Préfaces et recensions

des travaux de Gérard Chouquer

 

 

 

 

 

Préfaces

 

Préface, par Bruno LATOUR, du livre : Gérard CHOUQUER, Quels scénarios pour l’histoire du paysage ? Orientations de recherche pour l’archéogéographie, Coimbra-Porto 2007, 408 p.

 

AD CIRCUMCOLENS EXPONENDUM

Bruno Latour

préface au livre de Gérard Chouquer

 

Une phrase particulièrement éclairante résumé le livre qu’on va lire : « Il convient de retirer de cette expérience l’idée que la reconstitution des spatiotemporalités et leur organisation en unités écouménales d’un type nouveau, passe par un examen attentif des modes d’articulation de plusieurs plans complexes, touchant aussi bien aux matérialités elles-mêmes » (p. 184)

Voici un livre de combat. L’auteur lutte à la fois à l’intérieur de la géographie et contre elle pour définir une nouvelle façon d’établir des connexions entre le passé et le présent, entre le local et le global, entre les natures et les cultures. Le résultat est étourdissant dans tous les sens du mot : inutile de le cacher il donne aussi le tournis !… Non seulement par l’érudition qu’il suppose, mais aussi par le nombre de points soulevés simultanément qui vont d’une remise en cause d’arguments savants sur les traces de la colonisation romaine jusqu’à des propos théoriques sur l’aventure de la modernité en passant par une critique, souvent impitoyable, de l’épistémologie des disciplines canoniques.

Le préfacier que je suis n’a nullement la compétence pour présenter tous les tours et détours d’un projet qui vous transporte tantôt dans les dédales de l’âge du fer, tantôt dans la manière dont César a distribué des terres à ses légions, tantôt dans la disparition rapide et morcelée, en tous cas hétérogène, d’une voie de chemin de fer dans la région de Gray en Haute-Saône… avant de vous précipiter dans une critique de la notion d’open field chez Marc Bloch. Je n’ai pas d’autre prétention que de souligner d’avance un certains nombres de points au cas peu probable où le lecteur risquerait de ne pas saisir d’emblée tout l’intérêt d’une entreprise quelque peu excentrique -au sens étymologique d’excentré.

L’axe de ce travail porte d’abord, me semble-t-il, sur le rejet de tout ce qui risquerait de transporter des influences du passé vers le présent, du matériel vers le symbolique, de la nature vers les cultures, en quelque sorte automatiquement et sans qu’on se préoccupe de la nature exacte du véhicule capable de réaliser cet étonnant voyage. Une villa romaine, pour continuer à être visible dans le parcellaire d’une ville actuelle, a besoin d’un moyen de transport. On ne peut, montre l’auteur, ni supposer qu’elle persiste dans l’être à travers l’espace et le temps, ni non plus que sa survivance passe par l’intermédiaire de grands ensembles explicatifs comme la « culture » ou la « civilisation agraire ». Pour chaque villa, pour chaque fossé, chaque mur, chaque pratique antique, dit Chouquer, il faut une trajectoire ad hoc qui tantôt rompt la continuité, tantôt la reprend en l’approfondissant, tantôt, au contraire, l’ignore tout à fait -mais même dans ce cas elle est souvent obligée d’en maintenir certains éléments, brisés, disjoints et néanmoins relancés dans l’histoire. C’est ce qu’il met sous le vocable pas très heureux de « transformission ». Ce que cherche l’auteur, c’est à inciter les géographes et les archéologues à ne plus utiliser comme véhicule du transport dans le temps, les explications fournies par les disciplines. Il voudrait que nous subissions tous, en quelque sorte, une cure d’amaigrissement explicatif…

L’opérateur principal dont il se sert est une critique systématique, parfois difficile à suivre pour ceux qui n’ont pas son érudition pluridisciplinaire, des catégories a priori de temps et d’espace. C’est là, pour le philosophe aussi bien que pour le géographie ou l’historien, l’aspect le plus original de ce travail. La tentation est grande, en effet, pour tous ceux qui se situent au carrefour de l’histoire (ou de l’archéologie) et de la géographie, de prendre le temps –la série des discontinuités- et l’espace –la série des coexistences- pour les deux fils directeurs auxquels on va accrocher, au fur et à mesure des découvertes de terrain, les étapes successives ou les lieux qui se superposent les uns aux autres. Chouquer voudrait nous empêcher d’attacher quoi que ce soit à ces fils suspendus dans le vide ; il voudrait que nous fissions du temps et de l’espace (faudrait-il dire des temps et des espaces ?) le résultat provisoire et toujours contingent des études de cas. Autrement dit, qu’il s’agisse d’un corridor fluvial, d’une villa romaine, d’une voie de chemin de fer, d’un centre urbain, d’un bocage, ou d’un site métallurgique, sa projection sur une carte ou son insertion dans un récit chronologique doit produire sa propre continuité, sa propre discontinuité et sa propre coexistence. Tout se passe comme si le temps et l’espace se morcelaient et se courbaient autour des singularités repérées par l’enquête archéologique ou géographique.

Cette hétérogénéité me paraît d’une grande utilité pour défaire la tentation d’aligner sur les cadres a priori du temps et de l’espace, une autre grande dichotomie qui paralyse souvent aussi bien l’archéologie que la géographie ou l’histoire : la distinction des éléments collectés par la notion de « nature » et ceux collectés par la notion de « société ». Je ne partage pas toujours le goût de l’auteur pour les schémas conceptuels (je préfère de beaucoup ses superpositions éclairantes de cartes et d’études de cas), mais il faut bien reconnaître que l’on ne trouve jamais dans cet ouvrage le gradient si fastidieux qui ferait des éléments du « contexte matériel » ou du « climat » ou du « cadre géographique » la première couche sur laquelles les autres couches viendraient ensuite progressivement s’aligner. Certes Chouquer n’est pas le seul à mettre en cause la division de la nature et des cultures (il cite souvent aussi bien Augustin Berque que Philippe Descola), mais par les montages qu’il effectue, il permet d’entrevoir les avantages pratiques et intellectuels qu’il y aurait à ne plus pratiquer cette césure. On peut donc abandonner cette distinction, sans pour autant perdre le bénéfice empirique de ces sciences hybrides qui ont la chance de se situer en plein milieu : la géographie bien sûr, mais aussi l’archéologie.

Pour finir, c’est un point apparemment très technique que j’ai trouvé le plus éclairant dans l’ouvrage qu’on va lire : comment sortir de la projection cartographique qui voudrait que la métrique euclidienne soit le seul fond de carte possible pour y projeter ensuite les lieux et les évènements ? On aura compris que l’auteur souhaite invalider le cadre a priori de l’espace et du temps, mais alors, demandera-t-on, comment dessiner une carte quelconque ? L’espace, y est par définition, le cadre absolument vide et parfaitement isotrope du papier blanc ? A moins, montre l’auteur à la fin de son ouvrage, que l’on parvienne à perturber la métrique euclidienne et à remplacer par les relations qui passionnent tant les spécialistes des réseaux même cet espace qui obsède tellement les géographes. Il existe de nombreuses projections qui utilisent la notion de graphes, mais il est bien intéressant d’essayer de mêler la forme du graphe et celle du territoire conçu comme une surface –surtout lorsque ces graphes enregistrent l’historicité des entités dont on veut qualifier la persistance.

Un ouvrage comme celui ci participe au fond de cette vaste refonte de la notion de territoire à laquelle la troisième grande globalisation oblige toutes les sciences humaines –ou du moins celle des sciences humaines qui ont la chance de s’intéresser aux non-humains. Si la première globalisation nous a donné le globe et la cartographie –pour reprendre la périodisation de Peter Sloterdijk- ; si la deuxième globalisation nous a donné le découpage des nations et des frontières ; c’est de la troisième, celle qui nous donne la terre –et non plus seulement le globe- qu’il faut attendre la reprise complète de la notion clef de territoire. Il est rassurant de savoir que des géographes et des archéologues se mêlent aux historiens et aux sociologues pour nous aider à sortir de la modernité et à entrer dans « l’âge de la Terre ». Chouquer permet ainsi de donner une prise empirique neuve à la grande question de la cosmopolitique.

 

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Présentation, par Jorge de ALARCÃO du livre : Gérard CHOUQUER, Quels scénarios pour l’histoire du paysage ? Orientations de recherche pour l’archéogéographie, Coimbra-Porto 2007, 408 p.

 

PORQUÊ   UM   TÍTULO   INTERROGATIVO?

 

Por que razão deu o autor à sua obra um título interrogativo na forma?

A orientação nova que G. Chouquer tem dado à arqueologia das paisagens (agora rebaptizada de Arqueogeografia) resultou do reconhecimento de que os conceitos e paradigmas com que a disciplina vinha a ser praticada eram inadequados ou incapazes de explicar cabalmente as paisagens que pretendíamos entender.

Os arqueólogos ou historiadores do mundo antigo e da Idade Média procuravam sobretudo reconstituir cadastros, fundamentalmente no mundo rural, ainda que não esquecendo o urbano.

No que concerne ao mundo antigo, o cadastro era entendido (ou assumido) como um planeamento realizado pelos poderes públicos de uma forma excessivamente “cartesiana”, isto é, sem atenção a cadastros anteriores eventualmente existentes ou a factores geográficos, sociais, económicos ou culturais intervenientes.

Procurava-se, por filtragem óptica, ir apagando, das representações cartográficas actuais, as linhas consideradas “modernas” (incluindo as que poderiam ser medievais) até se recuperar uma perfeita planimetria de linhas rectas e malhas regulares. Múltiplas linhas visíveis nas cartas, nas fotografias aéreas ou no terreno eram assim deitadas ao lixo, como se não tivessem história ou não fossem importantes para entender a evolução das paisagens.

No novo paradigma que G. Chouquer partilha com  outros investigadores, o objecto de estudo não são as centuriações romanas ou os cadastros medievais; o objecto de estudo é a paisagem como fenómeno de longa duração e dinâmico, isto é, em contínua transformação—o novo integrando ou acomodando o antigo (mesmo quando o que inicialmente era um fosso se tornou depois um renque de árvores). Para a Arqueogeografia, não há importante e desprezível, não há o que interessa e o que se pode ou deve ignorar. Tudo é importante, porque o objecto de estudo não é uma centuriação romana ou um planeamento medieval, mas a paisagem, que se foi configurando e reconfigurando através dos séculos.

O leitor menos atento, talvez até iludido por algumas afirmações do autor nesta sua obra, pode ficar com a ideia de que datar as planimetrias é algo que não interessa (ou interessa menos) aos novos arqueogeógrafos. Mas talvez as dúvidas expressas por  G. Chouquer quanto à possibilidade de datação das linhas (ou de algumas linhas) planimétricas em certos casos identificadas devam entender-se antes como rejeição do paradigma de que cada época teve a sua planimetria própria e exclusiva—e que, por isso, é fácil datar como romana ou medieval uma determinada planimetria observada ou reconstituída.

A insistência com que nestas linhas falamos de planimetria poderá suscitar, de imediato, uma dúvida: afinal, os arqueogeógrafos estudam planimetrias ou paisagens?    

A planimetria é apenas um elemento da paisagem, ou é uma paisagem cartografada ou, dito ainda de outro modo, é uma paisagem conceptualizada. Mas G. Chouquer é demasiadamente sensível às paisagens na sua realidade e complexidade para fazer delas simples linhas. E mesmo quando identifica uma linha como um caminho antigo, não esquece que o que confere sentido à linha é essa sua dimensão de “caminho” por onde iam e vinham os homens entre duas localidades; ou o que confere sentido a uma outra linha é a sua função de fosso, seja como elemento separador, seja como solução de drenagem.

A pergunta “O que são estas linhas?”, embora formulada no tempo verbal do presente, corresponde, de facto, à interrogação “O que eram estas linhas no tempo passado?”. Se não podemos pensar o passado senão no presente que é o nosso, devemos ao menos tentar reconstituir o passado recuperando os conceitos e os termos de quem viveu essas (ou nessas) paisagens, ou, como diz G. Chouquer, “au moyen des mots par lesquels ces sociétés nommaient ces réalités”. O pensamento do arqueogeógrafo integra aqui, sem o explicitar, a filosofia da linguagem, que considera ser através desta que se forja a nossa representação do mundo em que vivemos. O termo antigo, porém, corresponde a um conceito e não necessariamente à realidade. O conceito exprime ou define o ideal, mas a realidade resultou de uma negociação entre os homens ou entre estes  e a natureza—e a realidade histórica pode ser o que os homens conseguiram fazer e não exactamente aquilo que gostariam de ter feito. G. Chouquer adverte claramente para a necessidade de não tomarmos o ideal como real, o modelo teórico pelo plano concretizado, e de investigarmos os contextos históricos ou as contingências em que os projectos foram executados. Pela sua atenção aos contextos, a nova Arqueogeografia corrige a tendência anterior de minimizar a importância das especificidades de cada caso, que é sempre (ou quase sempre) complexo por virtude de entrecruzamento de múltiplos factores. Os estudos de casos que nesta obra se apresentam são modelares como atenção à concretude e às diferenças. Estas derivam das heranças históricas e das especificidades ambientais, que a Arqueogeografia devidamente valoriza. O diálogo entre a Arqueogeografia e a Arqueologia do Ambiente é essencial.

 

Não sabendo resumir o conteúdo desta obra tão rica de perspectivas novas, afiançamos que é indispensável lê-la, embora nem sempre seja fácil entendê-la devidamente, viciados como muitos de nós estamos por ideias feitas que julgávamos correctas, objectivas, comprovadas. Mas a leitura é estimulante, porque o autor não pretende ensinar-nos a verdade, mas convida-nos a participar na discussão do que devem ser a teoria e os métodos da Arqueogeografia.    G. Chouquer tem problemas, dúvidas, incertezas, ou tem a clara noção de que teoria e métodos da disciplina carecem ainda de discussão e aprofundamento. Mesmo quando sabe por onde se não deve ir ou considera errados caminhos por onde se tem andado, apela à nossa colaboração na definição do que devem ser, não só os caminhos, mas a própria meta da Arqueogeografia, isto é, o objecto, que considera em crise, desta disciplina em que se cruzam caminhantes de diversas formações académicas. A interrogação do título exprime, não um desnorte ou perplexidade do investigador, mas um apelo à discussão e à crítica (que, naturalmente, não cabem no formato deste nosso prefácio). Ao mesmo tempo, o plural cenários convoca a ideia de que há várias formas de fazer a história das paisagens e de que esta obra é também, de certo modo, uma autobiografia intelectual: vamos seguindo o trajecto científico de um investigador cujo pensamento se foi elaborando através de sucessivos estudos de casos que lhe foram demonstrando a insuficiência de um anterior paradigma.

Publicando esta obra, o Centro de Estudos Arqueológicos das Universidades de Coimbra e do Porto fica honrado pelo privilégio que o autor lhe concedeu ao confiar-lhe a edição.

 

                                                                                              Jorge de Alarcão

 

 

 

Recensions et comptes rendus

 

Blog de Vitor Oliveira Jorge

 

http://trans-ferir.blogspot.com/2008_01_01_archive.html

 

 

 

janvier 2008

 

Arqueólogos e todos os que se interessam pela Paisagem: acaba de sair um livro muito importante!

 

"Quels Scénarios Pour l'Histoire du Paysage? Orientations de Recherche Pour l' Archéogéographie"

 

O Centro de Estudos Arqueológicos das Universidades de Coimbra e Porto (CEAUCP), a que pertenço (sede para aquisição da obra: Instituto de Arqueologia da Faculdade de Letras de Coimbra), acaba de publicar um livro (data: 2007) de Gérard Chouquer (CNRS) que honra o Centro (como acentua o Prof. Jorge de Alarcão na apresentação) e o nosso - tão pobre - panorama editorial neste domínio. É uma obra fundamental sobre a paisagem... o que não podia vir mais a propósito. Ainda por cima prefaciada por... Bruno Latour! A Arqueogeografia, como o autor designa o domínio a que se reporta, passa a estar mais enriquecida, e nós muitíssimo com esta leitura.

Como a obra está ligada a um projecto que julgo liderado pela directora do Centro, a minha colega de Coimbra Prof.a Maria da Conceição Lopes, dou-lhe os meus parabéns por ter trazido esta mais-valia importante até nós! Num país e numa arqueologia onde há tão poucas razões para nos congratularmos, pois não é alvo de grande consideração pública (público pouco informado, políticos a nunca lhe ligarem grande coisa, empreiteiros a verem-na como um empecilho aos seus desígnios) , esta é uma excepção que nos anima e que parece querer segredar-nos: a esperança é a última coisa a morrer.

É com obras como esta que se ergue a arqueologia ao plano que merece: a de um saber tão legítimo como outro qualquer, tão moderno e fundamental ao nosso pensamento como outro qualquer, e desgraçadamente tão caricaturizado e espezinhado.

As nossas paisagens, em toda a sua complexidade, como o autor mostra, são um património importantíssimo, e não podem ser tratadas sem a perspectiva do arqueólogo. São património público, e não coutada de actividades ou disciplinas, sejam elas quais forem. Moldam o nosso ambiente e a nossa qualidade de vida como cidadãos.

 

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Blog de JORDI BOLÒS

 

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FRIDAY, MAY 11, 2007

De l'arqueomorfologia a l'arqueogeografia

 

Études rurales, 167-168, juliol-desembre 2003. Volum dedicat a: Objets en crise, objets recomposés. Inclou, entre d'altres, treballs de G. Chouquer (L'espai de les societats antigues, entre projecte i experiència), C. Marchand (Unes centuriacions més boniques que mai? Proposició d'un model dinàmic d'organització de les formes), S. Robert (Com es transmeten les formes del passat?), C. Lavigne (Nous objectes d'història agrària per posar fi al bocage i a l'openfield), M. Watteaux (El pla ràdio-quadriculat dels terrers no planificats), J. Burnouf (La Natura dels medievalistes), M. Watteaux (A propòsit del "naixement del poble a l'edat mitjana": la fi d'un paradigma?), etc.

Les crítiques que contenen diversos dels articles d’aquesta publicació als treballs fets per alguns medievalistes que, a França, s’han endinsat en els estudis del paisatge històric no han d’ésser motiu de desànim, ans han de portar a corregir errors i impulsar les recerques en aquesta disciplina. Convé de cridar l’atenció sobre diversos aspectes que crec que són fonamentals en les aportacions que s’hi fan. En primer lloc, crec que cal estudiar el territori sempre tenint present la llarga durada. No té cap sentit només interessar-nos, per exemple, en els segles de l’edat mitjana central i no preocupar-nos de la resta. Això pot provocar molts errors. Si l’edat mitjana és l’època de la formació dels pobles, l’època romana (per no parlar d’etapes anteriors) fou l’època en què s’organitzaren molts dels espais conreats, que, amb pocs canvis, han arribat fins ara. Tal com s’indica en aquest volum, la capacitat de transformar l’entorn rural per part dels homes que viuen en un poble (o per part dels seus senyors) sol ésser molt reduïda. Malgrat això, un altre aspecte que se subratlla i que crec que cal tenir sempre ben present és la importància del lligam entre pobles, vies i camps, que difícilment es poden estudiar per separat, ans s’han d’analitzar com a realitats relacionades.

Una part de les crítiques que hom fa als medievalistes es deriven de l’intent de relacionar les formes ràdio-concèntriques amb els canvis de l’any 1000. Això, però, no ens han de portar a rebutjar la possibilitat de descobrir formes concèntriques, no creades per un interès senyorial, sinó fruit de l’ocupació d’uns espais erms o dedicats, per exemple, a la pastura. Penso que és molt més fàcil una creació espontània d’un espai agrari, que no pas una creació planificada d’aquest espai, que hauria portat, com s’assenyala, a formes ortogonals d’organització del terrer (com les que s’han trobat, amb seguretat, en algunes vilanoves medievals).

Per entendre totes aquestes realitats és interessant el glossari final (ps. 297-304), on, al costat de realitats ja més conegudes (com morfogen o arqueomorfologia) se’ns parla d’arqueogeografia, de resiliència, d’auto-organització de les formes planimètriques, d’isoclinia, isotopia, isoaxialitat, d’ucronia, etc.

Podem, per acabar, traduir un paràgraf de Magalí Watteaux en un treball sobre el naixement del poble a l’edat mitjana, que ens pot permetre d’entendre el fons de la problemàtica: “El poble medieval ens apareix com un objecte imprudentment isolat i separat de les xarxes que li donen forma. Ha d’ésser estudiat en tant que xarxa auto-organitzada i resilient en la llarga durada. El canvi consistirà en considerar que els resultats de les prospeccions i de les excavacions de l’arqueologia preventiva forneixen els materials d’un estudi arqueo-geogràfic, és a dir d’una anàlisi morfològica que no sigui només la tipologia dels plans de cases i de pobles. [...] Cal prendre consciència de l’existència d’un nou paradigma fundat en la complexitat, la dinàmica, la resiliència i la diacronia dels objectes recompostos.” (p. 317). Qualsevol realitat gairebé sempre és més complexa del que pot semblar a primer cop d’ull.

posted by Jordi Bolòs | 3:10 AM | 0 comments

 

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Compte rendu de :

L’étude des paysages. Essais sur leurs formes et leur histoire, Gerard Chouquer Errance, 2000, 208 p., 23 fig. en coul., glossaire, bibliogr., 180 F.

Source: Natures Sciences Societes, Volume 9, Number 1, January 2001 , pp. 90-90(1)

 

 

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M.J.T. Lewis

Compte rendu de

Gerard Chouquer & Francois Favory. L'arpentage romain: histoire des textes, droit, techniques.(Book review)

From: Antiquity | Date: March 1, 2006

 

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Pierre Jaillette

Compte rendu de

Gérard Chouquer et François Favory (avec la collaboration d'Anne Roth Congès), L'arpentage romain. Histoire des textes, droit, techniques. Paris, Errance, 2001.

Histoire et Sociétés Rurales Rurales, n° 19, 1er semestre 2003, p. 253-258.

 

 

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Michèle Bois

Compte rendu de

Gérard Chouquer et François Favory (avec la collaboration d'Anne Roth Congès), L'arpentage romain. Histoire des textes, droit, techniques. Paris, Errance, 2001.

Etudes Rurales, 161-162, 2002.

http://etudesrurales.revues.org/document105.html

 

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S. E. van der Leeuw

Compte rendu de :

Les arpenteurs Romains: théorie et pratique. by Gérard Chouquer and FranÇois Favory

dans Antiquity, Volume 68 Number 259 June 1994, p. 461 et sv.

 

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Giacinto LIBERTINI

http://www.iststudiatell.org/p_isa/campiglione/campiglione_5.htm

 

Ma ulteriori ed importanti indizi ci vengono forniti dall’analisi del territorio e da certe coincidenze che è difficile valutare come casuali e senza significato.
 Nel 1987 un gruppo di studiosi francesi guidati da Gérard Chouquer, ha pubblicato un testo fondamentale con il quale si sono evidenziati i segni di numerose centuriazioni prima ignorate.

Il territorio della zona di Caivano e quindi anche la zona in cui sorge il Santuario di Campiglione, risulta interessato in modo particolare da una di queste centuriazioni, la Ager Campanus I, realizzata nel 131 a.C. in attuazione della Lex agraria Sempronia del 133 a.C., con Tiberio Gracco tribuno della plebe e Tiberio Gracco, Caio Gracco e Appio Claudio Pulcher triumviri agris iudicandis adsignandis. Il modulo, vale a dire la lunghezza del lato di ogni quadrato della centuriazione, è di 705 metri o, secondo la misurazione romana, di 20 actus. L’orientamento dei cardini è quasi perfettamente in direzione nord-sud con una lievissima inclinazione verso est (N-0°10’E). Si estende da Casilinum (Capua) e Calatia (presso Maddaloni) a Marano ed Afragola nella direzione nord-sud e da Caivano a Villa Literno nella direzione est-ovest.


 

 

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Roger Agache dans l’Encyclopedia Universalis (1985)

 

« Plus efficace est le traitement des photographies normales par filtrage optique en lumière cohérente. L’équipe dirigée par G. Chouquer utilise systématiquement le laser pour étudier les couvertures aériennes de l’IGN et vient de commencer l’élaboration d’un atlas des centuriations de la Gaule, afin d’offrir à la recherche historique une trame où insérer les autres données archéologiques »

 

Roger Agache, article Archéologie aérienne, dans Encyclopedia Universalis, éd. de 1985, vol. 2, p. 521.

[Je dois à la vérité de corriger deux points de cet avis flatteur : à l’époque je ne dirigeais rien, puisque j’étais jeune chercheur dans l’équipe de Pierre Lévêque ; ensuite le nom de François Favory aurait dû être cité puisqu’il est le premier à avoir mis en place le programme de filtrage optique, dès 1974].

 

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Max Lejbowicz dans Cahiers de Recherches Médiévales (2004)

 

« Un sort doit être fait à une communication qui se démarque elle-même des autres, celle de Gérard Chouquer, « Les formes des paysages médiévaux ; déclaration d’ouverture de controverse ». L’auteur revendique son originalité, en défendant et illustrant une analyse novatrice des paysages, et plus largement de l’espace, progressivement élaborée durant ses plus de vingt ans d’une carrière riche en travaux et en animation d’équipes. L’espace géographique n’est intelligible que dans la longue durée et, dans ce cas précis, celle-ci ne l’est que par la morphologie historique – autrement dit par une réflexion sur la transformation des formes. Il regrette que ses vues ne soient pas mieux prises en compte par les historiens et les géographes. Je me permets de lui rappeler la forte remarque faite au soir d’une vie d’une fécondité extrême par un esprit éminent entre tous : « Une vérité nouvelle en science n’arrive jamais à triompher en convainquant les adversaires et en les amenant à voir la lumière, mais plutôt parce que finalement ces adversaires meurent et qu’une nouvelle génération grandit, à qui cette vérité est familière. »(note 1).  Qu’ajouter, sinon que Gérard Chouquer et son équipe continuent à produire en se conformant à leur méthode et sans perdre leur temps à croiser le fer avec des pisse-vinaigre. »

[Note 1 - Max Planck, Autobiographie scientifique et derniers écrits, introduction, traduction [Wissenschaftliche Selbstbiographie, Leipzig, 1948] et notes d’André Georges, Paris, Éditions Albin Michel (Les savants et le monde), 1960, pp. 84-85.]

 

Compte rendu, par Max Lejbowicz, de :

«Au-delà de l’écrit. Les hommes et leurs vécus matériels au Moyen Âge à la lumière des sciences et des techniques. Nouvelles perspectives», Cahiers de recherches médiévales, Comptes rendus, http://crm.revues.org/document204.html.

 

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Lorenzo Quilici (en 1994)

 

« In questo breve conguaglio degli studi sulla centuriazione in Italia centrale, non ho tenuto conto del lavoro di G. Chouquer, M. Clavel-Lévêque, F. Favory et J.-P. Vallat, Structures agraires en Italie centro-méridionale, Cadastres et paysages ruraux, (Rome 1987).

In questa ricerca si applica la tecnica meccanica del filtraggio ottico per analizzare carte topografiche e fotografie aeree, al fin di individuare la concordanza e la scansione di derettrici parallele, con lo scopo di ricostruire la centuriazione antica. Il lavoro avrebbe potuto essere assai utile, se fosse stato usato come base di sperimentazione, per passare da esso, attraverso un’analisi comparata di tutte le fonti letterarie, ad un’attenta e lunga verifica sul terreno.

[...]

In definitive il lavoro e furviante ed altamento nocivo agli studi di topografia storica, potendo suggestionare gli sprovveduti per il prestigio della sede editoriale. »

L’auteur ajoute en note : « incongruità del lavoro... ».

 

Critique parue dans Jesper Carlsen, Landuse in the Roman Empire, Rome 1994, p. 130-131.

 

François Favory et moi avons répondu à cette critique dans :

Gérard CHOUQUER et François FAVORY, Réponse à Lorenzo Quilici à propos des limitations de l’Italie centrale, dans Analecta Romana Instituti Danici, XXVI, 1999, p. 47-55.

 

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Aline Durand (en 2005)

 

« Le numéro de juillet-décembre 2003 de la revue Études rurales est représentatif de cette effervescence. Il se veut refondateur de l’archéo-géographie, non au sens où R. Fossier la définissait en 1982, mais au sens de discipline à part entière. Vers 1980, les chercheurs se préoccupaient de revisiter les mots en s’accordant sur une définition rigoureuse et consensuelle. Désormais ils façonnent des termes nouveaux jugés plus idoines pour recouvrir leur objet d’étude. Il s’agit de sociabiliser et d’historiciser des périodisations mises en place par les sciences de la Terre pour rendre lisible le rôle de l’anthropisation à l’échelle géologique ; bref, d’introduire, non plus l’Homme seulement, mais la relation homme-milieu, comme on la nommait vers 1980-1990. [...] À partir de là, tout un glossaire a été élaboré. Pour remplacer les termes obsolètes de paysage, de terroir ou de territoire, voici quelques-une de ces créations proposées, parmi d’autres : anthroposystème, E(œ)coumène, concrétude, uchronie....

Cette entreprise correspond à une dérive : celle de croire que c’est en élaborant un nouveau langage que l’on crée un nouvel objet d’étude et que l’on fonde une nouvelle discipline ou refonde une ancienne. Plus grave, il y a là un danger majeur et pervers pour les sujets étudiés : celui de les marginaliser et de les rendre encore plus hermétiques à la communauté scientifique en les théorisant outrancièrement. C’est d’autant plus dommageable que l’histoire et l’archéologie du monde rural sont en train de devenir les parents pauvres de l’histoire du Moyen Âge.

[Après un passage où elle évoque les grands maîtres, de Déléage à Fossier et parlant de leurs travaux : ] Ces nouvelles méthodologies ont fait émerger, non de nouveaux objets d’étude, mais de nouveaux regards et de nouvelles pratiques, très souvent pluridisciplinaires, portant de nouveaux référentiels, propres à chacune, voire à chaque chercheur ( !). Une harmonisation est nécessaire pour trouver un langage commun qui véhicule correctement l’information. On peut néanmoins reconstruire une maison sur des fondations anciennes sans être obligé de creuser jusqu’au substrat. »

Appréciation parue dans

Aline Durand, « À la recherche du paysage médiéval. Approches paléoenvironnementales », dans B. Cursente et Mireille Mousnier, Les territoires du médiéviste, Presses Universitaires de Rennes, citation p. 366-367.

 

 

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