LA CENTURIATION ROMAINE

UNIVERSITE PARIS 1 – UFR 03

 

LICENCE 3 – Archeogeographie Planimetrique

Magali WATTEAUX

2006

 

« La centuriation romaine.

De l’objet morpho-historique a l’objet archeogeographique »

 

 

Les mots surlignés en jaune renvoient à une illustration dans le diaporama du cours.

 

 

Pour citer ce texte : Magali Watteaux, « La centuriation romaine. De l’objet morpho-historique à l’objet archéogéographique », Cours de 3e année de Licence, module « Archéogéographie », Université Paris 1, 2006.

 

 

 

Carte de la région de Noale :

            = paysage actuel…mais lecture possible d’une centuriation = forme héritée marquée par l’intervention des arpenteurs romains (= planification). C’est en raison de ce phénomène d’imprégnation des formes actuelles qu’on s’autorise à pratiquer une enquête à partir des formes actuelles.

 

Origines de la centuriation :

            La centuriation est le système de cadastration romain par excellence (appelée aussi limitation). Elle définit, comme tout cadastre, la surface et la valeur des terres pour asseoir la fiscalité. Rome n’a pas inventé ce type de cadastre régulier (les 1ers sont grecs et étrusques) mais elle l’a systématisé.

            On a longtemps cru que la centuriation était la forme originelle du paysage romain. En fait, on date aujourd’hui les 1ers centuriations de la fin du IVe av. ou du tout début du IIIe av. Et elles deviennent dès la fin du IIIe av. le mode de découpage prépondérant.

            NB : les centuriations ne se réduisent pas à l’Italie et à la Narbonnaise : cf. ex de Rezé en Loire-Atlantique.

 

 

1.        L’histoire romaine est dominée par la question agraire et la colonisation

 

1.1. La question agraire occupe une place capitale dans l’histoire romaine du fait de ses nombreuses composantes :

-         économiques : la pratique agricole était favorisée au détriment de la pratique pastorale réservée aux vastes surfaces de l’ager publicus – terres publiques – peu favorables à la culture.

-         sociales : la notion de citoyenneté n’est pas concevable sans la possession d’une terre à les Romains se voient comme un peuple d’agriculteurs et de guerriers.

-         militaires : récompense des soldats et vétérans.

-         politiques : problème de l’accaparement et du rachat de l’ager publicus par les élites au détriment de la petite paysannerie ; instrument de fidélisation des soldats.

è Cette question agraire est un moteur de la vie politique romaine.

           

1.2. C’est donc aussi un moteur de la colonisation, phénomène historique central dans la vie politique romaine.

Or depuis le Ier av., la population des colons devient essentiellement militaire et elle est attachée à un chef dont elle forme une grande partie de la clientèle. En échange le chef cultive ce dévouement en distribuant des terres aux vétérans.

9      Les centuriations correspondent généralement à une déduction coloniale = c'est-à-dire un espace que Rome soustrait au territoire de la povincia conquise pour la distribuer à des colons et à des vétérans de légions. Ceci étant dit :

a.       il ne faut pas rechercher une correspondance automatique entre l’orientation de l’espace rural et celle de la trame urbaine de la ville associée où sont installés les colons.

b.      on peut trouver dans l’histoire agraire de Rome de très nombreux cas d’assignations sans fondation coloniale. Il n’est donc pas nécessaire de faire coïncider à tout prix la date d’une limitation et la date d’une fondation coloniale.

 

 

2. La colonisation met en jeu des savoirs techniques (arpentage)     

    complexes

 

2.1.  L’arpentage d’une centuriation :

            Morphologie et métrologie d’une centuriation = réseau orthogonal très rigide constitué par des axes N-S (k-cardines) et E-O (decumani) qui agence le territoire en centuries de formes carrée ou rectangulaire. Ce sont les unités intermédiaires fondamentales du cadastre (sans centurie, pas de centuriation). C’est dans leur cadre que les arpenteurs inscrivent les terres, leur surface, leur possesseur. La mesure de ces centuries varie entre 10 et 25 actus.

            On connaît aujourd’hui par les textes et l’étude morphologique un grand nombre de ces modules centuriés : leur caractéristique permanente est d’être toujours fondés sur un multiple de l’actus linéaire de 120 pieds. 1 actus (la mesure antique de base) = 120 pieds = environ 35,5 m.

Les centuries de 20x20 actus de côté (= 704 à 710 m en fonction de la dimension du pied) deviennent dès le IIe av. les plus courantes. Ca donne environ 50 hectares. C’est 100 fois un heredium (la plus petite part transmissible). En théorie, les 100 lots d’une centurie sont distribués à 100 hommes mais en pratique, en fonction des sols et des époques, les colons peuvent recevoir plusieurs heredia.

 

            Procédure d’arpentage :

-         1ère visite sur le terrain pour sélectionner les espaces à cultiver

-         définition de l’assiette de l’assignation (la pertica)

-         traçage d’une série de points de repère identifiés par des bornes :

·  choix du lieu où l’on implante la groma pour la 1ère visée

·  puis l’arpenteur trace le 1er axe, le decumanus maximus, en visant à l’Est ou à l’Ouest, qui sera ensuite, en théorie, matérialisé par une voie large de 20 pieds. De cette visée découle toute l’organisation de la pertica en 4 régions fondamentales.

·  depuis ce point initial, il trace le kardo maximus, lui aussi théoriquement matérialisé par une voie large de 20 pieds.

·  à partir de ces axes majeurs, il trace des axes parallèles à l’un ou perpendiculaire à l’autre qui sont les limites donnant naissance aux centuries.

-         matérialisation de la centuriation par les colons = objet de l’archéologie agraire.

-         archivage des données cadastrales.

Tout cela correspond à des moments différents : il y a un temps de décalage entre l’initiative politique de coloniser et lotir des colons, la réalisation du bornage de l’arpentage et la matérialisation du réseau dans le cadre de la vie agraire. Dans ce cas, la trace archéologique propose une datation en décalage avec la date de l’initiative politique, et même de l’opération d’arpentage : elle date plus simplement un aménagement agraire.

 

2.2. La transmission complexe de ces savoirs (les gromatici veteres) :

            On possède, pour étudier les centuriations, les inscriptions sur des marbres qui constituent des archives cadastrales (formae) réalisées par les arpenteurs. à ex exceptionnel des marbres d’Orange (77 ap.) = révision fiscale et foncière 1 siècle après les assignations. On a retrouvé environ 500 fragments de ces marbres.

           

Mais surtout…

            2.1.1. Le corpus des gromatici veteres :

            Il s’agit d’un ensemble de 400 pages. Malgré les apparences et ce qu’on en a longtemps dit, il n’est pas composé de traités incompréhensibles et de fragments erratiques de textes mal datés. Il s’agit, dans son noyau central, de textes produits à la fin du Ier et au IIe ap. (époques flavienne et ulpienne) et dont une partie du corpus court jusqu’au tout début du VIe. Il a été constitué par un groupe de spécialistes (on dirait aujourd’hui « experts ») en réponse à des désordres politiques et administratifs conjoncturels : nécessité de reconstituer les archives cadastrales et de mettre de l’ordre après deux ans de guerres civiles en 68-70. C’est Frontin à qui, semble-t-il, revient la charge d’organiser ce projet et il le fait probablement dès le début de 70 ap.

            Ces textes sont donc une entreprise de révision fiscale qui impose de reconnaître des situations antérieures et qui ont été bouleversées par les crises.

            Les Flaviens ont confié aux gromatici  les tâches suivantes :

-         reconstituer les archives cadastrales perdues ou obsolètes = copier et compiler les plans cadastraux dans les archives locales des cités = la restitutio formarum (expression du Pseudo-Agennius).

-         commenter ces archives cadastrales pour en éclaircir le sens (plusieurs siècles après elles n’étaient en effet plus très claires).

-         reconstituer les finances publiques de l’Etat et des cités en contrôlant et restaurant les recettes tirées de la location de l’ager publicus = la restauratio vectigalorium (expression inventée par François Favory et Gérard Chouquer).

-         restituer à leurs légitimes possesseurs les biens publics qui avaient fait l’objet de trafics pendant les années de crise = restitutio publicanorum (expression inventée par François Favory et Gérard Chouquer).

 

            Ces arpenteurs ont donc été chargés de rétablir la situation des terres publiques et non pas procéder à de nouvelles assignations è source fondamentalement décalée par rapport aux grandes phases de la colonisation.

 

Ils ont dû déchiffrer des archives dans lesquelles ils rencontraient divers problèmes :

-         la reconnaissance sur le terrain des bornes et des axes de deux limitations  successives ;

-         la mutation de la propriété et de la possession depuis le plan cadastral d’origine et son enregistrement ;

-         l’occupation illicite de terres publiques, parfois depuis longtemps ;

-         la diversité des mesures locales (les Romains ont conservé les mesures indigènes, à grande échelle) ;

-         la difficile distinction entre les causes de conflit pour lesquelles le juge ordinaire est seul compétent et celles pour lesquelles l’intervention d’un arpenteur est nécessaire ;

-         l’adoption d’une jurisprudence acceptable par les occupants lorsque le plan cadastral d’origine n’avait pas excepté la surface des lieux publics (voirie, rivière) des terres attribuées ou louées ;

-         etc.

 

è il ne s’agit pas de textes contemporains des arpentages des déductions mais de textes « commentateurs » (Françoise Choay) è nous dépendons de la façon dont les réviseurs ont compris les situations antérieures.

 

            2.1.2. Impact de cette relecture sur l’analyse morpho et l’histoire romaine :

            à Ne pas chercher dans ces textes un modèle qui exposerait ce qu’est une centuriation.

            à L’imbrication des centuriations n’apparaît plus comme une curiosité née des spéculations de morphologues imaginatifs mais comme l’objet même de l’enquête de révision flavienne et ulpienne. Les gromatici veteres devaient justement débrouiller des situations confuses nées des initiatives répétées d’assignations par les imperatores de la République (ce que disent d’ailleurs les textes). Cela ne doit évidemment pas pour autant empêcher de dénoncer les excès de l’analyse morphologique.

            à Relecture du rapport entre les limitations romaines et les territoires juridiques (=cité) :

            L’une des difficultés de la question tient à la méconnaissance de la relative indépendance existant entre deux niveaux : la structuration de l’espace par l’assignation et le territoire de la cité. Cette relative indépendance s’exprime à travers deux notions décalées : le territoire proprement dit / la juridiction coloniale sur l’ager adsignatus. Cela relève d’une conception de l’organisation de l’espace très différente de la nôtre. Or on a assimilé ces deux niveaux ce qui a conduit à des erreurs d’appréciation.

            Certes le lien est manifeste entre cité et assignations de colons romains au plan juridique puisque le magistrat déduit des colons dans un territoire et les rattache à une colonie. Cette colonie se voit attribuer un territoire, des revenus (vectigalia) è logique d’imaginer que les assignations se font sur le territoire de la colonie.

            Mais la variété des solutions territoriales mises en œuvre est extrême et ne cadre pas avec cette association simpliste : 1 centuriation = 1 colonie (et sur l’ensemble son espace). Puis on avait accepté l’idée de renormatio (nouvelle division du territoire avec le plus souvent une nouvelle orientation des axes).

            En relisant les arpenteurs antiques, G. Chouquer et F. Favory ont identifié et décrit plusieurs situations :

1-           Le territoire du lieu où les soldats vétérans ont été déduits est suffisant pour les installer è la centuriation est créée dans la partie cultivable du territoire et dans les limites juridictionnelles de celui-ci.

2-           Le territoire où une première déduction a eu lieu reçoit un nouveau contingent de colons è on procède à une nouvelle division par des axes qui recoupent les précédents à l’oblique. La même région est donc distribuée par deux (ou plusieurs ?) centuriations.

3-           Dans certains cas, la mise en œuvre d’une nouvelle limitation peut être accompagnée d’une modification des frontières du territoire de la colonie, lequel est agrandi.

4-           Le territoire du lieu où les soldats ont été déduits est insuffisant. è On prend des terres à un ou plusieurs territoires voisins (agri sumpti ex vicino - ou alieno -  territorio), en totalité ou en partie, et on les fait diviser en une ou plusieurs  centuriations, puis on les assigne aux vétérans. Tous les citoyens installés sur ces différentes régions sont dits de la pertica : pertica se dit de l’endroit où on a été déduit, alors que préfecture renvoie à la partie d’un territoire auquel on a pris de la terre pour compléter l’assignation. La juridiction des terres assignées revient à la colonie tandis que le reste des terres (non assignées) revient à la collectivité locale.

5-           Une variante du schéma précédent consiste à prendre des terres à une cité lointaine ou même non contiguë à la colonie et à son territoire, créant ainsi une distance plus ou moins considérable entre la zone coloniale et les assignations effectuées en complément sur un territoire différent. Ex de la cité coloniale des Bénévent qui se voit donner des terres des Ligures Baebiani, peuple et territoire situés très loin au Nord de Bénévent.

6-           Le territoire colonial étant insuffisant, on prend des terres aux municipes voisins (donc pas des cités) et on les divise avec une seule limitation. Ainsi plusieurs territoires réunis reçoivent une limitation sous un aspect unique et qui devient la pertica complète de la colonie. Certains municipes conservent de la terre sur laquelle ils ont la juridiction ; d’autres sont confinés à leurs murs, c'est-à-dire que la confiscation s’étend à toutes les terres jusqu’à la muraille de la ville.

7-           Si le territoire du lieu de déduction n’a pas été suffisant et que les terres prises aux territoires voisins n’ont pas suffi à compléter le besoin de terre, le magistrat chargé de la déduction peut alors opérer des assignations en dehors de toute limitation, par des transferts de terre de tel indigène à tel colon, après estimation de la terre et expulsion de l’occupant indigène. On peut supposer que le colon ainsi loti dépend de la juridiction de la colonie, même si son lot n’est pas sur le territoire de la colonie.

 

è 7 cas de figure décrits par les auteurs gromatiques dont seul le premier conserve l’articulation simple entre une cité, son territoire et l’assignation. Tous les autres cas introduisent un décalage entre ces 3 niveaux structurants :

- le territoire civique aux frontières marquées 

- les lieux où la res publica des colons a le droit de juridiction 

- le territoire concerné par la centuriation qui permet d’assigner des terres.

           

2.3. Un exemple : les assignations des Secundani d’Orange :

            Des combinaisons locales sont possibles entre ces modes, qui diversifient encore un peu plus la gamme des solutions de planification. Cf. l’exemple de l’assignation des Secundani d’Orange installés en 36 ou 35 av. dont la situation diffère encore des cas présentés.

Une centuriation « centrale » (C) couvre le territoire d’Orange, probablement en partie (en tout cas dans ses zones cultivables). Mais on connaît mal la délimitation de la cité d’Orange et son rapport avec l’ancien territoire des Cavares. Or l’extension de la centuriation C et celle de l’ager Cavarum n’ont pas de rapport.

Une centuriation septentrionale (B) pourrait justement concerner l’excroissance du territoire des anciens Cavares dans la plaine rhodanienne, peut-être même jusqu’à Montélimar. Cette même centuriation concerne aussi (c’est inscrit sur la forma) une partie du territoire des Tricastins (agri sumpti). è centuriation B associerait ainsi dans une même grille une portion septentrionale du territoire coloniale + une portion du territoire du municipe voisin (Augusta Tricastinorum).

Mais un sérieux problème subsiste :

-         la grille de la centuriation B est nettement plus étendue que la forma correspondante. Le fait qu’on ne possède pas de fragments épigraphiques pour l’extension de la centuriation B est-il dû à la perte des fragments ou est-ce sans rapport avec son noyau initial, celui qui serait cartographié par la forma ?

-         la centuriation est deux fois plus étendue et concerne le même territoire que la centuriation C (à imbrication des 2 centuriations). Pourquoi ?

-         la centuriation B déborde sur l’ager Meminorum (cité de Carpentras).

Enfin, une centuriation méridionale (A) concernerait une partie du territoire d’Arles = intervention de la res publica des Secundani sur le territoire d’une autre colonie que les textes gromatiques n’évoquent pas. Soit qu’on ait repris une assignation incomplète d’Arles soit qu’on ait dressé une nouvelle grille dans la partie Nord de la colonie d’Arles (mais difficile à montrer car dans cette régions, plusieurs grilles voisines).

            + extension sur tout ou partie des territoires d’oppida indigènes plus ou moins  municipalisés (Glanum, Cabellio, Avenio, Caenica) + des territoires de la rive droite du Rhône, en direction de Nîmes.

            è l’assignation (mise en œuvre dans un laps de tps inconnu) se joue des limites territoriales des cités. L’exemple d’Orange est particulièrement frappant. Cette erreur d’appréciation de la variété des situations explique qu’André Piganiol (épigraphiste des formae) voulait à tout prix identifier les trois centuriations dans les limites de la cité antique à partir des limites du modeste diocèse médiéval d’Orange alors que la géographie ne s’y prêtait pas.

            9  Attention aux reconstitutions des limites des cités antiques à partir de la carte des diocèses médiévaux et de l’extension des centuriations.

 

 

3. L’analyse des formes permet de retrouver des réalisations  

    cadastrales romaines

 

3.1. Historiographie :

            La 1ère fois qu’on a cru en France découvrir une centuriation fut en 1907. Mais c’était en réalité une bastide du XIVe (St-Denis dans l’Aude). Cela relève du problème de la surinterprétation des formes : antique = la forme carrée. A cela s’ajoute la  valorisation des formes par l’histoire coloniale romaine.

            Puis développement d’une tradition cartographique puis photographique qui a promu la recherche des quadrillages réguliers. D’abord en Italie où l’on s’est intéressé aux centuriations si bien conservées dans le Nord.

            En France, la véritable origine de cette recherche remonte aux travaux d’André Déléage dans les années 30 puis ceux de Max Guy dans les années 50  (Languedoc et bas-Rhône, régions phares encore aujourd’hui).

            Depuis les années 80, la recherche sur les limitations romaines a évolué : on est passé de l’étude de formes évidentes (Italie, Dalmatie, Tunisie où les limites et divisions parcellaires internes sont conservées) à une reconnaissance morphologique plus poussée dans des régions à l’histoire agraire plus complexe.

            Dans le développement de ces recherches l’archéologie joue un rôle décisif. Cf. Jean-Luc Fiches, Michel Passelac, Thierry Odiot qui ont dès le début des années 80  sollicité G. Chouquer et F. Favory. La recherche archéologique a pu démontrer la nature de la matérialité des limitations : voies, fossés, alignement de trous de plantation d’une palissade ou d’une haie, alignements de cailloux en bordure de champ, murs de terrasse, etc. = apport considérable, surtout avec l’archéologie préventive.             MAIS impossible de mener l’enquête à l’échelle d’une centurie. Ainsi, il est impossible par l’archéologie de restituer le mode de découpage initial de la centurie en grands quartiers parcellaires et de vérifier si le modèle de subdivision adopté dans l’une se reproduit dans les unités voisines. è L’investigation morphologique reste irremplaçable.

 

3.2. L’enquête morphologique :

-        1ère phase = détection des linéaments pérennisant les lignes de la centuriation dans une même orientation et sa perpendiculaire. Cette recherche gagne à être conduite sur des représentations cartographiques et des images à petite échelle qui tendent à valoriser le système des alignements. Dans la plupart des travaux ce relevé s’effectue avec une grille orthonormée reconstituant le réseau hypothétique des limites antiques. è On ne peut pas s’interroger sur l’expression parcellaire d’une limitation antique si on n’a pas préalablement proposé une restitution, nécessairement hypothétique, d’un réseau de limites, les axes de division de l’espace rural. Ex : Lunellois (Hérault) : la centuriation de Sextantio-Ambrussum à petite échelle montrant le caractère orthonormé de la centuriation. Autre ex : Lunel-Vieil (Hérault) : Fouillé par Claude Raynaud et Catherine Mercier. Site établi vers le milieu du Ier ap. Occupé jusqu’à nos jours. Le village médiéval s’est installé, à 200m au N-O du village antique, dans un parcellaire rural fortement organisé par le quadrillage induit par la centuriation de Sextantio-Ambrussum. Cf. localisation de l’îlot central du village actuel, installé au carrefour de 2 limites internes de centuries + le lotissement des parcelles agraires environnantes en respectant globalement l’inclinaison du carroyage parcellaire antique.

 

-   2e phase = étude à plus grande échelle, au-delà des alignements remarquables qui s’imposent à la 1ère lecture. Elle consiste en l’analyse minutieuse du parcellaire à partir des photos IGN, des plans cadastraux. Jusque dans les données de fouilles. Surtout pour les régions où les vestiges de centuriation sont tellement mêlés à l’histoire agraire postérieure qu’il est difficile d’en identifier la structure d’un seul coup d’œil.

 

            Mais si la détection de tels réseaux informe sur l’existence d’une organisation régulière du paysage, elle ne suffit pas à identifier et dater le phénomène. Rappel : l’organisation géométrique n’est pas le privilège de l’Antiquité ni des Italiens.

            è pour authentifier l’origine antique d’un réseau de linéaments isoclines, il faut plusieurs choses :

-         caractériser sa métrologie 

-         en identifier les rythmes et les modules 

-         éventuellement trouver son organisation hiérarchique 

-         rapporter les mesures obtenues aux systèmes métrologiques antiques connus. Mais attention : si on individualise sans peine les mesures fondées sur l’actus de 120 pieds, il existe une grande variété de mesures irréductibles à ce système. Car dans la planimétrie actuelle on trouve un mélange de mesures antiques, médiévales, modernes ou encore non rapportables à un système connu. Dès l’Antiquité même : on peut imaginer dans la construction d’une limitation un système complexe de mesures agraires combinant l’utilisation de mesures canoniques et de mesures locales  indigènes.

 

            Méthodologie :

            à manuelle = relevé des tracés et de la métrologie sur des calques avec une grille à la maille antique présumée.

            ànumérique = appliquer un filtre directionnel à l’image préalablement numérisée. L’équipe de recherche de Besançon a développé depuis les années 90 un logiciel qui traite directement les images numérisées sans extraire à vue et à la main l’information entretenant un rapport morphologique avec la structure parcellaire antique hypothétique. = extraction automatique de l’information linéaire associée à une direction donnée. Après ce filtrage, les linéaments retenus sont projetés et accumulés dans un signal unidimensionnel analysé par transformée de Fourier pour extraire et mesurer les périodicités. è le chercheur dispose ainsi de 2 critères dont la combinaison permet l’identification d’une limitation antique :

-         respect par le parcellaire d’une orientation donnée

-         répétition de mesures héritées de la métrologie agraire antique.

Ce dernier point est important car même dans la méthode numérique seule l’apposition d’une grille à la maille antique présumée emporte l’adhésion.

 

3.3. L’exemple des centuriations d’Orange :

            Environ 500 fragments de 3 grands plans gravés sur marbre de 3 centuriations différentes antérieures à 77 ap. J.-C. = seule cité du monde antique avec ce type de vestiges et pour laquelle la centuriation est une certitude.

Or on a longtemps prétendu que même à Orange on ne trouverait pas de traces de ces centuriations sur le terrain. Cf. G. Chouquer, L’étude des paysages, Errance, 2000, pour un récapitulatif de la controverse.

Aujourd’hui, les travaux de carto- et photo-interprétation ont permis de dresser des relevés précis des cadastres d’Orange. Pour la vaste centuriation B, dans certains secteurs, la conservation des axes de la limitation atteint des valeurs de 30 à 40% par rapport à la grille théorique. Dans la partie occidentale, la plus « conservée » car pas de gêne du relief, la conservation des axes est de 28-28% (E-O) et 15% (NS).

 

 

 

 

4. Les centuriations antiques et la dynamique des paysages

 

4.1. L’étude morpho-historique ne peut pas exclure l’étude morpho-dynamique :

            Nous abordons dans cette partie le devenir des planifications antiques et leur rôle dans la dynamique des paysages. Etude indispensable car on doit admettre que la connaissance de la planification antique n’est pas possible en soi : elle est accessible seulement par des documents planimétriques contemporains et cette connaissance n’est que médiatisée par son propre devenir (effet de structure).

            Ex : la coupe des Malalones : la structure antique génère des formes qui ne sont pas antiques è ce n’est pas parce qu’on choisit un point de vue morpho-historique qu’on est pour autant débarrassé de la question de la dynamique des formes paysagères qui empêche d’accéder directement au parcellaire antique. Donc nécessité de prendre en compte la longue durée et le devenir des centuriations.

 

            Pour décrire ces processus évolutifs, le concept de résilience convient mieux que la notion traditionnelle de paysage-palimpseste. Ces centuriations montrent en effet une exceptionnelle capacité à absorber les mutations. Elles sont une forme qui a fortement fait bifurquer l’histoire, à partir d’une initiative donnée, puis qui résilie remarquablement. C’est plus juste que de dire qu’elles sont remarquablement « conservées » ce qui sous-entend une dégradation active qui s’en prendrait à une forme passive. Ainsi, la régularité très schématisée qu’on lit sur les cartes actuelles est plus le produit d’une évolution que le point de départ d’une histoire. Cf. ex heuristique des fouilles de Bologne-Casteldebole : au début du processus on voit une « compétition » entre des formes indigènes et des formes de planification concurrentes, puis, au terme d’une réélaboration du paysage, se dessine la schématisation du paysage selon ces dernières formes et donc la mise en place d’un effet de structure et de résilience de très long terme.

 

NB : la transmission peut se faire dans les lignes directrices mais aussi au niveau de la métrologie. Ex à Villafranca di Verona : bandes ondulées planifiées mais de largeur corrélée à l’étalon romain.

 

4.2. La fouille des Bartras (Bollène) : illustration des processus de « transformission » et du rapport archéologie/formes du paysage :

            Plaine du Tricastin = une des micro-régions françaises où l’accumulation des données de toutes sortes est exceptionnelle. Pas d’habitat antique actuellement connu à proximité du lieu d’observation. Réalisation d’une série de sondages (TGV Méditerranée), étudiés et publiés par C. Jung et J.-F. Berger (1996), montrant :

  1. un réseau de fossés d’irrigation antiques formant une baïonnette et dont 1 tronçon d’environ 400m suit exactement le tracé théorique du 3edecumanus dextra decumanum de la centuriation B d’Orange.
  2. qu’il n’y a, à l’emplacement du passage du kardo maximus antique, absolument aucune trace archéologique sur 300m environ.
  3. l’existence de fossés de drainage post antiques dont certains sont en concordance avec les limites du plan cadastral napoléonien.

 

Qu’en conclure dans une perspective archéogéographique ?

1.      L’objet antique (centuriation B, bien calée par ailleurs) échappe à l’observation : on ne voit aucune trace d’un arpentage initial (bornes, jalons) ou de sa matérialisation sur le terrain (chemins empierrés, fossés longeant le chemin par ex). Même pour le kardo maximus ! Selon les textes de gromatici on aurait pu s’attendre à trouver un des chemins les plus larges de tout le système viaire créé par la centuriation. Réflexion à mener sur le choix éventuel d’excepter ou non la surface du limes de celle assignée au colon : problème de l’appropriation privée du limes public.

 

2.      Ce qu’on voit, c’est un aménagement agraire de date inconnue. Il se pourrait que cet aménagement ait un temps de décalage plus ou moins important par rapport à la date de l’initiative politique d’établir ici des colons de la IIe légion Gallica (instituée en 36-35 av). Mais rien n’interdit non plus qu’il s’agisse d’un aménagement agraire du Ier ap. voire du IIe ou IIIe ap.

 

3.      La forme de cet aménagement ne se comprend qu’en prenant en compte l’espace voisin è nécessité de sortir de l’emprise de la fouille. Ce lieu n’est pas « neutre » : il correspond à la confluence de deux paléo-vallées dont on ne voit plus les rivières mais dont le parcellaire a conservé l’héritage sous la forme de larges lits majeurs. Ainsi, l’aménagement antique est un réseau qui conduit l’eau d’un des ruisseaux empruntant ces corridors d’une paléo-vallée à l’autre, d’où la forme en baïonnette.

 

4.      Si on voulait quand même se placer dans une optique de « reconstitution » de la centuriation, il faudrait disposer d’une information plus riche et plus variée :

-         pour passer des paléo-formes fluviales aux vallées elles-mêmes et savoir par exemple quel type de cours d’eau coulait ici à telle ou telle époque àil faudrait  mener de nouvelles analyses géoarchéologiques (et cependant il n’est pas sûr que ça répondrait exactement à la question).

-         pour retrouver l’empreinte de la centuriation romaine dans la forme à il faudrait travailler sur le positionnement d’une grille théorique sur une carte au 1/25 000e pour en saisir l’extension (travail réalisé par G. Chouquer).

-         pour dater le projet politique de la centuriation à il faudrait recours aux archives épigraphiques (si elles existent) car la fouille n’évoque « que » la vie agraire.

-         pour reconstituer le travail des arpenteurs à il faudrait disposer d’archives sur la réalisation pratique de l’arpentage et de bornes et autres jalons témoins des rigores (lignes d’arpentage) avant qu’ils ne deviennent – ou non – des limites matérialisés.

-         enfin, pour mener à bien cette reconstitution à il faudrait connaître la part de l’érosion ultérieure et celle des effets de la dynamique agraire sur la forme du parcellaire antique.

 

5.      Cette fouille illustre les principes de la transformission (= transmission dynamique). La formation du parcellaire contemporain, hérité - celui qu’on étudie –  associe les héritages des paléo-vallées et ceux de la centuriation, sur la base de plusieurs principes :

-         maintien d’une ligne à la même place et selon la même orientation = isotopie 

-         maintien de l’orientation mais avec déplacement latéral = isoclinie 

-         prolongement d’une ligne antique par une ligne moderne = isoaxialité 

-         matérialisation postérieure d’un potentiel ancien peu ou pas visible = uchronie.

è le kardo maximus qui n’existe pas en tant que matérialité antique visible par l’archéologie existe en tant qu’héritage visible par l’archéogéographie, selon un processus complexe, non linéaire et dynamique.

 

è Conclusion sur analyse archéogéo de cette fouille : on ne voit pas, ni par la fouille, ni par l’analyse des formes, la centuriation initiale. Ce qu’on voit c’est ce que cette centuriation est devenue, ou plutôt la part d’elle-même qui a été transmise et qui a été hybridée avec d’autres réalités de cette petite portion d’écoumène.

 

4.3. Exemple de relecture archéogéographique de l’objet « centuriation » :

            Les résultats de cette fouille comme d’autres (dont la fameuse coupe de Pierrelatte) montrent deux choses, au plan des formes et au plan purement agraire :

-         des réemplois conséquents de fossés sur de très longues durées illustrant les processus de transmission parcellaire.

-         l’omniprésence d’un horizon pédo-sédimentaire original, brun foncé à brun-noir, interprété comme sol de prairie humide et qui daterait des IVe aux Xe-XIIe selon les lieux. Cet horizon vient à peu près partout sceller les fossés antiques colmatés et recouvrir les chemins à indique un changement des modes d’occupation et d’exploitation du sol = un abandon des réseaux de drainage antiques et une certaine désorganisation des agrosystèmes ou une mutation des modes agro-pastoraux (pastoralisme). Ce qui n’empêche pas les transmissions.

 

            Même si ces études ont été réalisées par des sondages très ponctuels et détaillés de nombreux fossés locaux, la nature des résultats a offert un modèle de dynamique sédimentaire généralisable à l’aire régionale (plaine du Tricastin).

 

            Ce modèle doit être complété à cette échelle moyenne par une autre observation. Les travaux morphologiques ont identifié une construction hybride associant le drainage naturel aux limites du cadastre B d’Orange. Cet objet socio-physique a été testé sur plusieurs sondages ou fouilles (dans le cadre du TGV Méditerranée). La carte globale obtenue est celle d’un parfait hybride : le réseau centurié antique a surtout été réalisé pour les axes E-O (decumani), tandis que les nombreuses rivières ou ruisseaux N-S ou NE-SO complétaient le drainage de la plaine et rendaient moins nécessaire la réalisation de tous les kardines du cadastre. è Axes cadastraux et réseau hydrographique « naturel » construisent un réseau mixte de drainage observés à plusieurs reprises en fouille.

 

            Ä Hier on pensait pouvoir raconter le Tricastin avec :

-         d’un côté, une vision et des faits d’historien : la fondation de la colonie d’Orange et la centuriation comme objet fétiche ;

-         de l’autre côté, une vision et des objets de géographe : la progressive discipline imposée aux terres et aux eaux du Rhône et de ses affluents, jusqu’aux aménagements actuels.

Aujourd’hui, les archéogéographes ont installé un objet différent, empruntant aux deux. Mélangeant l’eau et la centuriation, les rivières et le parcellaire, le passé et le présent, le dessous et le dessus 9  fabrication d’un objet plus complexe qu’on ne peut que ranger dans la catégorie des grands hybrides historiques.

 

 

Conclusions :

 

à Renouvellement récent des connaissances sur les assignations romaines grâce à la relecture des textes des gromatici veteres.

 

à La strate romaine des paysages n’existe pas si on entend par là une strate identifiable en tant que telle : elle est elle-même un objet complexe mêlé à une autre réalité complexe et dynamique également qui est celle des formes résultantes du paysage.

 

à Il faut, pour parler de l’objet antique, décrire les processus d’élaboration des formes, des sources et les représentations successives des anciens, des chercheurs ce qui permet d’évaluer les médiations qui entourent cet objet.

 

à Sauf cas exceptionnels, les planifications antiques représentent plus des fenêtres de périodicité dans des paysages déjà structurés que des « strates » neuves à part entière, créant ex nihilo des formes.

 

à  En montrant que la réalisation au sol d’une limitation n’est pas automatique et que la réalité agraire ne se résume pas aux formes, l’archéologie a contribué à séparer les plans documentaires et à minimiser l’idée qu’elle pouvait valider le travail morphologique.

BIBLIOGRAPHIE DU COURS, DES ILLUSTRATIONS ET REFERENCES COMPLEMENTAIRES :

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