no século XVIII

(Archéologie de l’espace rural des Missions Jésuites des Guaranis de l’ancienne Province du Paraguay au XVIIIe s.)

 

Ao longo dos séculos XVII e XVIII os jesuítas estabeleceram Missões religiosas com os indígenas guaranis nos territórios atualmente pertencentes ao Paraguai, nordeste da Argentina e sul do Brasil. Neste processo, promoveram significativas alterações na espacialidade dos indígenas guaranis, configurando as Reduções que contavam com espaços urbanos e rurais. Estas Reduções significaram uma nova configuração espacial em amplas áreas rurais, conectadas aos núcleos urbanos através de uma rede de caminhos. A Arqueologia Espacial permite uma interpretação desta configuração através dos vestígios arqueológicos presentes na paisagem atual, tais como caminhos, fontes de água, olarias, fornos, pontes, estâncias, capelas, etc. Sua análise se propõe a discutir a organização espacial destas Reduções para além dos núcleos urbanos, privilegiando as estruturas rurais.

 

Pendant les XVIIe et XVIIIe s., les jésuites ont établi des Missions religieuses chez les indigènes guaranis, dans les territoires qui appartiennent actuellement au Paraguay, au nord-est de l’Argentine et au sud du Brésil. Dans ce processus, ils ont provoqué de significatives transformations de la spécificité des indigènes guaranis, en configurant des réductions qui comportaient des espaces urbains et ruraux. Ces réductions signifiaient une nouvelle configuration particulière, en vastes zones rurales, connectées aux noyaux urbains par un réseau de chemins. Une “archéologie spatiale” permet une interprétation de cette configuration au moyen des vestiges archéologiques présents dans le paysage actuel, comme les chemins, fontaines, ateliers de potiers, fours, ponts, fermes, chapelles, etc. Cette analyse se propose de discuter l’organisation particulière de ces Réductions au delà des noyaux urbains, privilégiant les structures rurales.

 

 

15 -  Magali WATTEAUX

Doctorante, allocataire de reherches, Paris-I (dir. G. Chouquer)

 

Plaine-bocage, une réévaluation. Relecture archéogéographique des dynamiques spatiales dans l’Ouest de la France : l’exemple du Sud-Vendée.

 

L’étude des paysages agraires dans l’Ouest de la France a presque toujours procédé par la surreprésentation d’un modèle paysager récent considéré comme caractéristique de ces régions : celui du bocage, opposé en tous points à l’openfield. Or aujourd’hui les résultats de l’archéogéographie et de l’archéologie préventive s’inscrivent en faux contre cette schématisation et invitent à refuser la vision linéaire qui assimile l’histoire des paysages de l’Ouest au seul embocagement et à travailler sur la dynamique et la résilience des formes parcellaires dans l’espace-temps des sociétés.

Cette communication se propose de présenter dans un premier temps les principaux résultats issus de l’entreprise d’archéologie du savoir ayant abouti à la décomposition du concept traditionnel de « bocage » et des notions hétérogènes qui le constituent et à une réflexion sur les liens disciplinaires qui se nouent autour et les apports relatifs de chacune de ces expertises. Dans un second temps cette critique nous amènera à reposer différemment la question de la dynamique géographique dans l’Ouest de la France. Nous nous appuierons pour ce faire sur l’analyse précise d’un terrain situé dans le sud de la Vendée, à cheval entre une zone bocagère et une zone de plaine riche en formes fossiles, en bordure de l’ancien Golfe du Poitou. Grâce à une étude précise des documents coutumiers des archéogéographes (photographies aériennes, cartes anciennes et actuelles, données archéologiques, cadastre ancien, etc), il s’agira de présenter les principaux résultats de cette analyse des formes, en particulier sur la structuration des formes viaire, parcellaires et d’habitat dans la longue durée et ce en variant les échelles d’analyse, depuis le fossé parcellaire antique fossile jusqu’à aux itinéraires reliant de grands centres urbains antiques à l’échelle de l’Ouest de la France. L’enjeu de ce travail, qui est l’objet d’une thèse, est de poser différemment la question de l’étude des paysages dans l’Ouest de la France, en dépassant la notion fourre-tout de bocage et même d’ « Ouest » et en mettant en avant la nécessité d’une archéo-géographie pour comprendre la richesse planimétrique de ces régions trop souvent négligée par rapport aux terroirs d’openfield.

 

 

 

16. Claire MARCHAND

Docteur en Histoire, chercheuse associée UMR 7041, Enseignante en lycée professionnel agricole.

 

Que faire de l’héritage?

 

La notion de développement durable qui s’introduit peu à peu dans les problématiques des nouveaux aménagements conduit à se poser la question de la prise en compte des formes du passé, à s’interroger sur la nécessité du lien entre passé présent et futur. La connaissance des formes du passé peut-elle et doit-elle être utilisée dans les aménagements futurs et de quelle façon ?

Mais la question de l’usage de cet héritage est intimement liée à une réflexion sur la nature de celui-ci..

Considérer que cet héritage est constitué de formes résultantes, comme le propose la modélisation historique, ou qu’il est constitué de formes émergentes, comme le propose la modélisation archéogéographique, n’est pas sans conséquence sur l’usage qu’il autorise, voire implique.

Dans une première partie nous poserons donc la question : “ quel héritage ? ”

Envisager les formes du paysages comme résultantes, c’est-à-dire comme effet d’une cause, renvoie à une conception déterministe, ontogénétique et linéaire qui met en jeu la question de l’origine. La modélisation historique des formes selon les schéma un pouvoir - une époque - une forme, offre un modèle rassurant d’objets à bords francs, bien déterminés dans l’espace et le temps.

En considérant les formes comme émergentes, c’est-à-dire comme produit d’une dynamique, l’archéogéographie a changé la nature de l’héritage. La question qui se pose n’est plus celle de l’origine mais celle de la dynamique de transmission. L’héritage est donc alors envisagé non pas comme la forme figée transmise mais comme le processus de transmission lui même.

Ces deux conceptions différentes de l’héritage ne sont pas neutres.

Ainsi, dans une seconde partie, nous exposerons comment, après les avoir définis, on peut alors s’interroger sur la façon de prendre en compte ces héritages.

 

Comme nous l’avons montré, considérer les formes comme résultantes renvoie à la quête de l’origine, de l’identitaire. On rêve de pouvoir faire le récit historique du paysage, de reconstituer les formes du passé, d’en établir la généalogie. La durabilité de l’héritage est celle du passé à transmettre. Cette patrimonialisation du paysage conçu comme legs et bien à conserver pose alors la contradiction entre conservation et évolution. Que faut-il conserver et pourquoi ?

Mais si l’héritage est envisagé du point de vue du processus de transmission, c’est à dire de la façon dont les formes se transforment, le champ de réflexion quant à son usage dans les aménagements est tout autre. Les études récentes révèlent en effet, et nous le montrerons à travers quelques exemples, que la transmission dans le temps est fondée sur un processus de résilience des formes. Ainsi, la forme ne se transmet pas dans le temps parce qu’elle demeure fixe, inchangée malgré les perturbations qui peuvent l’affecter, mais au contraire parce qu’elle est réinvestie, transformée, parce qu’elle est le lieu d’interactions complexes entre le local et le global, le physique et le culturel, le planifié et l’auto-organisé, le passé et le présent. Ce sont les changements, les perturbations qui permettent la continuité.

Dès lors, la question de la prise en compte du passé peut être posée différemment en essayant de comprendre le rôle de l’héritage dans les formes actuelles.

La réflexion peut s’ouvrir sur la façon dont les aménagements peuvent “ s’hybrider ” avec l’héritage.

Il devient possible d’envisager des attachements nouveaux, conjuguant des logiques différentes, l’identité avec l’altérité. La question n’est plus de savoir que faut-il conserver ou non, mais quels liens peut-on établir.

 

 

17. Gérard CHOUQUER

Directeur de recherches, Umr 7041 et Gdr 2137 du CNRS

 

Spatiotemporalités des planifications historiques : une proposition de réorganisation

 

Le brassage des connaissances et des idées provoqué par l’émergence de ce que nous appelons désormais archéogéographie s’accompagne d’une réorganisation des objets. Cette communication porte sur un aspect du phénomène de planification historique : la nature des formes et des solutions d’arpentage que les professionnels ont mis en œuvre. La présentation propose une réorganisation des connaissances, fondée sur trois décennies d’enrichissements à la fois historiques (meilleure connaissance des textes d’arpentage), archéologiques (les éléments apportés par les fouilles), et archéogéographiques (le renouvellement des méthodes et des objets d’analyse morphologique).

 

1. La première proposition de réorganisation concerne l’Antiquité, au sens très large, et elle est double. Toutes les sociétés antiques, à des degrés variables certes, participent d’un vaste mouvement d’appropriation du sol qui paraît culminer au second Âge du Fer. Ainsi, l’aventure des arpenteurs romains se trouve être moins isolée qu’il y paraissait, il y a peu encore, intégrée à un mouvement d’émergence dont le récit est à faire.

En revanche, la spécificité des solutions romaines d’arpentage reste immense, unique, et d’une réelle portée historique. Mais elle n’est pas celle qu’on croyait, à savoir la diffusion « tout-terrain » d’un modèle quadrillé. Elle réside dans une grande variété de solutions à la fois juridiques, formelles et territoriales qui surprend un peu plus chaque jour. Là où elle a existé, la centuriation a souvent été une bifurcation décisive de l’histoire des formes planimétriques. Le plus intéressant est que ces relectures nous sont venues à la fois d’une meilleure analyse des textes, et des enseignements de la morphologie. Par exemple, en considérant qu’aucune centuriation n’est parvenue jusqu’à nous sans avoir été l’objet d’une dynamique (travaux de Claire Marchand, de Sandrine Robert, de Robin Brigand), nous avons bien été obligé — épistémologie réflexive oblige — de nous demander à quoi elle pouvait bien ressembler au départ, puisque ce que nous observions était largement le produit de la longue durée ! Et là, une vraie boîte de Pandore nous attendait et continue à nous surprendre... celle de la diversité des solutions antiques.

 

2. La seconde proposition est d’installer la morphologie des planifications médiévales et modernes comme un objet en soi, fortement présent dans toutes les sociétés médiévales, et pas seulement celles des marges de l’Europe (travaux de Cédric Lavigne, de Jean-Loup Abbé). Cet objet, dont les spécialistes traquent l’apparition vers le XIIe s. plus certainement au XIIIe s., est une réelle invention, non pas un faux-nez de l’Antiquité, mais une vraie solution. Trois observations :

— les modèles formels retenus par les arpenteurs sont liés à l’habitat groupé et surtout à la stabilisation de ce type d’habitat ;

— le modèle ne débouche jamais sur une planification globale supra-territoriale, mais là où les espaces planifiés finissent par être jointifs, on observe un effet de « tout planifié » qui peut être saisissant.

— enfin, ce modèle s’affirme, se diffuse et dure à l’époque moderne, avec des extensions originales aux État-Unis et dans les pays d’Amérique latine. Par exemple, il est présent dans les 13 colonies américaines, là où le système est, dit-on, irrégulier, mais où on trouve de la géométrie. Il est présent dans les réductions jésuites du Paraguay et dans les modèles de colonisation intérieur du Brésil. Il l’est encore dans l’actuelle colonisation agraire en Bolivie.

On doit considérer le rang canadien comme un type particulier, une exception à la règle du groupement de l’habitat (voir d’ailleurs les tentatives de Louis XIV et Colbert de le réformer)

L’ensemble de ces informations conduit à suggérer une périodisation morphologique originale, médiévale et moderne.

 

3. La troisième grande phase de l’histoire de la morphologie planifiée est celle qui s’ouvre vers la fin du XVIIIe s., et qui culmine avec les grands cadastres géoréférencés. C’est la phase de redécouverte des vertus de l’arpentage géométrique de très grande étendue. Elle est tatonnante, en plusieurs lieux. Mais, en Amérique du Nord transappalachienne, le township géoréférencé écrase toute autre proposition et, dès lors, se répand comme le modèle des nouveaux espaces, dans le monde entier !

Dans les territoires déjà occupés et habités, de tels choix géométriques sont également repérables :

— l’apparition, dans les 13 colonies américaines de grands réseaux quadrillés synoptiques, comme celui de Géorgie. Décidément, ces 13 colonies ne sont pas ce qu’on prétend qu’elles sont.

— un exemple du Portugal méridional, apparemment unique en Europe, qui paraît dater de la fin du XIXe et du début du XXe s. : un réseau géométrique de l’Alentejo, étendu de façon rigide sur 30 km d’extension.

 

4. Depuis la seconde moitié du XXe s., jusqu’à aujourd’hui, les solutions adoptés sont contrastées : le temps des townships uniformes et exclusifs est terminé et on revient à plus de diversité dans les choix de solutions d’arpentage. Le travessão brésilien s’apparente au rang canadien. Les colonisations intérieures de la Bolivie, toujours en cours, adoptent des formes originales, comme un grandiose écho de la typologie médiévale-moderne.

 

Ce que nous avons à comprendre et à discuter, c’est le mode de transmission de ces formes, afin de comprendre les parentés. La morphologie comparée rend, à l’évidence, des services. Mais je suggère de renoncer à des parallèles acrobatiques entre Rome et l’époque moderne, comme on est encore tenté de le faire. C’est la méconnaissance des autres formes qui conduit à de telles réductions.

 

 



[1] Combe Annette et Rieder Julie, 2004, Plateau de Bevaix, 1. Pour une première approche archéologique : cadastres anciens et géoressources. Neuchâtel, Service et musée cantonal d’archéologie (Archéologie neuchâteloise, 30 ; 1 vol., 1 cartable de plans et 1 CD).

[2] Un seul est déjà paru : Bednarz Marcin, Kraese Jeannette, Reynier Patrice et Becze-Deák Judit, 2006. Plateau de Bevaix, 2. Histoire et préhistoire d’un paysage rural : le site des Pâquiers. Neuchâtel, Service et musée cantonal d’archéologie (Archéologie neuchâteloise, 36 ; 2 vol.).

[3] Les atlas de cartes, les plans terriers ont été comptabilisés une seule fois et non au nombre de feuillets.

[4] En effet, si à travers les quelques cartulaires conservés émanant de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, il a été possible d’appréhender l'activité humaine, notamment en lien avec l’exploitation du sol et la mise en place de moulins et de canaux, les manuscrits comme les censiers ou bien les terriers ont permis de comprendre l'évolution de l’habitat mais aussi l’économie d'un terroir ; pour suivre l’évolution de la Bièvre sur le temps long, d’autres documents devaient être analysés. Pour la période moderne, la majorité des actes utilisés sont soit des actes notariés soit des procès-verbaux de visites, fournissant essentiellement des renseignements sur l’évolution du parcellaire, les changements de propriétaires et surtout des descriptions souvent d'ordre technique des bâtiments et des aménagements des grands domaines présents dans la vallée. Pour la période contemporaine, la recherche s’est plutôt orientée sur les actes traitant des différents projets de couverture de la Bièvre et sur les registres de délibérations des communes traversées par le cours d’eau, tout en prenant en compte l’évolution de l’habitat et l’impact industriel sur la rivière.

[5] Cette cartographie a été réalisée sous la direction de Jean-Claude Linca. Pour certaines images, au format numérique JPG, un problème de distorsion est apparu du fait d’un nombre de point de calage insuffisant ou mal situé dans l’espace géographique. Par choix, nous avons favorisé, comme objets à incorporer dans la base de données du SIG, les éléments du réseau hydraulique associé à la Bièvre.

[6] Les autres documents disponibles étant souvent plus anciens donc plus hétérogènes quant à leur date et leur représentation sur l’ensemble de la zone d‘étude.

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