Philippe PINCHEMEL, Pierre CLERGEOT (avec la collaboration de Geneviève Pinchemel, Charlotte Castan et Olivier Kuhlen), La Terre écrite, édité par l’Ordre des Géomètres-Experts, Paris 2001, 72 p.

 

 

 

 

 

 

Un beau livre pour s’initier à la lecture des formes

 

 

L’analyse des formes nécessite un apprentissage, et il n’y en a pas de meilleur que de fréquenter les images aériennes pour s’initier à leur lecture.

Tel est l’objectif de ce beau livre conçu et rédigé par deux géographes de renom. L’ouvrage est présenté sous la forme d’un entretien au cours duquel sont évoqués quelques thèmes principaux. Le fil directeur est celui de l’écriture de la terre, métaphore classique mais utile pour aborder le sens des formes. Les auteurs expliquent qu’on peut lire la succession des formes à travers celle des écritures, parce que les traces plus anciennes sont incorporées et reprises dans des écritures plus récentes. Par l’image, ces géographes nous convient à réaliser combien la terre écrite est une « construction polygénique » (p. 12) à la fois fruit de la durée et résultat de l’imbrication de matériaux composites.

Mais si la terre est écriture, en détient-on le dictionnaire ? Les auteurs donnent une idée de ce langage en évoquant quelques-uns des concepts de la géographie physique et humaine et du résultat de leur hybridation. Le lecteur est alors conduit vers la découverte de la notion de « système spatial », que les auteurs placent entre l’homme et la nature, pour sortir des relations simplifiées, du temps du déterminisme géographique ou du possibilisme historien. L’espace géographique est alors mis en scène avec un personnage principal ou chef d’orchestre, la polarité ou centralité.

L’originalité de la Terre, c’est qu’elle renferme un nombre considérable de ces systèmes spatiaux, correspondant au foisonnement historique des écritures. Mais des parentés apparaissent, autour de quelques formes jouant le rôle de modèles. Le livre en donne les bonnes pages.

L’entretien se termine en évoquant le rôle des “géo-écrivains” que sont tous ceux qui aménagent la terre et le font de façon irrémédiable. Car si on peut ne pas lire le livre d’un écrivain, on ne peut pas échapper aux formes et aux systèmes spatiaux, une fois ceux-ci inscrits sur le sol.

 

L’illustration du livre est somptueuse, avec des images aériennes, classiques ou satellitales, des plans, des cartes et des gravures anciennes, présentant des exemples simples, tous pertinents pour découvrir la richesse des planimétries.

À noter, en fin d’ouvrage, une très intéressante exploitation de l’exemple du rang canadien (p. 58-61), une présentation du township nord-américian (p. 62-63) et une notice sur le remembrement (p. 64-65).

 

 

Les auteurs

 

Philippe PINCHEMEL, agrégé de géographie, docteur ès lettres, a été professeur à l’Université de Paris-I Sorbonne et membre associé du Conseil général des Ponts-et-Chaussées.

 

Pierre CLERGEOT, docteur en géographie, est maître de conférences à l’École supérieure des géomètres topographes (CNAM).

 

 

Titre de référence

 

Philippe et Genevière PINCHEMEL, La face de la terre, ed Armand Colin, Paris 1997 (5e éd.), 517 p.

 

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