Richard J. A. TALBERT (édite),

BARRINGTON ATLAS OF THE GREEK AND ROMAN WORLD,

Princeton University Press, Princeton et Oxford 2000

 

 

 

 

 

 

 

 

Sommaire

 

(le volume n’est pas paginé)

 

Sommaire

Liste des contributeurs

Liste des relecteurs

Liste des cartographes

Préface

Introduction

Termes de référence

Données pour la production des cartes

Liste des cartes

 

Atlas de 102 cartes

 

Index

 

 

Le projet

 

Près de 150 personnes de diverses universités et centres de recherches dans le monde ont travaillé à la réalisation de ce projet qui comble plus d’un siècle de vide dans ce domaine de publication. Il propose une cartographie des réalités géographiques sur un millénaire et demi, de 1000 av J.-C., jusqu’au VIIe s de notre ère, à des échelles petites ou moyennes évoluant entre le 1/150 000 pour les plus précises, et le 1/5 000 000 pour les moins détaillées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire

 

Voici un projet qui illustre au mieux les forces et les faiblesses de la topographie historique. L’ambition est considérable et le résultat précieux. Comment ne pas reconnaître que l’outil cartographique proposé répond à nombre de questions pratiques qu’on ne cesse de se poser lorsqu’on travaille sur le monde antique ? Il faut donc recommander l’usage de cet outil de travail, tout en en soulignant les limites, qui peuvent, quelquefois, confiner à des faiblesses quant à la conception même de l’ouvrage.

Il est inévitable qu’un tel ouvrage comporte des oublis ou des erreurs, malgré le soin apporté à son élaboration et à sa relecture. Par exemple, dans la carte 18, on ne trouve pas Crusinia entre Pons Dubris et Besançon ; ni Portus Abucinus, à Port-sur-Saône ; ni Vidubia entre Nuits-Saint-Georges et Dijon ; etc. Or la Table de Peutinger en permet une localisation suffisante, même si le gisement correspondant est mal connu. Quelle est la part, extrapolée à tout l’atlas, de ces omissions ?

 

Le traitement des centuriations offre, en revanche, de vraies surprises. Nombre de cartes sont assez bien documentées sur ce sujet et dessinent une approximation suffisante, même si on peut relever des imprécisions (carte 17 : avoir étendu la centuriation de Valence au sud de Bantiana) et des simplifications (comme de n’avoir pas différencié les planimétries grecques des romaines, ce qui fait que les grilles de Chersonesos (Crimée, carte 23) et de l’île de Hvar (carte 20) sont présentées de ce fait comme étant des centuriations).

Une erreur assez lourde concerne les centuriations de Syrie. Les cartes 67 et 68 quadrillent en effet généreusement un espace immense d’une centaine de km de long, au nord-est d’Apamée, alors qu’aucune trace de centuriation ne peut y être repérée. Pourquoi cette erreur ? Parce que les auteurs ont été dépendants d’une littérature qu’ils n’avaient pas les moyens de contrôler et qu’ils ont retranscrite sans critique.

En laissant l’appréciation de ce sujet à des auteurs non spécialistes, le résultat est troublant. En Espagne, la centuriation d’Elche et celles de Valence sont absentes. En Italie, il faut comparer, par exemple, les cartes 43 et 44 pour mesurer l’inconséquence d’une conception mal maîtrisée. La carte du Latium méridional et de la Campanie, due à N. Purcell, est un bon reflet des connaissances, malgré quelques oublis fâcheux (la diversité des centuriations de Nola, par exemple). En revanche, celle sur le Latium méridional et la région de Rome, due à Lorenzo Quilici et Stefania Quilici Gigli, est entièrement vide ! Alors qu’on connaît la centuriation des Champs Tibériens, alors que les textes mentionnent expressément les limitations de Vellitrae, Signia, Anagnia, Lanuvium, Tusculum, etc., alors que divers travaux en ont proposé des cartographies, les cartes sont désespérément vides parce que les deux auteurs ont un compte à régler avec le sujet. Ne pouvait-on inventer ici une carte qui aurait fait la part des informations selon leur nature (mentions du liber coloniarum ; restitutions proposées) ?

 

Là est le problème : l’atlas est conventionnel. Sans doute aurait-il fallu imaginer un travail à des échelles différentes : échelles cartographiques, par exemple, avec des fenêtres ouvertes sur des zones mieux connues que d’autres ; mais aussi échelles des degrés de connaissance. Car en situant sur un même plan des connaissances avérées et des connaissances plus mobiles et mal maîtrisées (ce qui se produit pour les centuriations par exemple), les auteurs aboutissent à un résultat ambigu.

 

 

Accès privé