Archéogéographie — Archéologie environnementale

 

 

 

Notions de théorie,

d’épistémologie et de méthodologie

 

Cours de Gérard Chouquer

décembre 2006

(mise à jour mai 2007)

 

 

 

Ce cours intervient en Master 1, dans le module de présentation de l’épistémologie de l’archéogéographie et de l’archéologie environnementale. Il est destiné à donner des bases aux étudiants.

 

Pour la définition des mots et des notions, se reporter au dictionnaire de l’archéogéographie, sur ce site.

 

 

I - De quoi fait-on l’histoire ? D’un objet changeant, lui-même désigné par des représentations évolutives.

 

La contingence des objets

 

On ne fait pas l’histoire d’un objet constant (par exemple, le “paysage” ou l’ “environnement”) parce que ces notions sont des représentations fluctuantes, et que c’est par convention qu’on décide d’appeler paysage ou environnement ou d’un autre nom des réalités qui, historiquement, n’ont été nommées ainsi qu’à une certaine époque. On fait l’histoire d’un réalité changeante dont les métamorphoses sont particulièrement intéressantes et qu’on uniformise en en rassemblant les éléments sous un intitulé unique.

Mais on peut choisir de faire l’histoire à niveau constant, en choisissant telle ou telle partie de l’ensemble, comme de faire l’histoire des planimétries au moyen des formes, ou du climat au moyen des sédiments, ou de la biodiversité au moyen des restes végétaux ou aimaux, etc. C’est ce qu’on appelle une approche scientifique. Pour cela, il faut naturaliser une représentation, par exemple décider consciemment qu’on appellera “paysage” telle ou telle partie de l’ensemble, avec le risque d’évoluer vers un collecteur (voir ci-dessous). Par exemple, en archéologie du paysage on appelle ainsi du mot “paysage” les formes et les modelés, dans un sens très proche de celui qu’a le même mot en géographie. Il en va de même lorsqu’on décide d’appeler “environnement” ou “paléo-environnement” l’ensemble des éléments physiques étudiés par les sciences naturalistes.

 

Etude de quelques représentations historiquement importantes

 

1. La dualité villes / campagnes

Se placer dans cette dualité, qui est habituelle, c’est se situer dans la dissociation moderne entre la ville qui est chargée de valeurs progressistes, et la campagne qui symbolise les anciens régimes. Cette dualité appliquée à des périodes anciennes pour lesquelles elle n’est pas opportune explique la difficulté des typologies.

Exemple des « agglomérations secondaires ».

C’est une expression qu’on a vu apparaître pour désigner des aggomérations situées entre les chefs lieux de cités antiques, et les villae. Pourquoi ? parce que ville ne convient pas, et que ce n’est pas pour autant de l’habitat rural. Cette expression, pour imparfaite qu’elle soit, souligne donc un problème de classification.

 

2. La nature

Concept changeant qui n’a pas toujours eu la même signification ni les mêmes valeurs.

 

Il y a plusieurs façons d’entrer dans la compréhension de l’instablité de la notion de nature. L’une est historique et consiste à tenter de retracer l’idée qu’on s’est faite de la nature à diverses époques anciennes jusqu’à nos jours. Une autre est anthropologique et examine le statut de la nature dans différentes cultures ou civilisations, y compris des cultures co-existant de façon contemporaines.

On peut emprunter à Bruno Latour (Politiques de la nature, La Découverte, 1999), la description des postures ou tropes par lesquels on peut envisager la relation entre nature et sociétés.

 

Arrachement = chaque pôle cherche à être le plus loin possible du pôle opposé ; le dédain est mutuel. Ex : étudier l’holocène jusqu’à nos jours et le faire en s’efforçant d’exclure l’intervention des sociétés. 

Conquête =  chaque pôle essaie d’envahir l’autre ; naturalisation par extension du nombre d’entités éterminés par les qualités premières ; socialisation par artificialisation de plus en plus poussée de la nature.

Miroir = la séparation entre les deux est totale et il est vain d’espèrer « passer de l’autre côté du miroir ». C’est ainsi que la nature est conçue dans l’animisme et le totémisme : la nature ne voit dans la société que la nature et la société ne voit dans la nature que la société.

Dialectique = posture qui, tout en reconnaissant la séparation entre nature et sociétés, tente la dialectique. Dialectique douce = en disant que nous habitons une nature socialisée depuis quasiment toujours, saisie par nos catégories intellectuelles, elles-mêmes socialisées depuis toujours (cf. Ph. Descola et la notion de “fonction rectrice” du dualisme ; voir aussi S. Moscovici, A. Leroi-Gourhan). Dialectique dure = (Hegel et Marx) il y a contradiction entre les deux pôles et cette différence, lorsqu’elle est élevée à l’état de contradiction, devient le moteur de l’histoire.

Rapport de force = les relations entre nature et sociétés sont des rapports de force qui se sont récemment inversés lorsque la puissance humaine est deenue “tectonique”. Ce trope développe l’image de la violence faite à la nature et autres métaphores (ex. Michel Serres).

 

 

3. Le paysage

Terme et notion inconnus avant la fin du Moyen Âge et la Renaissance. Le paysage connaît une double épistémisation : soit naturaliste, soit culturaliste.

épistémisation = choix de donner à une représentation un sens “réduit” permettant d’en faire un outil de connaissance, un concept auquel on peut rattacher des protocoles de recherche.

 

 

4. L’environnement

C’est la dernière grande représentation créée par la Modernité à avoir connu un processus d’épistémisation. En effet, le mot n’acquiert le sens qu’on lui donne aujourd’hui qu’à partir de 1950, puis avec la nécessité de répondre aux demandes sociales, le terme finit par décrire les sciences qui s’occupent de l’écologie, du climat et des sédiments.

 

Une boutade instructive dans Le courrier de l’environnement de l’INRA

 

Sur ce site d'édition électronique, le sommaire de cette revue agronomique est traduit dans le plus grand nombre de langues possibles. Alors, se demande un jour le rédacteur, pourquoi ne le traduirait-on pas en latin ?  Ce qui est, au départ, un jeu pose très vite une question intéressante. En effet, comment traduire en latin des mots ou expressions tels que développement durable, Agenda 21, Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, et, surtout, le mot environnement ?

Sous cette forme ludique et facétieuse, se cache un intéressant problème épistémologique. Le mot "environnement" a retenu toute l'attention du traducteur, et cela nous vaut une notice d'archéologie du savoir des plus intéressantes, où l'on rappelle que la notion, d’origine sociale, est impensable jusqu'à date très récente. (Les passages soulignés le sont par moi)

 

De latinæ linguæ usu ad circumcolens exponendum

De l'utilisation du latin pour parler d'environnement

Par Jean-Pierre Nicol

 

La traduction du sommaire détaillé du Courrier de l'Environnement en latin, c'est une blague de khâgneux, la réponse à un défi amical qui m'a été lancé par Patrick Legrand et l'équipe du Courrier. En introit, je sollicite l'indulgence  quia peccavi - mea maxima culpa.

[…]

Environnement

Mission impossible : l'environnement n'existe pas. Le concept reste flou et inaccessible à toute définition en extension. Les Romains l'ont ignoré en tant que tel, les auteurs médiévaux ne l'ont pas connu, les Modernes ne l'ont pas mieux ressenti que leurs prédécesseurs et nos contemporains sont bien en peine de l'expliquer correctement. Même si ce mot est maintenant utilisé à la va-vite ou à l'emporte-pièce, le nombre de définitions avoisine le nombre d'utilisateurs. Il n'est que de lire la littérature spécialisée, il n'est que de suivre les hésitations du législateur, il n'est que d'écouter les discours pour se rendre compte combien l'environnement emporte avec lui de connotations diverses, combien de domaines sont touchés, combien il contient de notions incompatibles entre elles : bref, un mot-valise dans l'acception la plus fondée de ce néologisme.

Le terme adopté, circumcolens, apportera peut-être d'autres éléments. L'idée qui m'a guidé dans l'exploration du dictionnaire repose sur deux points : l'environnement est relié à ce qui entoure - le préfixe circum (cercle) a été préféré à ambi (de part et d'autre) -, et aux habitats des espèces - d'où le choix du verbe colere habiter en latin -. Les riverains sont désignés comme circumcolentes. Le verbe retenu présente d'autres "avantages" : lui sont rattachés étymologiquement les termes de colonus (fermier, colon), de cultura (aux deux sens que nous lui connaissons encore) et de cultus (culte rendu au sacré, quelle qu'en soit la représentation). On retrouve ce mot dans agricola (paysan), silvicola (forestier), coelicola (habitant céleste) et peut-être dans domicilium. Le concept " habiter " associé à la racine *kwel est particulier au latin. Cette racine signifie dans d'autres idiomes "circuler autour, tourner autour". La notion aurait été fixée à partir de l'idée que le dieu protecteur "habite" ce qu'il entoure. “Les autres langues ont des formes nominales de la racine, notamment des formes signifiant cercle, roue, sans redoublement dans la forme de type archaïque [avec redoublement kuklos, cycle en grec] ” affirment Ernout et Meillet. Selon eux la spécialisation aurait été opérée dans les mots associés au gardiennage des troupeaux (grec archaïque), ce qui pourrait fournir une clé pour comprendre le système agro-pastoral antique. Notons encore que cette racine explique colus (la quenouille) et polos (pivot, pôle).

En fait, cette excursion philologique éloigne l'environnement de la notion de nature qui lui est souvent accolée. Cette liaison me semble d'ailleurs pauvre et peu opératoire en ce qu'elle repose sur une conception dualiste du monde et des rapports de l'homme au monde. Elle sépare l'Homme de son milieu. Elle est peu opératoire parce qu'elle tend à diviniser soit l'Homme, soit la Nature et à réduire leurs interrelations, interférences et interpénétrations à des rapports de domination ou d'utilité.

 

voir l’article complet et l’illustration  à l’url suivante :

http://www.inra.fr/dpenv/latinc27.htm

http://www.inra.fr/dpenv/illustr/c26urbil.htm

 

 

II - Les analyses tendant à objectiver les faits

 

On qualifiera d’objectives toutes les analyses qui tendent à réduire la complexité des enchevêtrements à des ensembles limités, afin de pouvoir dégager des objets qui puissent être étudiés. La réduction est une nécessité de la pratique scientifique. Il ne faut surtout pas la vivre sur un mode coupable : personne ne peut penser la complexité et la réduction est un passage obligé. Simplement il faut savoir en connaître les limites et ne pas la vivre sur un mode arrogant.

La thèse centrale de l’archéogéographie et de l’archéologie environnementale (suivant en cela des considérations plus générales de l’épistémologie et de la sociologie des sciences) est la suivante : la difficulté la plus forte, en ce moment précis, est due à l’écart extrêmement tendu qui existe désormais entre la rénovation qui se fait à la base (développement et inventivité des actes scientifiques), et les objets d’histoire ou d’archéologie par lesquels on nomme ces réalités étudiées, car ceux-ci sont dépendants de paradigmes établis fort anciennement et dont on ne déplace les limites que très infinitésimalement.

Un exemple : les travaux des archéobotanistes sont amplifiés par des paradigmes donnant naissance à des objets ou concepts historiques comme les grands défrichements médiévaux ou le bocage. Ces travaux entrent de plus en plus en contradiction avec l’expression (devenue obsolète) de ces concepts.

D’où le corollaire de cette thèse : il faut remonter à l’élaboration de ces concepts et faire l’archélogie du savoir pour mieux recomposer les objets et les concepts.

 

Les analyses scientifiques

 

1. Il existe des réalités dont on peut élaborer la connaissance par des analyses objectives tendant à discerner les lois de fonctionnement. Par exemple on peut très légitimement étudier des haies du néolithique, de façon objective, en les qualifiant par leurs essences, leur morphologie, leur dynamique, même si on ignore comment on les nommait, comment on les percevait, quel usage on en faisait, etc. Ou encore étudier le climat à l’époque x ou l’époque y, déterminer la position du Jet stream à l’âge du Bronze, alors que la réalité du Jet Stream n’est connue que depuis 50 à 60 ans seulement.

Les discipines qui s’engagent dans ce processus de connaissance pratiquent le réductionnisme et inventent des protocoles pour définir leur expérimentalisation (enchaînement d’expériences de laboratoire). Les disciplines humaines et sociales peuvent accéder à cette forme de connaissance. Il existe ainsi, dans chaque discipline des SHS une part ou dimension scientifique ainsi définie.

— on appelle cette posture épistémologique : le naturalisme méthodologique.

Cette épistémologie pose les attendus suivants :

- séparer le monde des faits des représentations que les humains s’en font.

- fonder la connaissance sur l’expérimentalisation scientifique et non sur l’expérience commune des gens.

- poser le principe que la connaissance scientifique est cumulative et va dans le sens d’une réduction progressive du non connu.

 

Quelles sont les disciplines qui pratiquent ce naturalisme méthodologique ? Toutes celles qui visent à isoler des objets et à expliquer leur dynamique par des lois de fonctionnement à caractère pérenne.

ex.

- anthropologie structurale

- archéologie spatiale ou spatialiste

- sciences du paléo-environnement

etc.

 

Les analyses historiques

 

2. Il existe des réalités dont on peut tenter de proposer l’organisation en périodes, phases ou époques. C’est-à-dire qu’on pense pouvoir discerner des durées caractérisées par des points communs suffisamment forts pour identifier la période ou phase (ce que Marc Bloch appelait des « caractères originaux »). C’est à cette forme d’analyse qu’on doit la classification historique toujours en cours et même son approfondissement avec l’émergence de chrono-typologies archéologiques abondantes. En effet, les outils de ce type d’étude sont les cultures, les typo-chronologies, qu’on utilise en archéologie, en histoire, en géographie, etc.

— on peut convenir d’appeler cette posture méthodologique : l’historicisme méthodologique.

Cette épistémologie pose les attendus suivants :

- le but de la recherche est d’éccrire une hisotire ou récit articulé par périodes ;

- la période est caractérisée par des éléments stables, à caractère identitaires ;

- ces éléments stables ne sont pas fortuits mais intentionnels ou sociaux ;

- le pasage d’une période à l’autre est une rupture (qualifiée souvent de « révolution » : néolithique, de l’an mil, française, industrielle, agricole, etc).

Un exemple récent d’application de l’historicisme méthodologique :

Marcel MAZOYER et Laurence ROUDART, Histoire des agricultures du monde, du néolithique à la crise contemporaine, Ed du Seuil, Paris 1997.

Cet ouvrage présente l’évolution des agricultures en utilisant un concept « collecteur », le système agraire , et en organisant l’histoire des agricultures comme une série de révolutions permettant le passage d’un système agraire à un autre.

 

L’historicisme a été fortement critiqué en raison de son rapport évident avec ce que les sociologues appellent les « grands récits » modernes, et qu’on nomme aussi « idéologies ». La pratique scientifique, au moins a priori, est ou devrait être étrangère à l’historicisme puisqu’elle postule une division marquée entre faits et représentations. En réalité c’est infiniment plus complexe et l’imbrication des liens entre faits de science (ou expérimentaux) et récits modernes est très poussée.

 

3. Il existe enfin une approche qui tente la recherche du passé par la connaissance du résultat. C’est, en quelque sorte, une variante de l’historicisme, un historicisme appliqué à l’espace. Puisque les processus ont produit des réalités fortes telles que l’État, la nation, le territoire, etc., la recherche se donne comme objectif d’en rechercher les prémisses et d’en décrire la réalisation.

Le nationalisme méthodologique est une récupération des réalités anciennes voire très anciennes, à des fins de production du présent. Chacun connaît, désormais, l’usage très politique que les sociétés du XIXe et du XXe s. ont fait de l’Antiquité (ex. en France, la promotion de Vercingétorix pour servir l’idée de nation).

La thèse de l’archéogéographie est que ce processus n’a pas seulement concerné les monuments les plus emblématiques, mais a aussi atteint les objets les plus neutres, lesquels ont été « politisés » et « polémisés » (c’est-à-dire qu’ils ont servi un récit qui n’était pas obligatoirement le leur). Ainsi le bocage et l’openfield, qui auraient dû être des réalités neutres, décrites et interprétées indépendamment de l’histoire contemporaine, ont en fait servi à la constitution de paysages agraires emblématiques de l’exception française, via la notion de centre et de marges, et celle de « caractères originaux », pour mieux caractériser le processus national.  

— on appelle cette posture épistémologique : le nationalisme méthodologique.

Ses attendus sont les suivants :

- le processus historique c’est du temps historique appliquée à du spatial quasi-immobile (primat des sociétés sur la nature). L’espace est le lieu des pérennités, et l’histoire est donc plus importante que la géographie.

- fondé sur des eéries très complètes de dualités (issues elles-mêmes du naturallisme méthdologique), le nationalisme est une méthodologie du « ou bien - ou bien ».

- le local c’est du global à échelle plus réduite, et le local ne se comprend que s’il est amplifié dans le cadre du global.

 

Quel est le rapport entre ces trois postures ?

 

La difficulté principale à envisager, et le frein le plus net à l’évolution de l’organisation des connaissances, est le passage des observations issues des protocoles du naturalisme, aux objets définis et installés par l’historicisme et le nationaisme méthodologiques. Car on passe de protocoles, toujours discutables, à des procédures plus floues et fortement déterminées par l’intérêt national.

Autrement dit, c’est le défaut d’une instance sereine de délibération du passage des « faits » aux « objets » qui est le point de débat.

 

Une ontologie

 

L’ensemble des trois postures dessine assez bien les contours d’une ontologie (c’est-à-dire une façon de concevoir et de comprendre le monde) qui caractérise la Modernité : les anthropologues la définissent du nom général d’ontologie naturaliste (Descola 2005). Il faut bien comprendre que dès qu’on parle d’ontologie naturaliste on se situe au niveau de l’ensemble des dualismes (nature unique + cultures diverses) et non pas d’un seul élément du dualisme de base, la nature.

Alors, pourquoi nommer naturalisme cette ontologie, pourquoi choisir ce pôle et pas l’autre ? Parce que dans le couple nature/cultures (ou natures/sociétés) c’est le pôle naturel qui l’emporte : on postule l’unité de la Nature, face à la diversité des cultures. Comme l’a bien défini Philippe Descola (2005), c’est la ressemblance des physicalités (unité de la Nature) qui constitue le point nodal de l’ontologie et moins la dissemblances des intériorités (diversité des cultures).

 

Leurs points communs

 

Sans les confondre, il s’agit ici de dégager leurs points communs. On peut caractériser ces trois approches par quelques mots clés qui sont à la base de leur épistémologie.

- certitude due au mode de connaissance scientifique

- détachement des êtres humains par rapport aux autres êtres (dits « non-humais »)

- dualisme(s) en cascade

- progrès cumulatif.

 

L’ontologie moderne s’accomode d’un espace-temps autosimilaire et emboîté.

 

 

La boussole de Dominique Boullier permet d’en situer aisément les attendus.

 

 

 

Un autre de leur point commun est celui de se fonder sur un schéma commun opposant un centre légal et des marges de réprobation. C’est ce que j’intitule le « privilège de l’insularité »

(voir ma communication au colloque Ledoux, octobre 2006, sur ce même titre, à paraître en 2007).

 

                                   

 

Ces trois approches sont toujours dominantes, parce que ce qu’on étudie ce sont les objets, les périodes et les paradigmes qu’elles ont institué depuis le XVIIIe s. Elles qualifient une posture majeure, celle qu’on nomme la Modernité (elle s’installe à cette époque que les contemporains ont dite « moderne », parce qu’ils la ressentaient ainsi, soit entre la fin du Moyen Âge et le XXe. s.). Ses temps forts historiques sont multiples :

- le changement dans la représentation de l’espace-temps à la fin du Moyen Âge

- le cartésianisme et le naturalisme physique et astrophysique

- l’universalisme des Lumières

- le positivisme du XIXe s.

- la naturalisme biologique du XIXe s.

 

Ce temps est celui de l’affirmation de la science et de l’histoire, deux attitudes qui ne cessent de jouer un chassé-croisé intéressant entre « légalité » et « contingence », universalité et particularités.

Cette dualité sommaire (science/histoire) est sans cesse remaniée par la prise d’indépendance de segments qui s’autonomisent pour devenir des sciences à part entière. Quelques exemples :

- la sociologie qui émerge comme science autonome de l’histoire dès Comte, mais surtout à partir de Durkheim ;

- l’anthropologie qui se constitue en science au XXe s. avec des penseurs comme Franz Boas (1858-1942), B. Malinowski, Marcel Mauss et Claude Levi-Strauss.

- l’archéologie qui se distingue de l’histoire de l’art et devient une science dans la seconde moitié du XXe s. 

 

La posture moderne, en raison même de son dualisme constitutif, comporte une contradiction irréductible.

Schéma : la contradiction de l’espace-temps moderne.

 

 

En même temps, elle se pose comme un aboutissement, comme une espèce d’ontologie indépassable parce qu’elle aurait résolu les imperfections des autres ontolgies. C’est ce que j’ai résumé dans ce schéma par lequel je commente le propos de Philippe Descola.

 

 

L’ontologie moderne à travers ses instruments épistémologiques, a installé un espace-temps militant.

Il faut bien voir que les catégories avec lesquelles on travaille, les objets qu’elles ont produit, sont marqués par les conditions de leur genèse, c’est-à-dire la militance de la Modernité face aux espaces-temps des sociétés d’Ancien Régime.

 

Caractérisation de l’espace-temps historique

dans le nationalisme, l’historicisme et le naturalisme méthodologiques

 

Les collecteurs hypertrophiés

Les ethnotypes nationaux

Le récit de la formation du territoire national

La découverte du paysage

L'espace-temps bivalent des utopies

L'espace-temps de l'objet architectural et urbain et la création de la ville

L’invention puis l’épuisement de la ruralité

L’invention de la grande propriété antique

L'inversion du rapport au passé et l'invention du patrimoine

L'exclusion de la nature et la création et la naturalisation du concept d'environnement

La communauté primitive et la complexification sociale

 

Les outils de réduction des réalités géohistoriques

Le géo-référencement ouvrant sur la mise en cartes et en atlas du monde

La conversion des mesures

La naturalisation des pays par la géologie

Le processus de complexification sociale pour passer de la communauté à l’État

La réduction des noms des lieux en toponymes et lieudits

La fixation d’une typologie agraire rigide

La formation d’une méthode géométrique d’analyse de l’espace 

La transformation du passé en objets par l’invention du vestige archéologique

Le privilège exorbitant des objets romains ; centuriation, villa, voie.

La naturalisation des types architecturaux aux XVIIIe et XIXe s.

 

La conclusion de cette partie est la suivante : la principale difficulté que nous rencontrons est l’abus de catégories modernes pour penser des objets anciens non-modernes. Mais cette difficulté est une aporie.

1. Si nous abordons les espaces-temps anciens avec les outils et les concepts des méthodologies du naturalisme, nous les modernisons et nous nous comportons exactement comme un anthropologue qui “penserait” les populations traditionnelles qu’il étudie  avec les seules catégories du naturalisme et de ses dualités, alors que ces populations sont animistes, totémistes ou analogistes (Descola 2005 pour les définitions). Il nous faut chercher quelles autres méthodologies nous pouvons mettre en œuvre, et ce point est même une vraie recherche à ouvrir. On peut songer à un bouquet qui comporterait une forme de communautarisme méthodologique, des formes de déterminisme dans la relation au lieu (ou de sujétion, au sens où le définit Augustin Berque), des formes de prédicat ou de projection. La voie est, lorsqu’on connaît les concepts des sociétés en question, d’en passer par une étude des notions et une historicisation des notions (c’est-à-dire une prise en compte de leur contingence). Que signifie par exemple ecclesia au Moyen Âge et même pour telle ou telle phase du Moyen Âge ; que signifie res publica dans l’Antiquité et quelle est sa forme spatiotemporelle ? etc.

2. Mais c’est une aporie parce qu’on butera toujours sur des difficultés insurmontables. On ne peut se placer à l’échelle 1/1 et faire, en quelque sorte, une archéologie ou une archéogéographie expérimentales totales. Donc il faut en passer par les outils et les méthodes modernes. En outre, si on a déjà beaucoup de mal à comprendre le sens des notions anciennes pour lesquelles on connaît les mots, on ne doit pas oublier qu’il y a beaucoup de sociétés dont on ne connaît même pas les notions et les mots.

 

 

III - Relativisme et post-modernité

 

On appelle ainsi une crise profonde de la Modernité, remise en cause parce qu’il s’est produit, pendant la première moitié du XXe s., à la fois des changements majeurs dans les théories scientifiques sur l’espace-temps physique et astrophysique (relativité, etc : lire Prigogine et Stengers, La nouvelle alliance, un classique !), et des monstruosités dramatiques (industrialisation de la barbarie ; conflits nationalistes et internationalistes d’une ampleur et d’une violence rares). Le relativisme est cette attitude intransigeante qui « déconstruit » les paradigmes de la Modernité en quittant le champ des certitudes.

Parce que l’histoire n’est pas encore écrite, on ne peut dire si la post-modernité est le début d’une phase d’instabilité qui est appelée à durer très longtemps, ou bien si elle est une transition vers une nouvelle phase (la modernité réflexive) qui pourrait devenir une posture théorico-épistémologique dominante ou du moins suffisamment installée.

Tout au plus peut-on noter qu’après trente années de relativisme assez vigoureux, il y a une demande d’apaisement et de liens nouveaux (justement, la recherche d’une nouvelle alliance). Mais, depuis peu, cette aspiration a pris la forme d’une demande d’ordre devant trop d’instabilité. Toute la question est de savoir si cet ordre sera inventif (nouvelle modernité installant une nouvelle stabilité concertée et ouverte aux progrès scientifiques) ou réactionnaire (ex. les fondamentalismes religieux et politiques ; rappel cassant des certitudes anciennes de la science et de la politique).

 

Les bases du relativisme

 

On peut qualifier le relativisme de mouvement de fond de critique des certitudes modernes, ouvrant ou réouvrant le champ des possibles (et de ce point de vue d’une réelle nécessité), et la post-modernité, de philosophie militante visant à la fragmentation, à l’individualisation, (en opposition avec le structuralisme, le freudisme, le positivisme). Les penseurs post-modernes sont Martin Heidegger, Ludwig Wittgenstein, Roland Barthes, Jacques Lacan, etc.

Ci-dessous il est plus question de relativisme que de post-modernité proprement dite.

 

1. Des travaux philosophiques et épistémologiques essentiels

- Michel Foucault étudie la façon dont se constituent les disciplines de connaissance. En faisant de leur parcours épistémologique un objet de réflexion, il contribue fortement à borner la Modernité donc à la rendre historique et, éventuellement, “dépassable”. 

- Des interrogations majeures sur la finitude (de l’espèce humaine, de la panète) qui concourrent à une déstabilisation assez forte. La science, qui d’ordinaire répondait à ces inquiétudes en proposant des certitudes progressives, se trouve le plus souvent soit au coeur de la déconstruction la plus radicale (ex. la « relativité » de l’espace-temps physique), soit en posture marginalisée (celle d’expert de moins en moins péremptoire face aux inquiétudes sociales). Il faudra dire pourquoi on constate ces deux attitudes apparemment contradictoires.

 

2. La fin des « grands récits » et la dénonciation des idéologies

Sont contestées les idéologies (fascistes, marxistes-léninistes), mais aussi les processus d’évolution de la Modernité elle-même.

 

3. Une attitude originale qui consiste à aborder les questions par les marges. Plutôt que de rester dans l’étude des cas généraux, des espèces d’ « universaux », et donc de ne pouvoir sortir des grands récits idéologiques, on se met à proposer des travaux à la marge. Exemple :

- en histoire, notion d’écart au modèle (Michel de Certeau) ; évolution de l’école des Annales vers les minorités et les pratiques sociales (la mort, la sexualité, la nourriture, etc.) ; la microstoria italienne (puis française) : étudier des faits par le point de vue des acteurs, y compris les plus modestes, sur des terrains d’action limités au lieu.

- en anthropologie historique, étude de la prison, de la folie (M. Foucault)

- en géographie, l’étude des communautés (féminine, gay, noire, etc.).

Ces postures sont très intéressantes en ce qu’elles « recomposent le social » (pour le dire vite) en rappellant sa diversité, mais ambiguës si on s’en sert comme justificatif à des formes de ghettoïsation ou de communautarismes.

Il y a formation d’isolats, lorsqu’on prétend que le savoir ainsi accumulé conduit à des divorces entre disciplines, avec des réalités de plus en pus fragmentées qui doivent s’ignorer. Dans ce cas, où et comment recomposera-t-on les « objets » qui ne conviennent plus ? Le réductionnisme, pratique légitime, est condamné à la marginalisation si les chercheurs ne savent pas envisager leur participation à la reconstruction des objets.

 

4. Constructivisme et individualisme méthodologique

En mettant l’accent sur la construction des faits sociaux par l’action des agents individuels, les thèses relativistes et post-modernes s’opposent à celles qui pensent que les faits sociaux sont produits par de forts déterminants sociaux (déterminants économiques, comme dans les rapports de production marxistes ; déterminants culturels et symboliques, comme dans les rapports de domination de la théorie de Pierre Bourdieu). L’individualisme méthodologique caractérise ainsi la post-modernité.

 

5. La crise de l’épistémologie

La crise atteint l’épistémologie elle-même, puisque cette recherche, qui s’est constituée en discipline, est relativisée en ce qu’elle aurait du mal à faire la part entre la légitimité de ses analyses et un rôle de gardienne des bornes infranchissables de la Modernité.

C’est la raison pur laquelle une discipline nouvelle comme les Science studies (en français « sociologie des sciences »), qui se propose de mettre l’activité des scientifiques sous la loupe de l’anthropologue, de l’historien ou du philosophe et de proposer un dépassement de la Modernité, est mal comprise des scientifiques et des épistémologues. Principaux chercheurs dans ce domaine : Ian Hacking (Collège de France), Isabelle Stengers (Louvain, Belgique), Bruno Latour (Ecoles des Mines puis Institut d’Etudes Politiques de Paris, France).

 

Un des aspects majeurs de la crise de l’épistémologie est donc l’incapacité à rediscuter les objets et la fuite dans la réduction ad libitum. Ne pouvant faire une politique des objets en raison des verrous constitutionnels imposés par le naturalisme, l’historicisme et le nationalisme méthodologiques, la seule solution pour avancer néanmoins est de fractionner à l’infini, et de créer autant de nouvelles disciplines qu’il y a de fragments. Conjugué à individualisme méthodologique , cela peut donner une fuite en avant, des divorces à l’infini, des fragmentations et même des impuissances. Une relativisme sans fin. Dans notre domaine, c’est probablement le niveau auquel nous sommes parvenus.

Je reprends ici un tableau élaboré par Magali Watteaux (thèse en cours) avec mon aide. Il a pour but de vous montrer que la fragmentation des disciplines est un phénomène qui est allé croissant et qui aboutit aujourd’hui à des demandes de « moratoire » ou même de « remise en ordre ». L’enjeu est que le moratoire ne signifie pas un arrêt sur les objets anciens.

 

 

ÉVOLUTION DES INTITULÉS

OU DES NOMS DE DISCIPLINES GÉO-HISTORIQUES

 

Les disciplines (surtout anciennes) issues des relations entre histoire et géographie

1. Géographie historique (De Planhol 1988)

2. Géohistoire (Higounet 1961)

                   3. Histoire géographique (Higounet 1985)

                   4. Géographie humaine rétrospective (Dion 1949)

                   5. Cartographie historique (Marquette 1982)

                    6. Géohistoire systématique (Grataloup 1996)

7. Étude historique du paysage rural (Verhulst 1995)

8. Métrologie historique (Garnier et al. 1989 ; Hocquet 1995 ; Berriman 1957)

9. Toponymie, onomastique (Vincent 1937 ; Dauzat 1939)

10. Topographie historique (Berty et Legrand 1886-1897)

            11. Topographie antique (Castagnoli 1957)

 

Les intitulés ou disciplines issues de l’archéologie

12. Prospection archéologique (Ferdière et Zadora Rio 1982)

13. Archéologie du paysage (Chevallier (ed) 1978 ; Ariño-Gil et al. 2004)

14. Archéologie extensive (Noyé 1988)

15. Archéologie de peuplement (De Meulemeester 1998)

16. Archéologie du terroir (Buchsenschutz 1982)

17. Archéologie du territoire (Paysages Découverts 1989, 1993, 1998)

18. Archéologie aérienne (Chevallier 1963 ; Dassié 1978 ; Ceraudo et Piccarreta 2004)

19. Archéologie agraire (Guilaine 1991 ; Verhulst 1995)

 

Les intitulés ou disciplines naturalistes

20. Paléogéographie (Furon 1941 ; Pomerol 1973, 1975)

21. Biogéographie historique (Dubois 1991)

22. Paléo-environnement (Colardelle, dir. 1996)

23. Archéologie de l’environnement (Environmental archaeology, revue)

24. Histoire de l’environnement (Beck et Delort 1993)

            25. géoarchéologie (Bravard et Prestreau 1997)

            26. géochronologie (De Geer 1912)

            27. paléobotanique, archéobotanique (Leroyer et al. 1999)

           28. archéozoologie (Chaix et Méniel 1996)

            29. paléoclimatologie (Magny 1995)

30. Chrono-écologie (Bidault et al. 1991)

 

Les intitulés ou disciplines influencées par les méthodologies de la géographie

31. Photo-interprétation archéologique (Chevallier 1966)

                   32. Télédétection archéologique (Barisano et al. 1984)

33. Archéologie spatiale ou spatialiste (Renfrew 1969 ; Clarke 1977)

       34. Archéologie des espaces (Van der Leeuw et Fiches 1990)

35. Chorématique historique (Grataloup 1996)

       36. Chrono-chorématique (Dufaÿ et al. 2005 ; Rodier et Galinié 2006)

        37. Paléochorématique (Théry 1990)

38. Archéomorphologie (Chouquer 1989)

39. Morphologie urbaine (Borie et al.1984 ; Merlin 1988)

40. Parcellographie historique (Loyer 1998)

41. Archéogéographie (Fossier 1982 : Marinval 1990 ; Chouquer (dir) 2003)

 

Quelques intitulés étrangers (et équivalent en français en s’il y a lieu)

42. Field Archaeology (Bradford 1957) = 31. Photointerprétation archéologique

43. Aerial Reconnaissance for Archaeology (Wilson 1976) = 18 Archéologie aérienne

44. Archaeological Survey (Banning 2002) = 12. Prospection archéologique

45. Off-site archaeology (Foley 1981) = 33. Archéologie spatiale

46. Alluvial geoarcheology (Brown 1997) = 25. Géoarchéologie

47. Rückschreibungsmethode (Kippel 1961 ; Krenzlin et Reusch 1961 ; Marten 1969)

48. Aerotopografia archeologica (Ceraudo et Piccareta 2004) = 9/10. Topographie      

 

 

 

IV – Une modernité réflexive

 

Changer le mode d’explication :

 

1. Des collectifs et non des collecteurs

Dans les modes habituels d’explication, le « social » est constitué à part des faits, comme un réservoir d’explications déjà-là dans lequel le chercheur puise celles qui paraissent en accord avec les faits qu’il observe. Nombre des représentations instituées par la Modernité et par lesquelles j’ai commencé ce cours (nation, territoire, paysage, société, État, etc.) forment des exemples de ces explications toutes faites. Ainsi le Moyen Âge pendant longtemps n’a pas été lui-même, mais il a été anti- ou pré-étatique car le but est bien d’interpréter tel ou tel fait comme le signe soit d’une rejet de l’étatisme (valeur moderne) soit l’annonce de son advenue (téléologie moderne). Les interprétations des sociétés pré-modernes découlent donc toujours de modèles pensés pour la phase moderne de l’histoire européenne, une fois acquise la connaissance de ce que sont devenues les nations et les États, leur géométrie, leur économisme, leurs pratiques réductrices, etc.

Par exemple, estimer que la taille d’un objet, la géométrie d’une répartition, l’équipartition d’un pavage, etc., sont des postulats fait courir le risque d’une assimilation des réalités anciennes à une seule et unique aune.

L’exemple du territoire de la cité antique est instructif. Parce qu’on a inventé la cité antique à l’époque de la constitution de la nation (XIXe et XXe s.), le territoire civique antique a été vu, à l’origine, comme une entité cohérente, autosimilaire, ayant des frontières fixes et pérennes, où les formes rendaient compte des projets (« une cité = une colonie = une centuriation »). Aujourd’hui, la somme des travaux montre une disjonction très forte entre les éléments qui, à ces époques, avaient été réunis pour définir « la » cité antique, ainsi que la nécessité de faire émerger de nouvelles réalités.

 

Composition classique du collecteur « territoire de la cité romaine »

- lien privilégié avec la colonisation

- conception de la cité coloniale comme métaphore de Rome

- opposition ville-territoire rural

- lien consubstantiel entre la colonie et son territoire contigu

- rôle de la géométrie des formes dans la définition du territoire

- notion de frontières arrêtées

- unité et autosimilarité des formes dans le cadre du concept de cité

- définition civique par la res publica

- conception du territoire comme hinterland économique de la ville

etc.

 

Nouveaux êtres “frappant à la porte” du collectif, en attente d’admission

- disjontion entre territoires de l’assignation et territoire de la colonie

- pratique de l’attribution de territoires

- affaiblissement des indices utilisés pour fixer les frontières (ex. toponymie)

- réalité d’une conception communautariste de la res publica

- conception de la frontière comme zone et interface

etc.

Voir les articles de M. da Conceição Lopes et G. Chouquer dans Études rurales, juillet-décembre 2003, n° 167-168.

 

L’idée est donc de remplacer les collecteurs “déjà-là” par des collectifs à constituer. Et d’y faire entrer les nouveaux “candidats” qui peuvent et doivent être intégrés.

 

2. Le présupposé de la visibilité de l’archéologie et de la morphologie

La méthodologie traditionnelle fondée sur l’observation et l’interprétaion des faits objectifs pose, en fait, un présupposé qui ne va pas de soi, celui de la visibilité des vestiges archéologiques (et morphologiques). Cette visibilité se présume et c’est là le problème. On peut l’exprimer ainsi : toute action sociale sur le milieu doit laisser des traces et, inversement, la lecture des traces peut permettre de remonter au social.

À ce postulat, on peut objecter deux choses :

- Certaines dynamiques sédimentaires peuvent occulter (par masque ou par éradication) des états anciens : une démarche géoarchéologique, la taphonomie, tente de répondre à ces questions ;

- Mais au-delà de cette intéressante réponse technique (qui ne touche cependant pas au postulat), il y a tout simplement une grande quantité de faits qui ne laissent pas de trace archéologique. Il faut donc postuler l’invisibilité archéologique, ce qui est une entorse sérieuse au réalisme positiviste.

Lire sur ce point ce qu’écrit Alain Testart, Éléments de classification des sociétés, Ed. Errance, Paris 2005, p. 20-21.

 

 

Pour une “politique” des objets 

 

1. Mieux définir les rôles : le lointain et le proche

Parce qu’elle s’occupe de l’infiniment petit et de l’infiniment grand ou encore de l’infinment complexe, la science ne parle pas des objets sociaux, mais évalue des éléments de la physis à l’aide de protocoles d’un grand raffinement. Or un pollen même étudié par une batterie sophistiquée et inventive de protcoles, ne fait pas un bocage, concept social élaboré par des sociétés, des historiens, des ethnologues, etc.

On doit donc réarticuler les plans et dire que les disciplines scientifiques (à protocoles) sont affaire de lointain. Elles ne sont pas créatrices d’objets pour le sociétés anciennes, autrement dit, elle ne feront jamais connaître que des réalités éloignées de l’expérience des gens du passé. Ces réalités n’en sont pas moins fondamentales à étudier car elles concourent à la production des objets !

Car les objets, c’est affaire du proximité (ce qui ne veut pas dire de localisme !). Ce sont des disciplines sans protocoles (physico-chimiques, écologiques), mais au contraire fortement procéduralisées, qui doivent les élaborer.

 

2. Des protocles aux procédures pour délibérer les objets

D’où la nouvelle proposition. Il faut délibérer les objets, donc installer une “politique” des objets. L’idée principale est que cela est affaire de procédures et non de protocoles seulement.

Lire les artiles de Cédric Lavigne et de Magali Watteaux sur l’openfield et le bocage pour voir comment ces deux chercheurs installent une politique de ces deux objets en les recomposant.

Études rurales, n° 167-168 et n° 175-176.

 

3. Cartographie et parlement

Dans nos domaines, les méthodes de cette “politique” des objets tournent autour de l’idée de cartographie et de parlement

La cartographie des collectifs est l’exposé des liens permettant d’en représenter la validité, d’en éprouver la solidité, et permettant d’en mesurer l’étendue.

Le parlement des objets est, de façon métaphorique, l’instance de délibération des objets nouveaux, et le lieu où on se donne des règles pour le faire (Latour 1999).

Un modèle : la délibération autour des nouveautés concernant le climat lors de la table-ronde du Mont Beuvray en 1992, qui a permis de fixer les connaissances, jusqu’à une future redélibération des connaissances nouvellement acquises (Les Nouvelles de l’archéologie, 1992).

 

4. D’une politique à une cosmopolitique

Un sociologue comme Ulrich Beck (2006) et d’autres chercheurs (ex. l’équipe rassemblée par D. Boullier, B. Latour autour de la revue Cosmopolitiques) proposent que la réflexivité soit l’épistémologie d’une nouvelle Modernité de nature cosmopolitique. L’évolution générale vers une écologie politique qui ne soit pas une défense de la nature handicapée par le dualisme naturaliste, mais aussi l’abolition de nombreuses frontières (avec leur face cachée : mondialisation non maîtrisée) conduit à suggérer un cosmopolitisme méthodologique en lieu et place du nationalisme méthodologique. Ce nouveau réalisme suppose une refonte de « l’appareil conceptuel central des sciences humaines » (U. Beck) et la définition, selon des procédures à faire advenir, des nouveaux objets.

 

Une autre conception de l’espace et du temps

 

Voir les longs développements qui sont consacrés à ce point majeur dans mon nouvel Essai (Chouquer 2007) et dans le premier tome du Traité d’archéogéographie (également à paraître en fin 2007).

 

                

 

 

Le premier concept central est celui de transformission.

Il s’agit de  dire d’un mot ce qu’on dit, d’ordinaire par une périphrase : c’est parce qu’il y a transformation des choses qu’il y a et qu’il peut y avoir transmission ; sans le changement, il y aurait oubli. C’est un paradoxe.

 

L’autre concept central et associé au précédent est celui d’héritage.

 

L’émergence de la notion d’héritage en archéologie environnementale

 

La réévaluation du passé et l’affirmation de la part des héritages dans les élaborations écouménales est une affaire récente. Son terrain d’élection aura été le champ de l’étude des milieux, par la médiation de l’archéologie environnementale.

L’installation de ce concept suppose l’abandon de deux notions étroitement liées. La première est l’idée de fixité des situations, la seconde est celle de dégradation des situations d’origine. L’une et l’autre produisent un récit linéaire, mécanique, où les enchaînements sont déduits des situations précédentes. Les héritages, ce n’est pas cela.

Joëlle Burnouf, qui a très largement animé cette recherche et installé le concept, en a tracé les étapes.

1. Poser la question de la dynamique en lieu et place de celle de dégradation. C’est le sens qu’il faut donner à  la succession des colloques d’Antibes : en 1995, en plein essor du programme Archaeomedes (financé par le programme Environnement de la DG XII de l’Union européenne), l’accent était mis sur le rôle de l’homme dans la dégradation de l’environnement (Van der Leeuw 1995). Dans la publication de 1997, c’est la dynamique qui est placée au premier plan (Burnouf et al. 1997).

2. Revisiter les concepts de nature, d’environnement et de paysage tels que les emploient les différentes corporations d’historiens, en raison de la place des paradigmes instaurateurs dans leur définition des périodes (ex. type des grands défrichements du Moyen Âge). C’est le sens de l’interrogation sur « la nature des médiévistes » (Burnouf 2003).

3. Développer un thème d’étude sur les interactions sociétés/milieux, qui fasse la part des hybridations, des héritages et des mobilités. Ce thème a abouti à des formulations majeures telles que celle d’anthroposystème (Burnouf et al. 2003 ; Lévêque et Van der Leeuw 2003), celle de la mobilité de la nature à travers l’idée que les fleuves ont (aussi) une histoire (Bravard et Magny 2002 ; Burnouf et Leveau 2004), celle d’histoire des anthroposystèmes hérités (Burnouf et Leveau 2004, 486).

Ce que change la notion d’héritage est fondamental. Elle installe une dynamique d’un autre type que la dynamique historique à coup d’intentionnalités sociales unilatérales (l’histoire comme récit des dégradations ou des planifications successives, sans interactions et sans récursivité). Elle insite sur la part de mémoire dans la formation des hybrides. Elle débouche sur une théorie des scénarios (dite aussi histoire contrefactuelle) qu’il faut comprendre non pas comme le pouvoir de prévoir l’avenir, ce qui est une utopie, mais le fait de dégager les différentes histoires qui ont été possibles, celle qui est retenue par les chercheurs en fonction de l’état de l’art, et la possibilité de réexaminer l’ensemble. Une espèce de contingence historique généralisée, y compris aux outils et aux concepts.

 

 

Une nouvelle composition des épistémologies

 

Si on adopte ce qui vient d’être proposé, on change d’épistémologie.

La nouvelle épistémologie sera donc un composé :

- de modernité classique pour continuer à développer les travaux scientifiques des disciplines à protocoles ;

- de relativisme, pour continuer à déconstruire les objets des anciens paradigmes marqués par le nationalisme, le naturalisme et l’historicisme méthodologiques ;

- de modernité réflexive pour réinstaller l’attachement (travailler sur les liens) et les incertitudes (ouvrir des collectifs pour faire la politique des objets) et ouvrir à de nouvelles méthodologies.

Le dépassement de la modernité n’est donc pas son rejet, mais sa redéfinition et son élargissement .

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Les uvrages dont la lecture est vivement recommandée sont en rouge.

 

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