ÉTUDE MORPHOLOGIQUE

 

DES PAYSAGES TRAVERSÉS PAR

 

L'AUTOROUTE A 85

 

ENTRE CORZÉ ET VIVY

 

(Maine-et-Loire)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par

 Ann DODD-OPRITESCO* et Gérard CHOUQUER**

 

* Coordination Archéologique A 85, Saumur

** CNRS, UMR 9966, Tours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait du Document Final de Synthèse (inédit), intitulé

« Autoroute A 85. Étude des formes du paysage »,

produit par l’umr 9966 du CNRS à Tours et remis

à la coordination archéologique de l’autoroute A. 85.

Tours - mars 1997

 

À la mémoire d’Ann Dodd-Opritesco,

fidèle amie et chercheuse exigeante.

GC avril 2007

 

 

 

               

       

        INTRODUCTION

 

        Le tracé de l'autoroute A85 se développe dans le Val d'Authion (haute et basse vallée d'Anjou), parallèle au cours de la Loire, à 14 km du lit mineur actuel en début de tracé et 4 km à sa fin (Ingrandes).

        La première section - de Corzé à Vivy ( fig. 1 ) - traverse un paysage où la topographie apparaît comme une succession de petites vallées secondaires, peu encaissées, mais largement déployées (vallées de la Fontaine et des Fontaines, du Tarry, du Couasnon, de la Filière, du Gué de Terry, de La Fontaine, de l'Automne..), de points hauts compris entre 80 et 100m d'altitude, qualifiés de buttes-témoins puisqu'elles représentent les restes de la pénéplaine tertiaire, et de plateaux peu élevés. L'altitude moyenne du tracé se situe entre 25 et 35m NGF. Les villages et bourgs se sont fixés sur les buttes ou au nord des prairies inondables de l'Authion.

        Vers son extrémité occidentale, le tracé traverse une importante butte-témoin, dont les versants sont occupés par les communes de Chaumont d'Anjou et Bauné.        

        A l'est de Longué, elle se trouve dans la zone de contact coteau-vallée. On oppose généralement la haute vallée saumuroise à la vallée angevine (GRAS 1968, 100) : la première est occupée, entre l'Authion et le coteau crétacé, par la basse terrasse, à peine plus haute que la plaine alluviale, mais recouverte d'un manteau de sables éoliens d'autant moins fertiles qu'il sont plus épais. Les buttes insubmersibles se suivent en chapelet sur la berge droite du fleuve et expliquent la construction précoce en cet endroit de la première des levées ligériennes.

       

        Le pays des buttes (le Baugeois) a longtemps gardé la réputation d'une zone hostile, la moitié de l'année « cloaque paralysant la circulation, ...où les seuls chemins ruraux viables ne se rencontraient que sur les plateaux de sables purs, les plus stériles » (ibidem, 22).

        De grands glacis sableux cernent les buttes et colmatent les vallées, masquant la variété des affleurements, et expliquant le faible potentiel agricole ("les hauts-pays").

        Le Baugeois est formé d'une masse cénomanienne où le sable prédomine. Par-dessus s'étend une mince couche de marnes blanches, contenant en grande quantité de grosses coquilles d'huîtres, que les habitants appellent cosses et qui forment comme un béton. Ce sont les terres les plus fortes, les plus difficiles à travailler (ibidem,19). Le sable pulvérulent du Sénonien constitue l'horizon le plus stérile : il explique la forêt qui couvre la plupart des buttes.

        Donc le tracé traversera essentiellement des faciès siliceux ou silico-argileux. Seules les marnes à huîtres pourront éventuellement fournir des terres de qualité.

 

        La seconde section - de Vivy à Restigné (non publiée ici) - traverse sur 23 km la plaine alluviale ligérienne, où les terrasses quaternaires se succèdent. Elle suit un tracé parallèle à la Loire, dans la vallée du Lane. Le passage entre les plateaux du nord et la terrasse Fw qui recouvre la majeure partie des versants des plateaux se fait selon une pente douce. Cette dernière devient plus abrupte à l'entrée de la plaine alluviale Fz.

        La plaine est constituée de deux formations alluviales : la terrasse Fy et les formations récentes Fz (alluvions actuelles et subactuelles). Elle est entaillée au nord par une dépression latérale de 2m au-dessus de l'étiage, dans laquelle coule tout le réseau hydrographique secondaire de la rive droite de la Loire. A la hauteur de Bourgueil, la plaine est ponctuellement interrompue par des "montils" (terme local évoquant une petite éminence sableuse), atteignant la trentaine de mètres. Entre Restigné et la confluence entre la Loire et la Vienne, la plaine s'élargit progressivement pour passer de 4,5km à 6km.

        Au sein de ces alluvions, 2-3 couches se différencient.

* À l'aval de la confluence Loire/Vienne :

- à la base : les alluvions inférieures formées de sables grossiers, graviers, cailloux et blocs (entre 2 et 4m). Elles correspondraient au tout début du remblaiement flandrien ;

- en remontant, les alluvions grossières font place à une argile bleutée, riche en débris végétaux : la "jalle" (terme local). Elle peut atteindre 3m d'épaisseur, mesurer quelques cm, être tout à fait absente ou occuper tout l'horizon alluvial. L'âge de cette argile n'est pas connu. Peut-être faut-il envisager plusieurs niveaux de jalle ;

- la séquence alluviale se termine par des sables argileux ou des limons sableux. Leur épaisseur dépasse rarement 1,50m. Cette couche serait post-néolithique.

* En amont de la confluence, la jalle n'existe pas.

 

        Le caractère fortuit du tracé ne doit pas être considéré comme un obstacle à une réflexion sur les écosystèmes et les parcellaires anciens. Au contraire, la variété voire la complémentarité des terroirs traversés peuvent aider à la compréhension de l’impact de l’homme et des agents naturels sur le milieu. Pour mieux appréhender ces différentes interactions et aider à définir des clefs de lecture des parcellaires, une démarche systémique est nécessaire. Il convient donc de définir des micro-aires géographiques qui serviront de base à l’analyse de l’interface homme - milieu dans les écosystèmes anciens.

        Pour la zone soumise à l’étude des parcellaires, plusieurs zones peuvent être définies :

* dans la première section de Corzé à Vivy, le tracé peut être divisé en trois zones successives, du nord-ouest au sud-est :

- de Corzé au Couasnon ;

- du Couasnon au Lathan ;

- du Lathan à l'Automne.

* dans la seconde section, le tracé est continuellement situé dans les basses terres du système des vallées de l'Authion et du Lane, entre Vivy et Ingrandes.

 

 

PREMIÈRE PARTIE :

MÉTHODOLOGIE

(par G. Chouquer et Ann Dodd-Opritesco)

 

 

        Le but général de l'étude est d'analyser les formes du paysage, telles qu'elles sont pérennisées par le dessin parcellaire et telles qu'elles apparaissent sur les missions aériennes, sous la forme de traces fossiles, fugacement réapparues. On travaille donc, en principe, à un double niveau : la forme du parcellaire encore actif à un moment donné de son dessin ; la forme des traces fossiles, définitivement effacées du dessin parcellaire, mais fortuitement enregistrées grâce à une conjonction de facteurs climatiques, pédologiques, et culturaux.

        En réalité, ce double niveau de lecture n'est pas constamment présent. Selon les sols et les dates de prise de vue, le niveau des traces fossiles est plus ou moins perceptible. C'est ce qui explique que, dans l'ensemble, les missions aériennes verticales de l'IGN soient rarement favorables à la détection de sites archéologiques (pour des zones favorables, cf, notamment : CHOUQUER et FAVORY 1991 ; DAIRE 1993 ; GAUTIER 1995).

 

 

 

I - LA DOCUMENTATION

 

          Le choix d'un support documentaire dépend de la méthodologie mise en oeuvre. Pour réaliser le fond cartographique de référence, on peut hésiter entre deux documents : le plan parcellaire du début du XIXe siècle, qui nous donne un état ancien du parcellaire avec un figuré géométrique assez exact ; une mission aérienne ancienne qui donne un figuré du parcellaire antérieur aux principaux remembrements parcellaires des années 60-80, mais qui est affecté des déformations dues à la parallaxe des clichés.

          On choisit généralement le second document, en raison de l'ampleur de la zone à cartographier. Mais ici, il a été possible de fonder le dessin du parcellaire sur les deux documents.

 

          Dans le cadre des opérations de terrain de l'A 85, le recours aux plans cadastraux napoléoniens s'est fait de façon systématique pour la première section de l'autoroute : il a permis aux fouilleurs chargés de la prospection mécanique de procéder à une confrontation directe, sur le terrain, de la plus ancienne cartographie du parcellaire (au tracé fiable, ce qui exclut les plans terriers) avec les structures fossoyées mises au jour dans les sondages. L'équipe de documentation (OPRITESCO, POINSIGNON, PONT, SCHMIDT 1995) a donc réalisé un montage du cadastre napoléonien au 1/5 000e (une soixantaine de feuilles cadastrales), correspondant à une bande longue d'environ 40km ((Corzé-Vivy) et large de 600m à 1000m, dont l'axe était le fuseau autoroutier. 

          Quand nous avons abordé l'étude des paysages traversés par l'autoroute A85, nous avions alors à notre disposition toute cette masse de documents cartographiques que nous pouvions directement et avantageusement exploiter.

          Le fond cartographique qui a servi de support à notre étude combine donc deux documents :

*le cadastre napoléonien pour une bande de largeur variable (en fonction du découpage en feuilles : mais aussi en fonction de l'intérêt pressenti de certains secteurs), axée sur le fuseau autoroutier ;

*la mission IGN 1959 pour le reste. Cette mission présente une bonne lisibilité d'ensemble, et un état du parcellaire avant remembrement. Le plus souvent, le raccord (au niveau du parcellaire) des deux types de documents s'est fait sans trop de difficultés, en raison des faibles transformations subies par le paysage entre le début du XIXe s. et les années 50 d'avant le remembrement.

 

          Pour faciliter la combinaison des deux documents - cartographique et photographique -, nous avons réduit le cadastre napoléonien à l'échelle des clichés agrandis (50x50cm) de la mission IGN 1959. Nous l'avons ensuite transposé sur film transparent, directement applicable sur les clichés. Nous avons dû certes composer avec les distorsions affectant les marges des clichés (parallaxe), afin d'obtenir un assemblage fiable, qui, une fois réduit au 1/25 000è, soit superposable à la carte topographique IGN (PL.) : superposition du fond cartographique et de la carte IGN au niveau de Vivy-Allonnes).

          En dépit des conditions d'intervention fondamentalement différentes sur la seconde section (intervention limitée aux passages supérieurs et aux ouvrages hydrauliques), nous avons procédé de la même façon, dans un souci d'homogénéité de méthode.

          Ce recours direct au cadastre napoléonien a été bien sûr rendu possible par le développement limité (70km au total) du fuseau autoroutier. Si la superposition correcte des 2 documents est longue et fastidieuse, elle économise toutefois un temps précieux quand on passe à la phase d'interprétation des traces fossiles, ou quand on veut mieux cerner une forme historique (PL.  : comparaison entre le plan cadastral napoléonien et le cliché de la mission IGN 1959 pour les unités morphologiques de Vaux et du Brayau, com. de Chaumont d'Anjou : indissociables sur le cliché, elles sont décelables sur le cadastre).

          S'agissant d'une zone bocagère, l'utilisation du plan cadastral napoléonien a permis de transcrire avec plus de fidélité les unités parcellaires (entendant par là la plus petite masse parcellaire).

          Pour chacune des communes concernées par le tracé de l'A 85, nous avons exploité  une, deux, voire plusieurs planches des plans cadastraux napoléoniens respectifs (communes de : Corzé, Chaumont d'Anjou, Lué-en-Baugeois, Bauné, Cornillé-les-Caves, Mazé, Fontaine-Milon, Fontaine-Guérin, St-Georges-du-Bois, Gée, Beaufort-en-Vallée, Brion, St-Philbert-du-Peuple, Longué, Jumelles, Blou, Neuillé, Vivy, Villebernier, Allonnes, Brain-sur-Allonnes, Varennes-sur-Loire (Maine-et-Loire), La Chapelle-sur-Loire, St-Nicolas-de-Bourgueil, Bourgueil, Chouzé, Restigné, Ingrandes (Indre-et-Loire).

 

 

1 - Les missions aériennes

 

          Le travail de photo-interprétation devant être réalisé aux deux niveaux principaux signalés ci-dessus, il importe donc de procéder à un examen préalable de toutes les missions disponibles avant la moindre acquisition. On pourra ainsi définir la liste des missions plus particulierement utiles pour la recherche, ainsi que les formats auxquels il convIèndra de les étudier.

          Nous n'excluons a priori aucune mission, ancienne ou récente, ne sachant pas ce que nous allons y trouver. Il est inexact, par exemple, de croire que le recours à une mission ancienne (et souvent à une seule mission ancienne) suffit pour garantir le niveau de l'étude. Les missions anciennes, antérieures aux années 1960 environ, sont précieuses, en effet, car elles donnent un état de la forme du parcellaire actif qui n'a pas encore été bouleversé par les remembrements des années 60 et 70 ; en outre, selon les conditions, elles peuvent aussi enregistrer des traces fossiles.

          Mais les missions plus récentes offrent aussi des avantages. Le remembrement parcellaire, en créant de très vastes parcelles, unformise les conditions de repérage des traces fossiles. Un fait paysager (linéament, site, plage de sol, etc.) qui, auparavant, était éclaté entre plusieurs parcelles et donc impossible à observer dans des conditions homogènes, se trouve souvent compris dans une seule ou un tout petit nombre de grandes parcelles voisines, et son observation en est facilitée.

          En outre, les prises de vues par l'IGN ont quelquefois coïncidé avec des périodes très favorables à la détection des divers indices phytographiques et hygrographiques qui révèlent les sites, et dans ce cas le dépouillement de la mission peut présenter beaucoup d'intérêt, quelle que soit sa date (on peut citer à titre d'exemple la mission de juin 1940 sur la feuille de Dijon ; celle de 1968 sur l'ensemble de la Côte-d'Or ; la mission de 1976 en Ille-et-Vilaine ; etc.).

          Généralement, on dispose à l'IGN d'un nombre variable de missions, selon que la zone d'étude est soumise ou non à de fréquentes révisions cartographiques en fonction du rythme de transformation de son paysage. Mais, même pour les régions restées très rurales et hors de tout grand aménagement, l'IGN pratique des survols réguliers et on ne trouve pas moins d'une dizaine de missions au minimum en comptant les missions spéciales et les anciennes missions archivées à l'IGN mais produites par d'autres organismes (dites CDPA = Centre de Documentation des PhotographIès Aériennes). Dans les cas très favorables, le nombre de missions conservées peut dépasser la centaine.

          A ces missions il convient d'ajouter les missions éventuellement réalisées par d'autres organismes que l'IGN et dont on peut avoir connaissance. C'est quelquefois le cas de missions commandées par l'aménageur, en prélude à une construction d'autoroute ou de ligne TGV.

          Le choix du format d'étude est important. Il convient d'examiner les clichés sur des agrandissements, 50 x 50 ou 65 x 65 par exemple, afin de favoriser la lecture des détails, souvent compromise sur des contacts à l'échelle du 1/25 000e ou du 1/30 000e, selon les échelles les plus couramment employées.

 

          Pour l'étude des paysages traversés par l'A85, nous avons interprété une quinzaine de missions, couvrant une durée de 50 ans :

 

-1949  (43) 1321-1621 250 St Mars-la-Pile/Baugé

-1950 1723-2023 250Chinon-Saint-Aignan FR 4. Bonne lisibilité d'ensemble. Etat du parcellaire avant le remembrement

-France 1958 250 St-Mars-La-Pile/Baugé

-1957 CDP 1221 1/5 000è

-France 1958 1322 1622 250

-France 1959 1323-1723 250

-1959 Vallet Chinon 250

-1967 FR 1390

-1968 FR 1390 150 P Longué, Noyant, Chinon

-FR 1967/68 1390 150 P + IR

-1972 FR 2265 250 IR

-1973 1723 300 Chinon

-1973 1422-1722

-1978 1623-1923 300 Saumur-Bléré

-1978 1421-1621 300 Angers-Longué

-1978 1421-1621 300 Segré-Baugé

-1981 37 IFN 200

-F 83 300 1321 1621 St-Mars-La-Pile/Baugé

-1985  1623 1723 300 Saumur/Chinon

-1985 Nort-sur-Erdre/Longué (éch. 1/30 000e)

-1988 Segré/Baugé (éch. 1/30 000e)

-1989 FR 4462 (éch. 1/20 000e)

-1989 IR 4482 200

-1991 FD 37 300

-1992 FD 49 (éch. 1/25 000e)

 

 

2 - La documentation cartographique

 

          Nous avons systématiquement consulté et traité :

-la carte topographique actuelle au 1/25 000e ;

-la carte topographique ancienne (édition des années 1950) au 1/50 000e ;

-la carte de Cassini ;

-la carte géologique ;

-la carte pédologique ;

          Par ailleurs, nous avons eu recours à l'essentiel des documents d'archives disponibles (plans-terrIèrs ; cartes anciennes).

 

Carte topographique IGN au 1/25 000è :

-Durtal 1621 ouest

-Mazé 1622 ouest

-Longué 1622 est

-Saumur 1623 est

-Bourgueil/Fontevraud-l'Abbaye 1723 ouest

-Chinon-Ussé 1723 est

          Elle permet de faire des observations intéressantes d'ordre géomorphologique et hydrographique (vallées drainées, vallées sèches, reliefs...). La réduction au 1/25 000e de notre fond cartographique avec report des traces fossiles permet de confronter directement les deux sources d'informations.

 

Cartes géologiques du B.R.G.M. au 1/50 000e :

-Baugé

-Longué

-Saumur

-Chinon

          Il a été constaté que les données concernant l'identification lithologique des terrains sont fiables, mais que certaines modifications sont à apporter concernant les formations du Crétacé supérieur. L'observation essentielle réside toutefois dans le fait que la portée de ces documents est limitée, quand il s'agit des opérations de terrain : ainsi les formations ne sont pas toujours localisées de façon exacte, et surtout les formations superficielles ne sont mentionnées que dans le cas où elles atteignent une épaisseur conséquente (épaisseur qualifiée de forte ou faible).

          Des corrections seraient à apporter suite aux nombreuses observations de terrain effectuées dans le cadre de l'opération A85 (PONT, in OPRITESCO, POINSIGNON, PONT, SCHMIDT 1995).

 

Carte hydrogéologique du BRGM au 1/50 000e du bassin de l'Authion

 

Carte pédologique au 1/25 000e des sols de la vallée de l'Authion

          Il s'agit d'une carte des aptitudes culturales des sols réalisée par l'Institut national de la recherhe Agronomique (SERVANT 1977).

          Dans le secteur de la plaine alluviale, la carte a permis de repérer les alluvions Fy et les montils. Mais seuls les montils les plus importants sont figurés. Un examen des photos aériennes a permis, par des répartitions différentielles d'humidité, de mettre en évidence les montils de développement plus réduit. Les données de la carte se sont souvent avérées en contradiction avec celles de la carte géologique (PONT, ibidem ; in PICHON 1996).

 

Profils géotechniques

          Réalisés pour la société Cofiroute, ils consistent en 14 profils en long (du PK 0,800 au PK 52 200). L'un des intérêts essentiels de ces profils a été de donner l'arrivée d'eau (dans le cas seulement où la propection mécanique se fait à la même saison que les profils). Les petites échelles (horizontale : 1/2 000è, verticale 1/100è) donnent une idée de la micro-topographIè.

          D'autres paramètres (identification lithologique, datation des terrains, identification des formations superficielles) sont à laisser de côté pour leur caractère erroné. De tels sondages mettent essentiellement en évidence le comportement mécanique des matériaux (ibidem). Le maillage serré des sondages permet de connaître les profondeurs des différentes formations alluviales.

 

Carte topographique ancienne au 1/50 000e

 

Carte de Cassini

-feuille n° 66 (levée de 1756 à 1758. Publiée vers 1765)

-feuille n° 65 (levée de 1760 à 1762. Publiée vers 1766)

-feuille n° 98 (levée de 1763 à 1765. Publiée vers 1771). Angers, Ancenis, Châteauneuf. Ech. 10 000 toises

 

          On a pu constater à plusieurs reprises que les indications concernant le couvert végétal sont fiables (cf l'exemple de la forêt de Beaufort : le lambeau représenté sur la carte de Cassini, de part et d'autre de l'Authion, correspond exactement à la surface défrichée au début du XIXe s., telle que la présente un plan de cette époque : PL.  ).

 

Cartes anciennes

-Andegavensis dictionis vera et integra descriptio. Carte de l'Anjou  (A.D. de M. et L., 1 Fi 261)

-Carte particuliere d'Anjou et de Touraine ou de la partie méridionale de la Généralité de Tours. 1720. Guillaume de l'Isle, Premier Géographe du Roi. Ech. Lieues d'Anjou de 23 000 toises (A.D. de M. et L.), 1 Fi 48)

-Carte générale du diocèse d'Anjou. Reproduction d'une carte de 1652. Jean le Loyer. Ech. Lieues communes de 3 000 pas (A.D. de M. et L., 1 Fi 273)

-Le Duché d'Anjou. Reproduction d'une carte de 1630 (A.D. de M. et L., 1 Fi 49)

-Carte routièredes provinces du Maine, de l'Anjou et de la Touraine. XIXe siècle. Fremin, géographe. Myriamètres ou Lieues nouvelles, Lieues communes de France de 25 au degré.

-Carte de Tours à Nantes au Moyen-Age (circulation dans la vallée de la Loire). Armand Parrot, membre de l'Institut historique de France. Ech. 2cm pour 5 km (A.D. de M. et L., 1 Fi 93)

-Crues et inondations de novembre-décembre 1910. Ech. 1/25 000 (A.D. de M. et L., 1 Fi 193)

-Carte hydro-minéralogique statistique du département de Maine-et-Loire. 1800 (A.D. de M. et L., 1 Fi 447)

-Plan général des dixmes de Varennes, appartenant à l'Abbaye royale de Fontevraud. 1760 (A.D. de M. et L., 1 Fi 444 ou 1 Fi 1 à 11)

-Fief de St-Martin-de-la-Place . XVIIIe siècle. Plan terrIèr (A.D. de M. et L., 1 Fi 438)

-Carte routIère, historique et monumentale des environs de Saumur. 1858. Ech. 1/160 000

-Projet de jonction de la VIènne à la Maine par la vallée de l'Authion. PRUS. 1842. Ech.  1/100 000è

-Cartes topographiques de la Loire. 1848 (Pl. 51, 52, 53, 54). A.D. d'I. et L.

-Plan des Terres de l'ancienne forêt de Bourgueil, longeant la rivière du Lane. XVIIIe siècle. (A.D. de M. et L., H74)

-Chemin de fer de Tours à Nantes (1ère section : dép. d'Indre-et-Loire). A.D. d'I. et L., 248

-Carte routière et de navigation du département d'Indre-et-Loire. 1811 (A.D. d'I. et L., 273)

-Plan hydrographique du département d'Indre-et-Loire. 1821 (A.D.. d'I. et L., 339)

-Carte de la Loire. 1848. Nivellement en long sur les deux rives de la Loire exécuté de 1854 à 1862 par M.Collin. Fond mobile de la Loire suivant le thalweg des plus basses eaux (A.D. d'I. et L., 490)

-Devis pour la route de Tours à Saumur par la Loire (100 pièces). 3 plans. 1748-1789 (A.D. d'I. et L., C 170)

-Plan des bords de la Loire de Blois à Saumur XVIIIe siècle (vers 1748). Ech. env. 1/9 000. Pl. 9-13, 24.

 

          Il a été possible (cf cartographie réalisée par W.David) de mettre en évidence les variations du réseau hydrographique secondaire (Couasnon, Lathan, ruisseau des Etrépés, ruisseau du Gué du Terry..)

 

          L'intérêt de la consultaion des cartes anciennes est évident. On peut ainsi remonter à un état de l'occupation du sol qui nous affranchisse des mutations des XIXe et XXe siècles. On peut mesurer le degré de mobilité des formes depuis deux siècles et demi environ, par une comparaison soigneuse.

          Mais on ne peut guère aller au-delà du XVIIIe s. et il faut garder à l'esprit l'existence de modifications de formes comme du modelé des formes qui ont pu intervenir depuis de plus hautes époques (voir ci-dessous).

 

 

II - LA RÉALISATION D'UN FOND CARTOGRAPHIQUE  DE RÉFÉRENCE

 

 

1 - Principe

 

          La mise en oeuvre de l'étude consiste à créer une carte de référence ( fig. 2, fig. 3 et fig. 4) dont la consultation permettra de suggérer des rapprochements et des hypothèses d'interprétation des faits morphologiques, anthropiques et naturels.

          On part de la constatation qu'il n'existe pas de document cartographique satisfaisant de notre point de vue, et qu'il convient de le créer. Les cartes produites depuis le XVIIIe siècle (Cassini puis toute la série des cartes topographiques jusqu'à notre actuelle série bleue au 1/25 000e) ne figurent pas le dessin parcellaire - sauf lorsque celui-ci est pérenne - et nous donnent une vision datée des paysages (voir ci-dessous). D'autre part les cartes archéologiques actuelles sont imparfaites pour notre étude pour deux raisons : elles figurent les sites selon des symboles et non selon leur forme et extension réelle, faute le plus souvent de les connaître ; d'autre part elles reposent sur le fond cartographique actuel au 1/25 000e, ce qui ne favorise pas la mise en évidence d'éventuelles relations entre les faits archéologiques et les formes viaires et parcellaires.

          Il faut donc réaliser un document de référence pour l'étude, qui tente d'éliminer quelques-uns des défauts les plus gênants. Sur ce fond on dessine une trame parcellaire épurée des transformations importantes apportées par notre siècle au parcellaire et au réseau routier ; puis on compile sur ce même fond toutes les informations archéologiques qu'on peut rassembler, en vue de la mise en évidence de relations qui n'auraient pas été vues.

          Il est bien évident que le document produit n'est pas, à proprement parler, une carte archéologique, mais un document de travail pour y accéder un jour, document simplement moins imparfait que le recours direct à des cartes contemporaines, qui sont, elles, en trop brutale discordance avec les faits anciens.

          Sur cette carte compilée, et en fonction du niveau de "documentation" archéologique (on pourrait dire, comme les cartographes, de "complètement" archéologique et historique), on propose des hypothèses d'organisation des paysages à des moments donnés, qui doivent être discutées, contrôlées par la fouille là où les faits sont contrôlables, mises en regard des textes là où le rapprochement est possible. Ces hypothèses ne sont pas encore du niveau de ce que devrait être une vraIè carte archéologique, si l'on entend par celle-ci, la tentative de reconstitution d'une séquence paysagère à une période donnée, ce qui suppose de connaître de façon suffisante la forme des réseaux routiers et parcellaires, la distribution de l'habitat contemporain, et le type de relation que la société agraire correspondante entretient avec le milieu naturel, ainsi que les modifications qu'elle y apporte.

 

 

2 - La réalisation de la carte compilée

 

          A partir de la couverture aérienne ancienne, nous avons réalisé un fond cartographique qui figure les plus petites masses parcellaires repérables. Nous désignons ainsi les plus petits ensembles homogènes de parcelles, dont les contours ont des chances de présenter une plus grande stabilité et une plus grande ancienneté, quelque soit la valeur de cette ancienneté. On distingue de cette façon les plus petits ensembles groupant les parcelles ayant un mode uniforme de découpage, et se différenciant des ensembles contigus par un changement d'orientation ou de mode de découpage.

          On s'affranchit ainsi de limites de parcelles qui ne représentent qu'une subdivision d'une parcelle d'origine (partages successoraux par exemple), ou même d'une limite artificIèlle née d'une simple mise en culture ne respectant les limites juridiques (groupement de plusieurs parcelles par un même exploitant agricole qui ensemence ces parcelles selon un nouveau découpage). En zone de champs ouverts, le dessin de cette carte revient à éliminer les plus fines subdivisions laniérées des quartiers parcellaires.

          On obtient ainsi une trame qui est censée montrer les divisions parcellaires renvoyant au moins à un état du parcellaire très proche de ce qu'on observerait si l'on assemblait et traitait le plan cadastral du début du XIXe siècle. Sauf cas particulier de mutation récente des formes, qu'il faut documenter par des sources modernes ou contemporaines, on obtient ainsi un dessin susceptible de conserver des indices de l'organisation ancienne du parcellaire.

          Aisée à établir en région de champs ouverts, où les masses de culture sont nettement individualisées par l'opposition des orientations de blocs de lanières, cette carte est plus difficile à réaliser dans les zones de bocage. Le plan cadastral ancien peut alors servir d'auxiliaire précieux.

       

        Sur ce fond cartographique nous avons reporté en surcharge toutes les autres traces fossiles, repérées sur les différentes missions consultées, en les représentant en forme réelle lorsqu'il s'agit de traces linéaires de fossés ou de chenaux.

          Le report se fait de la façon suivante. On interprète chaque cliché, successivement, et on met chaque calque ainsi obtenu à l'échelle du calque principal sur lequel on réalise la compilation des données. On peut ainsi observer les traces non encore répertoriées, et les transférer. Cette technique, de très longue mise en oeuvre, garantit une interprétation poussée des zones étudiées et offre, en définitive, un document de travail efficace.

          L'un des intérêts de cette technique est d'aider le chercheur à prendre conscience de la variété des "signatures" d'un même fait d'une mission à l'autre. Par signature, nous entendons l'apparence sur le cliché d'un site, d'une plage de sol ou d'un linéament. Or on sait que ces signatures sont polymorphes, en raison de l'hétérogénéité des conditions climatiques et agricoles du repérage, d'une année à l'autre.

 

          Rares ont été les traces parcellaires fossiles repérées sur la première section. Fait exception le secteur de la dépression latérale de l'Authion, dans la partie méridionale des communes de Longué-Jumelles et Vivy. Ainsi, dans la vallée du Lathan, avant sa confluence avec l'Authion ("Les Montils", les marais d'Avoir..), des traces fossiles linéaires, très ténues certes, semblent organiser une trame géométrique, en discordance avec le parcellaire actuel. De même au sud du bourg, des linéaments fossiles orientés NS et EO forment une trame assez dense. L'un des rares sites que l'on ait pu repérer par photo-interprétation (sur la mission infra-rouge de 1989) - un enclos quadrangulaire (ferme indigène?) au lieu-dit "Les  Quarts" (com. de Longué-Jumelles) - semble tout à fait s'intégrer, par son orientation,  dans cette trame fossile.

        Si rien ne s'oppose à la réalité de cette dernière, l'interprétation des traces fossiles repérées dans la zone du Lathan pose davantage problème, en raison du contexte hydrographique. La zone est marquée par des perturbations non datées (apparaissant sous forme d'un réseau très dense de paléo-chenaux) : les nombreux linéaments apparus en photo-interprétation ont toutes les chances d'être plus récents que lui.

        S'agit-il d'un parcellaire conçu pour favoriser le drainage de cette zone au faible pendage?

        La photointerprétation sur la seconde section (Vivy-Ingrandes), a décelé un nombre important de traces linéaires fossiles, caractérisées comme celles de l'interfluve Authion-Lathan par une expression très ténue. Formant un réseau assez homogène dans son orientation, elles sont en discordance avec le parcellaire actuel (ou du XIXe s.) qui, fait essentiel, semble trouver ses grandes lignes à l'époque romaine, si nous nous référons aux fouilles effectuées sur le site des Thénières ou aux plans de villae décelées par survol à basse altitude (J.P.Lecompte). Une concordance d'orientation aurait pu être expliquée par les contraintes d'ordre micro-topographique et par les problèmes d'humidité (durant le petit Age Glaciaire?).

        On doit donc avoir en vue, quand il s'agit d'interpréter ce réseau dense de traces fossiles dans le bassin du Lane, qu'en l'absence d'éléments qui permettent de les dater (cf les fossés mis au jour aux Thénières), l'éventualité de créations modernes, relatives à un programme d'assainissement.

        La relation du parcellaire mis au jour par les fouilles à celui interprété sur les missions aériennes en ce qui concerne la seconde section (cf "les Thénières", St Nicolas-de-Bourgueil) est loin d'être très satisfaisante :

-certaines traces fossiles coïncident avec des structures fossoyées linéaires apparues lors du décapage (évaluation) ou dans les sondages de prospection ;

-certaines traces fossiles repérées par photointerprétation n'ont pas trouvé de réalité sur le terrain ;

-enfin certains fossés mis au jour lors des opérations de terrain n'ont pas été décelés sur les diverses missions consultées.

        Nous avons répété l'opération sur le site de "La Prairie du Lane", à l'ouest des Thénières (Mercier, Opritesco, mai 1996). Nous avons procédé à l'ouverture de 3 tranchées, positionnées de façon à recouper les traces fossiles repérées par photointerprétation. Nous n'avons décelé aucune structure fossoyée, de quelque nature qu'elle soit. Les résultats de ce test peuvent être interprétés diversement :

-les structures fossoyées apparaissant sous forme de traces fossiles très ténues ont été détruites depuis la date de réalisation des missions IGN ;

-elles existent, mais nous ne les avons pas lues (remplissage sableux indissociable de l'encaissant sableux, dans le cas où les structures n'auraient pas atteint la grave) ;

-les linéaments repérés n'ont pas de réalité (lecture abusive).

 

 

3 - Les données archéologiques provenant d'autres sources

 

          Il y a intérêt à figurer sur la carte compilée toute autre information archéologique qui peut présenter de l'intérêt pour l'interprétation des parcellaires.

          Les données des misions de prospection aérienne à basse altitude sont précieuses car elles donnent, quand elles existent, la forme des sites, ce qui permet de les représenter en taille et en forme réelle. Il faut cependant procéder au préalable au redressement géométrique de ces clichés qui sont généralement faits selon des angles obliques.

          Il est également précieux de figurer les autres informations archéologiques, même si les sites correspondants ne sont pas connus dans leur forme réelle mais par une simple localisation de matériaux sur sols nus. Encore faut-il que l'inventaire de tels gisements existe, et que leur localisation soit correctement exprimée selon des coordonnées Lambert qui assurent leur positionnement.

 

        Les informations rassemblées sur notre fond proviennent de sources diverses:

 

        *des références bibliographiques du siècle dernier

On trouve mention de nombreux sites - ou indices de sites - chez les érudits locaux : Bodin (1812), Godard-FaultrIèr (1850), Courtiller (1856; 1868), Port (1874, 1876, 1878), Carré de Busserolles (1883), Denais (1928). Le Dictionnaire Historique, géographique et biographique de Maine-et-loire de C. Port nous a fourni nombre d'informations précieuses, quand il s'agit de la période médiévale (documents d'archives). Celles concernant les sites d'époque pré-protohistorique, antique ou du haut-Moyen-Age sont par contre peu utilisables : leur localisation approximative et leur description ne permettent pas d'en tirer grand chose, sinon de créer un "bruit de fond", qui par cumul avec d'autres observations, peut devenir intéressant.

        C'est ainsi que R. Dion (1934) a pu, à partir des informations anciennes concernant l'emplacement des sites gallo-romains dans la vallée d'Anjou, proposer des hypothèses sur la dynamique du peuplement de la vallée de la Loire. De même J. Gras (1968) a utilisé de façon positive certaines données dans son étude de la vallée de l'Authion. Mais une interprétation basée sur ces seuls indices a vite fait de montrer ses limites .

       

        *des prospections au sol

        Celles-ci ont considérablement enrichi nos connaissances sur le peuplement de la haute vallée d'Anjou. On les doit à des prospecteurs assidus, tels M. Thouet (CORDIER 1985, 1986, 1987, 1990, 1991), L. PLOQUIN (1989, 1996), et surtout J.P. Lecompte (1989, 1990, 1996). Ce dernier, dans le cadre d'une maîtrise intitulée Occupation du sol et Peuplement sur le terroir de Bourgueil de la préhistoire au haut Moyen-Age, a effectué des prospections systématiques sur le territoire des communes de St-Nicolas-de Bourgueil et Bourgueil. Il a activement sillonné aussi les communes voisines. L'intérêt essentiel de ce programme de prospection est d'avoir mis en évidence une occupation de l'ensemble de la vallée alluviale (une trentaine de découvertes dans la dépression Lane-Authion), même si les indices de sites repérés ne sont pas tous à prendre en considération.

        Nous ne tiendrons ainsi pas compte des découvertes isolées (essentiellement pré- et protohistoriques), qui la plupart du temps sont en position remaniée (dans des niveaux colluvionnés), et qui faussent totalement l'épaisseur "sémantique" de la carte archéologique ainsi constituée. Par contre, en ce qui concerne les sites d'époque gallo-romaine, les découvertes récentes ont apporté des précisions intéressantes sur leur localisation (LECOMPTE 1996) :

-au nord de la vallée alluviale (au contact plus ou moins avec la terrasse fluviatile) ;

-entre la Loire et l'Authion (sur de petits bourrelets ou sur les montils : le montil de "La Taille", sur la rive gauche du Lane, ne compte pas moins de 7 indices) ;

-dans la dépression latérale de l'Authion, 13 sites (dépression empruntée par l'A 85).

       

        *prospection aérienne à basse altitude

        Pour la basse vallée de l'Anjou, J.P. Lecompte (1992) a repéré un enclos protohistorique au lieu-dit "La Chênaie" (com. de Longué). La prospection au sol qui a suivi le survol a livré des tessons de l'Age du Bronze. Au voisinage de l'enclos, l'inventeur a décelé la présence d'un site d'habitat gallo-romain (ibidem). Pour la haute vallée d'Anjou, une enceinte a été décelée aux "Annières" (com. d'Allonnes) ; le sondage qui y a été effectué a livré du mobilier céramique du Bronze moyen (LECOMPTE 1993, 5-11).

        Quelques plans de sites gallo-romains ont également été repérés (LECOMPTE 1991, 1992 : aux "VarennIères" (com. de Brain-sur-Allonnes), aux "Grands Champs" (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil), aux "Grenelles" (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil), aux "Arrivaies" (com. de Villebernier).

 

        *Diagnostic avant travaux

        Nous nous référons ici à l'intervention archéologique réalisée en 1989 à l'initiative du SRA région Centre (ALINAIRE, REBISCOUL 1989) en préalable au projet de voie express reliant Angers à Tours, et conçu par la DDE : cette intervention a porté sur les quelques 50km traversant le département d'Indre-et-Loire, entre les communes de Joué-les-Tours et Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Le document fourni concerne la première des deux phases initialement prévues et livre les résultats de l'enquête documentaire, de la prospection pédestre et des sondages de reconnaissance.

        La prospection effectuée par les deux archéologues a porté sur 14 communes et a concerné une bande large de 1000m. Nous aurons l'occasion de revenir sur les résultats de cette étude.

 

       

4 - L'appréciation taphonomique des faits paysagers

 

          Il ne peut y avoir production d'hypothèses morpho-historiques que si est envisagée et discutée la question de la fiabilité taphonomique de la carte produite, et, au-delà, une réflexion sur la relation des hommes avec le milieu dans toutes ses composantes. C'est, actuellement, le domaine où les archéologues et les morphologues sont le plus mal à l'aise, en raison de la nouveauté de l'approche et de l'absence de documents de référence directement utilisables.

          On comprend aisément que la lecture et l'interprétation des formes ne peuvent être conduites comme si le milieu était une donnée stable, et comme si les faits enregistrés par la carte géologique et la carte pédologique étaient valables sur la longue durée, sans variation. Il nous faut, au contraire apprécier l'éventuel degré de mobilité ou de stabilité des formations superficielles ; découvrir l'existence et apprécier l'importance des phénomènes de troncature ou de recouvrement sédimentaire (colluvial ou alluvial) ; et tenter de comprendre quelle part la mise en valeur des paysages par l'homme peut avoir dans la dynamique des milieux.

 

          Par nécessité de consulter ce type de carte qui n'existe pas encore, ceci afin d'asseoir la validité des raisonnements morpho-historiques, on se trouve donc dans la situation de devoir la susciter.

 

 

 

III - LES DIFFÉRENTES APPROCHES

 

 

1 - La méthode régressive

 

          On ne discutera pas ici dans le détail le principe de la méthode régressive, qui consiste à partir des faits actuellement observables pour tenter de reconstituer des strates plus anciennes. Depuis Marc Bloch, et après lui de nombreux auteurs, cette méthode est admise et a donné lieux à de nombreux développements (résumé commode dans VERHULST 1995).

          Le principe d'une telle recherche est fondé sur un nombre désormais considérable d'observations convergentes qui attestent à la fois la mise en place précoce des réseaux parcellaires, par exemple ceux de l'Antiquité (centuriations romaines ; réseaux indigènes quadrillés non rigoureusement orthogonaux), et la pérennité des orientations ainsi fixées sur le sol dans le devenir ultérieur du parcellaire. Chaque fois qu'une micro-région montre la présence d'une telle trame quadrillée, sous-jacente aux unités morphologiques du paysage médiéval et moderne, il y a présomption qu'on soit en présence d'une organisation pré-médiévale du parcellaire, même si les vicissitudes du parcellaire ne permettent pas la lecture directe des formes antiques. Le concept d'isoclinaison rend compte de cet effet morphogénétique des trames antiques sur le parcellaire, et ce jusqu'à nos jours (CHOUQUER 1996).

         

          Le recours à des documents historiquement datés (carte de Cassini ; plans-terrIèrs), permet de franchir quelques siècles, fort précieux dans l'analyse. Grâce au dépouillement de ce type de documentation, on peut apprécier la mutation de certaines formes, intervenue depuis leur époque, et dater quelques éléments parcellaires. On peut aussi se faire une opinion sur le degré de mobilité du parcellaire, lorsqu'on se trouve en présence de documents de niveau comparable. Nous l'avons, par exemple, tenté, dans l'appréciation de l'évolution parcellaire de la commune de Sagonne, dans le Cher, à partir de la comparaison entre un plan parcellaire du début du XVIIIe s. et notre relevé des plus petites masses parcellaires effectué sur une ancienne mission aérienne (DE SOUZA et al. 1996).

          Mais il est évident que le concours des documents s'arrête vite, au seuil du XVIIIe s. pour la grande majorité des cas, et que pour des époques plus reculées on ne dispose d'aucune figuration parcellaire pouvant guider la recherche. Il faut donc, alors, développer des procédures d'analyse régressive qui supposent un raisonnement et doivent donc normalement être soumises à la critique.

 

          Ces procédures sont sous-tendues par plusieurs démarches :

-soit d'une observation globale, exprimée en terme de comportement du parcellaire, dont on tirera, par exemple, des enseignements pour l'étude des relations des formes avec le milieu ; pour l'étude des régularités paysagères ; etc.

-soit d'une analyse sélective, à base de tris morphologiques, notamment ceux fondés sur la mise en évidence d'une orientation structurant le parcellaire, et dont on peut penser qu'elle correspond à une trame plus anciennement marquée dans le sol (voir ci-dessous).

 

2 - Le comportement général du parcellaire

 

* Différents niveaux d'organisation d'une forme

 

          Sans entrer dans le détail de principes morphologiques qui ont été exposés par ailleurs (CHOUQUER 1989), il convient de rappeler qu'il n'y a existence d'une forme paysagère que par la réunion et l'articulation de plusieurs niveaux constituants :

- un niveau parcellaire, le plus fin, créateur de l'effet de trame ou de mosaïque qui frappe à la consultation des missions aériennes ;

- plusieurs niveaux intermédiaires, organisant, de façon arborescente, la charpente des formes rurales : masse parcellaire ; quartier rural ; grandes divisions du terroirs rural ; etc. À ce niveau la charpente des chemins ruraux est fondamentale.

- un niveau de formes ponctuelles - l'habitat - dont on apprécIè le degré plus ou moins poussé de polarisation sur les formes voisines.

          Il est important de savoir, en présence d'une forme paysagère qu'on souhaite interpréter, à quel(s) niveau(x) elle s'adresse. Une réorganisation de la forme de l'habitat et du réseau viaire ne se traduit pas, obligatoirement, par une refonte de la forme des champs. 

 

* la mise en évidence des principes généraux d'organisation

 

          L'organisation des formes des paysages répond, le plus souvent, à quelques types principaux de forme. On propose de distinguer :

 

- les formes organiques, qui sont induites par des faits naturels : cours d'eau et reliefs. Dans cette catégorie de formes, on sera quelquefois conduit à observer que les formes induites par un fait naturel présentent quelquefois une disposition réguliere. C'est le cas de formes radio-concentriques induites par des reliefs réguliers ; de formes induites par une courbure réguliere de méandre ; etc.

 

-les formes anthropiques, selon les modes d'agencement parcellaire établis par les sociétés agraires du passé et plus ou moins bien conservés.

-Les unes sont de type géométrique sur base quadrangulaire :

-diverses formes quadrillées, orthogonales ou non

-formes en bandes (strip systems ou strip plan fields des archéologues britanniques) ;

-les autres sont de type géométrique curviligne :

-formes de plan radial

-formes de plan concentrique

-formes mixtes radio-concentriques.

 

-enfin, on observe couramment des formes mixtes, organiques et anthropiques. C'est le cas, par exemple, des drainages d'étangs qui conjuguent la forme naturelle de l'étang à la forme géométrique du parcellaire de drainage. C'est encore le cas des formes radio-concentriques qu'on observe quelquefois de part et d'autre d'un cours d'eau (fait naturel), là où le passage obligé d'un pont fait converger les itinéraires et réoriente le parcellaire (fait anthropique), sans que cette forme radio-concentrique signale un habitat qui en aurait été le centre (voir un exemple remarquable dans CHOUQUER et al. 1994).

 

* Caractérisation dynamique des modelés

 

= Formes et modelés

 

          Il importe, dans l'analyse des paysages, de tenir compte du fait que les missions aériennes, mais également les documents cartopgraphiques anciens - lesquels ne remontent pas au-delà du XVIIIe s. en général -, nous restituent un "habillage" des limites agraires, sous la forme d'un modelé qui peut n'être pas d'origine. La question est majeure, car une lecture directe et non critique de ce modelé, peut conduire, éventuellement, à des erreurs d'appréciation sur l'ancienneté ou  non des faits.

 

          Il faut donc chercher à caractériser la stabilité ou au contraire la mutation éventuelle des modelés, car une même limite agraire peut avoir vu son modelé varier selon les époques. Le fait est bien établi sur divers chantiers.

          Dans la Drôme, à Pierrelatte "les Malalones", sur le tracé du TGV Méditerranée (BERGER et JUNG 1995), un decumanus de la centuriation B d'Orange était jadis marqué par un fossé à ciel ouvert qui a été plusieurs fois curé et recreusé. Après un abandon et un exhaussement alluvial de la plaine du Tricastin, un nouveau fossé, très légèrement décalé vers le sud (d'environ 1/1,5 m) continue à pérenniser l'axe antique. Puis, après colmatage de ce deuXIeme fossé, l'axe antique continue à être marqué dans le paysage, mais cette fois par une haie résiduelle. Il y a donc pérennité de l'axe sur la très longue durée, mais changement du modelé agraire (fossés puis haie sans fossé).

 

= L'opposition bocage/champs ouverts

 

          Cette remarque est fondamentale pour l'étude des zones bocagères. On sait bien, désormais, que cette formation est rarement très ancienne. Même si on peut rencontrer quelques bocages primaires résiduels remontant à la fin du Moyen Age, on sait que la majeure partie des bocages sont des formations secondaires, d'âge très récent (XIXe et XXe s.).

          Il y a donc de fortes présomptions pour que l'opposition entre bocage et openfield, dont on a fait une clef essentielle de lecture des paysages, ne soit, significative que pour les époques les plus récentes de la mise en valeur (par exemple la fin du Moyen Age et surtout l'époque moderne), et que le bocage soit le signe du défrichement, du polder, et de la reconquête d'anciens parcellaires abandonnés et retournés à la friche et à la forêt.

          On se refusera donc, par conséquent, à tirer des arguments chronologiques de la présence ou non de haies vives sur les limites parcellaires, sauf si une étude d'archives le permet. En revanche, on considèrera que le dessin lui-même des limites bocagères peut, en dehors de son modelé bocager actuel, présenter un éventuel plus grand héritage historique (DE SOUZA et al. 1996).

 

        La spécificité de cette partie de l'Anjou concernée par notre étude est le bocage : un bocage encore souvent épais, quoique localement très dégradé au cours des dernières décennies (l'étude comparative des différentes missions aériennes est significative à cet égard), avec un habitat dispersé, en fermes ou "villages" regroupant quelques maisons.

        Nombre de communes traversées par le tracé de l'A 85 (Mazé, Gée, Beaufort-en-Vallée, Brion...) représentent, par leur étirement caractéristique du pied des buttes au coeur de la vallée, des territoires mixtes, où la vallée joue un rôle important. L'analyse du parcellaire à partir des missions aériennes d'avant le remembrement souligne bien cette dualité : alors que les régions septentrionales présentent, entre les zones boisées, un parcellaire trapu clos de haies épaisses (typique du plateau baugeois), le paysage méridional offre, à côté des prés bocagés de l'Authion, de grands systèmes rayés. On observera autour des villages un système mixte de très petits champs trapus mais ouverts : c'est là le style du pays des buttes, d'après J.Gras (ibidem, 203).

        Au nord, le bocage épais est accentué par la présence de nombreux bois, qui, considérés comme une des caractéristiques de la condition noble, "enveloppaient toutes les demeures seigneuriales" : "...dans tout le reste de l'Anjou, notamment en Baugeois, les seigneuries étaient constellées de massifs dépassant plusieurs dizaines d'hectares" (LE MENE 1982, 116 sq.).

        Il semblerait que le bocage de la vallée d'Anjou ne constitue pas un bocage primaire, dans la mesure où il est "généralement formé de mailles assez grandes et plus régulieres, ... (il) a en général remplacé des structures agraires antérieures, du type champs ouverts et allongés" (ZADORA-RIO 1990, 180). Sa création est considérée comme post-médiévale (ibidem).

        Nous avons d'ailleurs d'incontestables exemples de bocages très récents (XIXe s.), comme par exemple dans le Marais du Bois du Long (com. de Longué-Jumelles ; cf infra).

 

 

3 - Les procédures

 

* Mise en évidence et lecture des petites unités morphologiques du paysage

 

= les unités morphologiques

 

          Le dessin des plus petites masses parcellaires fait apparaître, avec plus ou moins d'évidence selon les cas, des modes de groupement en unités plus vastes que les quartiers, qu'on dénomme unités morphologiques. Leur repérage est aisé lorsqu'une forme distincte et une enveloppe les individualisent, comme un terroir circulaire, un quadrillage géométrique, un réseau radial, un réseau curviligne lié à un fait topographique. Il est, en revanche, souvent plus délicat à établir dans le tissu uniforme des zones de champs ouverts.

Les unités les plus évidentes sont celles qui correspondent à une mise en valeur volontaire, limitée dans l'espace, ou encore celles dont la forme est dictée par la topographie:

-anciens marais, avec disposition rayonnante des canaux de drainage ;

-les vallées peuvent donner naissance à des unités morphologiques remarquables, lorsqu'elles s'évasent et que le parcellaire adopte une forme contrainte par le lit majeur de la rivière.

-clairières de défrichements (souvent avec une toponymierévélatrice) ;

-les parcellaires dictés par les reliefs, qui ont une forme adaptée aux pentes ;

-de petits terroirs signalant une mise en valeur cohérente à partir d'un habitat généralement dispersé.

 

= Lire le paysage comme une mosaïque de petites formes

 

          On peut chercher à interpréter, dans un sens historique, la carte des masses de cultures, et celle, beaucoup plus parlante encore, des unités morphologiques. On en retirera la vision d'un paysage mosaïque, aux unités juxtaposées, assez étroitement dépendantes de causes naturelles. On percevra des faits historiques subtils, en terme d'analyse des anomalies signifiantes : ellipses bocagères, carrefours remarquables signalant de possibles habitats disparus, ou des points de passage obligé. Dans une telle lecture, on donne donc une forte priorité à la forme visible des faits parcellaires et des faits planimétriques, et l'on privilégIè aussi, de fait, un certain état du modelé des campagnes. De même on privilégIè l'éclatement du paysage en cellules morphologiquement indépendantes, la plus grande d'entre elles pouvant être le finage communal, lorsque le système des contraintes collectives mis en place avec le régime seigneurial médiéval a été en mesure de s'imposer à l'ensemble du terroir (découpage du terroir en plusieurs soles, cerné de pâtures et de bois communaux) et lorsque des conditions de sol homogènes ne venaient pas perturber cette disposition globale.

          Certes on cherche à prendre des précautions élémentaires en recourant à une image des campagnes qui soit antérieure aux grands remembrements qui ont affecté les terroirs à partir des années 1950-1970 environ. Mais on n'échappe pas ainsi à une forte contigence historique. Utiliser, par exemple, la présence ou l'absence de haies, de bois ou encore de marais, pour distinguer les unités morphologiques laisse l'interprétation étroitement dépendante d'une phase récente de l'histoire agraire, celle du "petit âge glaciaire" (RICHARD et MAGNY 1992), au cours de laquelle ces phénomènes se sont amplement développés et ont donné aux campagnes des traits marquants qu'ils n'avaient probablement pas, sous cette forme, dans leur état antérieur.

 

*La recherche des grandes formes

 

          Il s'agit, dans une démarche différente de celle qui vient d'être exposée, de chercher à identifier d'autres cohérences pouvant expliquer l'existence et l'articulation des faits planimétriques. Dès qu'une région présente, dans son dessin parcellaire, une trame cohérente, on peut s'interroger pour savoir si elle ne doit pas, au moins en partIè, son existence à une ancienne trame quadrillée.

          On a rappelé plus haut le principe de pérennité qui fonde la validité de la méthode d'analyse régressive et que de nombreuses vérifications archéologiques attestent. Cependant l'existence de ce principe ne signifIè pas que la pérennité soit la règle absolue et qu'il faille la solliciter aveuglément. L'existence d'une trame présumée d'origine antique, par exemple, doit être argumentée.

          Les indices témoignant d'une telle trame quadrillée sont la présence d'alignements remarquables de limites parcellaires, traversant les finages, n'ayant pas pour fonction de réunir les habitats médiévaux entre eux, ce qui permet de leur attribuer une autre origine ; la densité de présence d'une trame quadrillée sur une grande superficie, dépassant là encore le cadre d'un finage médiéval et moderne. On prend donc appui sur la carte des plus petites masses parcellaires pour réaliser cette nouvelle carte, qui est un tri orienté des limites.

          Dans ce genre de relevé on se soucie donc moins - au stade de l'étude cartographique - de l'aspect fonctionnel de la limite (route, chemin, limite parcellaire) ou de son modelé (fossé creusé ; crête de labour ; limites parcellaires avec haie), que de sa linéarité et de sa mise en cohérence, par alignement, avec d'autres limites, pour déterminer une forme. On ne cherche pas, a priori, une permanence de la fonction (chemin ou limite de parcelle), qui peut exister ou non et qu'en tout état de cause on aurait du mal à prouver sans fouilles. On cherche plutôt une permanence de la forme. On ne peut espérer plus, sans fouilles, dès qu'il s'agit notamment de rechercher des structures parcellaires très anciennes.

 

          On obtient alors un document différent, établi par sélection et interprétation des formes visibles et aussi des limites fugacement apparues. L'intégration de tracés fossiles renforce, bien évidemment, la présomption d'ancienneté de la structure proposée. Dans ce nouveau document, on ne cherche plus à rendre compte de la totalité des formes visibles, dans leur agencement actuel, mais bien à détecter des agencements qui peuvent répondre à une autre logique spatiale que celle qui nous est donnée actuellement par la carte ou la photographie aérienne.

          La mise en évidence des alignements remarquables de limites parcellaires est la méthode la plus efficace pour offrir une base à cette recherche. On dresse donc, en préalable à toute tentative de formalisation, - ce qui veut dire sans grilles auxiliaires, ce point est important - une carte des grandes formes, quadrillées ou non, qui sous-tendent l'organisation du parcellaire. On privilégIè, dans le relevé de la planimétrIè, et selon une démarche de bon sens, les traits dont la cohérence est réelle. On prend soin de relever aussi les traces fugacement apparues sur les missions aériennes, et qui peuvent indiquer des parcellaires disparus. Ce point est essentiel, bien que toutes les régions, et, à l'intérieur d'une même région, toutes les zones, ne se prêtent pas également à ce genre de repérage. Il est plus aisé à réaliser sur les sols alluviaux.

          La carte obtenue montre alors s'il existe ou non une organisation du paysage qui soit différente de la mosaïque des unités tardo-médiévales ou modernes. Mieux, même, cette carte peut, si c'est le cas, permettre d'isoler les unités morphologiques locales et récentes, en montrant leur "inadaptation" ou leur "incrustation" par rapport à une plus vaste et plus ancienne structure paysagère

 

* Lecture des grandes formes du paysage

 

          Une telle éventuelle structure, si elle existe, doit alors être interprétée .

          Deux voies s'ouvrent à la recherche.

-S'il s'agit d'une structure quadrillée, parfaitement géométrique ou non, il faut pouvoir disposer d'éléments historiques suffisamment nombreux pour permettre de l'apprécier, ce qui n'est pas toujours possible. On doit l'examiner en regard de l'habitat, antique, médiéval et moderne, en terme d'articulation plus encore que de stricte orientation, car il n'est pas obligatoire qu'un habitat soit exactement orienté comme la limite agraire ou le chemin qui le dessert. Il peut y avoir des raisons locales de l'orIènter autrement.

Il est évident que la mise en évidence par fouilles et décapages, de fossés parcellaires anciens et isoclines offre un niveau supérieur de validation de la forme. Mais il est non moins évident que ces observations doivent être multipliées pour devenir vraiment signifiantes.

-Toujours dans le cas des structures quadrillées, l'enquête métrologique peut fournir également une indication. L'orientation de la structure est-elle rigoureuse ou non ? Observe-t-on des équidistances remarquables, et en nombre suffisant pour parler de tel ou tel système parcellaire (une centuriation par exemple) ? Encore faut-il se garder de parentés troublantes entre les mesures de diverses époques, qui peuvent fortement gêner la recherche.

 

          L'important est de conduire ces enquêtes sur une carte déjà sélectionnée, afin de ne pas chercher à faire entrer dans d'éventuelles relations morphologiques et métrologiques des éléments qui n'ont rien à voir ensemble. On ne peut, dans les régions qui n'ont pas connu de systèmes parcellaires cohérents de façon dominante, appliquer une grille géométrique sur n'importe quel paysage, dans une édition actuelle de la carte au 1/25 000e, sans être alors victime de nombreuses aberrations.

          Le plus grand risque serait de "créer" une forme parcellaire qui n'existerait pas en tant que structure cohérente. Un autre serait de forcer l'interprétation d'un quadrillage bien repéré, comme étant une centuriation, alors qu'il pourrait s'agir d'un système parcellaire cohérent mais non rigoureusement orthonormé.

          Le relevé de tels quadrillages non rigoureusement géométriques pose d'ailleurs un problème de traitement qui est un problème de fond de la recherche. Dans la mesure où ces systèmes parcellaires revêtent une forme différente des centuriations strictement orthonormées, il faut admettre qu'ils montrent une variation continue de l'orientation, avec une amplitude suffisante, dépassant par exemple 10 ou même 20° angulaires, alors qu'il s'agit bien du même système. Ne risque-t-on pas, en adoptant la démarche qui a été jusqu'ici celle de tous les chercheurs qui ont travaillé sur les parcellaires antiques, de chercher à dissocier, au moyen d'une sélection poussée par l'orientation, les diverses directions en autant de parcellaires qu'on croirait combinés entre eux ? Ne risque-t-on pas, ainsi, de lire plusieurs systèmes parcellaires là où il n'y a qu'une seule structure cohérente?

 

 

 

 

DEUXIÈME PARTIE :

ANALYSE DES SECTEURS MICRO-RÉGIONAUX

 

 

1 - De Corzé au Couasnon

 

        Ce premier secteur micro-régional ( fig. 2), s'étendant à l'est jusqu'au cours du Couasnon, tributaitre de l'Authion, est susceptible de dépasser à l'ouest la limite conventionnelle de notre étude, à savoir l'autoroute A 11, sur laquelle s'embranche l'A 85 à hauteur de la commune de Corzé.

 

1. Les données naturelles

        (DION 1934, GRAS 1968, PONT 1995)

       

        Le plateau baugeois est représenté par une suite de buttes-témoins d'altitude comprise entre 80 et 100m NGF, rongées par un réseau hydrographique très dense dont l'élément principal est le Couasnon. Ce réseau, caractérisé par un faible encaissement, prend sa source au sommet des buttes-témoins. D'ouest en est, les vallées rencontrées sont celles de La Fontaine et des Fontaines (large de 4400m) et du Tarry (4300m).

Les formations géologiques sont les suivantes :

        *le Cénomanien moyen le long du ruisseau du Tarry ;

        *le Cénomanien supérieur : le mieux représenté dans la région puisqu'il affleure dans la presque totalité des vallées. Il est marqué aussi dans le paysage par de légers vallonnements. On note 2 couches :

-à la base, une couche marno-calcaire ;

-une couche sableuse avec les sables de Bousse. Ils sont grossIèrs, fossilifères, riches en glauconIè et localement grésifiés en grosses dalles. Les marnes à huîtres ("cosses") sont les plus représentées. Les sables de Bousse ne sont visibles qu'entre les communes de Cornillé-les-Caves, Fontaine-Milon, ainsi qu'entre les ruisseaux du Tarry et du Couasnon ;

        *le Turonien inférieur, supérieur et le SénonIèn inférieur forment l'ensemble des buttes-témoins (buttes de Bauné, Cornillé-les-Caves, Fontaine-Milon, St-Georges-des-Bois) :

-le Turonien inférieur correspond au tuffeau, roche calcaire très tendre légèrement sableuse. Il constitue la base de la butte ;

-le Turonien supérieur est rarement visible en affleurement, car masqué par les dépôts sus-jacents du SénonIèn. Sur la butte de Bauné, les décaissements vont atteindre une puissance de 13m et entamer cette formation. Ce sont des sables de granulométrIè moyenne, parfois très argileux, de couleur verte ;

-le SénonIèn inférieur est représenté par des sables à spongiaires, fréquemment sujets à des glissements le long des versants des buttes, masquant ainsi tout ou partie des formations Turoniennes.

        *Pour ce qui est des formations tertiaires, seul l'étage du BartonIèn supérieur est visible (au sommet de certaines buttes : Bauné, Fontaine-Milon et Fontaine-Guérin), sous la forme de meulières, dont l'exploitation se limite au revêtement des chaussées).

        *Les formations quaternaires sont représentées par :

-les sables éoliens. Ils bordent la totalité des versants du réseau hydrographique secondaire ; 

-les colluvions. Ces dernier résultent soit du glissement par solifluxion des sables à spongiaires couvrant les buttes, soit de dépôts de pente dus aux dégradations des versants.

        L'ampleur de ces formations est bien visible dans les vallons secs. On peut s'attendre à des biaisages taphonomiques importants.

        Les aptitudes pédo-agrologiques du secteur sont médiocres. Dans la commune de Mazé, on appelle ces terres du coteau "les Hauts-Pays". Siliceuses ou silico-argileuses, elle ont longtemps été vouées aux bois ou aux frous. La vallée du Tarry était connue pour ses "terres à chagrin", exigeant un travail de tous les instants, pour un rendement très médiocre (GRAS, ibidem).

 

 

2. Analyse des formes paysagères

 

1. Le réseau quadrillé de Cornillé-les-Caves

 

        Le paysage est structuré par un réseau quadrillé souple, très vaste, concernant plusieurs communes, avec une densité qui tend à s'amenuiser vers le nord (coteaux boisés). Il est particulierement dense autour des villages de Lué-en-Baugeois, Chaumont d'Anjou, Cornillé-les-Caves, St-Georges-du-Bois, au point de constituer la trame de base de leur parcellaire ( fig. 5).

On peut considérer que ce découpage quadrillé concerne l'interfluve formé à l'ouest par le ruisseau de la Fontaine et le Couasnon à l'est. Il organise toutefois le parcellaire d'une partie des communes de Bauné et Corzé. Il est possible encore qu'il dépasse vers l'ouest la zone cartographiée. Par commodité, nous l'avons dénommé "réseau quadrillé de Cornillé-les-Caves" et matérialisé en vert sur notre cartographie.

 

        Sa caractéristique majeure est son articulation très souple (tout en tendant vers la trame orthonormée) avec les données du paysage, essentiellement celles de l'hydroographie : la Loire et son affluent l'Authion, au cours parallèle, constituent logiquement l'axe majeur à partir duquel s'organise tout le paysage. Le réseau secondaire de l'Authion crée des interfluves (caractérisés dans notre codification par différentes couleurs : cf supra). Le réseau hydrographique est donc à la base de l'organisation du paysage, en tenant lieu de limites.

        La contrainte liée au relief ne semble pas influer fortement sur la géométrie des axes, si l'on se réfère au découpage des buttes de Cornillé-les-Caves, ou Chaumont d'Anjou : celles-ci s'intègrent parfaitement dans la trame géométrique. Fait exception le relief de Fontaine-Milon, qui a engendré un parcellaire autonome, en rupture totale avec le parcellaire avoisinant.

        Dans la partie orientale de l'interfluve, le cours de l'Authion induit des axes non pas rigoureusement orthonormés mais en éventail, pour répondre à la courbure naturelle : l'orientation des axes à l'est de la commune de Mazé est significative en ce sens. Le ruisseau du Bréné, tributaire du Couasnon, participe, au même titre que le Couasnon, de ce redressement en éventail.

        On ne devra donc pas tenir compte des différences d'orientation susceptibles d'exister entre des sites de même époque dans ce secteur (ce sera par exemple le cas pour les sites des "Hayes-Guérin" à Cornillé-les-Caves et celui des "Chevriaux" à St-Georges-du-Bois).

 

        On voit dans les grandes limites de ce découpage quadrillé, se dessiner des quartiers délimités par des faits organiques (toute la moitié sud de la commune de Fontaine-Milon semble être restée en dehors du système quadrillé, délimitant ainsi deux blocs). Dans ce cadre géométrique, l'irrégularité dans l'ordonnance du parcellaire révèle l'existence de paléo-vallées (par exemple à St-Georges-du-Bois, 3 paléo-vallées parallèles, anciennement tributaires du Bréné perturbent très localement l'ordonnance géométrique du parcellaire).

        On notera dans tout le secteur des parallélismes frappants sur d'assez longues distances, de même que des linéaments de plusieurs km, tant dans le sens NS qu'EO (route liant Chaumont d'Anjou à Sermaise ; voie reliant "Les Petites Beauces" au "Gruteau", com. de Mazé ; voie reliant "Les Mauchamps" à "la Croix des Innocents", com. de Mazé), sans former toutefois des axes remarquables qui pourraient correspondre aux lignes directrices de ce réseau quadrillé. On peut difficilement privilégIèr de façon convaincante les axes EO par rapport aux axes NS, et ce malgré la présence d'un élément théoriquement structurant, la Via Andegavensis reliant Angers à Tours. Nous revIèndrons ultérieurement sur cette voie.

       

        À quand remonte la mise en place du réseau quadrillé ?  

 

        Il est fréquent qu'à l'origine des parcellaires quadrillés, apparaissent des nécessités de drainage, qui ont pu jouer à des époques diverses. Le parcellaire tel qu'il apparaît sur les missions IGN anciennes et sur les plans cadastraux du XIXe siècle peut être le résultat d'une longue genèse, avec des éléments constituants mis en place à diverses époques.

        Il s'avère difficile d'établir des liens précis entre le parcellaire et les sites archéologiques : on constate que nombre de fossés parcellaires n'offrent aucun témoin datable. Rares sont ceux qui fournissent dans le remplissage des éléments susceptibles de dater la création du fossé.

        Globalement on constate une constance d'orientation et d'organisation du parcellaire, qui permet de mettre en cohérence un bon nombre de structures linéaires. Il est évident que le parcellaire ancien a exercé une profonde influence sur le dessin agraire jusqu'à nos jours, puisque certains fossés découverts en fouilles correspondent à des limites parcellaires encore utilisées ou du moins actives au XIXe siècle. Mais nous ne sommes pas en mesure de décrire les conditions de mise en place de ce parcellaire, ni de lui attribuer une date précise.

 

        A première vue, la trame quadrillée qui structure les campagnes de la haute vallée d'Anjou semble antérieure à la création des noyaux villageois, puisque ceux-ci s'implantent à la croisée d'axes (Chaumont d'Anjou, Lué-en-Baugeois) ou bien dans les mailles issues du recoupement des bandes (Bauné, Cornillé-les-Caves, Saint-Georges-du-Bois..). Le maintien de la trame agraire préexistante peut s'expliquer par sa forte relation avec les nombreux écarts (spécificité de l'habitat dispersé), qui dans beaucoup de cas témoignent d'une grande permanence de l'habitat (cf infra : résultats issus des opérations de terrain sur l'A 85). 

        Des observations réalisées en fouille ou lors de sondages de prospection et d'évaluation permettent de proposer localement une datation. Certaines limites entrant dans la structuration de ce réseau semblent déjà effectives à la toute fin du 1er s. av. J.C.

        En effet, on a pu mettre en évidence une relation, sinon directe, du moins indirecte (cf supra) entre cette structuration et l'occupation gauloise, ce qui laisse supposer une mise en valeur précoce de la région, et ce dans des secteurs aujourd'hui boisés (Bauné, Lué-en-Baugeois) ou fortement humides (fonds de vallée à Lué-en-Baugeois, Mazé ou St-Georges).

        A noter que les traces fossiles repérées par photo-interprétation sont extrêmement rares. L'étude a donc porté sur les linéaments encore actifs dans le paysage (ou sur le cadastre napoléonien) et les faits archéologiques mis au jour sur le tracé de l'A 85.

 

      Au Haut-Soulage (com. de Bauné), on a mis au jour deux enclos jumelés de l'Age du Fer (Tène Finale), dont l'abandon a pu être situé à la toute fin de cette période (fouille ; VALAIS 1995, MARE 1995) ( fig. 6). Le site s'est installé sur le versant d'une large vallée (ruisseaux de la Fontaine et des Fontaines), en lisière de forêt. Les sables verts du substrat sont recouverts par des sables colluvionnés, épais de 30 à 80cm. 

      Les trois fossés parallèles qui structurent l'ensemble, légèrement courbes (épousant les courbes de niveau), sont orientés NNE-SSO. La présence d'une entrée sur le fossé le plus oriental, au niveau de la limite d'emprise, peut indiquer que seule la moitié nord du double enclos a été dégagée et que la surface totale devait atteindre 2 ha.

      Il est à remarquer par ailleurs que l'orientation du fossé le plus occidental (celui qui sera réutilisé par l'enclos gallo-romain, cf infra) a été reprise par la limite d'entre les parcelles 698 et 699 du cadastre napoléonien. On a donc là un bel exemple de permanence des formes. Il n'est pas du tout exclu que l'angle du fossé de l'enclos se situe à l'endroit où la limite parcellaire du cadastre napoléonien fait un coude vers le sud ( fig. 12).

      Les fossés sont caractérisés par de grandes différences de gabarit (pour l'un des fossés, largeur variant entre 1,70m et 8m, profondeur de 0,54 à 3m), un profil en V à remplissage dissymétrique (présence d'un talus?). Ils ne sont visibles sur aucune des missions IGN consultées.

      Les données stratigraphiques sont peu nombreuses, en raison du maillage trop lâche des sondages, d'où la difficulté de relIèr les différentes observations.

      Les comblements n'ont été analysés qu'en coupe : les différentes phases (érosion des parois, glissement du talus, dépôts d'origine anthropique) indiquent des fossés ouverts. De rares anomalies ont été observées : un surcreusement, un calage et un négatif de poteau.

Le mobilier datant provient des fossés des deux enclos : il consiste en vases non tournés et en tessons d'amphore type Dressel Ia. L'ensemble, homogène, est attribuable à la Tène Finale.

      L'absence de niveaux d'occupation qui auraient dû se trouver scellés sous les sables implique une érosion intense, qui a été mise sur le compte d'un déboisement du versant.

      Les différences de gabarit des fossés selon les secteurs ne parlent pas en faveur d'un aspect défensif du site. Le responsable de la fouille y a plutôt vu des contraintes d'ordre topographique (différences de dénivelée), liées à l'écoulement des eaux (VALAIS 1995).

      La surface totale estimée -près de 2 ha- et l'ampleur des terrassements suggèrent la présence ici d'une ferme aristocratique (ibidem).

         

          Dans la zone ouest du secteur analysé, les axes longitudinaux du réseau quadrillé sont orientés 100°-110° à l'est par rapport au nord géographique, les axes transversaux 10-15°. En l'absence de données sur l'environnement agraire de la ferme indigène, on se contentera de dire que, sur le plan de l'orientation, celle-ci s'intègre bien dans la trame géométrique qui organise le secteur ( fig. 6). La présence d'une relation directe (au niveau du fossé le plus oriental) ne permettra toutefois pas d'affirmer, même si on le pressent fortement, que certains éléments du parcellaire du Haut-Soulage ont été mis en place dès l'époque gauloise. D'autres données de terrain seront nécessaires pour valider, par cumul, l'hypothèse d'ancienneté.

 

      Une situation un peu analogue à celle du Haut-Soulage se retrouve à La Pâture Baudouin (com. de Lué-en-Baugeois), site gaulois caractérisé par un ensemble de structures fossoyées (fossés, fosses, trous de poteaux) et abandonné à la fin de La Tène Finale ( fig. 7). Les fossés ont été interprétés comme éléments de parcellaire, correspondant éventuellement à deux trames (fouille ; PITHON 1995).

      Le site occupe le flanc d'une butte, dans l'une des nombreuses vallées sèches qui l'entaillent. Avant l'intervention autoroutiere, il était recouvert par le Bois de Neuvième. Il s'étend bien au-delà de l'emprise. Toutes les structures ont été creusées dans le substrat (sables verts du Cénomanien Supérieur) et scellées par les colluvions qui ont comblé la vallée sèche (sables limoneux). Elles présentent un degré d'arasement extrême, et ici encore, le peu de relations stratigraphiques a rendu difficile leur interprétation.

      Le mobilier céramique contenu dans le comblement de certains des fossés est assez homogène et date de la Tène Finale. Mais il ne date pas de façon certaine ces fossés (ibidem).

      Il semblerait possible, par ailleurs, en fonction des différences d'orientation, de voir deux ensembles parmi la dizaine de fossés repérés : l'un dans le secteur est du décapage forme un ensemble orthonormé, avec recoupement d'une structure plus ancienne (enclos?). Il s'agit des fossés 1004 (sans mobilier), 1001 (mobilier Tène finale), 1015 (mobilier indéterminé), 1016 (mobilier Tène Finale) et 1022 (mobilier Tène Finale). L'orientation est de 30-33° plus à l'est par rapport au nord géographique.

      Le second ensemble présente une orientation rigoureusement est-ouest ; le mobilier, quand il existe, n'est pas datable.

 

 

      Un autre site de la Tène Finale (fouille ; PICHON 1995) a été mis en évidence à La Chaussée,com. de Mazé ( fig. 8). Il est implanté dans une très large dépression orientée est-ouest, parcourue par un ruisseau intermittent (canalisé). Les vestiges sont apparus sous 20-30cm de décapage.

 

      L'occupation gauloise est matérialisée par un enclos quadrangulaire (à moitié hors emprise), un fossé (800) associé à une grosse fosse de 5,5m de diamètre, de fonction indéterminée et des anomalies circulaires (trous de poteaux?). Malheureusement ici encore, de l'absence de conservation des niveaux de sol et de l'impossibilité de faire des liaisons stratigraphiques entre les différentes structures résulte une interprétation limitée du site. Il est très probable qu'il se soit étendu au nord-est du décapage. Mais il n'est pas évident que l'état de conservation des structures y soit meilleur (le terrain remonte sensiblement).

      Le mobilier datant provient presque exclusivement (90%) de la partie supérieure du comblement des fossés. La céramique présente une très forte proportion de céramique grossière ; elle est chronologiquement homogène (La Tène C2-D1).

      L'orientation du fossé 800 - 100° à l'est - est identique à celle des 2 grands fossés qui recoupent l'enclos (vestiges fugaces, qui n'ont pas fourni de matériel) et à celle de 846, qui semble délimiter un secteur de structures fossoyées (?). Elle est identique à celle observée sur les sites précédents (cf supra), de même que sur le site tout proche décelé aux Brosses. Par contre l'enclos est en discordance avec l'ensemble (80° à l'est).

 

      Le site des Brosses (com. de Mazé), caractérisé par deux grands fossés parallèles ( fig. 8), a été interprété, à la suite de la campagne d'évaluation, comme un enclos ou ouvrage défensif (évaluation ; MARE 1995). Les fossés, larges de 3m à l'ouverture, ont un profil en V à fond plat (1m), et sont profonds de plus de 2m. Ils sont orientés strictement est-ouest. Pour l'un des fossés (507), le comblement laisse supposer l'existence d'un talus. Le mobilier, d'époque protohistorique, est trop restreint pour permettre d'attribuer l'ouvrage à cette époque(ibidem).

      Par ailleurs, plus au nord, les sondages ont recoupé un chemin avec fossés bordiers orienté NNE-SSO, situé dans l'emprise d'un très large chemin d'exploitation (cadastre XIXe s.), et correspondant à l'un de linéaments de notre trame quadrillée. Larges de 1,80m, et profonds de 1m, les fossés sont distants de 3,30m. Leur comblement n'a fourni aucun mobilier.

 

        Si les sites gaulois sont globalement en concordance avec notre trame verte, qu'en est-il des sites de l'époque suivante?

        Nous disposons de données au Haut-Soulage (com. de Bauné), où une occupation gallo-romaine succède à l'occupation gauloise, aux Hayes Guérin (com. de Cornillé-les-Caves), aux Angoues (com. de Fontaine-Milon) et aux Chevriaux (com. de St-Georges-du-Bois).

 

      Au Haut-Soulage ( fig. 6), le double enclos de la Tène finale a été abandonné (fossés comblés) vers le milieu du 1er s. av. J.C. L'occupation gallo-romaine sur l'ancien site gaulois (au cours du Ier s. de n.è.) est attestée par la présence d'un bâtiment sur l'un des fossés comblés, et d'installations légères sur trous de poteaux aux alentours (fouilles ; VALAIS 1995).

 

      Par ailleurs, sur le haut du versant, une enceinte aux fossés encore plus importants est aménagée dans le prolongement du double enclos gaulois (fouilles ; MARE 1995). On réutilise, en le surcreusant, le fossé ouest de l'enclos 1. La surface intérieure de l'enceinte concernée par l'emprise couvre près de 906m2 : on peut donc évaluer l'ensemble au double. Trois bâtiments ont été décelés à l'intérieur, un quatrième à l'extérieur.

      Les fossés sont très larges : de 7,30m à 7,90m. Leur profondeur varie entre 2,90m au nord et 3,80m à l'est. Le talus est conservé partiellement seulement le long du fossé ouest (large de 8,30m, haut de 1,20m).

      Fait essentiel, les fossés est et ouest de l'enclos ont été pérennisés par deux limites parcellaires existant au XIXe s. L'une de ces limites est encore active aujourd'hui, tout comme le coude qu'elle décrit vers le nord : celui-ci correspond à l'angle nord de l'enclos. Au-delà du coude, par contre, la limite moderne n'a plus respecté le tracé du fossé nord. Le talus du fossé ouest s'est maintenu jusqu'à nos jours. 0n a là encore un très bel exemple de permanence des formes et de relation directe entre le parcellaire gallo-romain et le parcellaire moderne.

      Le comblement de l'ensemble des fossés présente la trace de plusieurs curages. L'absence de mobilier ne permet pas de dater le comblement initial. Le comblement qui suit ce qui est interprété comme le premier curage a livré quelques tessons de la Tène finale et de la tuile romaine. Ce comblement a été mis en relation avec l'occupation du premier bâtiment. Le comblement postérIèur au second curage contient de la céramique de la première moitié du 1er s. Quant au comblement final, il n'intervient pas avant le Moyen-Age (éléments de démolition, céramique des Ier et IIè s., tuile médiévale).

      Si le mobilier indique que l'enceinte existait déjà au tout début de Ier s. ou même à l'extrême fin du Ier s. av. n.è., la date de son édification reste incertaine : fin de la Tène finale ou début de l'époque romaine? Il reste acquis toutefois qu'elle a été utilisée jusqu'au second siècle : les bâtiments et le mobilier en témoignent (ibidem).

 

      L'interprétation de la fonction initiale de l'enclos est tout aussi incertaine : ouvrage défensif, du temps de la Conquête? Sanctuaire? Notons que l'orientation des bâtiments 1 et 2 (ce dernierest en fait le second état du bâtiment 1 détruit par incendIè) est en discordance aussi bien avec celle du double enclos gaulois que de l'enceinte gallo-romaine. Mais, plus étonnant encore, l'enclos 3 n'est pas dans l'axe de l'ensemble gaulois: en dépit du fait qu'il réutilise l'un des fossés de ce dernIèr, il est déporté vers le nord-ouest, comme s'il avait dû composer avec une contrainte. Contrainte naturelle, d'ordre micro-topographique? Ou contrainte liée à la présence d'une structure anthropique préexistante, non décelée par la  fouille?

      Les moyens ont manqué (temps, crédits) pour mieux comprendre l'organisation du site dans cette zone, la nature réelle du "triple solin" mis au jour au nord de l'enclos 3 (structure rectiligne située sur une rupture de pente, orientée SOO-NEE, longue d'environ 70m et décapée sur 56m), daté peut-être un peu hâtivement du Moyen-Age, sur la base de 3 tessons et de l'attribution de blocs de calcaire lacustre à du matériel de récupération de bâtiments gallo-romains. A noter que l'orientation de cette structure a été pérennisée sous forme d'une limite parcellaire encore active au XIXe s. 

 

      Sur le flanc nord-ouest d'une petite butte calcaro-sableuse, aux Hayes Guérin, com. de Cornillé-les-Caves ( fig. 9, fig. 10, fig. 11), sont apparus les restes d' un site gallo-romain, dans une partie de son environnement agraire (fouille ; PERRIN 1995). Les structures, décelées souvent à moins de 50cm sous le végétal, traversent une couche d'argile légèrement sableuse et atteignent le tuffeau. La fonction de drainage des divers fossés rencontrés est évidente.

      L'occupation, attestée dès la période augustéeenne précoce (enclos quadrangulaire partiellement conservé) se poursuit durant tout le Ier s. de n.è., matérialisée par un bâtiment maçonné à galerie et des aménagements liés à cet habitat (zone empierrée 1125, fossés 1117, 2100, 2111,3000...). Le site est interprété comme une exploitation à vocation rurale et/ou artisanale.

      Les fossés de l'enclos contenaient peu de matériel, datable toutefois de l'époque pré-augustéenne ou du tout début du règne d'Auguste. Le fossé 2111 (daté par son mobilier de la 1ère moitié du Ier s. de n.è.) forme un curIèux décrochement au niveau de l'enclos. Ce dernierest recoupé par le fossé 2100, de très grande extension, strictement parallèle à 2111 et daté par son mobilier de la seconde moitié du 1er s.

      La relation stratigraphique entre le bâtiment et le fossé 1117 n'a pu être établIè. S. Perrin écrit que le fossé "longe" le bâtiment, ce qui implique au moins une contemporanéité des structures (elle précise toutefois que le peu de mobilier "ne permet pas d'associer avec certitude le fossé au bâtiment"). Mais les relevés de terrain donnent davantage l'"impression" que le mur 100 repose sur le comblement du fossé. La construction serait donc postérIèure à l'aménagement du fossé, ce qui permet d'envisager la préexistence d'un réseau parcellaire dense et régulier (le fossé 1117 est strictement parallèle aux fossés 2100 et 2111), qui aurait entraîné la fixation de l'habitat. La trame quadrillée a été mise en évidence également au nord-ouest du site (le secteur décapé n'a pu toutefois être fouillé).

      Il est intéressant de noter que les orientations de l'enclos, de l'habitat maçonné et des fossés 2100 et 2111 sont identiques à celles relevées au Haut-Soulage : 100°-105° à l'est par rapport au nord géographique, et qu'un fossé du parcellaire moderne se développe parallèlement à 2100 et 2111, dans le cadre de la bande (5m) qu'ils délimitent : on peut y voir le fait d'une limite forte, qui a perduré à travers les siècles.

 

      Les Angoues (ou les Bausses), com. de Fontaine-Milon ( fig. 12) présentent un réseau dense de fossés (dans la partie haute du versant) et des structures d'habitat - fosses, trous de poteau - au pied de la colline (évaluation ; HASCOET 1995).

      Un décapage extensif d'environ 900m2 a été réalisé au nord de la D 61 (secteur 1) et 5 sondages supplémentaires ont été ouverts au sud de la D 61 (secteur 2). Les sondages traversent les sables verts (qui ont une épaisseur minimale de 2m au bas de la colline) et atteignent les marnes grises du Cénomanien supérieur.

      L'évaluation a apporté peu d'éléments nouveaux par rapport aux données de la prospection : les vestiges, conservés sur une faible profondeur, sont disséminés. Par ailleurs, le mobilier est très peu abondant. Il témoignerait d'une occupation gallo-romaine dans le secteur 1 (mobilier des fosses). Les fossés ne sont pas datables. On ne note pas d'orientation discordante par rapport au parcellaire environnant.

      Par contre, sur la mission IGN de 1987 (réalisée pour la DDE), on observe un réseau parcellaire fossile, orienté NO-SE, en discordance avec le réseau moderne ( fig. 13).

     

 

      Aux Chevriaux (la Sicardière, com. de Saint-Georges-du-Bois), un site gallo-romain occupait le flanc d'une petite butte marneuse, cernée de prairies inondables (fouille ; PETORIN 1996). Les fossés qui les traversent ont un évident rôle de drainage et alimentent le ruisseau du Chêne Vert. En haut du versant, le substrat a été atteint sous 30cm de décapage, tandis qu'en bas de pente, il ne l'a été que sous 70 -80cm (colluvionnement, alluvions du ruisseau, mais aussi remblais apportés au cours de l'une des phases d'occupation du site).

 

      Les vestiges mis au jour aux Chevriaux ( fig. 14 et fig. 15) attestent une très forte occupation du sol durant les quatre premiers siècles de n.è. Malgré quelques éléments rattachables à la fin de la Tène Finale (quelques pièces de mobilier céramique, une fibule et un potin gaulois), mais trouvés lors du décapage, l'histoire du site ne remonte pas au-delà de la fin du 1er s. av.n.è. (début de la période augustéenne). Il est possible par contre d'envisager que le site gaulois ait été implanté non loin de là, et qu'il ait initié le noyau d'habitat et son environnement agraire (ibidem).

      Il n'y a pas de niveaux de sols conservés : "la faible densité des structures et leur arasement très prononcé rendent assez floues et hypothétiques les restitutions proposées, tant dans le cadre spatial que chronologique" (ibidem).

      La première phase d'occupation du site est caractérisée par des structures en creux, qui n'apparaissent que dans la phase ultime du décapage, quand il atteint le substrat marneux. Elles sont datées de la première moitié du 1er s. de n.è. (même si certaines présentent des affinités Tène Finale). La seconde phase voit un remodelage du site par l'apport de remblais sablo-limoneux (sur les zones basses), avec un matériel céramique homogène, daté de la seconde moitié du Ier s., voire du début du second, constituant ainsi un terminus post quem qui scelle l'occupation précoce. La troisIème (du IIè au début IIIè s.) correspond à l'occupation sur remblai (différents édifices en dur, avec des types de fondations variés), qui perdure jusqu'au IVè s.  

      Les structures en creux de la phase précoce sont situées dans la zone basse, inondée chaque hiver, ce qui permet d'émettre des hypothèses : soit les conditions climatiques de la 1ère moitié du 1er s. de n.è. étaient plus clémentes, soit il s'agissait d'un établissement saisonnier, soit encore d'un secteur d'activité artisanale particuliere (ibidem).

*La zone haute était occupée par un enclos (4706), orienté ESE-ONO, dont la fonction n'a pu être déterminée (sanctuaire?).

Les fossés, conservés sur 0,70-1m de profondeur, ont un profil en V émoussé et une ouverture de 1,20-2m. A la base du comblement, une couche d'argile sableuse, verdâtre, stérile, indique qu'ils ont fonctionné comme fossés ouverts. Vient ensuite un comblement hétérogène, avec du mobilier céramique indiquant la présence d'un habitat Au tout début de n.è., ils ont été rebouchés avec une couche de marne tassée, épaisse de 20 à 30cm, sans pour autant que soit effacée la marque au sol de l'emplacement de l'enclos (au IIe s., une construction maçonnée reprend de façon quasi parfaite l'emprise de l'enclos). N. Pétorin (ibidem) voit là la marque d'une "continuité, avouée ou non, de la fonction religieuse de l'enclos".

Les fossés de l'enclos ont livré le mobilier céramique le plus ancien du site : du dernierquart du Ier s.av.n.è.      

*Un autre enclos (6007) est situé plus au sud, presque en vis-à-vis, et rigoureusement parallèle au premier. Il a probablement fonctionné en même temps que l'autre. Sa fonction de drainage est toutefois beaucoup plus évidente (si l'on en juge par le profil et la profondeur conservée). Le comblement indique un curage sur une portion.

*L'espace entre les deux enclos (20-25m) est interprété comme une aire de circulation. Dans ce même espace, on observe des restes d'habitations (2 ou 3 cabanes avec un puits pour chacune), dont les niveaux de sol ont disparu, ce qui rend leur attribution chronologique délicate. Il semble toutefois que ces habitations correspondent, avec les enclos, à la première étape de l'occupation précoce (période augustéenne ou augusto-tibérienne).

     

      Puis le groupe d'habitations cède la place à des fossés (6061, 6006, 6007, 6025), éventuels témoins d'une mise (ou remise) en valeur du secteur (second quart du 1er s.). La seconde moitié du 1er s. voit une nouvelle réorganisation du site : le noyau d'habitation semble s'être éloigné, et notre secteur devient l'extrême périphérie des zones d'activité.     

     

      A la toute fin du 1er s., on procède à un réaménagement de la zone : on nivelle et remblaIè les zones basses par l'apport de matériaux provenant sans doute de l'habitat déplacé. Le terrain assaini est prêt à recevoir diverses constructions, de type "léger" d'abord, puis de grands bâtiments en dur, dont seules les fondations subsistent. Aucun niveau de sol n'en a été conservé in situ  et comme il n'y a aucun recoupement entre les diverses structures, on ne dispose d'aucune relation stratigraphique. L'examen du mobilier céramique permet de proposer comme fourchette les IIè, IIIè et IVè s. Au VIè s. une partie des matériaux sont récupérés.

     

      L'intérêt majeur du site réside, d'après nous, dans le maintien, sur quatre siècles d'occupation, non seulement d'une même orientation (induite par des contraintes micro-topographiques?) mais des limites mêmes des unités d'habitation, et ce en dépit du réaménagement de la zone par nivellement et remblaiement. La fonction religieuse de l'enclos (et donc des structures annnexes) a été invoquée (ibidem) pour justifIèr une telle pérennité. L'hypothèse est à retenir.

 

          Pour résumer, les sites gallo-romains mis au jour sur le tracé de l'A 85 présentent une bonne harmonie avec la trame géométrique. On peut aller plus loin, et raisonner en termes de relation directe, dans la mesure où les fouilles du Haut-Soulage ont mis en évidence une filiation réelle entre des éléments structurants de la campagne antique et des éléments actuels : l'ouvrage de terre gallo-romain - du moins ce qui en a été dégagé -  est presque entièrement pérennisé sous forme de limites parcellaires modernes. Toutefois cet ouvrage, pour des raisons qui n'ont pu être mises en évidence (contraintes de quel ordre?), est en légère discordance avec la trame.

        On peut considérer que les fossés des Hayes Guérin offrent également une relation directe, même s'il n'y a pas superposition absolue des structures fossoyées : il est évident que la limite d'entre les parcelles 249 et 251 (cadastre napoléonien) est une pérennisation du fossé 2100 (ou 2111 : cf supra), et que le découpage actuel du secteur des Hayes Guérin est un héritage "global" du découpage antique.

 

        L'occupation du haut Moyen-Age : une continuité par rapport au modèle antique?

 

        Dans ce secteur, les sites du Haut Moyen-Age sont au nombre de quatre: les Cinq Chemins (com. de Bauné) auquel il faut associer celui du Haut-Soulage, Cornillé-les-Caves, Senneçay (com. de Mazé) et Les Billières (com. de St-Georges-du-Bois).         Dans chacun des cas, le voisinage immédiat d'une occupation gallo-romaine laisse entrevoir la possibilité d'une étude sur la permanence de l'habitat. Or, qu'il s'agisse des sites gallo-romains ou de ceux du Haut Moyen-Age, les vestiges mis au jour au cours des fouilles ne permettent pas, de par leur caractère éminemment tronqué - aussi bien spatialement que stratigraphiquement -, de tenter ce type d'approche, sans risque d'extrapolation abusive.

        En 1983, E. Zadora-Rio pensait pouvoir formuler cette hypothèse, que "les sites gallo-romains semblent avoir subsisté au cours du haut-Moyen-Age jusqu'à une date qui reste à préciser et qui semble correspondre à une réorganisation importante du peuplement rural" (ZADORA-RIO 1983). Au terme de la prospection effectuée sur la commune de Blou en 1987, les résultats permettaient de confirmer l'hypothèse de continuité entre l'époque gallo-romaine et le haut Moyen-Age : "l'occupation se poursuit soit sur les sites gallo-romains eux-mêmes, soit à proximité immédiate" (ZADORA-RIO 1987, 57 sq.). Il semblerait par ailleurs que le haut Moyen-Age connaisse un éclatement de l'habitat en unités plus restreintes et plus dispersées, phénomène souvent traduit, de façon erronée, par une baisse de la population (ibidem).

        Dans le cadre de notre étude, nous avons jugé prématuré d'analyser, à partir des données fournIès par les fouilles de l'A 85, la dynamique des sites à travers les âges : en raison des imprécisions très grandes qui demeurent au niveau de la datation de nombreux sites, et du caractère tronqué (spatialement et stratigraphiquement) de la plupart d'entre eux, nous avons dû nous limiter à observer le comportement parcellaire et celui de l'habitat par rapport au cadre préexistant, supposé antique.

 

      Le site des Cinq Chemins ( fig. 6) s'est installé au pied du versant ouest de la vallée des ruisseaux de la Fontaine et des Fontaines, orientée NE-SO (fouille ; VALAIS 1995). Le site gaulois et gallo-romain du Haut-Soulage n'est qu'à 200m plus à l'ouest, sur le même versant.   

      Les structures archéologiques sont apparues à des profondeurs variant en fonction des secteurs : au pied de la pente, le décapage a pu enlever jusqu'à 1,20m de colluvions (la densité des structures y est faible). En dehors de ce secteur, les structures sont apparues sous 50cm (terre végétale et niveaux perturbés par les labours).

      Le site, hormis le secteur méridional (silos), est mal conservé : les diverses structures n'excèdent pas 40cm de profondeur. Aucun niveau de sol n'a été repéré.

      L'habitat s'étend sur plus de 150m et est délimité à l'est par une zone de tourbière. On est en présence d'une zone d'habitat (trous de poteaux, fosses, fossés), occupée du VIIIè au XIIe siècle. Les habitants s'occupaient d'élevage (2 structures sur poteaux abritaient des ovins et des bovins), produisaient aussi de la chaux, comme l'atteste le four à chaux. L'habitation se présente sous la forme d'un bâtiment à 2 nefs, associé à des silos. Le site aurait périclité à la fin du IXe siècle, pour connaître un renouveau au XIe. Il est définitivement abandonné au XIIe siècle.

      Les fossés ont une fonction évidente de drainage (ils dirigent les eaux vers la zone de tourbière). L'insuffisance des sondages effectués dans leur comblement ne permet pas d'en établir le phasage (2 tessons seulement).

      L'absence de structures (les fosses 1119 et 1120 datent des XI-XIIe siècles) entre les fossés 1450/1465 et 1444 permet d'envisager ici la présence d'un chemin bordé de fossés, large de 3,50m.

      Notons que le fossé 1444, l'axe structurant du site, de part et d'autre duquel se sont mises en place les unités d'habitation, a été en fonction jusqu'à une époque toute récente (il a été rebouché il y a 10 ans). Il s'agit là d'une limite tout à fait remarquable par sa pérennité.

 

      Le Haut-Soulage ( fig. 6) a été réoccupé au Haut Moyen-Age (MARE 1995), comme en témoignent diverses structures mises au jour à l'intérieur de l'enclos gallo-romain : fosses (d'extraction de sable?), bâtiment à fond excavé et aménagement en pierre (issu de la récupération du bâtiment 2), orienté parallèlement au fossé est de l'enclos. E. Mare, en procédant à la restitution des talus sur les faces nord et est de l'enclos 3, a constaté que l'édifice médiéval respecte par son emplacement une distance équivalant à la largeur du talus. Il en déduit que le talus existait encore au haut Moyen-Age.

      L' occupation du haut Moyen-Age au Haut-Soulage, réutilisant un ouvrage de terre antérieur en sommet de versant, est liée probablement à celle des Cinq Chemins (cf supra), en zone basse (faut-il y voir une zone artisanale spécifique?).

 

      Le site des "Narrières", com. de Lué-en-Baugeois ( fig. 7) est caractérisé par un ensemble de fossés, fosses, "anomalies fossoyées circulaires" et neuf empierrements (fouille ; PITHON 1995).

      L'un de ces empierrements (2001) est le vestige d'une voie, avec traces d'ornIères, et large, dans la partie la mieux préservée, de 3,60m à 4,40m. Elle n'est conservée que sur 26m environ (avec interruption) et décrit une courbe. On peut considérer qu'au-delà de la courbe, vers l'est, elle prend une direction Est-Ouest. Consituée de blocs de grès (sur une épaisseur ou deux), elle présente ponctuellement des renforcements (zones déprimées). Les niveaux d'aménagement de la voie n'ont livré aucun mobilier. Il en est de même des fossés bordiers (2037 et 2039). Par contre le niveau scellé par la voie 2001 a livré du mobilier gallo-romain (Haut-Empire).

      L'empierrement 2002, orienté NE-SO, suivi sur près de 17m (avec 2 interruptions), a livré du mobilier céramique des VIIIe-IXe s. L'empierrement 2036, orienté NE-SO et suivi sur 12m, est constitué de blocs et cailloux de grés.

      Malgré l'absence d'indices de "fréquentation", et leur proximité, il s'agit sans doute de voies, qui n'ont pas forcément fonctionné en même temps.

      Mentionnons également le fossé 2066, orienté NNO-SSE (comme la vallée sèche dans laquelle est situé le site), d'une largeur conservée de 4m (largeur initiale proche des 6m?), suivi sur une vingtaine de mètres: il semble être l'élément le plus ancien du site (il passe sous les empierrements 2OO2 et 2036). Les coupes du fossé n'ont pu être relevées pour des raisons de sécurité. Il a été observé toutefois que les premiers niveaux de comblement du fossé, sablo-argileux, révélaient une sédimentation liée à la circulation d'eau. Des creusements ont été interprétés comme curages du fossé. La fonction drainante du site ne fait pas de doute (zone déprimée, aux sols hydromorphes).

      Les fossés 2046-2011-2032 et 2044-2045 semblent former un ensemble parcellaire cohérent, postérIèur aux empierrements. L'absence de mobilier (excepté un tesson du haut Moyen-Age) ne permet pas de proposer une datation pour ces creusements.

      Une éventuelle occupation gallo-romaine est peut-être envisageable, malgré la faible densité du mobilier (lors de l'évaluation, deux fosses avaient livré du mobilier de la Tène finale ou du début de l'époque romaine).

      Mais l'essentiel du mobilier est médiéval : du VIIIe (voire avant) au XIIe s. Il est toutefois difficile de dater les structures mises au jour, qu'il s'agisse de la voie, des empierrements ou des fossés, et donc de se faire une idée de l'organisation du site à une époque précise. On pourra tout au plus retenir l'hypothèse que le fossé d'assainissement 2066 est l'aménagement le plus ancien. Il a pu être comblé avant les XIe-XIIe s., à la suite de quoi on aménage une voie. Le fossé 2011, qui recoupe la voie, pourrait dater des XI-XIIe s. Les structures fossoyées autres que linéaires ne sont pas assimilables à des vestiges d'habitat.

 

      Le site de Cornillé-les-Caves, « la Touche » (fouille ; PITHON 1995), à 500m à l'est du site précédent des NarrIères ( fig. 7), a été interprété comme un site d'extraction de grès et de marne, associé à un réseau parcellaire, le tout daté des VIIIe-IXe-Xe siècles. Le substrat consiste en sables (dits de Bousse), traversés par des veines de sable grésifié en dalles peu indurées, reposant sur les marnes. La plupart des structures archéologiques sont apparues sous 20-30cm de terre végétale et sont creusées dans le substrat sableux. Elles consistent en fossés (16), "anomalies fossoyées circulaires" (6), fosses (29), et deux structures excavées, dont l'une avec mur, le tout ayant livré peu de mobilier (20 tessons "actifs" susceptibles d'être datés) mais homogène, couvrant les VIIIe-Xe s.

      La structure excavée (3120), aux parois verticales creusées dans le sable, mesure 8 x3,20-4m et atteint près d'un mètre de profondeur. La paroi nord est doublée d'un muret, dégagé sur 3,44m de long et conservé sur 44cm de hauteur. Il est composé de moellons de grès issus du substrat. La paroi est a dû être doublée d'un muret semblable. On a retrouvé dans le remblaiement de la structure des blocs de tuffeau, qui semblent provenir d'une autre construction. Il en est de même des fragments de tuile trouvés dans la dernière couche de remblaiement de la structure, avec du mobilier céramique datable (5 tessons) des IX-Xe s. Ces quelques tessons constituent les seuls éléments de datation disponibles (ibidem).

      Le creusement 3014, profond de 20cm, couvre une surface à peu près carrée d'environ 20m2. Les côtés sont orientés NS et EO. La couche qui comble le creusement (3052) a livré du mobilier céramique. Les creusements 3107 et 3108, situés chacun à un angle, pourraient être des négatifs de poteau et les creusements linéaires 3109, 3110 et 3111 des négatifs de sablIères basses. Le creusement pourrait correspondre à un fond de cabane. Le degré d'arasement de la structure ne permet toutefois pas d'apporter d'autres précisions.

      Le creusement 3062 est un ovale de 11x7,60m. Il entaille non seulement les sables mais aussi les marnes : s'agit-il d'une fosse d'extraction des marnes? Nous pouvons toutefois objecter que la pratique d'amender les sols par marnage n'a jamais été attestée dans les textes du Moyen-Age : "Aussi incroyable que cela puisse paraître, ni la chaux, ni la marne que les populations avaient souvent à portée de la main, ne furent utilisées" (LE MENE ibidem, 291). Le niveau supérieur du comblement renferme du mobilier céramique d'époque carolingienne. Les fossés (3099 et 3087) apparus en coupe sur l'une des parois seulement de la fosse pourraient se jeter dans cette fosse qui serait donc être une mare.

      Les 2 structures quadrangulaires sont intégrées dans un réseau de limites parcellaires orientées strictement NS et EO. Aucun des fossés n'est conservé sur plus d'une vingtaine de cm. Le mobilier céramique, rare (dans 3 fossés uniquement : 3003, 3065 et 3069) est datable des IX-Xe s. La contemporanéité de celles-ci avec l'ensemble des structures (structures excavées et fosses) n'est pas démontrée (absence d'indices), mais le fait qu'il n'y ait aucun recoupement de structures et le caractère organisé de l'ensemble permettent de supposer une coexistence d'ensemble.

      Pour l'interprétation du site, si l'auteur de la fouille penche pour un site d'extraction de grès et de marne (ibidem), nous sommes plutôt enclins à y voir un habitat constitué de fonds de cabane, aux parois excavées tapissées de moellons de grès (l'arasement a supprimé beaucoup d'informations), les fosses servant à l'extraction des matériaux de construction. D'ailleurs il est bien précisé que la taille réduite de ces fosses indique "sans doute une exploitation peu intensive, répondant à un besoin local et ponctuel". Ce système de construction ne semble pas rare pour cette période du haut Moyen-Age. Le site de Distré, au sud de Saumur, en fournit un excellent exemple (fouilles en cours).

 

      Le site de Senneçay (fouilles ; VALAIS 1995) correspond à un carrefour de chemins associé à du parcellaire, d'époque mérovingienne et carolingienne ( fig. 16). On se trouve entre 2 collines (37,7m et 40m NGF). Le point le plus bas est à la cote 35m.

      Les structures sont apparues dans l'horizon argileux, totalement imperméable, qui recouvre le substrat marneux. Compte tenu de ce contexte, les conditions de décapage ont été très difficiles, de même que la lecture des structures, aussi bien en plan qu'en profil (comblement initial et encaissant très difficilement discernables). À celà s'est ajouté un arasement extrême du site (la plupart des fossés ne sont conservés que sur 30cm), ce qui induit une pénurie des relations stratigraphiques et d'observations sur le mode de remplissage de ces structures fossoyées. Celles-ci sont concentrées dans la moitié est de la surface décapée.

      En fonction de l'orientation, Alain Valais a pu distinguer 2 grands ensembles : l'un constitué de fossés organisés en un système orthonormé, l'autre caractérisé par des orientations diverses.

      Les éléments constitutifs du réseau orthonormé sont orientés NS et EO. Leur fonction est drainante, puisqu'ils dirigent les eaux vers l'ouest (zone la plus basse), où se trouve une zone de captage (fossé-rû, encore présent sur le cadastre napoléonien). Ce fossé-rû est partie constituante d'un linéament assez développé, servant plus au nord de limite de commune entre Fontaine-Milon et St-Georges-du-Bois.

      La voie 817 est orientée NS (348°). Elle a été repérée sur environ 30m, au-delà desquels elle semble avoir subi un arasement total (zone moins décaissée). Par sa structure interne (cf profil), elle ressemble plutôt à un chemin creux, ce qui est apparemment en contradiction avec la nature du substrat et laisse douter de son caractère praticable. Une bifurcation de la voie vers l'ouest est matérialisée par un espace large de 3m bordé de fossés.

      Après l'occupation du Haut Moyen-Age, aucune trace d'occupation n'est décelable jusqu'à l'époque moderne. Tout porte à croire qu'il y a eu déplacement de l'habitat sur la butte de Senneçay (ou Sénecé) : le lieu-dit est mentionné dès le XIe s. comme seigneurie (PORT 1876, 520). Hameau au XIXe s., il se développait à la limite des communes de Mazé et de St-Georges-du-Bois. Il faut attendre l'époque moderne pour assister à de nouveaux aménagements liés à l'assainissement du secteur. On crée un réseau orthogonal, reprenant strictement l'orientation du réseau précédent (liée certes à sa fonction première de drainage).

 

      A La Sicardière (com. de St-Georges-du-Bois), une occupation du haut Moyen-Age est attestée aux Chevriaux comme aux Billières, faisant suite à l'occupation antique. Le nombre des structures mises au jour est toutefois réduit et ne permet pas de faire des considérations poussées sur l'organisation de l'espace à cette époque (fouilles ; PETORIN 1996).

      Aux VI-VIIe s., sur le site des Chevriaux ( fig. 14 et fig. 15), on réutilise deux des murs d'un bâtiment de l'époque romaine (bâtiment A), présentant donc encore une certaine élévation ; pour les 2 autres murs, on procède au creusement de "trous de calage" à l'emplacement des anciennes fondations. Toutefois, "en l'absence de tout niveau de sol préservé, il est impossible de déterminer l'extension, l'architecture et la répartition de l'habitat médiéval par rapport à celui de l'époque gallo-romaine" (ibidem). L'absence d'autres structures d'habitation peut être expliquée par la non-conservation de structures légères, par la réoccupation pure et simple de bâtiments encore en élévation, ou par un déplacement de l'habitat vers le sommet de la butte.

      On notera sur le plan d'ensemble des structures (ibidem, fig. 15), la présence d'éléments parcellaires, parallèles non pas aux enclos de la période précoce, mais au bâtiment A du secteur 4 ou à d'autres aménagements du secteur 6. Un grand fossé descend de la butte et après un coude de 90° traverse d'ouest en est (ONO-ESE) l'espace central. Plus à l'est des éléments plus ou moins sinueux semblent rejoindre le grand fossé.

 

      Plus à l'ouest, les Billières ( fig. 14) ont livré un réseau parcellaire, orthogonal et en parfaite harmonie (pour l'essentiel) avec le réseau actuel (ONO-ESE /ENE-OSO). Si des structures d'habitat n'ont pas été décelées, la présence de puits et la concentration de mobilier peuvent éventuellement indiquer des aires d'habitat. Les fossés ont présenté, dans les secteurs sondés, des traces de curage et surcreusement.

      Deux fossés (2008 et 2004) orientés ONO-ESE semblent délimiter un chemin, qui se dirige vers les Chevriaux. Le tout forme un ensemble orthonormé, en parfait accord avec les grands axes du site gallo-romain et médiéval des Chevriaux.

     

 

2. Le réseau viaire antique

 

        Malgré l'abondance des voies romaines dans la littérature régionale, tant du XIXe que du XXe s., la réalité de celles-ci sur le terrain demeure bien ténue.

        Les sondages effectués sur le tracé de l'A 85 n'ont mis au jour qu'un tronçon de voie, assurément romaine, à St-Georges-du-Bois, au lieu-dit "Les Varennes" (PITHON 1995) : il s'agit d'une voie orientée sud-est/nord-ouest, coupant donc en diagonale la trame quadrillée du secteur, mais en concordance, semble-t-il, avec l'orientation de la trame de l'interfluve voisin Couasnon-Lathan (cf infra), large d'environ 5m, avec deux fossés bordiers. Le fossé nord (large de 2m) a été fouillé : son comblement contenait du mobilier céramique de la seconde moitié du II s. ap. J.C. Desservant peut-être le site gallo-romain des Chevriaux, à la Sicardière, sur cette même commune, elle est en discordance par son orientation avec celle de l'ensemble des structures du site. A noter que son tracé ne correspond à aucun des itinéraires proposés par les érudits du XIXe s. : Godard-Faultrier affirme que "dans ledit champ de la Pièce du Moulin, on rencontre ... quelques vestiges d'une ancienne voie allant de l'ouest à l'est. Elle conduit au lieu-dit la Sicardière, jonché de briques à crocettes, où l'on voyait, il n'y a pas encore longtemps, les restes d'une chapelle sous le patronage de Saint-Georges.." (GODARD-FAULTRIER 1860, 211). C. Port parlera de la voie en ces termes : "cette voie bien connue, d'Angers au Vieil-Baugé, pénétrait sur la commune (Saint-Georges-du-Bois) au Gruteau, passait par la petite Sicardière, en droite ligne, jusqu'au Gué-de-Méné" (PORT 1878, 374).

        La voie dite "des marais", traditionnellement assimilée à la Via Andegavensis  reliant Angers à Tours, n'est conservée aujourd'hui que sur le territoire des communes de Longué et Vivy, là-même où elle occupe une position de "hauteur" (basse terrasse des Monteaux, com. de Longué-Jumelles et Vivy). Cette voie, remarquable par sa linéarité, a été attribuée aux Romains dès le début du XIXe s. : Bodin (1812), qui déclare "avoir fait fouiller la terre en trente ou quarante endroits" la fait passer par St Barthélémy, Andard, Corné, Mazé, St-Pierre-du-Lac, Le Vieux Vivy. Au-delà de Vivy, son tracé serait repris par la Départementale 10. Des tronçons de cette voie auraient été vus en plusieurs lieux-dits de la commune de Longué. C. Port dit avoir vu, au Gué d'Anjan, "au point où la voie du Grand-Buzé et de St-Pierre-du-lac...franchissait l'Authion, vers St-Maur et St-Rémy..", une "arche de construction romaine, qui y a existé en partie jusqu'à ces dernier temps" (PORT 1876, 319-320), et au Pont de Claganne (com. de Beaufort-en-Vallée) des restes identiques, enjambant le ruisseau du Racinay (id. 1874, 714). Il affirme par ailleurs que la voie était "parfaitement conservée encore il y a quelques années du Bois-Long à La Croix Patée", et qu'on l'appelait au XVIIIe s. "la Chaussée-Veillard" (ibidem, 172).

        C'est Bodin (ibidem, 58) qui donne de cette voie la description la plus détaillée (c'est d'ailleurs la description la plus ancienne) :

"Cette voie ne se montre à la surface que vers les  métairies de la Butte et de la Touche Bruneau. Ailleurs elle est couverte de terre et de sable, déposés par les inondations successives de la Loire et de l'Authion, et il faut creuser à vingt, trente ou quarante cm pour la trouver. Dans le marais et dans les prairies, on peut suivre sa trace en été, en remarquant que l'herbe mûrit plus tôt qu'ailleurs sur la ligne qu'elle parcourt. Dans les marais et les communaux qui avoisinent Beaufort, il (le chemin) est pavé en pierres non taillées, qu'on a prises, ainsi que l'indique la nature de la pierre, sur le coteau de Brion, qui en est éloigné de 4 à 5km. Ce pavé est posé sur une couche de gravier mêlé en quelques endroits avec de l'argile, ce qui lui donne beaucoup de solidité. La chaussée pavée a un peu moins de 4m de largeur dans ces marais, et s'élève en quelques endroits, de 50 à 60cm au-dessus du sol. C'est je crois cette partie de la voie romaine que Ménage nomme une ancienne levée ruinée.

      A l'autre extrémité, c'est-à-dire du côté du gué d'Arcis, entre la Chênaie et Fourcelles, la voie a 6m de largeur, elle n'est point pavée, mais elle est composée de deux couches de cailloutage, la première, de 25 à 30cm d'épaisseur, est posée soit sur la terre soit sur un sable fin qui, en divers endroits, forme le fond du sol. Sur cette première couche, on trouve un corroi de 5 à 6 cm d'épaisseur, composé de terre glaise. Il est recouvert d'une seconde couche de cailloutage, à peu près de l'épaisseur de la première."

        E. Cornilleau (1874) propose, à la suite donc de Ménage, de voir dans cet aménagement la première turcie et en fait une création du Haut Moyen-Age. Mais aucun élément ne vient étayer une telle hypothèse. Des sondages seraient bienvenus, par exemple au niveau des Monteaux, pour authentifier les créateurs de la voie. Les sondages serrés réalisés sur l'emprise de l'autoroute A 85 à l'est du carrefour de La Ronde (com. de Vivy), à un endroit où la voie aurait due être systématiquement recoupée, se sont révélés négatifs. Par contre une planche-contact (422) de la mission IGN 1987 (40 4036, cliché n° 422) livre un tronçon de la voie, entre La Ronde et Les Hautes Rivières (com. deVivy).

        Quoiqu'il en soit, son tracé, commandé apparemment par le cours de l'Authion (du moins pour la portion conservée), a généré au voisinage immédiat (cf infra) un parcellaire quadrillé, assez proche par son orientation du vaste réseau géométrique (de l'interfluve concerné, à savoir entre le Lathan et l'Automne). Quant à son origine, deux hypothèses peuvent être formulées :

- la voie est une création antique (romaine voire gauloise) : elle a induit  l'organisation parcellaire sur une profondeur limitée, se limitant à être l'un des éléments organisateurs du découpage ;

- la voie est une création ultérieure. Le découpage initial des terres s'est élaboré à partir d'un axe naturel, la Loire (avec l'Authion).

       

 

3. Les réseaux viaires développés autour des villages

 

        L'examen des sites villageois et de leur parcellaire conduit à d'intéressantes observations. On peut dire que dans ce secteur, non seulement les villages n'ont pas généré de formes parcellaires spécifiques (dans le sens de terroir radio-concentrique), mais encore que la trame quadrillée a dû être suffisamment contraignante pour faire obstacle à la création médiévale d'un réseau étoilé de chemins. Fait exception le village de Fontaine-Milon, où l'on constate la présence d'un réseau étoilé. Mais c'est la zone-même où une absence de trame quadrillée avait été observée (cf supra). Il en est de même à Mazé : mais ici les trames parcellaires restent étroitement solidaires du réseau quadrillé, et l'étoile des chemins est plus surimposée à cette trame quadrillée que génératrice de parcellaires propres.

 

 

4. Les unités morphologiques localisées

 

        L'analyse des formes montre l'évidence de formes originales en discordance avec les trames quadrillées, et qui se comportent comme des "enkystements" avec un développement local. Il semble que la plupart de ces faits peuvent être rapportés à des faits d'époque médiévale ou moderne, à l'exception des formes organiques dictées par les reliefs et les cours d'eau, visibles ou disparus.

 

        *Forme circulaire de la Rainière, com. de Corzé ( fig. 17, n° 1)

        Il s'agit là vraisemblablement d'un terroir de déboisement ou de défrichement : les toponymes sont révélateurs : "la Conquête", "la Lande", "la Bruyère", "les Forges". À "la Girardière" (cf indice 1), on y aurait vu les "traces d'une petite nécropole à incinération ou à inhumation", datée des IVe-Ve s. et du début de l'époque mérovingienne (PROVOST 1988, 134). Tout près d'ici, un peu plus au nord, à "la Pidoucière" (indice 2) se trouve un très beau dolmen de type angevin (PORT 1874, N.E., 813).

 

          *Rochebouet, com. de Chaumont d'Anjou ( fig. 18, n° 6)

        Une anomalie circulaire sur le cadastre napoléonien ("la Ronde") est peut-être le témoin d'une motte féodale, comme le laisserait volontiers entendre d'ailleurs le toponyme de "roche". On imagine mal que cette parcelle ronde puisse être le fait d'aménagements modernes liés au parc (en dépit de l'allée rectiligne qui la relie au château). Les parcelles trapues qui l'entourent évoquent des terres prises sur la forêt (le secteur est actuellement boisé). Si le château actuel est une construction du XVIIe s., le site remonte au début de la féodalité : un acte de 1080-1081 (2e Cartulaire de St-Serge, 52) mentionne la "terra de Rocha" comme ancien Fief et seigneurie appartenant à Jean de Jalesnes et relevant de Durtal par l'intermédiaire de Mathefelon (PORT 1878, E.R. 1989, 460).

 

        *Ensemble d'Ambréau, com. de Chaumont d'Anjou ( fig. 18, 3)

        C'est un ensemble dont les limites orientales se confondent avec celles de Vaux. Le terroir radio-concentrique, centré sur l'ancien habitat d'Ambréau, "le Brayau" sur la carte de Cassini, hameau au XIXe s. (PORT 1874, 17), est probablement le résultat d'une mise en valeur par défrichement.

        On a ici un bon exemple de ce qu'est susceptible d'apporter en plus le document cadastral ancien par rapport au document photographique : l'unité morphologique n'est pas décelable sur ce dernier, par ailleurs le toponyme d'Ambréau a disparu de la carte IGN au 1/25 000e.

 

          *Ensemble de Vaux, com. de Chaumont d'Anjou ( fig. 18, n° 4)

        L' ensemble est lié au château de Vaux : une grande forme plus ou moins circulaire, dans laquelle on peut voir la marque du terroir de défrichement ou la réserve seigneuriale liée au château. Un acte de 1300 mentionne Vaux comme ancien Fief et seigneurie (PORT 1878, 674). Le château actuel (construit en 1823) succède à une maison-forte, entourée de douves. Les douves ont été conservées, ainsi qu'une porte d'entrée (XVe s.) avec une partie de l'enceinte, et une chapelle (datée également du XVe s.). Le plan cadastral napoléonien révèle la réalisation d'importants travaux hydrauliques : en amont du château, se trouvait en effet le moulin (détruit), précédé en amont d'une réserve d'eau ("le Marais"), alimentée par les étangs situés au nord-est. Des canaux dirigeaient l'eau vers le moulin, puis, plus en aval, vers les douves du château.

 

      *Ensembles de Châtillon et de La Perraudière, com. de Lué-en-baugeois ( fig. 19, n° 10 et 6)

      Un terroir médiéval radio-concentrique se dessine autour de l'ancienne ferme de Châtillon, traversé par la limite d'entre les communes de Chaumont d'Anjou et de Lué-en-Baugeois. Or c'est près de cette ferme, dans le bois du Châtelet, sur un point culminant, qu'a été remarqué "un ancien retranchement rectangulaire, long de 100m, large de 50, connu comme "le camp des Romains" ou "le camp des Anglais" (DESMAZIÈRES 1911). Il est possible qu'il s'agisse d'un site médiéval.

       Acollé à ce terroir circulaire, le domaine du château de la Perraudière. On ne dispose pas d'éléments sur son histoire 

 

        *Anomalie du Petit Rusé, com. de Bauné ( fig. 18, n° 5)

        On observe dans le dessins parcellaire un petit bloc quadrangulaire, qui s'insère dans l'angle formé par le ruisseau des Fontaines (rectification du cours?). Il est en totale discordance avec la trame géométrique antique. Il doit s'agir d'une mise en valeur isolée (défrichement en lisière du Bois de Neuvième, assainissement par fossés drainants).

 

        *Parcellaire du moulin de Bauné, com. de Cornillé-les-Caves ( fig. 18, n° 7)

        Il s'agit d'un parcellaire induit par le relief très accusé du versant ouest de la vallée du ruisseau de Bauné. Les courbes de niveau font converger les limites parcellaires au moulin de Bauné.

 

        *Forme ronde de Cornillé ( fig. 18, n° 8)

        La butte de Cornillé est entourée de chemins qui soulignent la forme circulaire naturelle. Ce qui n'empêche pas cette éminence naturelle et le noyau villageois d'être organisés selon le découpage quadrillé qui commande tout le secteur.

 

        *Parcellaire de Fontaine-Milon ( fig. 19, n° 9)

        L'essentiel du parcellaire de la commune de Fontaine-Milon est induit par la butte de Fontaine-Milon, étirée selon un axe NE-SO, et entièrement boisée. Il échappe ainsi totalement à la logique du découpage quadrillé. La limite de commune entre Fontaine-Milon et Cornillé-les-Caves ne fait que mieux souligner cette rupture d'organisation.

 

        *Le château de Montgeoffroy, com. de Mazé ( fig. 20, n° 11)

        Le château actuel date du XVIIe siècle, mais conserve des parties XVIe (PORT 1876). Son histoire commence au Moyen-Age (XII-XIIIe s?).

        Contrairement aux domaines aristocratiques des communes voisines, qui occupent des zones périphériques, souvent en limite de commune (zones de bois, de landes, non soumises à la culture), celui de Montgeoffroy offre la particularité d'être situé à proximité immédiate du village de Mazé. Village et château sont situés sur la marge du secteur aux qualités pédo-agrologiques les plus attrayantes, que les habitants appelent les Bas-Pays, à l'endroit de la confluence du Tarry avec l'Authion : ici, au niveau de la plaine inondable, une saillIè des marnes à huîtres sous le sable éolisé est à l'origine d'une culture maraîchère intensive qui fait la réputation  de Mazé (GRAS ibidem, 211 sq.).

        La reconquête paysanne des terres seigneuriales s'est effectuée dans tout le sud de la commune (terres de la Vallée cultivée et des Bas-Pays très convoitées) et a laissé quasiment intactes les terres du nord (les Hauts-Pays, peu attractifs par leurs aptitudes pédo-agricoles (ibidem). "Oriotière, Minotière, Barrièrerie, Grande Singerie constituent toutjous avec la ferme du château les bases solides d'une grosses propriété terrienne de type ancestral" (ibidem, 232).

       

        *Ensemble de La Minotière, com. de Mazé ( fig. 20, n°10)

        L'ensemble de La MinotIère, centré sur le moulin du même nom, est à rattacher au domaine seigneurial de Montgeoffroy, auquel il faut ajouter les fermes de la SingerIè et de la BarrIèrerIè (cf supra). Les importants travaux hydrauliques effectués pour le fonctionnement du moulin sont témoins de la puissance seigneuriale locale.

        Au milieu du XXe s., cette ferme constituait encore une exploitation importante, avec ses 42 ha. Elle n'en restait pas moins profondément marquée par les traditions (prés clos de très vastes dimensions). Sur les 42 ha dont elle disposait en 1961, elle ne réservait que 3 ha aux céréales et près de 15 ha aux prés de fauche (le reste consacré à diverses cultures fourragères : ibidem).

 

        *Ensemble de Lavau, com. de St-Georges-du-Bois et Gée ( fig. 21, n°18, fig. 22 et fig. 23) 

          L'ensemble de Lavau apparaît sur notre cartographie comme le premier d'une succession de grands domaines aristocratiques, entre le Gué du Tarry et la Filière. Ils sont les témoins des grands espaces boisés jalousement défendus par les seigneurs locaux. Certains de ces domaines semblent remonter au Moyen-Age classique : sous les aménagements géométriques de l'époque moderne, on trouve, plus ou moins bien conservée, la trace des terroirs de défrichement, caractérisés par leur système parcellaire radio-concentrique.

        A Lavau-Festu, le terroir d'origine est décelable par quelques traces parcellaires curvilignes, fossiles ou encore actives au XIXe siècle (cadastre napoléonien). Le domaine s'étend le long du Couasnon. On observe un système complexe de canaux et réserves d'eau, liés peut-être à l'alimentation de viviers. À la fin du Moyen-Âge, le domaine de Lavau-Festu comprenait 123 hectares de bois, "répartis en 6 pièces, la plus grande ayant 35 hectares" (LE MENE ibidem, 117).

        Au XVIIe s., le domaine d'Origné (com. de Fontaine-Guérin), ancienne seigneurie, "estraige du dit-lieu avec les douves et le courtil" (PORT 1878 : E 553) située sur la rive gauche du Couasnon, est réunie au domaine de Lavau-Fétu.

        Dans la partie méridionale du domaine, des formes parcellaires curvilignes (au toponyme révélateur : "les Courbes") cernent un habitat connu à l'époque médiévale comme Jusson (com. de Gée). C. Port décrit l'habitat comme une closerie (1876) et mentionne son origine ancienne : les Archives de l'Abbaye de Chalocé (com. de Chaumont d'Anjou) font état de Jucon en 1255 (T. II). Au XVIe siècle, il appartient au domaine de l'Abbaye Toussaint d'Angers, dans son Fief de Montansais. Un brouillard des terres de Jusson (XVIIIe s.) est conservé aux Arch. Dép. de Maine-et-Loire (H 1270: Brouillards et débris informes des plans de la terre et des Fiefs du Petit et du Grand Jusson, 1753-1785 ; cf aussi H.1268 : Description de la terre et des Fiefs du Petit et du Grand Jusson). Il définit mieux le terroir radio-concentrique développé autour de Jusson ( fig. 23).

 

 

 

2 - Du Couasnon au Lathan

 

 

1. Données naturelles

 

        Dans ce secteur, le tracé de l'A 85 traverse la zone de contact entre le plateau baugeois (restes de la pénéplaine tertiaire) et la plaine alluviale.      

        On ne rencontre le Cénomanien moyen que sur le versant NO de la vallée de la Filière, près de Brion. Il s'agit de sables moyens très riches en glauconie leur donnant une couleur vert turquoise caractéristique. Leur puissance varie entre 10 et 30m.

 

2. L'analyse des formes

 

1. Le réseau quadrillé de Brion

 

        Le coude que fait la Loire au niveau de St-Mathurin a des répercussions sur le tracé parallèle de l'Authion. Le réseau viaire et parcellaire de l'interfluve Couasnon-Lathan, articulé sur le système hydrographique Loire-Authion, présente donc une orientation différente, NNO-SSE. Nous l'avons appelé par commodité "réseau quadrillé de Brion" et matérialisé sur notre cartographie par la couleur rouge ( fig. 3 et fig. 24). On observe qu'il y a interférence (limitée) du réseau vert dans la partie occidentale de l'interfluve au sud du village de Fontaine-Guérin, ou encore au sud-ouest de la commune de Beaufort-en-Vallée : le Couasnon formait donc une limite modulable, permettant une articulation souple des systèmes quadrillés juxtaposés dans l'espace (voir fig. 25).

        La trame quadrillée qui organise cet interfluve présente les mêmes caractéristiques que celle dite de Cornillé-les-Caves : des linéaments orthonormés assez denses, qui sous-tendent de façon évidente le paysage. Mais elle est plus limitée dans son extension vers le nord. La couverture forestiere (Bois des Brûlis, com. de Fontaine-Guérin ; Bois des Hayes, com. de Brion et Longué-Jumelles) en est peut-être la cause. Il semble par ailleurs que la voie reliant Jumelles à Baugé (D 938), création moderne, ait entraîné une réorganisation assez importante du parcellaire.

        Nous noterons également la fréquence moindre de linéaments développés sur de longues distances, formant des axes remarquables, susceptibles de correspondre aux lignes directrices de la trame. On les trouve essentiellement dans la partie orientale de l'interfluve : voie de La Rue Basse à Longué en direction de Mouliherne (D 79, correspondant à l'ancien "grand chemin de Longué à Mouliherne"), chemin reliant la Grande Gravelle (Longué) au Vieil Etiau (centre initial de l'important Fief d'Etiau)...

        Mais un simple regard porté sur la cartographie des formes paysagères rend explicite le caractère oblitéré de la trame quadrillée : on observe un chapelet de domaines aristocratiques - Princé, La Blinière, Monet, La Mottaye, Chavigné, Les Hayes, Etiau - dont l'origine remonte pour certains au Moyen-Age, comme en témoignent les terroirs radioconcentriques discernables sous les aménagements géométriques de l'époque moderne.

       

        La datation de la trame orthonormée nous est fournie par des relations tant directes qu'indirectes, mises en évidence par les opérations de terrain effectuées sur le tracé de l'A 85.

 

      Un enclos de la Tène finale ( fig. 25) a été repéré au Coudray (com. de Fontaine-Guérin). Il n'a pas donné lieu à une fouille, la presque totalité de sa surface se trouvant hors emprise (BELLANGER 1995).

      Le site se trouve sur le versant gauche de la vallée du Couasnon (fig. 37 et 38). Le substrat (marnes à ostracées) est recouvert d'une couche argilo-sableuse de 50cm d'épaisseur, scellée par les sables éoliens (1m vers le fond de la vallée). C'est dans cette couche argilo-sableuse que sont apparus les fossés de l'enclos. La zone basse n'a pu être fouillée, en raison des remontées d'eau. 

      Le fossé 1001 de l'enclos longe la limite sud de l'emprise sur environ 85m. Orienté NO-SE, il conserve une profondeur de 0,60m et un profil en U évasé. Sa largeur maximale est de 2,20m. Trois phases ont été observées dans son comblement (avec, pour les deux dernières, du mobilier céramique de la Tène finale). Le retour 1016 n'a pas été sondé.

      Le fossé 1012, parallèle au retour 1016, est orienté NE-SO. D'une largeur maximale de 1,16m, il a un profil en U à fond plat. Il est conservé sur une profondeur de 0,35m. Son remplissage argilo-sableux brun contient du mobilier de la Tène finale.

      Un autre fossé 1006, à l'orientation semblable à celle des deux fossés précédents, d'une largeur moindre (0,70m), au profil en U évasé, conservé seulement sur 0,15m (il disparaît d'ailleurs vers le sud totalement), et au remplissage argilo-sableux, est daté par son mobilier de la Tène finale ou de l'époque gallo-romaine (ibidem).

      Le complexe 1003/1004, qui recoupe le fossé de l'enclos, pourrait correspondre à un chemin avec ses fossés bordiers.

      En fonction du très abondant mobilier céramique, l'ensemble - enclos et fossés avoisinants - est daté de la Tène finale. La fosse-silo 1005 a livré du mobilier gallo-romain. Elle atteste une continuité de l'occupation à l'époque romaine.

      Les traces décrites sont proches de l’orientation du réseau de Beaugois 20 °E, dont elles forment le prolongement à l’est du Couasnon.

      Un survol à basse altitude (effectué par F. Mercier en automne 1995) a révélé un ensemble intéressant de traces fossiles : un enclos subquadrangulaire au sud du tracé, un angle d'enclos au nord du tracé et un réseau dense de limites parcellaires orthonormées.

 

      Environ 2 km plus à l'est, au Gravot (com. de Fontaine-Guérin), des structures fossoyées linéaires ont été interprétées comme des fossés de parcellaire gallo-romains (évaluation ; BELLANGER 1995).

      Le site se trouve au pied du flanc droit de la vallée du Bréné ( fig. 26). Les structures sont apparues à 1m de profondeur sous le niveau actuel, creusées dans l'argile verte (qui recouvre le substrat) et scellées par un épais manteau de sables éoliens.

      On observe une structure fossoyée formant angle droit (1002/1004). L'une des branches, conservée sur 0,24 m, au fond quasiment plat et aux parois verticales, est  strictement orientée NS. Son remplissage argilo-sableux a livré du mobilier gallo-romain. Son retour 1004, qui prend une largeur maximale de 2,40 m, est conservé sur 46 cm. Il a un profil en U très évasé. Son comblement contient du mobilier gallo-romain.

      ll se greffe sur un fossé légèrement curviligne (1001), orienté NO-SE, large de 1,40m, au profil en auge, et dont le comblement argilo-sableux contient du mobilier gallo-romain du IIe s. A.D.

      Un décapage plus étendu aurait permis de mieux interpréter ce complexe fossoyé. Des contraintes techniques (remontées d'eau importantes) se sont opposées à une telle opération. La vision très tronquée qu'on a du site ne permet pas d'autres appréciations.

 

      Le site des Autés (com. de Beaufort-en-Vallée), sur le versant sud de la vallée du Bréné, atteste une occupation gallo-romaine caractérisée par des fosses et des fossés "de parcellaire" ( fig. 27 et fig. 28). Le substrat marneux est recouvert d'un épais manteau de sables éoliens.

      Les structures dégagées par les sondages de l'évaluation (BELLANGER 1995) n'ont pu être toutes fouillées en raison des fortes pluies de l'été 1994. Ainsi le fossé 1006, orienté NE-SO, daté de l'époque gallo-romaine par la présence de tegulae dans son comblement (prospection) n'a pu être sondé.

      Le fossé 1020 (prolongé par 1032?), orienté NO-SE, présente un profil évasé en U (conservé sur 0,16m de profondeur). La présence de mobilier gallo-romain dans son comblement n'en fait pas une création antique, pour la raison que le fossé correspond à  une limite active au XIXe s. (ibidem).

      Les autres fossés, quand ils ont du mobilier, sont datés de l'époque médiévale ou moderne.   

                                         

     A La Croix Boizard (com. de Brion), les fouilles (BARBIER 1995) ont mis au jour une occupation gallo-romaine matérialisée par des structures fossoyées linéaires, associées à du mobilier céramique gallo-romain ( fig. 29). Formant un réseau assez orthonormé, elles sont orientées 62°-70° E (et perpendiculairement). Par leur orientation, elles s'intègrent donc dans la trame quadrillée.

      Cette occupation, comme celle des époques néolithique et médiévale, est mineure (le centre du site est plus loin...), l'occupation majeure étant celle de la Tène ancienne (fosses associées à un mobilier céramique important).

      Les fossés 26 et 55 ont livré un mobilier exclusivement romain. Les fossés 27, 53 et 51 ont livré du mobilier romain et médiéval. S. Barbier émet l'hypothèse d'une pérennité du parcellaire mis en place à l'époque romaine (ibidem). Il faut toutefois avoir en vue l'éventualité d'un matériel gallo-romain résiduel dans un fossé médiéval. Il a été supposé que ces fossés de parcellaire sont à mettre en liaison avec le site gallo-romain de Fontaine-Bigot, situé 300m plus à l'est (voir infra).

 

      La fouille du site de Fontaine-Bigot, com. de Brion et Longué-Jumelles ( fig. 30) a mis au jour un secteur d'habitat rural gallo-romain dans son environnement agraire (GUILLIER 1995).

      La problématique essentielle est celle de "l'installation d'un site dans un milieu aujourd'hui humide" (ibidem). Le site occupe en effet en partie un fond de vallée, drainé par le ruisseau de la Filière (orienté NE-SO). Le reste du site se développe sur le versant. Tout au long du ruisseau s'étendent des prairies.

      Les structures archéologiques sont apparues, sous 40cm de décapage (contenant un important mobilier gallo-romain : donc le site était en cours de destruction), dans les sables éoliens qui recouvrent les sables verts très argileux du substrat.

      Les données de terrain ont permis de cerner la dynamique du site :

*la première phase d'occupation du site (période augustéenne) correspond à des travaux d'assainissement d'un milieu marécageux, par l'intermédiaire de deux grands fossés 101/215 et 214, creusés dans le substrat et orientés 60° Est. Le premier est actuellement recoupé par le ruisseau de la Filière, ce qui indique une déviation de celui-ci vers l'ouest par rapport à son cours de l'époque romaine. Le temps a manqué pour suivre le fossé vers l'est et retrouver sa jonction avec le lit ancien de la Filière.

*A la phase suivante, on observe une sédimentation des 2 fossés. Leur comblement indique un dépôt naturel en milieu humide, et donc une fonction de drainage. Le mobilier contenu date du premier tiers du Ier s. de n.è. Ce comblement a induit à nouveau un milieu humide, accompagné d'une sédimentation (naturelle) de la zone (cf fraction limoneuse des sables éoliens). Cette sédimentation a été suivie d'une seconde, dont l'origine n'est pas forcément anthropique (dans le sens d'un remblaiement délibéré de la zone basse), malgré la présence d'un mobilier céramique (de la fin d'Auguste au début de Claude) et osseux important et d'inclusions diverses (cendres, charbons de bois, petis fragments de tuile...). G. Guillier envisage la possibilité d'un habitat situé dans l'immédiate proximité (ibidem).

*Au cours de la phase 3, on constate une nouvelle sédimentation, mais cette fois-ci hors de tout contexte humide et sur l'ensemble du site. Les éléments les plus tardifs du mobilier céramique contenu dans ces sables datent de la seconde moitié du Ier s. Là encore, manquent des éléments pour déterminer la nature de ce remblai : naturel ou anthropique?

*A la seconde moitié du IIe s. (phase 4), un bâtiment est implanté dans la partie basse du versant nord du ruisseau. Il suit le tracé du fossé augustéen 215 (orientation 59° Est). C'est sur ce bâtiment que sera axé la fouille.

* La phase suivante est caractérisée par des aménagements liés au bâti et par le comblement final du fossé 101/215.

*La phase 6 concerne l'abandon et la destruction de l'habitat (au cours du IVe s.?).

      Un fossé situé au nord-ouest du site (201), au profil en U très ouvert, large de 0,80-1,20m, conservé sur 0,20-0,35m de profondeur, a livré un abondant mobilier céramique du IIe s. Son orientation est de 58° Est. Elle correspond donc à celle des deux fossés augustéens et du bâtiment. Or le fossé 202 - d'époque contemporaine (le fond plat, large de 40cm indique un creusement mécanique) - recoupe le fossé 201, en en reprenant presque le tracé. Nous avons là une relation directe entre une structure antique (201) et une composante (202) du paysage actuel.

 

      

2. Les réseaux étoilés des villages

 

        On observe des réseaux étoilés autour de Fontaine-Guérin, Beaufort-en-Vallée, ou Brion. Mais l'influence radiale du système viaire médiéval n'a pas eu de répercussions, ici encore, au niveau du parcellaire.

        Le caractère vaguement radio-concentrique du parcellaire organisant le sud de la butte de Beaufort-en-Vallée est plus lié à la topographiequ'à la conception de terroir médiéval. Il peut d'ailleurs paraître surprenant que le bourg de Beaufort-en-Vallée, malgré son importance à l'époque médiévale, n'ait pas marqué le paysage par l'empreinte de son terroir. Il l'a si peu marqué, que l'on observe, à proximité immédiate du bourg, des restes non perturbés de la trame géométrique antique (au nord de St-Pierre-du-Lac). L'explication est à rechercher dans les contraintes du milieu naturel : la butte sur laquelle se sont installés la forteresse et le bourg était jusqu'à récemment encerclée par les marais (cf cartographie de l'analyse morphologique).       

 

 

3. Unités morphologiques locales

 

        Parmi ces unités morphologiques locales, de grands domaines aristocratiques ponctuent régulierement l'espace, essentiellement entre le Couasnon et le ruisseau de la Filière. Cette présence de grands domaines aristocratiques, liée à la pérennité des zones boisées, est spécifique de cet interfluve (conditions pédologiques et agrologiques  particulieres?).

        D'ouest en est, on observe :

 

        *Petit bloc parcellaire de Fontaine-Guérin ( fig. 3, n°20)

        Un bloc quadrangulaire a été aménagé sur le versant ouest de la butte de Fontaine-Guérin. Bordé à l'ouest par le lit du Couasnon, il correspond sans doute à une phase de mise en valeur d'une partie du terroir villageois. 

 

        *Ensemble du Grand Princé, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 3, n° 21, fig. 26)

        Situé en bordure du ruisseau de Bréné, par lequel il alimente ses douves maçonnées, le Grand Princé est mentionné comme "ancien Fief et seigneurie avec maison noble" (PORT 1876, 190). La première mention remonte au XIVe s. :

"Le mercredi soir après la Pentecôte 1306 Guillaume de Princé et sa femme Amyote seigneurs du lieu et des paroissiens de Beaufort, vendent à Charles d'Anjou le quart du péage de Beaufort provenant de la succession du père dudit Guillaume" (ibidem).

        Le bâtiment aujourd'hui visible date du XVIIe s. Transformé en exploitation agricole au XXe s., il menaçait ruine, avant son rachat en 1975.

        Au hameau du Petit-Princé, il existait une chapelle ancienne (ibidem).

        A noter que l'ensemble du Grand Princé se développe à l'ouest de la voie reliant Beaufort à Baugé (D 60), voie dite romaine. Le Petit Princé se trouve le long même de la voie.

 

        *Défrichements au sud du ruisseau de Bréné, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 3, n° 22)

        La zone se développant au sud du ruisseau du Bréné présente un découpage anarchique, en parcelles plus ou moins parallèles au Bréné. Ce découpage semble issu de défrichements, probablement post-médiévaux, si l'on considère que le terroir radio-concentrique développé autour de l'habitat seigneurial de la Blinière semble oblitéré au nord par ce réseau de défrichements. La présence au XVIIIe s., sur ces terres, de métairies (la Grande et la Petite Fosse, l'Ailleraye, tenant du domaine seigneurial sus-mentionné (PORT 1874, 363) parle en faveur de tels programmes de "défrichements", qui consistent vraisemblablement en une mise en valeur par la transformation des landes ou terres incultes en terres arables (un couvert boisé est mentionné sur la carte de Cassini, au nord du château de la Blinière).

 

      Aux Autés, com. de Beaufort-en-Vallée (fig.41 et 42), les sondages effectués dans cette zone sur l'emprise de l'A 85 ont décelé, outre une occupation gallo-romaine (cf supra), un "aménagement rural d'époque médiévale" (évaluation ; BELLANGER 1995).

      La plupart des fossés mis au jour ne sont pas datés. Certains ont livré du mobilier médiéval/moderne. Les fossés 1002, 1003, la fosse 1004 et le puits M1 ont été abandonnés à une époque récente. Peut-être sont-ils à rattacher à l'habitat de la Basse-Fosse (ibidem). S'il est difficile d'y voir un "aménagement rural d'époque médiévale", on peut toutefois envisager un aménagement lié à la mise en valeur des terres du château de la Blinière, dont dépendait toute cette zone, à savoir les métairies de la Grande - et de la Petite Fosse, de l'Ailleraye, les closeries de La Basse-Fosse, de La Tessellerie, la ferme du Moulin-Neuf, en 1790 (PORT ibidem).

      Par ailleurs, trois sépultures en coffre d'ardoise.ont été mises au jour sur le site. Elles ont été fortement endommagées par les labours. Elles sont datées du XIe s. (ibidem). Nous attirons toutefois l'attention sur le fait que ce type de sépultures est encore mal daté : utilisé avant le haut Moyen-Age (Bas-Empire), il l'a été aussi durant le Moyen-Age classique (PRIGENT, HUNOT 1996, 34).

 

        *Site médiéval de La Blinière, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 3, n° 25 et 26)

        Le château actuel date du XVIIe s. :

"L'habitation comprenait en 1790 sept corps de bâtiments dans une cour enclose de murs avec jardin entouré de douves et fossés et avenue conduisant au grand chemin. Une plantation de léards faisait comme une seconde enceinte. En dépendaient le Fief des Palis, dont relevait partie de la ville de Beaufort, les  métairies de la Grande- et Petite Fosse, de l'Ailleraye, de La HuzellIère, de La Grange-Guéret, du Motis, du Perray, les closeries de La Basse-Fosse, de La Tessellerie, de L'Ormeau-Cornu, de L'Evêquerie, la ferme du Moulin-Neuf, le petit domaine de La Motte-Chartier. La terre relevait d'Avrillé près Beaufort"(PORT 1874, 363).

        Au XIXe s., le château initial existait encore : il formait les servitudes. Les combles étaient supposées dater du XVe s. Un pont-levis était précédé de deux tourelles du XVIe s. Quant à la chapelle, qui servait alors de bûcher, ses vôutes à arêtes vives en faisaient un édifice du XIIIe s. (ibidem). On est donc ici en présence d'un édifice castral dont l'ancienneté remonte au moins au XIIIe s., si l'on se réfère aux appréciations de C. Port. Une si grande ancienneté n'entre pas en contradiction avec le terroir qui apparaît sur la carte des formes paysagères, en dépit des systèmes locaux de défrichement, au nord, et des transformations modernes (XVIIIe s.?) liées à l'aménagement du parc du château.

 

        *Le domaine de Monet, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 3, n° 24)

        Il s'agit d'une ancienne villa qui a fait partie jusqu'au VIIIe s. du domaine royal (PORT 1876, 693). Confiné dans l'appendice oriental de la commune de Beaufort, il représente une vaste clairière à la lisière sud du Bois des Brûlis (développé essentiellement sur la commune de Fontaine-Guérin).

        Pépin Le bref a fait don de la Villa (Villa Multonacus) à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, donation confirmée en 769 par Charlemagne (Cart. St-Aubin, f°3). Aux XIIe-XIIIe s., l'abbaye ne possédait plus à Monet qu'un moulin (sur le ruisseau de Bréné) : Molendinus de Monnat, 1178, Mot Net 1200 (PORT ibidem). Le moulin aurait disparu au XIVe s. et d'après C. Port, la terre serait restée longtemps perdue au milieu de la forêt.

        On peut certes mettre en doute l'identification de l'ancienne villa carolingienne dans le lieu-dit actuel de Monet. Mais plusieurs éléments concordent pour voir dans ce secteur l'emplacement réel de la villa : la présence alentour de la forêt et la proximité d'un cours d'eau (le Bréné) qui alimentait le moulin. "La ferme d'Abas" représente peut-être, sur le plan de la toponymieet de l'architecture, une unité d'habitation intéressante.

        Le logis seigneurial est relativement récent : édifié au XVIe s., il a été remplacé au XVIIIe s. par un corps de logis à 2 pavillons (ibidem).

 

        *Le site médiéval de La Mottaye, com. de Brion ( fig. 3 n° 27 ; fig. 31 n°27)

        Le lieu-dit est mentionné dès le XIIe s. (1189) : "Medietaria horti et nemus de Motaia" (MENAGE 1683, 356). L'acte auquel il est fait référence concerne la donation du domaine par Pierre de Brion à l'abbaye du Perray-Neuf (PORT 1876, 749).

        Des vestiges supprimés au cours du XIXe s. (douve dite du "Fort l'Evêque", pan de mur, fuie carrée) pourraient correspondre à un état ancien de l'édifice castral. Au XVe s., il s'agit déjà d'un manoir "déformé par un assemblage de bâtiments confus". Au XIXe s., le manoir et les bâtiments accolés ont été remplacés par une "construction sans caractère". Le domaine formait alors "un ensemble de 200 hectares, taillis, futaies, prairies, avec magnifiques bordures de peupliers", auxquels s'ajoutent les Bois Migons, exploités en carrière de sable au XIXe s. (ibidem).

         

     Un habitat médiéval a été mis en évidence à Beluet 1 (com. de Brion), sur l'emprise de l'A85 (évaluation ; THOORIS 1995). Le site se trouve au sud du domaine de la Mottaye, dans une zone actuellement boisée. Outre une occupation ancienne (La Tène finale ou augustéenne), on y a observé une occupation du Haut-Moyen-Age (VI-VIIe s.) : une fosse (apparue sous la terre végétale, et creusée dans les sables éoliens et le substrat marneux) est associée à du mobilier mérovingien. Le site de Beluet 2 , 350m plus à l'est, est daté des IXe-Xe s.

      Quant à l'occupation du Moyen Age classique (XII-XIIIe s.), elle n'a été décelée qu'en limite du tracé : le site a dû se développer hors emprise, dans une zone actuellement boisée. La structure mise au jour est une mare : s'agit-il d'un vivier? L'absence de toute trace d' aménagement ne permet pas d'aller plus loin dans les hypothèses (ibidem).

      On pourra toutefois mentionner l'existence, au sud du site, de La Poissonnière (com. de Beaufort et Brion), "ancien Fief et seigneurie s'étendant sur Beaufort et Brion, et relevant de Baugé avec hotel noble. La terre, consistant en maison du fermier, granges, écuries, 50 arpents de terres, chênes de haute futaie, rentes féodales, etc... était à vendre en 1774. Acquise par la famille de Launay de La Mottaye, elle fut vendue nationalement le 22 frim. an V" (PORT 1874). Le circuit d'alimentation de la mare, si vivier il y a eu, a pu se faire à partir des installations effectuées à La Mottaye pour alimenter les douves. La relation des deux domaines fut effective (cf contrat de vente), puisque le cadastre napoléonien indique une "allée de La Possonnière" reliant le château à la Poissonnière.

 

        *Parcellaire de Gaigné, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 31, n° 28, en magenta))

        Au sud de la limite communale avec Brion, un bloc parcellaire quadrillé, commandé semble-t-il par le chemin du Petit Versailles à Longué, pourrait correspondre à un défrichement de terres dans le Fief de Gaigné. Il apparaît sur la carte IGN comme une clairière cernée par les bois de La Blinière et de la Mottaye. Le lieu-dit a peut-être quelque rapport avec l'opération de défrichement. Le Fief de Gaigné (PORT 1876) est mentionné au XVe s. dans des déclarations de l'abbaye de la Boissière à la seigneurie d'Avrillé (A.D. de M. et L., H 1390).

 

          *Parcellaire de défrichement du Liseron, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 31 n°28, en vert)

        Il s'agit d'une unité restreinte de défrichement (initiative individuelle, plus récente?). Le module carré des parcelles gagnées sur la forêt est différent du parcellaire de Gaigné et permet d'y voir une autre main.

 

      *Ensemble de Chavigné, com. de Brion ( fig. 31, n° 31)

        On observe autour du château de Chavigné une forme circulaire non générée par le relief : est-elle en rapport avec l'histoire médiévale du site? Nous avons peu de données sur le site, sinon qu'en 1500, on parlait de la seigneurie de Chavigné, avec droit de basse justice. L'un des états du château date de 1670, il n'en reste plus que la chapelle. L'édifice du XVIIe s. fut détruit en 1805 et reconstruit dans le style fin XVIIIe s. C'est à cette époque que le domaine se voit agrandi des fermes des Moineries, de la Duranderie, des Bellangeries, de la Thibaudière, de l'Hermitage, de la Scévolière, des Boisselières, du Bois-Rivière et du Bois-Michaud (PORT 1874, 535). Une consultation des Archives du château serait nécessaire.

        Le Petit Chavigné (ferme au XIXe s.) était un petit Fief relevant d'Avrillé. Toujours est-il qu'on décèle autour de l'habitat supposé médiéval un terroir radio-concentrique qui reprend dans sa toile quelques linéaments dont l'orientation est celle de la trame quadrillée ancienne.

        A moins qu'il ne s'agisse du terroir correspondant à l'ancien Fief et seigneurie de Grésigné. Grésigné (com. de Brion) est mentionné dès le XIe s. dans le cartulaire de St-Serge (PORT 1876,299). Un acte de 1500 parle de "la terre et seigneurie de Grésigné" (ibidem). En 1522, un règlement est passé entre les religieux et le seigneur d'Avrillé pour la féodalité de Grésigné (A.D. de M. et L., H 1391).

       

        Signalons la présence, au nord de ce terroir médiéval, d'une "maison-forte" située sur l'emprise de l'A 85, et dont les sondages n'ont relevé aucune trace. Le site nous avait été suggéré par la présence d'une anomalie parcellaire très prégnante sur le cadastre du XIXe s., au lieu-dit la Nucière, dans une zone boisée actuellement boisée ( fig. 32). Cette anomalie consistait en un espace carré (planté de vignes au XIXe s.), au pourtour cerné d'une bande étroite (prairies), susceptible de correspondre à d'anciennes douves. Les planches contact au 1:4000e de la mission IGN 1989 (FR 40/4036) révèlent sur tout ce secteur remembré des traces fossiles étonnamment larges et sombres.

 

        *Parcellaire des Marillères, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 2, n°13 )

        Nous regroupons sous cette appellation plusieurs systèmes, de nature et d'époque différentes.

        Cette zone développée à l'est du Gué d'Anjan, là-même où jadis convergeait le Couasnon dans l'Authion, entourée au nord, à l'ouest et au sud de prés inondables aménagés en polders, a été occupée dès l'époque antique : culminant à 30m NGF, elle constituait une éminence favorable à l'habitat, toute proche des riches terres de la vallée cultivée. En somme une situation trsè semblable à celle du village de Mazé, en bordure des Bas-Pays qui, nous dit J. Gras, font la fierté de la commune. Mais le sable, "trop épais et trop pauvre en éléments fins" n'y permet qu'une petite culture isolée parmi les prés clos (GRAS ibidem, 211).

        La topographie, nettement mise en évidence sur la carte de Cassini, a induit un parcellaire curviforme enlaçant le bas du versant. Sur le versant sud de la butte, à une altitude de 23m NGF, se blottit le petit village de Saint-Pierre-du-Lac, important centre de peuplement avant l'attraction exercée par la forteresse comtale, sur la butte de Beaufort. Anciennement nommé Bussé ou Bessé (toponyme que l'on retrouve sous la forme du Grand- et du Petit-Buzé" ("villages" sur l'Authion, au sud de St-Pierre), l'établissement est mentionné dès le Xe s. : "vivarium Bussiacum" (989), "Piscaria Bessei" (989). Suite à la donation en 989, par le comte Foulques, d'un petit lac (ou vivier), des moines de Marmoutier s'établirent à Bussé (PORT 1878, 440-442). Ils devaient y ériger ultérieurement une église dédiée à St-Pierre : "ecclesia de Bessiaco cum capella Belei Fortis in cadem parochia" - 1131 -, dont les derniers restes ("piliers carrés intercalés de rangs de briques à crochet et de moëllons alternés") ont été supprimés en 1860. En 1145, la présentation est attribuée aux chanoines de l'abbaye de Toussaint. Après la création du bourg autour du château comtal, sur l'éminence calcaire, le prieuré de Bessé, devenu Saint-Pierre-du-Lac, restera centre paroissial pendant plusieurs siècles. Mais l'agglomération périclite : "L'église, perdue au milieu des marais, était devenue inaccessible, même l'été. Une petite levée, un pont sur le Couasnon ... avaient été à demi-emportés par les eaux" (ibidem).

        Après le petit Age Glaciaire, la forêt semble omniprésente dans le secteur, si l'on en croit C. Port : les défrichements entrepris à la fin du XVIIIe s. furent suivis d'un regain de population : entre 1788 et 1790 on passe de 400 à 800 habitants (ibidem). La couverture boisée n'apparaît toutefois pas sur la carte de Cassini.

        C'est vers Saint-Pierre-du-Lac que la Via Andegavensis, à sa sortie des marais, est supposée s'être dirigée. Après avoir quitté la basse terrasse, elle se serait appuyée sur cette longue lentille de terre qui aboutit à l'agglomération du Canada (GRAS, ibidem).

        Nombreux sont les vestiges antiques à St Pierre. Sous l'ancien cimetière, on aurait trouvé les restes d'une vaste construction, à "sept ou huit chambres". Ailleurs, des vestiges de construction, marbre, colonnnes, attestent la présence d'une villa gallo-romaine. (PORT, ibidem).

       

        *Parcellaire d'Avrillé, com. de Beaufort-en-Vallée ( fig. 3, fig. 20, n° 15 et 16)

        Avrillé est un "ancien Fief, qui tombe en commande aux mains des séculiers à la fin du XVIe s., prenant alors le titre de baronnie. Les terres en dépendant s'étendaient sur les paroisses de Beaufort-en-Vallée, St Pierre-du-Lac et Les Rosiers. Aujourd'hui, simple terre réunie à la terre de Chavigné" (PORT 1874, 177-178).

        Un prieuré conventuel s'y trouvait, relevant de l'abbaye Toussaint (mentionné dans un acte de Chalocé dès 1231 : ibidem).

        La maison, "qui était bel et notable" au XVe s. a été remplacée par une construction nouvelle, "et les bois circonvoisins mis en labour. Dans les jardins en dépendant, mis au XVIIe s. en culture, se trouvait la chapelle seigneuriale de Notre-Dame aujourd'hui enclavée dans les bâtiments mêmes de la ferme".

        Le parcellaire ( fig. 20, n° 14) mis en évidence sur notre cartographie pourrait éventuellement correspondre à cette mise en culture "des bois circonvoisins" à l'époque moderne.

        Mais on remarquera qu'Avrillé se trouve à 500m au nord de St-Pierre-du-Lac, et que la zone qui apparaît si géométriquement ordonnée autour de l'habitat s'intègre tout à fait dans la trame ancienne ( fig. 20, n° 15). Le découpage est plus vraisemblablement un héritage (certes transformé, global) de l'époque antique. Par contre tout le secteur s'étendant au sud des Marillères présente un découpage "par front", qui pourrait correspondre au défrichement des anciens bois (au XVIIe s.?).

 

        *Les polders de Beaufort-en-Vallée ( fig. 31, n° 34)

        Ils se développent au nord (les Petits Marais) et au sud (rive droite de l'Authion) de la butte sur laquelle est fixé le bourg. Les premiers correspondent à une zone dépressive coincée entre l'ancien cours du Couasnon et le Bréné. Nous parlerons des seconds un peu plus longuement.

        Ils drainent les grands prés inondables de la dépression d'Authion, créant un quadrillage de bocage, large de plus d'un km. Ils correspondent en partie à l'emplacement de l'ancienne forêt de Beaufort. Au XVIIIe s., le secteur, outre quelques lambeaux de forêt épargnés sur les rives de l'Authion, était recouvert de landes ("les vagues"), limitant les marais à la zone en contrebas de la butte de Beaufort.

        Cette zone hydromorphe correspond à cette traînée humide dont parle Gras (ibidem, 101) qui se prolonge à droite de l'Authion actuel jusqu'à l'extrémité de la commune de Beaufort, coupée en son axe par une "montille" (Le Canada) qui s'allonge parallèlement à l'Authion. L'examen du cadastre napoléonien .est éloquent : les seules habitations dans cette zone sont situées sur cette barrette.

        La carte de Cassini présente un état de la forêt de Beaufort en cette fin de XVIIIe, de part et d'autre de l'Authion, jusqu'à la confluence avec le Lathan. Une carte du début du XIXe s., "de l'ancienne forêt de Beaufort, des vagues qui en ont été distraites et des terrains qui y sont enclavés" (A.D.M. et L., 1 Fi 482) atteste l'exactitude de la représentation du couvert forestier sur la carte de Cassini : les terres nouvellement acquises sur la forêt correspondent précisément à ce couvert forestier. Le défrichement de ce dernier secteur forestier a dû faire suite à celui entrepris dans les dernières décennies du XVIIIe s. autour de St-Pierre-du-Lac, au nord du cours (ancien) du Couasnon.

        D'après C. Port (1874, 240 sq.), l'essentiel de la forêt de Beaufort aurait été défriché entre 1320 et 1350, se trouvant réduite aux deux rives de l'Authion, sur une largeur d'une demi-lieue. La surface initiale aurait été de 3600 arpents si l'on en croit un acte de donation daté de 1148.

        Il n'y a pas si longtemps encore, en dehors du Canada, où apparaissaient quelques cultures, c'était le domaine du bocage, aux mailles anarchiques. Il faut attendre le milieu du XXe s. pour observer quelques progrès : maïs-semence et chanvre, sans que cela affecte toutefois la propriété, la plupart du temps indivisée, et l'habitat, limité à quelques fermes : "près clos de saules têtards et peupleraies y disputent l'espace aux cultures" (GRAS, ibidem).

         

        *Terroir médiéval de La Couaille ( fig. 31, n° 33 ; fig. 30)

        Sur la carte de Cassini, l'habitat de La Couaille est indiqué comme une ferme. C. Port (1878) fait état des documents (baux) qui mentionnent le site :

-la première mention date de 1300 ; il y est question de  métairie: "qua(m)dam" medieterra(m) que vulgat...(compléter) la quoaille sit in territorio de brion in parochia de jumellis cum domibus, terris vineis pratis pasturis et omnibus ahis" (H 1622, A.D. de la Sarthe). L'acte est une charte signée de l'archiprêtre de Bourgueil, stipulant que deux frères, André et Nicolas, ont reçu des religieuses de l'abbaye de Bonlieu (Sarthe), à titre de baillée à vie et à moitié fruits, la  métairie de La Couaille. Il en est fait une description sommaire. (ce document comme les suivants ont fait l'objet d'une étude : SCHMIDT in DAUDIN, SCHMIDT 1995).

-la mention de 1389 (H 1622) fait état de gaignerie : elle est baillée aux époux Dohin :"c'est assavoir une gaignerie nommée et appelée la couaille si comme elle se poursuit en long et en lé en ayant toutes et chacunes les appartenances dicelle"...., dont le loyer sera une redevance fixe en nature. Il est clairement stipulé que le bois sera coupé pour le seul usage courant : "Et ne pouront les dits preneurs Johan et Robine sa famme ne lour dit hoir vendre, couper, donner ne aucunement distribuer aux cuns des boays d'icelle gaignerie si ce n'est tant soullement pour lour user et despendre eulx demourant en l'oustel de la dite gaignerie".  Cette restriction sera réitérée jusqu'à la fin du XVIIe s.

-un acte daté de 1564 permet de juger de l'étendue de la propriété de la Couaille : 110 journaux (environ 55 ha) dont 84 en terre labourable. Ce qui classe la Couaille parmi les très grandes  métairies de l'Anjou (voir les chiffres donnés par M. Le Mené: ibidem, 185-186).

-dans un acte daté de 1583 (H 1629), on parle de "Fief de la Couaille". Il s'agit toujours d'une propriété de l'abbaye de Bonlieu. Il y a obligation de nourrir l'abbesse de Bonlieu, lors de sa visite triannuelle, de même que ses serviteurs et ses chevaux.

-en 1644 (ibidem), le droit de Fief est conditionné à la tenue d'une cour de justice seigneuriale et temporaire : "... a la charge de faire tenir les plaids et assises deux foys durant ledit bail et de nourir et defrayer les officiers de madite Dame".

-les baux de 16O7, 1644, 1661 et 1670 font mention de l'obligation annexe d'entretenir et creuser des fossés : "... chacun ans 50 toyses de fossé sur les endroits les plus nécessaires".

-en 1634 une visite des lieux est organisée afin de choisir des terres à défricher, en raison de l'insuffisance de foin pour le bétail. Le bail de 1644 oblige le métayer à "... faire arracher les buissons d'éspines qui seront dans la prée nouvelle et l'augmenteront de 2 arpents". Il en est de même pour celui de 1670 : ... "arracher les buissons et espines dans la prée dudit lieu et mettre en valeur trois arpents des communs de pré pastures dudit lieu, en lieux le plus commode quil sera advisé".

 

        Pour ce qui est des bâtiments de la Couaille, nous en trouvons une description détaillée dans les actes de 1565 et 1600. Ils consistent en une maison d'habitation (l'"oustel"), une grange et des étables. Ces 3 bâtiments semblent s'être maintenus, du moins par leur plan, jusqu'au XXe s. Le micro-toponyme "la Fabrique" attribué à une parcelle située au nord-est de l'habitat peut indiquer la présence d'une forge, pas forcément très ancienne.

 

        L'analyse des formes ( fig. 30) a révélé l'existence d'un système radio-concentrique développé autour du noyau d'habitat de la  métairie. On peut voir dans ce micro-système une opération de faire-valoir des terres en possession de l'Abbaye de Bonlieu par métayage. La zone de l'habitat peut avoir constitué l'exploitation originelle, à laquelle seront venues s'ajouter progressivement les terres nouvellement défrichées. Rappelons qu'au XVIe s. 84 journaux sur un total de 110 consistent en terres arables. Cette zone basse, en fond de cuvette, est aujourd'hui le domaine des friches et des bois.

Si la première mention de notre  métairie date du tout début du XIVe s., rien ne s'oppose à ce que sa création soit plus ancienne (les mediateriae apparaissent vers le second tiers du XIe s. : LE MENE ib.idem,187). Leur proximité avec les forêts permet de lier leur développement aux opérations de défrichement ("grand mouvement de faire-valoir en métayage": ib., 109-110).

 

      La zone de La Couaille a été particulierement affectée par les travaux autoroutiers : l'habitat se trouve inclus dans la largeur du fuseau autoroutier ; quant au secteur situé plus au sud, il correspond à  l'une des zones d'emprunt de matériaux. L'intervention archéologique a donc porté sur l'habitat (pour lequel les documents d'archive attestent une origine médiévale) et sur son éventuel terroir (DAUDIN, SCHMIDT 1995 ; BARBIER, DAUDIN 1995 ; PERRIN1995 b).

      Le décapage effectué sur l'emprise de l'autoroute au niveau de l'habitat a mis au jour les fondations de bâtiments, figurés sur le cadastre napoléonien (à l'exception d'un four, mentionné dans les documents d'archives).

      Toutefois, l'absence totale de mobilier céramique médiéval sur l'ensemble de la surface décapée laisse un doute quant à la filiation que l'on est tenté de faire entre les bâtiments de la  métairie de La Couaille (tels qu'ils nous sont décrits dans les baux), et ceux de la ferme de la Couaille tels qu'ils apparaissent sur le cadastre napoléonien. Pourtant les bâtiments décrits semblent bien correspondre à ceux retrouvés sur le terrain (le fournil) ou visibles sur le cadastre (même orientation des étables)... Or pas le moindre mobilier dans les sondages qui atteste que nous soyons bien en présence d'un site médiéval... Nous signalerons, immédiatement à l'ouest, la présence d'un champ rond ("le pré rond"), créant une réelle anomalie cartographique. Peut-on supposer qu'il y ait eu déplacement de l'habitat, et que les descriptions du XVIe et XVIIe s. concernent le nouvel habitat?

 

      Pour ce qui est de la zone d'emprunt, s'étendant au sud de la ferme de la Couaille, sur la rive gauche d'une petite vallée drainée par le ruisseau de la Filière, les sondages de prospection (BARBIER, DAUDIN, ibidem) ont mis en évidence essentiellement des fossés, d'orientation préférentielle NO-SE/NE-SO, creusées dans la formation sableuse d'origine éolienne (de haut en bas : une couche sableuse épaisse de 2 à 3m, brune à rousse, en fonction du phénomène d'oxydation résultant du battement de la nappe phréatique ; une couche argilo-sableuse verte épaisse de plus de 3m). La plupart de ces fossés n'apparaissent pas sur les plans cadastraux. Très peu d'entre eux contenaient du mobilier. Le fossé du sondage 142 a livré quelques tessons dont l'un est datable de l'époque carolingienne. Parmi les rares fosses mises au jour, une seule contenait du mobilier (une vingtaine de tessons de céramique non tournée, attribuables à une fourchette chronologique large, allant du Bronze moyen à la Tène finale). A noter la présence dans un niveau de sable colluvionné d'un petit vase non tourné, de facture très grossière, interprété comme un objet lié à l'activité métallurgique.

      Le secteur situé au nord-ouest de la carrière a livré un certain nombre de structures intéressantes : fossés, orientés NO-SE ou EO, dont certains avec de la céramique gallo-romaine (du 1er s. A.D.), des fosses et trous de poteau, un puits (apparu à -1m sous le niveau de terre végétale) dont le comblement supérieur contient de la céramique du Haut-Empire, "plusieurs scories de taille importante" apparemment hors structure, une fosse (?) au remplissage sableux noir, avec de nombreux charbons de bois, 2 autres structures fossoyées (fosse et trou de poteau), comblées essentiellement avec des scories mêlées de sable gris, un "niveau noir, contenant de nombreux charbons de bois, avec en surface 3 traces rectilignes parallèles orientées NO-SE (largeur 0,20m)", et 2 tessons indéterminés. Il est encore précisé que des tuiles à rebord ont été trouvées dans la totalité des sondages.

      Les fouilleurs concluent : "La présence de nodules de fer en quantité importante dans les sables éoliens, les scories de fer d'un poids tel que l'on imagine difficilement leur transport sur de longues distances laisseraient supposer la présence de bas-fourneaux à proximité immédiate des fosses de rejet. L'absence quasi totale de céramique ne permet pas d'avancer de datation quant à la période éventuelle de cette exploitation. Néanmoins, le peu de céramique recueillie dans les structures est attribuable à la période gallo-romaine".

      Il est rappelé que quelques centaines de mètres plus à l'ouest ("La Fontaine Bigot", com. de Brion) a été mis au jour un bâtiment rural d'époque gallo-romaine, pouvant être lié à une activité artisanale dans le cadre d'un domaine agricole (GUILLIER 1995).

      Nous ajouterons que l'éventualité de l'exploitation de gisements métallifères n'est pas à rejeter : il suffit de considérer la toponymiedu secteur, immédiatement à l'est de La Couaille : "Les Ferrières", "La Ferrière","La Lande des Ferrières", "Le carrefour des Ferrières", ou au sud, "Fertreux" (carte IGN 1622 est, Longué).

      Dans les textes médiévaux, ferraria  désigne les lieux d'extraction de fer (MEURET 1993, 516). La concentration de fer dans la couche supérieure des sables quaternaires (éoliens) sous forme de grès ferrugineux (en fonction des rythmes saisonniers de la nappe phréatique, précipitation du fer par oxydation : PERRIN 1995b) a-t-elle été suffisante pour permettre un artisanat du fer, même à des fins strictement domestiques? Si oui, on peut facilement envisager la complémentarité d'un tel artisanat et des activités de défrichement.

 

      Une campagne d'évaluation a été menée sur le secteur, et a consisté en un décapage aussi extensif que possible (PERRIN ib.).

      A l'est du secteur 1, une petite fosse circulaire (132), au remplissage très cendreux, a livré 3 petites coupes sigillées, 8 clous en fer et de minuscules fragments d'os brûlés.

      Dans le secteur 2, plusieurs fosses sont remplies d'un "sédiment brun-noir sableux homogène" (sans mobilier). Par contre la fosse 220 (conservée sur 25cm) contient des tegulae  et de gros nodules ferreux.

      Dans le secteur 3, une fosse (300) remplie de sédiment sableux noir (profondeur conservée : 18cm), avec quelques tessons gallo-romains. La fosse 348 était remplIè de sédiment très cendreux, sableux, avec plusieurs pierres rubéfiées. Le fond de la fosse était aussi rubéfié. De nombreux tessons, très mal conservés, sont toutefois attribuables à l'époque gallo-romaine. La fosse 350 présente le même comblement cendreux et quelques tessons romains.

      La structure 352, interprétée lors de la phase de prospection comme un puits, s'est avérée être "une structure de type latrine ou cabinet en plein champ, de confection très récente".

      On ne peut guère tirer grand chose de toutes ces observations. Les fossés parallèles avec retour à angle droit sont difficilement interprétables dans le sens où le décapage n'a pas cherché à mettre en évidence l'éventuelle liaison entre les fossés 12 et 14 du secteur 1, 24 et 26 du secteur 2. Par ailleurs nous n'avons aucune information sur la relation entre les fossé 24-26 et 28-30. Globalement, sans vision diachronique, le dessin suggère un chemin avec fossés bordiers, s'intégrant par ses orientations dans la trame actuelle. L'un de ces fossés (fossé 14) est le seul qui ait livré du mobilier datable : 3 vases du XVe s.

      Nous ne concluerons malheureusement pas comme S. Perrin que le site de La Couaille "a livré toutes les informations suffisantes pour permettre non seulement de reconnaître les diverses occupations et de le rattacher sans aucun doute au site de Brion La Fontaine Bigot, mais aussi de faire par la suite une étude plus approfondie de son terroir". 

Le très mauvais état de conservation des structures ne permet pas d'aller au-delà de la constatation qu'il y a eu dans le secteur situé au sud de la ferme de La Couaille une occupation gallo-romaine, éventuellement liée  au site de La Fontaine Bigot, et une occupation médiévale (Bas Moyen-Age).

 

        * Site médiéval de Roisnes, com. de Longué-Jumelles ( fig. 33, n° 35 ; fig. 34)

        L'analyse morphologique révèle la présence d'un élément polarisant (habitat), qui génère un système en étoile.

        Attesté au XVIIIe s. comme ferme (carte de Cassini : Rouesne), l'habitat est décrit au XIXe comme "ancien logis, autrefois avec douves, qui relevait de la terre du Boul et dépendait du marquisat d'Etiau" ( PORT1878, 298 ).

        Le site est certes ancien, puisque la première mention remonte au XIIIe s. : un acte de l'Hotel-Dieu d'Angers, daté de 1210-1215 (série  H suppl., B 97, f°2) cite comme témoin un certain Gaufridus de Roene . On retrouve le lieu-dit au XVIe s., dans les Déclarations rendues au roi pour tenure et maisons dans la mouvance du château d'Angers (AD de M. et L., C 223, f°65 ; année 1539) :

"Item la terre et seigneurie de Royne sis en la paroisse de Jumelles et es environs tenue a foy et homaige simple du seigneur du boult et vault chacuns ans toutes charges desduictes vingt livres tournoy en ce qui en est dudit hommaige".

        Une étude plus approfondie demanderait à consulter le fonds d'archives du Marquisat d'Etiau (série  E, 542 ; série J, 30).

        Le site médiéval - du moins tel qu'on peut se le figurer à partir du cadastre napoléonien (les bâtiments n'existent plus aujourd'hui) - se développe sur toute la largeur de l'emprise autoroutiere. L'analyse des formes paysagères a mis en évidence un système radio-concentrique dont le point de convergence est l'ancienne ferme de Roisnes (ou Roine). On peut donc supposer que celle-ci correspond bien au noyau de l'habitat médiéval auquel se réfèrent les textes anciens.

 

      Les opérations de terrain menées sur le site ont eu pour but de confirmer la présence ici de l'habitat médiéval, de préciser sa fonction (maison-forte?) et sa durée d'occupation. (évaluation ; VIAU 1995). 

      On se trouve sur un plateau sableux (25m NGF), correspondant à l'interfluve formé par le ruisseau de la Filière au NO et le Lathan au SE (25m NGF). La plupart des structures sont apparues sous 0,80-1m de sédiment sableux.

      Les sondages de prospection ont mis en évidence des structures fossoyées linéaires, des fosses et des fondations de murs de tuffeau. La plupart des fossés n'ont pas livré de mobilier céramique. Quant aux fondations mises au jour, elles ne correspondaient pas aux bâtiments représentés sur le cadastre XIXe.

      Les 9 tranchées ouvertes lors de l'évaluation se sont toutes avérées positives. Malheureusement, pour 5 de ces sondages (4, 5, 6, 7 et 9), en raison de la topographieet des conditions climatiques, les structures (= structures fossoyées linéaires, orientées EO ou NE-SO) n'ont pu être relevées. Celles du sondage 8 ont été représentées en pointillé (relevées sous 0,50m d'eau).

      Les sondages 2 et 3 ont mis au jour les vestiges du bâtiment représenté sur le cadastre napoléonien (apparemment le noyau du site, si l'on s'en tient à l'environnement parcellaire) ; au nord, un fossé au tracé très irrégulier, interprété par le reponsable de l'opération comme une tranchée de récupération (si bâtiment il y a eu, il n'existait plus au XIXe s.) ; au sud une fondation étroite (0,50m), semblable aux autres fondations trouvées sur le site, et délimitant semble-t-il une couche limoneuse riche en mobilier céramique datable du Moyen-Age. L'épaisseur de cette couche n'a pu être testée du fait de la rapide remontée de la nappe phréatique.

      Le caractère intensif des activités agricoles dans ce secteur tout comme le niveau élevé de la nappe phréatique expliquent le mauvais état de conservation des structures.

      Dans de telles conditions, les données de terrain ne sont pas en mesure de fournir beaucoup d'éléments nouveaux sur l'organisation spatiale du site, en raison de leur caractère tronqué. Les nombreux tronçons de fossés mis au jour dans les différents sondages (certains correpondent à des limites parcellaires actives au XIXe s.) ne permettent pas de reconstituer un réseau ayant éventuellement fonctionné avec le site médiéval. La plupart n'ont pas livré de mobilier. Quant aux structures maçonnées autres que celles appartenant au bâtiment central, elles sont trop éparses pour permettre une reconstitution de l'occupation médiévale, quand bien même elles pourraient être datées (ce n'est pas le cas).

      C.Port (ibidem) décrit Roisnes comme un "ancien logis, autrefois avec douves". Ce qui laisserait supposer qu'au XIXe s., les douves ne sont plus en eau, tout en se laissant deviner dans l'environnement du site. Or aucune donnée de terrain ne confirme la présence de douves. Mais rappelons les conditions de fouille : sur 9 sondages ouverts, seuls 3 ont pu être exploités : "En ce qui concerne la démarche sur le terrain, elle a consisté, par la force des choses, à nous concentrer sur les trois sondages (n° 1, 2 et 3) dans lesquels apparaissaient des structures maçonnées. Le but était de déterminer si une lecture complète du ou des bâtiments était envisageable. Nous nous sommes donc attachés à faire ressortir le contour des fondations".

      Rappelons par ailleurs la présence de remblais à l'extérieur du bâtiment central, remblais non sondés, qui peuvent avoir masqué les douves. Le sondage de prospection 2330 a mis en évidence à l'est du bâtiment la présence de 3 fossés, qui "ont tous une orientation nord-est/sud-est et sont accolés". Le responsable de l'évaluation précise : "Nous avons pu les discerner entre eux par les différents sédiments composant leur remplissage. Le premier fossé a une largeur moyenne de 2,60m, le deuXIeme de 1,60m et le dernierde 0,60m". Nous n'avons pas d'indication sur la nature du comblement de ces "fossés", mais nous nous demandons s'il ne pourrait pas s'agir de la douve, dans le remplissage de laquelle auraient été décelées deux opérations de curage.

      Les sondages ont permis toutefois de confirmer le caractère défensif du bâtiment : l'angle sud-est de celui-ci est conforté par un contrefort carré (1,50x1,50m) "qui se lie avec le fait 107" (= mur sud). Le parement extérieur du mur nord présente des saillies larges de 0,50m (espacées de 1,20m) interprétées comme fondations de contrefort.

      Une probable voie de passage (moellons de tuffeau concassé) passant au pied du mur sud du bâtiment a pu fonctionner en même temps que lui, mais dans une phase "post maison-forte" : elle a pu desservir aussi le bâtiment décelé à l'est dans le sondage de prospection 23317G ("il semblerait qu'il y ait une fondation composée de moellons de tuffeau, insérée dans une plateforme à base de tuffeau concassé") et celui situé à l'ouest, au niveau du sondage 23275DD (existant encore au début du XIXe). 

 

          *L'ensemble du Perversier, com. de Longué-Jumelles ( fig. 33, n° 36)

        Il s'agit d'un terroir circulaire dont les axes semblent converger vers un habitat central (non mentionné sur la carte de Cassini). Le cadastre du XIXe s. révèle bien au centre de la forme la présence de deux bâtiments (le seul habitat). On peut toutefois considérer que la forme circulaire est induite par le relief (butte boisée, culminant à 26m : le "Bois perversier").  L'endroit a longtemps été synonyme de pauvreté : "C'est bon pour Perversier!" disait-on, et la décharge publique y avait été installée (Couturier 1984). Et longtemps l'habitat est resté cantonné sur les marges (village et ferme du "Perversier"). Tout le secteur est aujourd'hui exploité pour ses sables et graviers (Cénomanien inférieur).

       

*Les buttes insubmersibles du "Breil", de "l'Epine" et de "la Cour des Montils", com. de Longué-Jumelles ( fig. 33)

        Edifiée en plein coeur du marais, cernée par le Lathan et la Curée, la ferme du Breil ne s'explique que par la présence d'un montil. L'ancienneté de l'habitat est évidente. Des actes mentionnent la ferme du "Breil" dès la fin du Xe s. J. Gras affirme qu'à partir de la Toussaint et pour une durée de 4 mois, la ferme est cernée par les eaux. En saison sèche, le seul accès par terre se fait depuis la commune de Beaufort-en-Vallée (ibidem).

 

*Les Polders du Marais de Longué ( fig. 33, n° 34)

        Ce sont ses marais qui confèrent à la commune de Longué le triste privilège d'être connu pour ses sangsues! Cette zone amphibie s'explique par la convergence de plusieurs ruisseaux (le Racinay, le Lathan, La Filière, la Curée, le Gué de Terry) au sud-ouest du bourg, avant de se jeter dans l'Authion. Longtemps les marais ont été aux mains des seigneurs (Fiefs d'Avoir, des Montils). Leur division en lots réguliers clôturés de haies est d'époque moderne : pour certains secteurs, elle était déjà réalisée au début du XIXe s. Au sud du Lathan, des 110 ha initiaux du marais du Bois du Long, 66 ha ont été divisés en 1839, selon un module très régulier, et clos de haies : on a là donc un exemple de bocage très récent (sur le cadastre du XIXe s., le marais du Bois du Long ne connaît aucun parcellaire).

        Au nord du Lathan, par contre, jusqu'aux années d'avant le remembrement, les prairies s'étalaient en un bocage aux mailles très petites et irrégulieres (la mission IGN de 1959 rend très bien compte de la réalité bocagère : cf cartographie de l'analyse morphologique).

        A l'entrée du grand marais, sur la rive gauche du Lathan, la ferme d'Avoir (Fief mentionné dès le XIIe s. : PORT 1874, 172) est là pour rappeler l'importance stratégique des lieux et celle des seigneurs d'antan. Si le château d'Avoir a été détruit au siècle dernier(manoir du XVIe s.?), la ferme, avec ses douves aménagées en jardin, ses restes de poterne, ses contreforts rythmant les murs aveugles comme des courtines, semble bien correspondre à l'habitat médiéval qui a précédé le manoir : "chastel circuit à doubles douves et fossez ... la basse court à pont levy, les maisons, hébergements, jardins, vergers, buissons, pastis, pasturages, prez etc..." (COUTURIER 1984). Cela représentait au XVIe s. un ensemble de plus de 300 arpents.

 

 

 

3 - Du Lathan à l'Automne

 

1. Données naturelles

        (DION 1934, GRAS 1968, PONT 1995)

               

        L'entrée dans la plaine alluviale ligérienne se marque par une légère dépression correspondant au passage des marnes à ostracées et de la formation de Jumelles. L'altitude passe ainsi de 30 à 25m NGF.        

        Les dépôts du Cénomanien inférieur ne sont rencontrés qu'au nord-est de la commune de Longué. Ils affleurent presque, à la faveur du creusement d'une large vallée drainée actuellement par le ruisseau de la Filière au nord et la plaine alluviale du Lathan et du Gué au sud.

        L'érosion par le réseau hydrographique a créé une inversion de relief qui se marque dans le paysage par une légère dépression communément appelée "dépression de Jumelles". Les dépôts se localisent uniquement dans le fond de la vallée et se présentent sous la forme de 2 couches :

-une couche supérieure d'argile noire, pyriteuse et fossilifère, soulignant un ancien milieu à tendance marécageuse. Elle n'est visible qu'au sud de Longué.

-une couche sablo-caillouteuse d'origine fluviatile et contenant des poudingues ferrugineux, "le roussard" : elle est largement représentée entre les deux dernier ruisseaux précédemment cités.

        Il est possible qu'une partie de la formation du Cénomanien moyen soit cachée par des dépôts éoliens dans la plaine alluviale du Lathan et du Gué Terry.

        Le Cénomanien supérieur affleure dans la presque totalité des vallées. Il se marque dans le paysage par de légers vallonnements. La formation est constituée de 2 couches :

-une couche marno-calcaire (marnes à huîtres) ;

-une couche sableuse avec les sables de Bousse. Ils sont grossiers, fossilifères, riches en glauconIè et localement grésifiés en grosses dalles.

        Une grande partie de la formation de Jumelles est recouverte par d'épais dépôts de sables éoliens d'âge quaternaire et dans une moindre mesure des alluvions récentes.

        Une très forte concentration de ces sables de part et d'autre de la plaine alluviale du Lathan et du Gué Terry ainsi que le long du ruisseau du Bréné a été observée. La topographieouverte de la région, sans relief assez élévé pour constituer une barrIère naturelle à l'agent de transport éolien, permet de supposer que l'épandage sableux est quasi-uniforme.

 

        Dans le bassin du Lathan, on retrouve la même trilogie que dans les secteurs voisins : haut-pays, bas-pays, et vallée, sinon que la vallée l'emporte largement.

        Au nord de Longué (le haut-pays), le paysage évoque une Sologne à l'habitat rare et aux bois denses et friches fréquentes (GRAS ibidem, 235 sq.). La polyculture occupe un sol sableux, découpé en vastes parcelles.

        Au sud, la basse terrasse de Vivy s'avance jusqu'au sud-ouest de Longué, recouverte de sables éoliens. Mais ces dernier sont trop épais et trop pauvres en éléments fins pour favoriser une culture maraîchère du type de celle des bas-pays de Mazé. Les dunes marquent suffisamment le paysage pour avoir influencé la toponymielocale (cf les Monteaux).

        Avant de rejoindre les eaux de l'Authion au sud-ouest du bourg, le Lathan se transforme en un réseau dense de bras changeants. L'ensemble enserre une série de "marais" qui s'effaceront à l'affleurement de la terrasse. Les larges plaques de grès qui revêtaient la Via Andecavensis à ce niveau pourraient s'expliquer par cette contrainte du milieu. L'étrangeté d'un tel tracé - on parle de la "voie des marais" - a amené R. Dion à considérer qu'à l'époque romaine, le remblaiement de la vallée n'était pas achevé et ne nuisait pas au fonctionnement de la voie.

        En descendant vers l'Authion, les terres s'améliorent : médiocres qu'elles étaient aux Monteaux, elles deviennent fertiles au Petit-Port.

 

 

2. L'analyse des formes

 

1. Le réseau de Blou-Vivy ( fig. 4 n° 44, en bleu ; fig. 35)

 

        On a choisi de désigner conventionnellement par ce nom le réseau parcellaire quadrillé dont la présence s'affirme entre le Lathan au nord-ouest et l'Automne, - petite rivière située entre Vivy et Allonnes - au sud-est.

        Il s'agit, comme dans les secteurs précédents, d'une trame parcellaire sous-tendue par un grand nombre d'alignements remarquables dessinant le cadre des structures intermédiaires du parcellaire, alignements qui semblent assez peu avoir été perturbés par les habitats médiévaux et modernes et leurs réseaux radio-concentriques. Quelques axes remarquables sont repérables :

-route D 26 entre le Grand Perray et Blou, sur 4 km ;

-axe de Neuillé, sur 5 km environ ;

-axe allant de la Chatrie à St-Philibert-du-Peuple à la Moinerie à Blou, sur environ 4,5 km ;

-axe allant de Recouvrance à Beauséjour, sur environ 4 km.

        Cette grille induit un parcellaire de même orientation assez dense, principalement entre Blou et Vivy et autour de Neuillé. Dans cette dernière zone, il forme l'essentiel du dessin parcellaire.

          Ce parcellaire a été identifié par E. Zadora-Rio dans son étude du territoire de Blou, sous le nom de « parcellaire 1 » (1987, 46-47). En étendant l’observation au-delà de la commune de Blou, on constateque ce parcellaire gagne ne force et représente la trame la plus structurante d’entre Lathan et Automne.

 

          Globalement les unités de ce parcellaire sont de petits champs carrés, quelquefois divisés en fines et courtes lanières. Ils sont souvent regroupés et organisés en bandes à partir d'un axe donné, formant un parcellaire du type des strip systems britanniques. Nous n'avons pas observé, à l'inverse de ce que dit E. Zadora Rio (ZADORA RIO 1987, 46 : "le plan a été obtenu en reportant sur le plan cadastral les traces de parcellaire fossile relevées sur la couverture verticale de l'IGN [1968 et 1979]") de parcellaire fossile caractéristique de parcellaires antiques ("champs celtiques"). Les rares traces fossiles observées - d'aileurs à contrôler - sont différemment orientées et ne s'intègrent pas du tout dans le réseau. Il faut donc bien parler d'un réseau quadrillé, de forme pérenne, et d'origine vraisemblablement antique.

 

2. Le réseau d’Allonnes-18°E

 

        Étroitement imbriqué avec le réseau précédent, on observe une autre orientation parcellaire directement appuyée sur le racé rectiligne de la voie antique d’Allonnes à Vivy ( fig. 35). Ce réseau structure quelques zones incluses dans le réseau précédent :

- une petite zone à l’est de Neuillé ;

- une autre zone à l’ouest du site du château des Coutures ;

- enfin une zone de part et d’autre du tronçon de voie entre Allonnes et Vivy.

En dehors de ces zones, on relève quelques linéaments plus ou moins épars.

        Cette trame est moins dense que la précédente, mais, comme elle, elle possède une régularité structurante, et elle ne constitue icique l’extrémité occidentale d’un réseau bien plus dense autour et à l’est d’Allonnes.

          Entre Vieux-Vivy et le lieu-dit "la Fourcelle" à Beaufort, la voie présumée antique n'influence le parcellaire que sur une petite profondeur (son influence sur le réseau viaire semble plus prégnant), alors que le réseau de Blou-Vivy continue à structurer la forme du parcellaire. Dans plusieurs cas, des indices morphologiques semblent indiquer que la voie pourrait être postérieure à ce dernier. Mais ces éléments de chronologie relative doivent être exploités avec prudence.

        Jusqu'au sud de Longué, la voie s'est appuyée, nous l'avons vu, sur la basse terrasse (les Monteaux). Aujourd'hui, cette terrasse constitue une zone pauvre, partagée entre les bois (bois de Monteaux, de part et d'autre de la voie ; il n'était pas aussi dense au début du XIXe s.), un bocage aux haies arbustives très hautes et de nombreuses friches. L'habitat y est rare. Le parcellaire a intéressé les géographes par son aspect en damier, "aux pièces très vastes, encore abondamment cernées de haies et rigoureusement ordonnées par le tracé rectiligne de la voie romaine" (GRAS ibidem).

        Il est intéressant de noter que, dans son extrémité orientale, la topographie de la basse terrasse sur laquelle s'appuie la voie a induit sensiblement le réseau viaire et parcellaire : de part et d'autre de la voie, on observe une série de limites en fuseau, qui convergent plus ou moins à hauteur de la Chênaie.

        A "la Grande Chênaie" (com. de Longué-Jumelles), dans une parcelle longeant la voie, la prospection aérienne (LECOMPTE 1992) a révélé un enclos (protohistorique : la céramique trouvée lors de la prospection au sol pourrait être de l'Age du Bronze), de forme ovale (29x22m), avec une entrée ( fig. 36). On peut observer un autre enclos et du parcellaire. A l'occupation protohistorique a succédé un habitat gallo-romain (important mobilier céramique et tegulae sur une surface étendue).

 

 

3. Le réseau Les Quarts-Ramefort à 0°

 

Il s’agit d’un réseau local.

 

        * Le parcellaire fossile des Quarts, com. de Longué-Jumelles ( fig. 37 et fig. 38 n° 40)

        La photo-interprétation a mis en évidence un ensemble de traces fossiles linéaires, s'ordonnant en un réseau quadrillé, orienté NS-EO (fig. 70 et 71). Le réseau semble s'étendre plus à l'ouest, entre la voie dite romaine et le ruisseau de La Fontaine-Suzon.

        La réalité de ce réseau fossile prend un intérêt accru avec la mise en évidence, sur la mission IGN 1989 (infra-rouge) d'un enclos subquadrangulaire au lieu-dit "les Quarts" , au sud du bourg de Longué ( fig. 39) : on peut interpréter ces traces comme étant celles d’une ferme indigène, dont l'orientation aurait été induite (ou vice-versa) par le parcellaire fossile, avec lequel elle est en parfaite concordance. Une prospection au sol reste à effectuer.

        À ce parcellaire fossile, s'est surimposé un parcellaire à la géométrie perturbée par des contraintes topographiques, qui lui confèrent une allure de terroir concentrique.

 

        *Le parcellaire de Ramefort et Blou ( fig. 40, n° 41 en rouge)

        La trame quadrillée ancienne qui organise l'interfluve Lathan-Automne est repérable à l’est des Quarts, bien qu’elle soit oblitérée sur une surface pouvant correspondre au terroir développé autour de la résidence épiscopale de Ramefort.

       

        Les deux zones observées doivent-elles être réunies ? Ce n’est pas évident.

 

4. Les réseaux et  les données archéologiques

 

        Pour cette zone, les données archéologiques sont moins évidentes et moins nombreuses que pour les secteurs précédemment étudiés. Les deux principaux réseaux y trouvent quelques condirmations, mais avec des datations très ouvertes.

        L'interprétation de ces parcellaires peut faire appel à des données différentes et non contradictoires. Il est évident, par exemple, que l’orientation générale et le développement du réseau de Blou-Vivy à 34°E dépendent du tracé d'ensemble de la rive droite de la vallée de la Loire. Le parcellaire s'étend entre la rive et les premières collines (Butte de Blou ; colline du Bois de Boisaudier). Mais cette contrainte ne peut rendre compte à elle seule de la régularité de la grille, de la rectitude des axes et de la permanence de l'orientation parcellaire.

        Le fait principal est que les deux réseaux principaux entretiennent d’étroites relations de contiguïté, et que leur force structurante se traduit dans l’orientation des vestiges archéologiques de toutes époques mis au jour sur quelques points du tracé. L’hypothèse d’une organisation de l’espace se trouve ainsi confirmée. 

 

      Ainsi, au "Petit Bessac", com. de Neuillé ( fig. 41), les interventions de terrain liées à l'autoroute A 85 ont mis en évidence la présence d'un enclos protohistorique (évaluation ; THOORIS 1995), au pied du versant sud-ouest de la butte de Blou - Neuillé. Il est longé au nord-est par le ruisseau de Fontaine-Suzon.

            L'enclos quadrangulaire, creusé dans les sables éoliens et le substrat marneux, est apparu sous 10 à 15 cm de terre végétale. Il est situé partiellement hors emprise : seul l'angle ouest de l'enclos a été dégagé. L'un des côtés est orienté NNE-SSO, l'autre lui est perpendiculaire.

            Une coupe effectuée dans le fossé NNE-SSO a révélé un profil en V aux bords adoucis. La profondeur conservée est de 60cm. Le remplissage est sablo-argileux brun. Le mobilier consiste en une meule à bras en grès, et quelques tessons en pâte grossière, et deux vases ovoïdes décorés de 2 cannelures et bords éversés. L'ensemble est attribuable à la Tène finale. L'autre fossé a un profil en cuvette, sa profondeur varie entre 0,35 et 0,45m.

            Aucun niveau d'occupation n'est conservé.

            Un fossé visible sur le cadastre napoléonien recoupe l'ensemble.  

            Le site de "Montquartier 2" (com. de Vivy) consiste en une soixantaine de structures fossoyées, caractérisées par un mobilier peu abondant (la moitié n'en contenait pas du tout), permettant toutefois d'établir une occupation du site depuis la protohistoire jusqu'au Moyen-Age (évaluation ; Mare 1995). Peut-être la forte prépondérance de mobilier protohistorique par rapport à celui de l'époque gallo-romaine indique-t-il une répartition diachronique dans l'espace. Mais E. Mare ne rejette pas l'éventualité que des fosses avec mobilier protohistorique soient des créations gallo-romaines ou médiévales.

            Trois fossés ont livré du mobilier gallo-romain. Orientés ENE-OSO, ils sont en discordance avec le parcellaire environant. Il est évident qu'un décapage de la zone aurait permis d'appréhender l'organisation spatiale du site gaulois (cf les très nombreuses fosses) et la réalité d'un parcellaire gallo-romain.

 

            Le site de "la Croix de Placé", com. de Vivy ( fig. 42), malgré son extrême degré d'arasement, et la vision très tronquée qu'on en a, correspond aux vestiges d'une trame agraire dont certains éléments semblent remonter à l'époque gallo-romaine (le site s'étendant probablement plus au nord, hors emprise). A ces structures fossoyées linéaires s'associent éventuellement des constructions légères sur trous de poteau. Cent mètres plus au sud-est, sur le ruisseau de la Fontaine Suzon, se trouve le site médiéval de Placé, avec moulin et constructions annexes. Il aurait été intéressant de saisir la filiation entre le site gallo-romain et médiéval de "la Croix de Placé" et le site médiéval de Placé - le moulin.

            Les structures fossoyées sont apparues soit dans les sables soit dans les marnes du substrat. Les fossés présentent tous le même profil : parois évasées et fond arrondi. Ils sont conservés sur une profondeur très réduite toutefois : O,10m, O,18m, 0,15m, O,20m. Leurs comblements sont similaires : sable fin, peu limoneux, de couleur brun gris.

            Les orientations préférentielles sont NE-SO et NO-SE, mais les données issues des sondages sont trop tronquées pour offrir une image du système parcellaire (ou des systèmes) en place, antérieur à celui que nous présente le plan cadastral du début du XIXe s. Quelles que soient les dates de ces fossés parcellaires, ils constituent un réseau dense, homogène, en accord avec le parcellaire environnant. Il ressort que le secteur concerné, très faiblement morcelé au XIXe comme au XXe s., a connu un découpage important par le passé.

    

        Les voies en discordance sur ce parcellaire paraissent relier les principaux sites médiévaux et modernes :

- voie de Longué à Vivy ;

- voie de Ramefort à Vivy (voir-ci-dessous) ;

- voie de Blou à Neuillé et à Beauséjour.

Il pourrait s'agir d'un indice supplémentaire pour fixer l'origine du réseau quadrillé de Blou-Vivy à l'époque pré-médiévale.

 

5. Unités morphologiques localisées

 

        *Les parcellaires de défrichement entre le Lathan et le ruisseau du Terry ( fig. 4, n° 37 et 38)

        Les toponymes du versant gauche de la vallée du Lathan, au nord de Longué sont évocateurs : "les Refroux" (com. de Longué) et "les Defayes" (com. de St-Philbert-du-Peuple), pour le bloc parcellaire le plus proche du bourg. Au XIXe s., les Refroux présentent un laniérage intense, le plus souvent sur des distances supérieures à 500m. Le bloc des Refroux et celui des Defayes se différencient par leur ordonnance et orientation. Il s'agit probablement de mises en valeur récentes (époque moderne) ,en liaison éventuellement avec le château tout proche d'Etiau (com. de Longué-Jumelles).

        Quant à l'ensemble parcellaire s'étendant au nord du ruisseau du gué de Terry, on constate qu'il s'étend sur une grande partie du terroir communal de Saint-Philbert-du-Peuple. Il correspond à l'interfluve Lathan-Gué du Terry. Le défrichement le front méridional de la forêt de Monnaie.

       

        *Le parcellaire de Ramefort

        Il s’agit d’une forme curviligne qui entoure la résidence épiscopale de Ramefort, et qui pourrait être mise en relation avec cette résidence mentionnée pour la première fois au XIe s. ( fig. 40 n° 41). Le site de Ramefort pourrait correspondre à une anomalie repérable sur la mission IGN 1989, 4482 200 IR n° 88 ( fig. 43).

        Mentionnée pour la première fois en 1087 (ZADORA-RIO 1987, 40 sq.), la résidence épiscopale devient pôle d'habitat : un marché existe déjà au début du XIIe s., ce qui laisse supposer la présence d'une agglomération. 

        Un autre parcellaire géométrique, surimposé à celui généré par la trame ancienne, dans la partie méridionale du terroir, a été a été attribué à l'époque médiévale (ibidem) : il correspondrait au défrichement du parc seigneurial de la résidence de Ramefort, dans le but de créer ou d'étendre l'agglomération. L'élément structurant de ce micro-parcellaire est l'"avenue de Ramefort", qu'E. Zadora-Rio assimile à l'ancien "grand chemin angevin comme l'on va de Ramefort à Saumur".

        Au sud de ce territoire, on observe une petite forme curviligne autour du lieu-dit Barbotin, qu’on propose d’interpréter comme étant un bois ou une garenne ( fig. 40, en jaune).

 

        *Le terroir de Blou ( fig. 40, n° 42)

        Blotti au pied de la butte, le village de Blou a développé son terroir vers l'ouest. La cartographie de l'analyse morphologique met parfaitement en évidence le caractère bi-polaire de l'habitat : d'un côté le village de Ramefort, "centre administratif, commercial (marché hebdomadaire) puis militaire" et celui de Blou, resserré autour de l'église, et auquel sont réservées les fonctions religieuses et funéraires (ibidem).

        Si certaines limites radiales renforcent le caractère polarisant du noyau villageois, la trame ancienne s'y laisse encore déceler.

 

        *L'ellipse de Rouillon, com. de Blou ( fig. 40, n° 43)

        La ferme de Rouillon est une ancienne maison-forte dont elle a conservé les douves. La proximité de l'ancien chemin de Ramefort à Saumur n'est pas fortuit. Le terroir radio-concentrique développé autour d'elle correspond à une mise en valeur des terres, vraisemblablement par défrichement.

 

        *Les parcellaires de défrichement de la Cathédrale, com. de Blou et Vivy ( fig. 44, n° 47)

        Le laniérage prononcé des parcelles dans un contexte de parcelles bocagères massives laisse supposer une mise en valeur probablement tardive de cette portion d'interfluve.

 

        *Le "carrefour" des Bourillères, com. de Blou et Vivy ( fig. 44, n° 48)

Un ensemble d'axes convergents confère un rôle polarisant à l'habitat des Bourillères, situé sur ce qui pourrait être l'ancien grand chemin allant de Ramefort à Saumur. Nous n'avons à l'heure actuelle aucune donnée susceptible de confirmer l'ancienneté du site.

 

       Sur le site du Moulin de Placé (com. de Vivy), juste au nord de la Bourillère, une occupation est attestée à l'époque carolingienne (PETORIN 1995) ; elle prend fin au XIe s. Les vestiges mis au jour sont toutefois épars (fosses, petits fossés, trous de poteaux), permettant tout au plus de considérer que nous sommes en périphérie d'habitat ( fig. 42).

N. Pétorin précise que ce site pourrait correspondre à l'indice de site découvert par E. Zadora-Rio, entre la Croix de Placé et la Citadelle (ZADORA-RIO 1987).

       Le site, abandonné au XIe s., a dû se déplacer. Or "La Bourillère" se situe juste au sud de Placé, sur l'autre rive de La Fontaine-Suzon, là-même où l'analyse des formes révèle un point remarquable, créé par une convergence de chemins.

       Si E. Zadora-Rio a constaté, pour les sites du Haut Moyen-Age de la commune de Blou, un abandon au XIe s., celui-ci a pu toutefois être lié à la création des centres de Ramefort et de Blou (ibidem).      

       L'occupation à Placé reprend avec le XIVe s., sous la forme d'une bâtisse de 14 x 12m, composée de 4 pièces. On a là peut-être le siège d'une petite seigneurie : le toponyme de Placé peut suggérer en effet une seigneurie châtelaine du XIe s. (SCHMIDT, in PETORIN, Ib.), même si aucune donnée de terrain n'est venue confirmer une telle ancienneté, et si la première mention dans les textes ne remonte pas au-delà du XVIe s. Au XVIe s., elle relève de la baronnie de Blou, comme l'atteste un aveu de la Cour de Ramefort à la Baronnie de Blou, rendu par le seigneur des Coutures en 1554 :

"Noble homme Gilles Ferré, écuiller, seigneur de Champenail,

Pour raison de sa maison et gaignerie contenant dix arpents ou environ, joignant d'un costé les terres du moulin de Placé et dudit ecuiller, d'autre le chemin tendant des Marais à Rougé d'un bout le chemin tendant de la Huppelais au gué Daft et d'aultre bout aux choses dudit ecuiller

Doit chacun an au dit jour de l'angevine foi et hommage simple et dix sol de service."  (Ib.).

       Le mobilier céramique permet de dire que l'occupation majeure du bâtiment couvre les XIVe-XVe s., et que l'abandon  se situe probablement aux XVIe-XVIIe s. (l'aveu de 1628 est le dernier à faire mention de la "maison et gaignerie"de Placé). Le bâtiment a dû être détruit au cours du XVIIe ou du XVIIIe s. (il n'existe plus sur le censif de la baronnie de Blou, XVIIIe s.).

 

       Le moulin de Placé représente la dernière phase d'occupation du site. Il est mentionné pour la première fois (tout comme d'ailleurs la maison et gaignerie) en 1554. On peut envisager que  sa création remonte au début du XVIe ou même à la fin du XVe s. (PETORIN ib.). Il est partiellement fondé sur une petite éminence marneuse, au milieu d'une dépression du substrat, laissant supposer un milieu marécageux. Vers la fin du XVIIe ou au tout début du XVIIIe s., la meunerie se reconvertit vers l'activité agricole (essentiellement culture de la vigne) : en témoignent non seulement les baux, mais le remblaiement (avec les matériaux de destruction du bâtiment de Placé) des terrains le long du ruisseau, et la construction de nouveaux bâtiments, annexes agricoles qui vont prendre le pas sur le moulin. L'histoire du Moulin de Placé, c'est celle qu'ont dû connaître la plupart des installations modestes qui essaimaient le cours de nos rivières.

 

       Sur la carte de Cassini, le moulin de Placé est le plus en aval des 5 moulins installés sur le ruisseau de Fontaine-Suzon. Deux existent encore : celui de Chevré et celui de Bessac (com. de Neuillé). Le ruisseau voisin du Lathan n'en montre pas moins de 31, sur 47km de cours. Ces moulins, comme ceux installés sur les ruisseaux voisins, étaient des constructions modestes, aux mécanismes très simples, en liaison avec le faible débit du ruisseau (LE MENE 1982, 455 sq.). La construction d'un moulin relevait des monopoles seigneuriaux, au même titre que la pêche, le four ou le pressoir :

"Au titre des monopoles s'inscrivaient le plus fréquemment les droits de garenne, de banvin, de pressoir, de four et de moulin... Au sommet de la hiérarchIè des revenus tirés des monopoles, se situaient les profits des moulins (ibidem). Mais les profits étaient fortement grévés par les dépenses liées au renouvellement de l'appareillage (meule, moulage..).

Le fait est connu des historiens que de tels moulins ne représentaient qu'un médiocre intérêt financier, étant même souvent "à la limite de la rentabilité". D'autant plus que "souvent les frais d'appareillage étaient partagés entre le seigneur et le meunier. Certains seigneurs les imputaient totalement au fermier" (ibidem).

M. Le Mené cite l'exemple du moulin de Chanveaux, délaissé par le meunier pour "défault de meule et de moulage" : "six ans plus tard, le régisseur transforme l'étang en prairie...ce qui finalement était tout aussi rentable" (ibidem).

 

       Le moulin de Placé  restera entre les mains du seigneur des Coutures du XVIe au XIXe s. Au XVIIIe s., le moulin et l'exploitation agricole sont affermés à un paysan-meunier. Les nombreux bails mettent l'accent non pas sur la meunerie mais sur l'exploitation de la terre et la culture de la vigne. Cela présuppose que le secteur, caractérisé par des sols fortement hydromorphes, et initialement marécageux (cf la microtoponymie), ait été soumis à des travaux d'assainissement (PETORIN, ibidem).

Nous nous demandons par ailleurs si, bien avant ces travaux de drainage, le lit de la Fontaine-Suzon n'a pas subi une déviation importante, comme en témoignent les limites parcellaires ondulantes et continues servant aujourd'hui de limite entre les communes de Blou et Vivy, à l'est de la Bourillère.

       Au XVIIIe s., le bail met en lumière la vocation agricole de l'exploitation : la meunerie a-t-elle périclité au point d'inciter à la construction de dépendances agricoles ? Les fouilles n'ont pas retrouvé trace des bâtiments annexes figurés sur le censif du XVIIIe s.

       En 1875, les propriétaires du moulin cèdent leurs droits sur le ruisseau au châtelain des Coutures, maire de Vivy, qui procèdera en 1882 à une rectification du cours de celui-ci. Le moulin cesse de fonctionner.

 

        *Le parcellaire des Coutures, com. de Vivy ( fig. 44, n° 46)

        Nous avons peu de données sur le château des Coutures. L'état initial pourrait  être médiéval, à en juger par le terroir qui se laisse deviner sous les aménagements modernes (allées rectilignes, qui pourraient toutefois être des reprises d'axes anciens, puisqu'elles s'intègrent parfaitement dans la trame quadrillée qui organise les terres de la vallée au-delà de l'Automne. Par ailleurs, le site a pu se trouver (Mare 1995 cf infra) sur une voie reliant Ramefort à Saumur (alternative de la voie passant par les Bourillères) ou desservant les maisons-fortes plus méridionales (Nazé, Champ-Robin..).

A l'appui de cette seconde hypothèse on doit mentionner la découverte récente d'une voie empierrée à la ferme des Petites Coutures (MARE 1995). Le fouilleur conclut à l'existence d'une voie médiévale reliant en ligne droite deux sites médiévaux, la Citadelle et les Coutures (fig.63 et 64). Les fouilles ne permettent pas d'affirmer la réalité de la création médiévale puisque le rare mobilier relevé dans les fossés était antique et médiéval. On serait donc, à moins, dans le cas d'une voie utilisée au Moyen Age.

On observera, cependant, que le toponyme « la Citadelle » n’apparaît pas sur la carte de Cassini. D’autre part, E. Zaora-Rio indique qu’un tel toponyme n’a pas de réalité médiévale. On ne saurait donc restituer un site médiéval en ce lieu sans autres informations.

Le report sur plan est d'un grand intérêt puisque le tronçon est dans le prolongement assez direct de l'avenue de Ramefort. On peut donc supposer un développement de cette voie, selon un tracé direct.

 

        *Le parcellaire de la Croix Courault, com. de Vivy ( fig. 44, n° 51)

        Un parcellaire radio-concentrique - de défrichement - est coupé par l'actuelle route N 147. Tout proche de la maison-forte de Nazé, il peut correspondre à un lambeau forestier de l'ancien Fief et seigneurie de Nazé. Aucun terroir particulier n'a été décelé autour de la l'habitat médiéval, il est intéressant toutefois de mentionner la nature des découvertes effectuées au Perray, à l'est des lieux-dits cités.

 

      Au Perray, com. de Vivy ( fig. 45), les fouilles ont mis au jour un enclos médiéval, associé à des fosses et des fossés (THOORIS 1995). Le site est actuellement à cheval sur les communes de Vivy et Neuillé (mutation de la limite de commune par une ordonnance royale de 1842, au profit de la commune de Neuillé). Le site n'a survécu ni dans le dessin parcellaire (cadastre napoléonien) ni dans la toponymie. Les seigneuries les plus proches connues sont celles de Nazé et de La Ronde.

Le site - un habitat - se trouve dans une zone basse et humide : traversé par une micro-vallée, il occupe le pied du versant sud-ouest de la butte de Neuillé, à 27,50m d'altitude.

Le substrat (argiles de Jumelles du Cénomanien inférieur) est recouvert par 3 types de formations quaternaires : la très basse terrasse (Fx), essentiellement sableuse, avec lentilles de cailloux et graviers de silex roulés, les sables éoliens (peu épais et éliminés par le décapage) et les colluvions (issues des grès renfermés dans le sable sénonien de la butte).

Le caractère hydromorphe des sols a induit des phénomènes d'oxydation et de réduction, qui ont influé l'état de conservation du site, et ont rendu difficile sa lecture. La nappe phréatique est apparue à 40cm de profondeur, une fois le végétal décapé, noyant donc le site en permanence et génant considérablement la fouille. C'est le niveau auquel apparaissent les structures archéologiques.

Aucun niveau de sol n'est conservé. Après son occupation primaire, le secteur nord-est du site a été remblayé (consolidation d'un terrain instable) avec une couche très noire, contenant par endroits des matériaux de destruction d'un habitat (non localisé).

Les fosses concernent l'ensemble de la surface décapée, avec toutefois une concentration dans la moitié ouest des fosses à comblement organique. Elles ne semblent pas organisées.

On n'a pu déterminer la fonction des fosses à comblement sableux, souvent de petite taille et sans matériel. Celles dont le comblement est organique et stratifié sont de taille et profondeur appréciables.

Les fossés semblent se répartir en deux ensembles : le premier (102, 104, 194, 109, 112, 113, 114, 135), à l'ouest du site, consiste en fossés plus ou moins organisés en réseau orthonormé, peu profonds (il n'en reste plus que 2 à 25cm), au profil en cuvette, comblés au un limons sableux brun et sans matériel. C.Thooris a pu remarquer que le fossé sur lequel s'appuie l'ectuelle limite de commune semble servir de butoir à une bonne partie de ces fossés (ibidem).

Le second ensemble de fossés (117, 122, 123, 125, 126, 127, 190) se trouve à l'est de l'enclos : leur organisation nous échappe, d'autant plus que nous sommes en limite d'emprise. Leur orientation comme leur tracé peu géométrique en font un ensemble tout à fait différent du premier. Le "noeud" de fossés 117 est interprété comme collecteur. Profond de O,85m, il a livré un matériel important, analogue à celui des fossés précédents. Cinq autres fossés sont rattachables à cet ensemble.

Un puits (124) se trouve dans un espace délimité par trois de ces fossés.

L'enclos, ovale, de près de 40m dans son diamètre maximal, ne présente pas d'interruption. La superficie intérieure est modeste (560m2). Le fossé est large de 5 à 7m  et représente une surface de 560m2. Son profil, régulier, est largement évasé et le fond arrondi. La profondeur conservée varie de 1 à 1,40m. L'accès à l'enclos se faisait par une passerelle, située dans le secteur oriental du fossé, à proximité immédiate du puits. C'est d'ailleurs dans ce secteur que se trouve concentré l'essentiel du matériel : bois (branches, pieux, planches, objets domestiques..), céramique et autres artefacts.. La dynamique de remplissage du fossé de l'enclos ne révèle pas l'existence d'un talus à proximité. La grande quantité de bois trouvée dans le comblement du fossé pourrait indiquer la présence d'une haie ou d'une palissade aux abords du fossé(mais aucun indice n'a été décelé allant dans le sens d'un tel aménagement).

Son remplissage présente un épais niveau argileux très brun, avec une importante composante organique (essentiellement du bois : travaillé ou non), du mobilier céramique et des inclusions diverses (ardoises, tuffeau..). Ce niveau organique semble résulter d'une accumulation de déchets dans un fossé en eau. Outre de fins niveaux sableux lités, provenant de l'érosion des bords de fossés, on observe une importante couche sablo-limoneuse (moitié supérieure du comblement), résultat d'un remblai volontaire. Le matériel abondant qu'elle contient consiste en matériaux de construction (ardoises, blocs de tuffeau), ossements animaux et céramique (glaçurée verte).

Ici, encore, il semblerait que la fouille n'ait révélé qu'un secteur limité du site (peut-être même la périphérie?), le reste se situant plus à l'est (hors emprise), au-delà de l'ensemble des fossés curvilinéaires. Les éléments manquent pour mettre en évidence une organisation spatiale, les relations entre enclos, fossés et fosses, et déterminer la fonction de cet enclos. Le problème reste entier quant à la relation chronologique (en termes de synchronie ou diachronie) entre le supposé habitat et l'enclos.

Le mobilier céramique livré par les fosses et l'enclos est datable des XIe-XIIIe s. Celui trouvé dans le fossé de l'enclos, plus hétérogène, présente des éléments XI-XIIIe  mais aussi XIV-XVe. Ce mélange est probablement dû à l'apport, dans un milieu peu consistant, de remblai associé à du mobilier plus tardif.

L'auteur des fouilles propose la périodisation suivante : la première occupation du site est représentée par les fosses, le puits et les fossés de l'ensemble 2 (au nord-est). L'enclos peut être contemporain de cette occupation ou bien postérieur (XIVe-XVe s.) Le remblai affectant la partie nord du site (sur Neuillé) est postérieur à l'enclos. Quant au bloc parcellaire situé à l'ouest de l'enclos (premier ensemble), C. Thooris y voit plus facilement des "structures liées à une pratique agricole postérieure à l'abandon du site"(ibidem).

Faut-il supposer que la construction de la levée de la Loire ait eu une implication sur l'occupation de cette zone basse, et que les habitants du Perray 1 soient des pionniers sur ces terres nouvellement acquises? Faut-il voir un élément siginificatif dans le fait que le site soit situé en périphérie de commune (ibidem)?

     

 

       

4. Propositions pour une interprétation d'ensemble

 

        La zone située entre Lathan et Automne présente une unité, due à l'extension du réseau dit de Blou-Vivy. Elle correspond assez exactement au territoire de cinq communes actuelles, Blou, Vivy, Neuillé, St-Lambert-des-Levées et St-Martin-de-la-Place, et on observe que le réseau quadrillé est particulierement structurant pour les trois premières communes citées.

        Nos ignorances principales portent sur l'origine et la chronologie de mise en place des premiers parcellaires. On ne sait, pour l'instant, comment interpréter le parcellaire fossile des Quarts, qu'on suppose d'origine antique, mais sans preuves ; de même on ne sait comment interpréter la succession et l'interpénétration des parcellaires quadrillés de Blou-Vivy et d'Allonnes, tous deux supposés d'origine antique, notamment en raison de la discordance observée avec les sites villageois médiévaux et leurs réseaux de voies. Sur ce point nous rejoignons les conclusions de l'étude d'Elisabeth Zadora Rio qui avait déjà pressenti l'origine antique du parcellaire quadrillé de Blou, dont nous donnons, ici, un relevé plus étendu (ZADORA RIO 1987, 46-48, 57).

 

        La structure cartographiée est donc, selon nous, bien plus un parcellaire diachronique, formé d'éléments d'âge varié, progressivement réifiés sur le long terme, et dont l'origine est sans doute un parcellaire quadrillé antique. Sur celui-ci on ne peut encore rien dire puisqu'une seule fouille a eu lieu dans ce secteur, sans donner d'éléments parcellaires (fouille de l'enclos médiéval du Pont Barré à Vivy). On est donc réduit à poser l'hypothèse d'un possible parcellaire quadrillé protohistorique et/ou gallo-romain.

        Le parcellaire ainsi cartographié peut aider à définir l'assiette d'un territoire cohérent, dont il souligne les limites en buttant sur elles : au nord-ouest, le Lathan ; au sud-ouest, l'Authion plutôt que la Loire ; au sud-est, l'Automne ; au nord-est et à l'est, les buttes de Blou et de Neuillé. On pourrait donc suggérer de voir dans cette entité un territoire antique, aux limites "naturelles" évidentes, selon l'usage antique (La, 24017-242,6, à propos de la Dalmatie).

 

        D'autre part, rien ne permet d'observer une quelconque organisation d'ensemble du terroir qui correspondrait à la phase médiévale et serait une restructuration du parcellaire de ces trois communes. Les éléments directement induits par les sites médiévaux sont d'ampleur beaucoup plus limitée : ellipses (Rouillon), parcellaire quadrillé restreint (Ramefort), organisation radio-concentrique limitée (Blou, Ramefort).

        Le parcellaire médiéval existe néanmoins, et il faut sans doute le chercher dans les réseaux quadrillés, dont celui de Blou-Vivy, puisqu'on a prétendu qu'il s'agissait de trames réifiées sur la longue durée.

        Dans ces conditions les observations d'Elisabeth Zadora-Rio concernant la curtis de Neuillé au début du VIIIe s. présentent un grand intérêt (Ib. 39 sq.). Au terme de sa démonstration elle suppose avec vraisemblance que le territoire correspondant à cette curtis pourrait avoir regroupé les actuelles communes de Neuillé, Blou et Vivy.

        On peut donc prolonger son hypothèse et se demander si l'unité de cette curtis médiévale (qu'on imagine plus être un ressort fiscal qu'un "grand domaine") ne proviendrait pas d'un territoire antique cohérent dont elle prendrait la suite.

        Si tel était le cas, on comprendrait mieux la permanence du parcellaire, et sa lente mutation interne dans des cadres stables, fixés depuis longtemps.

 

        La tentative de transformation paysagère induite par la prise de possession des évêques d'Angers dans la zone de Ramefort se trouve ainsi éclairée (Ib. 39-40 et fig. 16 et 17). Elle repose sur les éléments suivants :

-création d'un château épiscopal, peut-être entouré d'un habitat (on a la preuve d'un marché), ce qui provoque un début de convergence des itinéraires vers ce nouveau point fort du paysage rural ;

-création d'une route nouvelle reliant le plus directement possible Ramefort àSaumur en passant vraisemblablement par Vivy (site du Vieux Vivy) ;

-modification sensible, mais locale, du parcellaire de part et d'autre de cette voie ("parcellaire 2" d'E. Zadora-Rio).

        Il y a lieu de s'interroger sur la route créée entre Ramefort et Saumur. Son tracé est évident et direct entre la Modetais et le lieudit les Paloues. Ensuite on ne sait si l'on doit suivre le chemin sinueux qui passe par la Croix de Placé et la Bourillière ; ou, au contraire, préférer un itinéraire plus direct.

    

        Une seconde observation montre l'importance qu'il faut accorder à cette voie puisqu'elle est ponctuée par six châteaux ou maisons fortes : Ramefort ; la Cour de Ramefort ; Rouillon ; la Citadelle ; les Coutures ; Champ Robin.

        L'implantation épiscopale a donc été marquée par une tentative de modification du paysage qui s'est soldée par une réussite dans le domaine de l'habitat et des itinéraires, et qui a beaucoup moins transformé le parcellaire, celui-ci restant fortement marqué par le réseau quadrillé antérieur.

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Données archéologiques et historiques générales

 

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FOURQUIN 1963 = Guy FOURQUIN, Le domaine royal en Gâtinais d'après la prisée de 1332, SEVPEN, Paris 1963.

 

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Données locales

 

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COUVIN 1996 = Fabrice COUVIN, St-Nicolas-de-Bourgueil "Les Ténières II" (Indre-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute Angers - Tours. Orléans = SRA Centre, 1996

 

DAUDIN et SCHMIDT 1995 = Laurence DAUDIN, Ludovic SCHMITT, Longué-Jumelles, Zone d'emprunt de "La Couaille". DFS de sauvetage urgent, Série Prospections. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes = SRA Pays de la Loire, 1995

 

DAVY et THULIÈVRE 1985 = N   DAVY et M  THULIÈVRE, Paysages naturels et paysages agraires de l'Est du Val de Loire, Mémoire de maîtrise de géographie, Tours 1985

 

DELESTRE 1984 = Xavier DELESTRE, Recherches sur le Peuplement antique dans le Val d'Anjou : étude archéophysique du vicus d'Andard (M. et L.). Thèse de doctorat de 3è cycle de l'Université de Paris, 1984

 

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DUPONT 1962 : M. DUPONT, Monographie du Cartulaire de Bourgueil, M.S.A.T., t.LVI, 1962

 

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GRAS 1968 = Jacques GRAS, De la vallée d'Anjou au plateau du Beaugeois,CNRS, Mémoires et Documents du Centre de Recherches et de Documentation Cartographiques et Géographiques, vol. 8, 1968 Paris 1968

 

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HASCOET 1995c = Jacqueline HASCOET, St-Nicolas-de-Bourgueil, zone d'emprunt des "Ténières" (Indre-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Orléans : SRA Centre, 1995

 

LECOMPTE 1980 = Jean-Paul LECOMPTE, Rapport de fouilles du site gallo-romain "les Varennières" (Brain-sur-Allonnes, M-L.), 1980, SRA Nantes

 

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LECOMPTE 1989 : Jean-Paul LECOMPTE, Occupation du sol et peuplement sur le terroir de Bourgueil de la Préhistoire au haut Moyen-Age. Mémoire de maîtrise, Tours 1989

 

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LECOMPTE 1993 = Jean-Paul LECOMPTE, Le site Protohistorique de "la Prairie des Asnières" à Allonnes (Maine-et-Loire), Soc. des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois, 142, 1993, pp. 5-11

 

LECOMPTE 1995 : Jean-Paul LECOMPTE, Etat des connaissances archéologiques dans la vallée de l'Authion et perspectives de recherche sur l'autoroute 1 85

 

LE MENE 1982 = Michel LE MENE, Les campagnes angevines à la fin du Moyen-Age, Nantes 1982

 

MARE 1994a = Eric MARE, Mazé "les Brosses" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

MARE 1994b = Eric MARE, Vivy "Les Petites Coutures 2" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

MARE 1994c= Eric MARE, Vivy "Montquartier 1" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A85 Angers - Tours.

 

MARE 1994d = Eric MARE, Vivy "Montquartier 2" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A85 Angers - Tours.

 

MENAGE 1683 = MENAGE, Histoire de Sablé, Première partie, Paris 1683

 

MEURET 1993 = Jean-Claude MEURET, Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne (des origines au Moyen-Age), Laval 1993

 

NIDERST 1949 = René NIDERST, L'occupation du sol et la vie rurale en Anjou des origines au XIIe siècle. Thèse de doctorat d'Etat, Univ. de Paris-Sorbonne, 1949

 

OPRITESCO, POINSIGNON, PONT et SCHMITT 1994 : Ann OPRITESCO, Véronique POINSIGNON, Corinne PONT et LUdovic SCHMITT, Etudes documentaires, section Corzé - Paris (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgnent, Série  Prospection. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

PERRIN 1995a = Sylvie PERRIN, Longué-Jumelles, zone d'emprunt de "La Couaille" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

PERRIN 1995b = Sylvie PERRIN, Cornillé-les-Caves "Les Hayes Guérin" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouille. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

PETORIN 1995a = Nicolas PETORIN, Vivy "La Croix de Placé 1" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouille. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

PETORIN 1995b = Nicolas PETORIN, St-Georges-du-Bois "La Sicardière" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouille. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

PICHON 1995 = Michel PICHON, Mazé "La Chaussée" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouille. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

PICHON 1995 = Michel PICHON, St-Nicolas-de-Bourgueil "La Prairiedu cassoir" (Indre-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A 85 Angers - Tours. Orléans : SRA Centre, 1995

 

PITHON 1995 = Martin PITHON, Lué-en-Baugeois "La Pâture Baudouin", "Les Narrières", Cornillé-les-Caves (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouille. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

PLOQUIN 1960 = Louis PLOQUIN, Voies romaines et anciens chemins du Saumurois, Bulletin Saumurois, 109, 1960, pp.44-54

 

PLOQUIN 1989 = Louis PLOQUIN, Découverte d'un site gallo-romain au bord de l'Authion, Bull. Soc. des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois, n° 138, 1989

 

PLOQUIN 1996 = Louis PLOQUIN, Allonnes, de la Préhistoire aux Carolingiens, Soc; des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois, n° 145, mars 1996

 

PORT1874-1878 = Célestin PORT, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1874 (I), 1876 (II), 1878 (III), Paris

 

PRIGENT, HUNOT 1996 = Daniel Prigent, Jean-Yves HUNOT, La Mort: Voyage au pays des Vivants. Pratiques funéraires en Anjou, Angers 1996

 

PROVOST 1982 = Michel PROVOST, A la recherche des voies anciennes. Les dossiers de l'Archéologie, n°67, 1982

 

PROVOST 1984-1986 = Michel PORVOST, Le rôle des bourgs andécaves à l'époque romaine. Fédération des Soc. Sav. de Maone-et-Loire. Actes des 42è-43è-44è Congrès, n°2, 1984-1986

 

PROVOST 1988a = Michel PROVOST, Le Maine-et-Loire. Paris : Académie des Inscriptions et Belles Lettres, coll. Carte Archéologique de la Gaule, 1988

 

PROVOST 1988b = Michel PROVOST, L'Indre-et-Loire. Paris : Académie des Inscriptions et belles Lettres, coll. Carte Archéologique de la Gaule, 1988

 

PROVOST 1993 = Michel PROVOST, Le Val de Loire dans l'Antiquité, Paris CNRS, 1993 (Suppl. à Gallia 52)

 

SERVANT 1977 = J.M. SERVANT, Les sols du Val de Loire, Vallée de l'Authion (Maine-et-Loire,.Indre-et-Loire), nouv. éd. 1977, Montpellier

 

THOORIS 1995a= Catherine THOORIS, Blou "Channay" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

THOORIS 1995b = Catherine THOORIS, Blou "La Monerie" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

THOORIS 1995c = Catherine THOORIS, Brion Beluet 1 (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

THOORIS 1995d = Catherine THOORIS, Neuillé "Le Petit Bessac"(Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

THOORIS 1995d = Catherine THOORIS, Vivy "Le Perray 1" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouilles. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

VALAIS 1995a = Alain VALAIS, Bauné "Le haut-Soulage", "Les Cinq Chemins" (Maine-e-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouilles. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

VALAIS 1995b = Alain VALAIS, Mazé "Sénneçay" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Fouilles. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1995

 

VIAU 1995a = Yann VIAU, Brion "la Maltière-Sud" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent. Série Evaluation. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

VIAU 1995b = Yann VIAU, Longué-Jumelles "la Gironnière" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

VIAU 1995c = Yann VIAU, Longué-Jumelles "La Sirotière" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

VIAU 1995d = Yann VIAU, Longué-Jumelles Les Sables" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluation. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

VIAU 1995e = Yann VIAU, Longué-Jumelles "Roisnes" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire, 1994

 

VIAU 1995f = Yann VIAU, Longué-Jumelles La Croix de Placé 2" (Maine-et-Loire). DFS de sauvetage urgent, Série Evaluations. Autoroute A 85 Angers - Tours. Nantes : SRA Pays de la Loire

 

ZADORA-RIO 1977 = Elizabeth ZADORA-RIO, L'habitat seigneurial fortifié en An jou aux XIe-XIIe siècles, Andes, n°6, 1977

 

ZADORA-RIO 1979a = Elizabeth ZADORA-RIO, Bourgs castraux et bourgs ruraux en Anjou aux XIe-XIIe siècles, dans Châteaux et Peuplement, Actes du colloque de Flaran, 1979

 

ZADORA-RIO 1979b = Elizabeth ZADORA-RIO, Construction de Châteaux et fondation de paroisses en Anjou aux XIe-XIIe siècles, Archéologie Médiévale, Tome IX, 1979

 

ZADORA-RIO 1980 : Elizabeth Zadora-Rio, Notes sur le défrichement de la forêt de Chambiers (M. et L.) aux XIe-XIIe siècles, Mémoire n° 4 Soc. Et. Sc. Anjou, 1980

 

ZADORA-RIO 1982 = Elizabeth ZADORA-RIO, Evolution de l'habitat et histoire du paysage dans le Maine-et-Loire : la commune de Marigné. Angers 1982

 

ZADORA-RIO 1983 = Elizabeth ZADORA-RIO, Evolution de l'habitat et histoire du paysage dans le Maine-et-Loire, Action Concertée Archéologie métropolitaine, avril 1983

 

ZADORA-RIO 1986 = Elizabeth ZADORA-RIO, Parcs à gibiers et garennes à lapins : Contribution à une étude archéologique des territoires de chasse dans le paysage médiéval, Hommes et terres du Nord, 1986-2-3, pp. 133-139

 

ZADORA-RIO 1987 = Elizabeth Zadora-Rio, Archéologie du peuplement : La genèse d'un terroir communal. Archéologie médiévale, t. XVII, 1987

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LISTE DES ENSEMBLES PARCELLAIRES

 

 

1 -                Ensemble de la Rainière (com. de Corzé)

2 -           Réseau quadrillé dit de Cornillé-les-Caves

3 -           Ellipse d'Ambréau (com. de Chaumont d'Anjou)

4 -                Ensemble de Vaux (com. de Chaumont d'Anjou)

5 -                Ensemble du Petit Rusé (com. de Bauné)

6 -                Ensembles de Châtillon et de la Perraudière (com. de Lué-en-Baugeois)

7 -                Parcellaire du Moulin de Bauné (com. de Cornillé-les-Caves)

8 -                Parcellaire de la butte de Cornillé-les-Caves

9 -                Parcellaire de la butte de Fontaine-Milon

10 -                Ensemble de la Minotière (com. de Mazé)

11 -                Ensemble du château de Montgeoffroy (com. de Mazé)

12 -         Terroir de Mazé

13 -                Parcellaire des Marillères (com. de Beaufort-en-Vallée)

14 -                Parcellaire de défrichement d'Avrillé (com. de Beaufort-en-Vallée)

15 -                Ensemble d'Avrillé (com. de Beaufort-en-Vallée)

16 -         Polders de la Touchonnerie (com. de Beaufort-en-Vallée)

17 -         Polders des Rivières (com. de Beaufort-en-Vallée)

18 -                Ensemble de Lavau (com. de Gée et St-Georges-du-Bois)

19 -         Ellipse de Jusson (com. de Gée)

20 -         Bloc parcellaire de Fontaine-Guérin

21 -         Domaine du Grand Princé (com. de Beaufort-en-Vallée)

22 -                Parcellaire de défrichement des Landes (com. de Beaufort-en-Vallée)

23 -                Parcellaire de la Maillocherie (com. de Beaufort-en-Vallée)

25 -                Ensemble du château de la Blinière (com. de Beaufort-en-Vallée)

26 -                Ensemble de Montachinon (com. de Beaufort-en-Vallée)

27 -         Domaine du château de la Mottaye (com. de Brion)

28 -                Parcellaires de Gaigné et du Liseron (com. de Brion)

29 -                Parcellaire de la butte de Brion

30 -                Parcellaire de la Maltière (com. de Brion)

31 -                Ensemble du château de Chavigné (com. de Brion)

32 -         Réseau quadrillé de Brion-Longué

33 -         Ellipse de la Couaille (com. de Longué-Jumelles)

34 -         Polders des Marais des Montils (com. de Longué-Jumelles)

35 -                Ensemble de Roisnes (com. de Longué-Jumelles)

36 -         Forme du Perversier (com. de Longué-Jumelles)

37 -                Parcellaire de défrichement des Refroux (com. de Longué-

                Jumelles et de St-Philbert-du-Peuple)

38 -         Parcellaire de défrichement des Landes (com. de St-Philbert-du-Peuple)

39 -                Parcellaire de la butte des Souvenets (com. de Longué-Jumelles et de                 Blou)

40 -                Parcellaire fossile des Quarts (com. de Longué-Jumelles)

41 -         Terroir de Ramefort (com. de Blou)

42 -         Terroir de Blou

43 -         Ellipse de Rouillon (com. de Blou)

44 -         Réseau quadrillé de Blou-Vivy-Neuillé

45 -                Parcellaire lié à la voie dite romaine

46 -                Ensemble du château des Coutures (com. de Vivy)

47 -                Parcellaire de l'Oucheraie (com. de Vivy)

48 -                Carrefour de La Bourillère (com. de Vivy)

49 -                Parcellaire de l'Authion (com. de St-Lambert-des-Levées)

50 -         Réseau quadrillé d'Allonnes

51 -         Forme de La Croix Courault (com. de Vivy)

52 -                Parcellaire du château de la Godinière (com. d'Allonnes)

53 -                Parcellaire de La Bourdaudière (com. d'Allonnes)

54 -                Parcellaire des Près Perrault (com. d'Allonnes)

55 -         Bloc parcellaire de Russe (com. d'Allonnes)

56 -                Parcellaire de la Chaussée (com. de Brain-sur-Allonnes)

57 -                Parcellaire du Bas de Jarry (com. de Brain-sur-Allonnes)

58 -         Réseau quadrillé de Bourgueil

59 -                Parcellaire de Restigné

60 -                Parcellaire de La Croix des Pierres (com. de Restigné)

61 -         Réseau quadrillé d'Ingrandes

 

 

 

LISTE DES SITES ET INDICES DE SITES

 

 

1 -           La Girardière (com. de Corzé) : on y aurait vu, au début du siècle, les "traces d'une petite nécropole à incinération et à inhumation", datée des IV°-V° s. et du début de l'époque mérovingienne (PROVOST 1988, 134).

2 -           La Pidoucière (com. de Corzé) : très beau dolmen de type angevin (PORT 1874, N.E., 813).

3 -                Fossebouet (com. de Bauné) : coin d'enclos d'âge non déterminé (prospection aérienne A.Braguier, dossier SRA Nantes)

4 -           Chalocé (Chaumont d'Anjou) : ancienne abbaye (PORT 1874, 574-575) ; le cadastre napoléonien a conservé des toponymes de ce passé : "la Douve", "la basse-Cour", "la Bestiale".

5 -           Le Fourneau (com. de Chaumont d'Anjou) : une parcelle circulaire ("la Rotonde"), à proximité d'une parcelle dite "le Bois des Mottes" pourrait être le vestige d'une motte féodale. Elle se trouve tout près du château de la Rochebouet, dont le toponyme suggère la présence d'une motte.

6 -           Château de Rochebouet (com. de Chaumont d'Anjou) : mentionné dès le XIe s. ("terra de Rocha"), cf PORT 1878

7 -           Les Eponaux (com. de Chaumont d'Anjou) :  la toponymie("les grandes Tombes", "les petites Tombes" a suggéré l'existence ici d'une nécropole (dossier SRA Nantes)

8 -           La Motte (com. de Chaumont d'Anjou) : éminence encore visible (cadastre 1830, A 392, 394) sur laquelle est construit un logis des XVe-XVIe s. Un terrain fossoyé est conservé au nord-ouest (basse-cour?) : ce chemin creux, large de 4m, profond de 2m pourrait correspondre aux anciennes douves (dossier SRA Nantes).

9 -           Le Tertre (com. de Lué-en-Baugeois) : plateforme rectangulaire, parfaitement conservée dans le parcellaire ancien. Il peut s'agir des restes d'une maison-forte.

10 -         C'est près de l'ancienne ferme de Châtillon (com. de Lué-en-Baugeois), dans le Bois du Châtelet, sur un point culminant, qu'a été remarqué un "ancien retranchement rectangulaire, long de 100m, large de 50, appelé dans le pays "Camp des Romains", ou plus souvent "Camp des Anglais", avec talus (DESMAZIÈRES 1911, rubrique Lué).

11 -         La Petite Perrière (com. de Fontaine-Milon) : traces parcellaires fossiles formant un angle droit (prospection aérienne J.P.Bouvet, dossier SRA Nantes).

12 -                Montgeoffroy (com. de Mazé) : "non loin du château de Montgeoffroy,..des murailles avec appareil de briques à rebord" (PORT 1876, 633)

13 -         Le Bois (com. de Mazé) : ancienne terre seigneuriale avec manoir entouré de douves (PORT 1874, 308).

14 -         Gué d'Anjan (com. de Mazé) : une voie antique en direction de la Loire, par le Patis-Potier (PORT 1974, 633) franchissait en ce lieu l'Authion, sur "une arche de construction romaine" encore visible du temps de C. Port.

15 -         Les Marillères (com. de Beaufort-en-Vallée) : on aurait découvert au siècle dernierles restes d'une villa romaine, avec un mobilier abondant : enduits peints, céramique, verrerie, armes, statue, argenterie.. (DENAIS 1928, 115)

16 -         St-Pierre-du-Lac (com. de Beaufort-en-Vallée) : considéré comme le site original de Beaufort-en-vallée. De nombreux vestiges gallo-romains y ont été découverts au siècle dernier (murs d'une "maison de 6 à 7 pièces" dans l'ancien cimetière, tronçons de colonnes, fragments de marbre, briques de piles d'hypocauste..: PORT 1878)

17 -         La Porte aux Moines (com. de Beaufort-en-Vallée) :

18 -         Le Bourg de Beaufort-en-Vallée : occupation gallo-romaine (nécropole rue de l'Hôpital, vestiges divers dans les vieilles douves, dans la rue du Fort...)

19 -         Le château de Beaufort-en-vallée

20 -         Château du Dauphiné (com. de Fontaine-Guérin)

21 -         La Grande Boisselière (com. de Brion) : une prospection suivie d'une surveillance de travaux a conduit à la découverte de nombreux artefacts lithiques et d'objets métalliques d'époque gallo-romaine (dossier SRA Nantes).

22 -         La Maltière (com. de Brion) : "sur le bord de la route", découverte de cercueils d'ardoise "dont on observait encore en 1872 la pointe, recouverte d'une pierre coquillière. C'est peut-être l'origine du nom mala terra" (PORT 1876)

23 -         La Nucière (com. de Brion) : habitat aujourd'hui disparu. Le cadastre napoléonien révéle la présence d'une probable maison-forte, sur les terres de la Nucière, en lisière de bois. Se trouvant précisément sur le tracé de l'A 85, le site n'est pas apparu dans les sondages de la prospection (arasement total).

24 -         La Cour des Montils (com. de Longué-Jumelles)

25 -         La Butte de l'Epine et le Breil (com. de Longué-Jumelles)

26 -         Château d'Avoir (com. de Longué-Jumelles)

27 -         La Grande Chênaie (com. de Longué-Jumelles) : J.P.Lecompte a repéré par prospection aérienne, tout près de la supposée Via Andecavensis, les traces d'un enclos protohistorique de forme ovalaire (29x22m), pourvu d'une ouverture. Du matériel protohistorique a été découvert en surface. Un système parcellaire en périphérie pourrait être contemporain. Des tegulae en grande quantité et de la céramique gallo-romaine jonchent tout le secteur (LECOMPTE 199 ).

28 -                Monticule des Peux (com. de Longué-Jumelles) : découverte de poteries gallo-romaines), cf PORT 1878, 84.

29 -         Butte des Marais (com. de Longué-Jumelles) : sarcophages en pierre coquillière non datés (PORT 1876, 585). Maison-forte.

30 -         Voie dite romaine (Via Andecavensis) : elle était semble-t-il encore bien conservée au début du XIXe s. du Bois-Long à la Croix Patée, au hameau de Avoir (BODIN 1812, 56-59), au bois-Charruau (PORT 1874, 172), à la Chaussée (id. 1874, 652), et à la ferme du Haut-Chemin (ibid., 674). Elle entre sur la commune de Vivy au lieu-dit "les Alvertes". D'après C. Port (1874,16), elle passait "à quelques mètres au nord de l'ancien bourg", qui a livré un abondant mobilier gallo-romain, dont une "marmite en bronze" qui se trouve au Musée des Antiquités Nationales.

31 -         La Fosse (com. de Longué-Jumelles): ancien cours d'eau

32 -         Athée (com. de Longué-Jumelles). Ancien Vicus Thanaicus  ou Villa Thanae. Il s'agirait du noyau initial de Longué

33 -         La Sirotière (com. de Longué-Jumelles) : logis seigneurial entouré de douves et d'un mur d'enceinte en petits moellons d'une "très haute antiquité". A proximité, la grange dimière.

34 -         Champ Robin (com. de Vivy) : céramique gallo-romaine et essentiellement du haut Moyen-Age (site à mettre peut-être en relation avec le site des Bigottières). La ferme de Champ Robin : ensemble de bâtiments entourés de douves

35 -         Les Epinettes (com. de Vivy) : villa gallo-romaine détectée par prospection aérienne (LECOMPTE 1987). Le plan de l'ensemble, fort imposant par ses dimensions, est peu lisible. Site SRA 49 378 01O AH

36 -         La Bigottière (com. de Vivy) : bâtiment (gallo-romain? du Haut Moyen-Age?) détecté par prospection aérienne (LECOMPTE 1987, 1990). Site SRA 49 378 011 AH

37 -         Nazé (com. de Vivy) : maison-forte entourée de douves (PORT 1876   ). Site SRA 49 378 013 AH

38 -         La Présaie (com. de Vivy) : manoir      

39 -         Gué d'Arcy (com. de St-Martin-de-la-Place) : occupation campaniforme, de l'Age du Bronze et gallo-romaine (terra nigra et commune). Structures en bois (pieux, planches, torchis.) s'étendant sur plusieurs centaines de mètres, entre La Blinière et le pont actuel du gué d'Arcy. Site découvert lors d'une prospection au sol après curage de l'Authion

40 -         Le Grand-Perray (com. de Blou) : la ferme du Grand-Perray était encore entourée de douves au XVIIIe s. (la construction actuelle date du XIXe s.: id., 1874, 368). Au sud du Grand-Perray, plus exactement entre le Grand-Perray et le Petit-Perray, passe la voie reliant Blou à Longué, l'ancienne "voie perrée" mentionnée dans les textes post-médiévaux, dont l'origine remonterait à l'époque gallo-romaine : au XIXe s., "on en voyait encore de grandes dalles en place ou amoncelées sur les bords du chemin" (id., 1878, 77). Au lieu-dit la Coudre (com. de Blou), sur cette même voie, a été trouvée une "borne arrondie par le sommet de 1,20m sur 0,40m avec un chiffre indiqué par cinq lettres romaines" (ibidem). Il pourrait s'agir d'une borne romaine.

41 -         Les Pierres Plates (com. de Blou) : à proximité d'un site du haut Moyen-Age repéré par prospection pédestre (ZADORA-RIO 1987, 61, sites n° 49 170 19 et 49 170 20), se trouverait une nécropole à sarcophages (ibidem).

42 -         Du château de de l'ancien village de Ramefort (com. de Blou), il ne reste plus qu'un microtoponyme. La thermographie sur le site dessine une forme circulaire d'environ 45m de diamètre (ZADORA-RIO, ibidem, 43), qui correspond plus ou moins à l'anomalie circulaire parfaitement visible sur un cliché de l'IGN (PL.   ). Il s'agit du château épiscopal, "bon fort et gros logis bien basty", entouré d'un double système de douves. En 1752, le château était "entièrement ruiné" (ibidem).  

43 -         La Bussardière (com. de Blou) : site gallo-romain (repéré par prospection pédestre), avec traces d'une occupation néolithique (ZADORA-RIO, ibidem, 59)

44 -         Au village de Blou, près de l'église, le long de la voie reliant Blou à Longué (voie supposée romaine), nécropole à sarcophages (ZADORA-RIO, ibidem, 62, site n° 49 170 23). Nécropole non fouillée, donc non datée

45 -         La Bussardière (com. de Blou) : à 700m au sud du château de Ramefort, plate-forme de maison-fort, de 45x55m, entourée sur 3 côtés d'un fossé large de 8m (cadastre de 1955). D'après E. Zadora-Rio, il s'agirait de l'ancienne Cour de Ramefort, mentionnée à partir du XIIIe s., siège de la famille seigneuriale de ramefort (ZADORA-RIO, ibidem, 44, site n° 49 170 01).

46 -         Le Boucher (com. de Blou) : site du haut Moyen-Age (nombreux tessons, dont un de dérivée de sigillée paléochrétienne : ZADORA-RIO, ibidem, 61, site n° 49 170 11)

47 -         Channay (com. de Blou) : site du Haut Moyen-Age, repéré par prospection pédestre (ibidem : site n° 49 170 12).

48 -         La Petite Ménarderie (com. de Blou) : 2 sites proches, l'un du haut Moyen-Age, l'autre du Haut Moyen-Age et du Moyen-Age, repérés par prospection aérienne (ZADORA-RIO, ibidem, 61 : sites n° 49 170 13 et 49 170 14).

49 -         La Tour du Coq (com. de Blou) : hébergement mentionné dans un texte du XIII, n'appartenant vraisemblablement pas, malgré sa proximité, au village de Ramefort (ZADORA-RIO, ibidem, 44).

50 -         Le Temple (com. de Blou) : site gallo-romain des Ier et IIe s., repéré par prospection pédestre (ZADORA-RIO, ibidem, 61, site n° 49 170 18).

51 -         La Huetterie (com. de Blou) : bâtiment gallo-romain (fondation de 7x4m posée sur radier) appartenant vraisemblablement à un ensemble plus vaste (la tradition veut que, dans une parcelle voisine en taillis, se trouvent les fondations d'une "cathédrale", terme fréquemment employé par les paysans quand apparaissent dans les champs des fondations). Au sol, des fragments de tuffeau, de tuiles à rebords. Le site se poursuit sur le haut de la butte, dans le bois (de nombreux vestiges ont été trouvés au XIXe à la Croix Orée : cf PORT 1874, 367-368).

52 -         Les Aubiers (com. de Blou) : nécropole à sarcophages (PORT, ibidem, 148). Cette nécropole se situe sur la "voie médiane" déterminée par E. Zadora-Rio (ZADORA-RIO, ibidem, 46, fig. 11).

53 -         La Pierre Saint-Doucelin (com. d'Allonnes) : sur la rive du ruisseau d'Automne, pierre en grés éolien, en forme de siège, qui au XVe s. servait à marquer la limite d'entre les paroisses de Vivy et d'Allonnes (PORT 1874,92)

54 -                Beauséjour (com. d'Allonnes)

55 -         La Touche (com. d'Allonnes). Ensemble de bâtiments entouré de douves, à proximité d'un axe nord-sud qui suit la vallée de l'Automne et semble correspondre à un axe majeur de la trame quadrillée d'Allonnes. Sans références historiques

56 -         Prairie des Annières (com. d'Allonnes) : enceinte de l'Age du Bronze repérée en prospection aérienne par J.P.Lecompte (LECOMPTE 199O, 1993)

57 -         La Pelouse (com. de St-Lambert-des-Levées) : site néolithique découvert avant 1856 : 25 à 30 foyers, silex taillé (COURTILLER 1856)

58 -         Les Tertres (com. de St-Lambert-des-Levées) : site néolithique (haches de pierre, couteaux de silex), sépultures gallo-romaines ou mérovingiennes (DION 1934)

59 -         Les Arrivaies (com. de Villebernier) : site d'habitat gallo-romain, sur la dépression latérale (altitude 24m). Repéré en prospection aérienne par J.P.Lecompte (LECOMPTE 1987), il se présente sous forme d'un grand enclos quadrangulaire. Au sol, tegulae.

60 -         La Plantée (com; de Villebernier) : enclos quadrangulaire (site SRA 49 374 003 AH)

61 -         Les Pâtureaux (com. de Villebernier) : site gallo-romain localisé sur le bourrelet : tegulae et céramique (PROVOST 1988, 76)

62 -         Le Cimetière du Bourg d'Allonnes : nombreuses monnaies romaines, tuiles à rebord ; nécropole du haut Moyen-Age (PORT 1874, 14). Site SRA 49 002 001 AH

63 -         Le Bourg d'Allonnes, maison Ploquin : site protohistorique de la Tène III, mobilier gallo-romain (3 monnaies du IVè s., un tesson de céramique d'Argonne) céramique commune gallo-romaine, tegulae (DELESTRE, PLOQUIN 1980) ; à l'entrée ouest du bourg, sur le versant du coteau, niveau antique avec mobilier céramique abondant découvert à l'occasion de la construction d'une maison (SIRAUDEAU 1977).

Le Prieuré d'Allonnes : fondé au Xe s. par les moines de l'abbaye St-Florent, et doté de terres par le comte d'Anjou (PORT 1874, N.E. 1978, 15). La presque totalité du bourg  était dans le Fief du prieuré. Une partie des biens de prieuré a été aliénée au XVIe s. au profit du trésor royal (site SRA 49 002 013 AH)

64 -         Le Grand Pré Brunet (com. d'Allonnes) : enceinte protohistorique (site SRA 49 002 004 AH)

65 -         Le chemin de Bonnevau franchit l'Authion sur le Pont du Gué : axe nord-sud probablement antique

66 -         Le Chantier (com. d'Allonnes) : bâtiment gallo-romain découvert par prospection aérienne (LECOMPTE 199 ). Site SRA 49 002 011 AH

67 -         La Barre (com. de Varennes-su-Loire) : site néolithique

68 -         Château de La Coutancière (com. de Brain-sur-Allonnes) : château reconstruit sur une forteresse. Situé à proximité de l'axe reliant Brain-sur-Allonnes et plus au nord la maison-forte de Vauzelle au Pont du gué sur l'Authion, via Bonneveau.

69 -         Jarry (com. de Brain-sur-Allonnes) : puits gallo-romain. Site SRA 49 041 002 AH

70 -         Les Varennières (com. de Brain-sur-Allonnes) : villa gallo-romaine avec galerie, sise en bordure de terrasse. Repéré en prospection aérienne par J.P.Lecompte (LECOMPTE 1987, 1990)

71 -         Les Fondis (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : sanctuaire chrétien, église par prospection au sol (LECOMPTE 1984). Site SRA 37 228 018 AH ; traces d'un gra,nd bâtiment repérées en prospection aérienne par J. Siraudeau. L'exploitant affirme sortir des tegulae entières lors des travaux de culture (dossier SRA Orléans)

72 -         Les Prés Daveau (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : voie gallo-romaine, repérée par J.P.Lecompte lors du recalibrage du ruisseau du Lane (site SRA 37 228 039 AH)

73 -         les Grands Champs (com. de Brain-sur-Allonnes) : villa gallo-romaine, en bordure de terrasse, repérée en prospection aérienne et au sol (deux fondations de mur ; céramique des 1er et IIe s. : LECOMPTE 1987, 1990)

74 -                Grenelles/Ile Grolleau (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : structures en bois (LECOMPTE 1987)

75 -         Les Grenelles (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : site néolithique, entre Lane et Changeon, sous 60-80cm de couche alluvionnaire. Niveau archéologique intact (site SRA Centre 37 228 006 AP). 60cm au-dessus du niveau néolithique, site d'habitat (?) gallo-romain : céramique de la fin du Ier-IIe s. (LECOMPTE 1987)

76 -         Les Aunais (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : bâtiment et pieux en bois gallo-romains. Prospection au sol par J.P. Lecompte (LECOMPTE 199 ) lors du creusement d'un étang

77 -         Sur le Lane (limite entre les communes de St-Nicolas-de-Bourgueil et de Chouzé), gué romain fouillé par J.P.Lecompte, sur l'ancien chemin Nord-Sud qui va du Frêne à Montachamp : la datation par dendrochronologie de trois des pieux fixe l'abattage des arbres à la toute fin du Ier s. de n.è. (vers 95 A.D.). Les deux rives du Lane sont aménagées : l'une présente un aménagement de pieux (rive droite), l'autre un alignement et un empierrement (LECOMPTE 199  )

78 -         La Taille (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : site du Haut Moyen-Age de "La Grande Chainte"  (SRA 37 228 024 AH)

79 -         La Martelière (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : voie gallo-romaine décelée par prospection au sol lors du recalibrage d'un fossé (LECOMPTE     )

80 -         Le Grand Plessis (com; de Chouzé) : site médiéval (probablement motte et basse-cour)

81 -         Les Ténières (com. de St Nicolas-de-Bourgueil) : site néolithique (vestiges lithiques)

82 -         Les Ténières (com. de St-Nicolas-de-Bourgueil) : site gallo-romain (substructions détectées en prospection aérienne par J.P.Lecompte). Abondant mobilier gallo-romain : tegulae, céramique commune, moellons..

83 -         Le château d'eau (com. de Chouzé) : traces linéaires vues en prospection aérienne (LECOMPTE   ) et interprétées comme un chemin antique

84 -         Les Forêts (com. de Bourgueil) : traces linéaires, circulaires vues en prospection aérienne (LECOMPTE). Mobilier gallo-romain et médiéval

85 -         Les Forêts (com. de Bourgueil) : 3 indices de site situés de part et d'autre de l'anciene voie allant du Port d'Ablevois à Bourgueil

86 -         Les Forêts/L'Essert (com. de Bourgueil) : fossé et habitat gallo-romain, détecté en prospection aérienne par J.P.Lecompte

87 -         Les Galuches (com. de Bourgueil) : céramique du bas-Empire et du haut Moyen-Age

88 -         Pont de Santenay/Le Grand Pré (com. de Restigné) :tourbière protohistorique. Mobilier céramique, alignement de pieux, moellons et tegulae gallo-romaines et du Haut Moyen-Age. Voie et céramique du Bas-Empire découvertes lors de travaux ruraux (site SRA 37 031 019 AH)

89 -         La Péruserie (com. de Restigné) : structure agraire indéterminée, détectée par prospection aérienne (LECOMPTE 1990)

90 -         Les Grands Champs (com. de Restigné) : deux enceintes curvilinéaires de datation indéterminée, détectées en prospection aérienne par J.P.Lecompte

91 -         Les Grandes Rotes (com. de Restigné) : une enceinte curvilinéaire de datation indéterminéedétectée en prospection aérienne par J.P.Lecompte (LECOMPTE 1990)

92 -         Les Cailloux (com. de Restigné) : concentration de tessons gallo-romains et tegulae. Prospection pédestre SRACentre (site SRA 37 193 001 AH)

93 -         La Corne de cerf (com. de restigné) : traces laissées par la rupture de la digue

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