UN  SÉMINAIRE  SUR  LES  FORMES  DU  PAYSAGE

ET  LES  DYNAMIQUES  DES

TRANSFORMATIONS  AGRAIRES

DEPUIS  L’ANTIQUITÉ

 

 

Département d’Archéologie

de l’Université de Padoue (Italie)

17 mars 2008

 

 

 

 

 

 

Le Professeur Guido Rosada, organisateur du séminaire dans le cadre de l’école doctorale « Conservation des biens archéologiques et architectoniques », a convié, le 17 mars 2008 au Palazzo del Liviano, deux chercheurs spécialistes de la centuriation et du paysage antique, l’archéologue Pier Luigi Dall’Aglio, professeur d’archéologie à l’Université de Bologne, et l’archéogéographe Gérard Chouquer, chercheur au CNRS. L’un a parlé de la situation italienne, en se fondant notamment sur d’importants travaux qui ont eu lieu à Lugo (Romagne) ; l’autre de la situation en France en évoquant les nombreux résultats obtenus par l’archéogéographie et l’archéologie préventive en vallée du Rhône, dans la zone des cadastres d’Orange.

La séance a été ouverte par un mot d’accueil de la Directrice du Département d’archéologie, la professeure Elena Francesca Ghedini, et par une introduction de Guido Rosada, coordinateur scientifique du séminaire. Un peu plus d’une trentaine de doctorants et post-doctorants y assistaient.

De cette intéressante comparaison, il est ressorti plusieurs points assez nouveaux. Une nette prise de conscience, d’un côté comme de l’autre, de la fin d’une approche « morpho-historique » quand on pensait pouvoir lire directement les centuriations antiques sur la carte ou la photographie aérienne. Une autre prise de conscience commune a été d’observer que la fouille archéologique n’a pas réponse à tout et que ses ambitions doivent être circonscrites aux véritables objets dont elle s’occupe. Or l’étude d’une centuriation — laquelle est une trame étendue dans l’espace — est inévitablement assez difficile pour une technique qui procède par fouilles ponctuelles d’étendue limitée et aléatoire.

Ensuite, des scénarios à la fois semblables et différents ont été proposés par les deux orateurs pour expliquer comment une centuriation romaine pouvait donner les morphologies héritées qu’on observe aujourd’hui sur les cartes et les images aériennes et qui vont de la forme évidente du graticolato romano de Padoue aux formes beaucoup plus transformées des planimétries françaises. Jusqu’où y a-t-il transmission ? Selon quelles modalités ? Comment expliquer la présence en surface de la forme « romaine » ou « à la romaine » quand des sondages géoarchéologiques font la démonstration qu’il y a eu interruption de l’occupation du sol et sédimentation de plusieurs mètres ! À travers les diverses réponses proposées par les chercheurs, on voyait nettement l’impossibilité d’établir un seul et unique modèle de dynamique du paysage.

La conclusion est que la centuriation est un objet qui sort passablement changé de la lecture des textes des gromatici veteres, et des travaux de l’archéologie et de l’archéogéographie, par rapport à ce qu’on en disait il y a seulement vingt ou trente ans.

(Robin Brigand 18 mars 2008)

 

 

Consultez le site du

Département d’Archéologie de Padoue

 

 

 

De gauche à droite : Pier Luigi Dall’Aglio, Guido Rosada, Gérard Chouquer, dans le Musée du Département d’Archéologie de l’Université degli Studi di Padova, le 17 mars 2008.

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