Une nouvelle revue

 

 

 

 

ARCHEOLOGIA AEREA

Studi di Aerotopografia Archeologica

 

volume I, Rome 2004, 320 p.

volume II, Rome 2007, 320 p.

 

 

 

Archeologia Aerea est une revue publiée par la Libreria dello Stato, Istituto poligrafico e zecca dello Stato, et placée sous la direction scientifique de Giuseppe Ceraudo, professeur à l’Université du Salento, Département des Biens culturels (Lecce) et Fabio Piccarreta, professeur à la Seconde Université de Naples, Département d’étude des composants culturels du Territoire.


La couverture du second volume de la revue

 

 

 

 

Table des matières des deux volumes

 

TOME I  (2004)

 

L. GIARDINO, Omaggio a Dinu Adamesteanu (p. 15)

R. BEWLEY, Understanding the Past. Aerial Survey, Remote Sensing, Interpretation and Management (p. 37)

G. CERUDO, Un secolo e un lustro di fotografia aerea archeologica in Italia, 1899-2004 (p. 47)

F. PICCARRETA, Il laboratorio di Fotogrammetria finalizzata della SUN (p. 69)

C. MUSON, The Aerial Archaeology Research Group (AARG) and Aerial Survey Training Schools in Hungary, Poland and Italy 1996-2003 (p. 81)

F. VERMEULEN, Fotografia aerea finalizzata nelle Marche centrali : un progetto integrato (p. 91)

P. CIUCHINI, Carsulae : alcune notazioni in merito ai resti della cinta di fortificazione ed alle tracce da foto aerea ad essa riferibili (p. 119)

G.F. POCOBELLI, Vulci : il contributo della fotografia aerea alla conoscenza dell’area urbana (p. 127)

G. SCARDOZZI, Falerii Novi : georeferenziazione di tracce aerofotografiche relative all’area extraurbana settentrionale (p. 145)

G. CERAUDO, La via Latina tra Fabrateria Nova e Casinum : precisazioni topografiche e nuovi spunti metodologici (p. 155)

C. MARTINO, L’insediamento protostorico di San Donato di Lecce (p. 183)

D. LAURO, L’apporto della fotografia aerea alle indagini storico-topografiche lungo la valle del fiume San Leonardo nel territorio di Himera (p. 193)

M. DONEUS, Aerial Archaeology in the Landscape of Carnuntum (p. 215)

G. SCARDOZZI, Il contributo delle riprese satellitari e aeree alla conoscenza dell’urbanistica di Hierapolis (p. 235)

M. SPANU, Una serie di fotografie aeree poco note di Dura-Europos (p. 249)

S. CAMPANA, Le immagini da satellite nell’indagine archeologica : stato dell’arte, casi di studio, prospettive (p. 279)

P. MEROLA, Tecniche di telerilevamento iperspettrale applicate alla ricerca archeologica. Il caso di Lilybaeum (p. 301).

 

 

TOME 2 (2007)

 

E.J. SHEPHERD, Il « Rilievo topofotografico di Ostia dal pallone (1911) »  (p.15)

F. FRANCHIN RADCLIFFE, C. MUSSON, John Bradford : his Life and Legacy (p. 39)

G. CHOUQUER, Les centuriations : topographie et morphologie, reconstitution et mémoire des formes (p. 65)

G. SCARDOZZI, L’urbanistica di Hierapolis di Frigia : ricerche topografiche, immagini satellitari e fotografie aeree (p. 83)

S. CAMPANA, R. FRANCOVICH, Progetto Ricognizione Archeologica Aerea della Toscana. Rapporto 2000-2005 (p. 135)

G. CIAMPOLTRINI, M. COSCI, C. SPATARO, La cerchia della città etrusca di Doganella (Orbetello). Un contributo dalla fotografia aerea (p. 153)

G.F. POCOBELLI, Il territorio suburbano di Vulci attraverso le evidenze aerofotografiche. Viabilità e necropoli (p.167)

U. MOSCATELLI, Primo contributo della fotografia aerea all’individuazione delle strutture materiali del castello di Monte Franco di Pollenza (p. 187)

M. ZAMBARDINI, Mura sannitiche e romane su Monte Santa Croce a Venafro : nota topografica preliminare (p.197)

R. GOFFREDO, G. VOLPE, Fotografia aerea, archeologia globale e paesaggi antichi della Daunia. Esempi dalle valli dell’Ofanto e del Carapelle (p. 219)

A. RIZZO, Il contributo della fotografia aerea per lo studio di Roca Vecchia e del suo territorio (p. 247)

M. DONEUS, Aerial Archaeology in the Area of Mazara del Vallo, Sicily. Report of Reconnaissance Seasons 2003 and 2004 (p. 269)

G. DI GIACOMO, Le immagini anaglifiche (p. 285)

Appendice: G. DI GIACOMO, G. SCARDOZZI, Visualizzazioni in tre dimensioni mediante anaglifi delle immagini satellitari ad alta risoluzione di Hierapolis (p. 292)

Recensioni e segnalazioni (p. 297-317).

 

 

 

PRÉSENTATION ET COMMENTAIRE

 

Cette nouvelle revue, portée par l’Université de Lecce et la seconde Université de Naples, se situe dans la tradition italienne d’études de topographie antique. Cette voie d’investigation bien connue a conduit les chercheurs italiens à développer, dès le XIXe siècle et en parallèle à l’édition des cartes puis des photographies aériennes, des études sur les monuments et le paysage antique, villes, ports, voies et centuriations. Mais il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que le matériau cartographique, et surtout photographique, soit régulièrement exploité, comme cela a été le cas dans les travaux de Ferdinando Castagnoli, Dino Adamesteanu (auquel le premier volume rend hommage), Giulio Schmiedt, Pierluigi Tozzi et quelques autres.

Aujourd’hui, la photo-interprétation a profondément évolué, et les travaux italiens prennent très favorablement place dans les recherches les plus innovantees. Cette revue illustre ainsi parfaitement les deux tendances principales que soulignent les éditeurs dans leur avant-propos : la recherche de perfectionnements méthodologiques et techniques favorisant la prise de vue et l’interprétation des images produites ; le renouvellement de la cartographie archéologique.

Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans la revue des articles portant sur les principaux genres suivants :

- des articles sur les gloires du passé : Dino Adamesteanu (vol. I) ; John Bradford (vol. II).

- des articles sur les technologies ;

- des monographies de sites ;

- des articles d’archéotopographie décrivant les grandes lignes d’organisation du “paysage” à des époques anciennes, surtout l’époque antique ;

- des articles sur des collections de photographies aériennes ou de documents exceptionnels (ex : collection de photographies photographiques remarquables sur le site de Dura Europos, ou sur Ostie antique)

 

La qualité éditoriale, qui illustre traditionnellement les publications italiennes, est au rendez-vous. L’iconographie, d’une grande abondance, est en tous points remarquable : photographies aériennes, obliques et verticales, cartes et plans. C’est le point fort d’une revue qui s’affiche comme une publication de référence dès ses deux premiers numéros. C’est aussi ce qui justifie le prix des volumes.

Soulignons encore que ces deux volumes attestent la vitalité des recherches produites par les universités d’Italie méridionale.

 

 

 

Le premier numéro, qui compte dix-sept articles, n’est pas uniquement consacré à des travaux des Italiens sur leur propre pays : les éditeurs ont souhaité rendre compte de travaux d’équipes étrangères œuvrant en Italie et de travaux portant sur des terrioitres étrangers. Pour le premier article de fond, ils ont courtoisement donné la parole à Robert Bewley, chercheur du département archéologique de l’English Heritage. Les travaux de reconnaissance dans les îles britanniques n’ont plus à faire la preuve de leur excellence, notamment en matière de cartographie.

Je suis assez d’accord pour dire, avec Robert Bewley, que l’avion et la vue aérienne ont modifié le cours de l’histoire humaine. Il faudrait sans doute également insister sur le rapport spéculaire que la vue aérienne inaugure entre les hommes et leur terre. Je crois que la figure du miroir du satellite qui reçoit et mesure la quantité d’énergie électromagnétique et la restitue par des informations codées que déchiffre un ordinateur au sol dépasse le statut de simple moyen de connaissance pour transformer la connaissance elle-même.

L’Italie occupe néanmoins la part principale de ce premier numéro et on ne s’en plaindra pas. Après un article récapitulatif des recherches italiennes entre 1899 et 2004, dû à Giuseppe Ceraudo, plusieurs articles proposent des travaux de photogrammétrie et d’archéologie aérienne qui aboutissent à des plans et des cartes d’une réelle qualité informative : site de l’antique cité de Cales en Campanie (p. 79), de la colonie grecque d’Héraclée (p. 63), de la ville antique de Vulci (pp. 132-134). L’étude de Giorgio F. Pocobelli, de l’Université de Salerne, sur cette dernière cité peut passer pour un modèle. La ville étrusque est posée sur une table de tuf volcanique, et l’interprétation des missions photographiques, verticales et obliques, autorise la compilation de tracés fort divers et complémentaires qui, avec le relevé des fouilles archéologiques entreprises depuis plusieurs décennies, dressent un plan détaillé du site et de ses environs immédiats. Les travaux des équipes anglaise et belge qui dirigent des projets en Italie sont présentés. Il faut noter l’intéressant article de Frank Vermeulen, qui décrit le projet intégré de recherches portant sur la vallée du Potenza, avec la première restitution du plan de cités connues par ailleurs : Trea, Helvia Ricina, Potentia.

Le volume donne la primauté à l’étude des plans urbains de cités antiques et de quelques voies mais concerne peu le monde rural. Sollicitons la production d’études en ce sens, dans les prochains numéros de la revue.

 

Le second numéro, paru 3 ans après le premier, confirme les orientations et les choix du premier volume.

Les travaux des pères fondateurs sont illustrés par deux articles. L’un porte sur une misson de 1911 portant sur Ostie et effectuée depuis un ballon. L’autre concerne la haute figure de John Bradford, l’auteur du fameux ouvrage Ancient Landscapes, dont on sait le rôle qu’il a tenu dans l’ouverture des esprits à la recherche des planimétries et des paysages disparus tout autour de la Méditerranée. Le rappel des travaux de ce chercheur est particulièrement bienvenu (liste p. 61-62).

Les sites monumentaux ou majeurs tiennent une place de choix : à nouveau Hierapolis en Turquie, site pour lequel est proposé un gros article de fond abondamment illustré ; les nécropoles de la cité de Vulci ; l’établissement de Roca Vecchia dans le Salento ; la cité étrusque de Doganelle à Orbetello ; le site de Venafro en Molise.

Les programmes de recherche portant sur des territoires ou des espaces géographiques cohérents sont présentés dans plusieurs articles. Une très intéressante étude concerne les vallées de l’Ofanto et du Carapelle dans la région de Lucera, près de Foggia. Les résultats présentés montrent l’efficacité de la prospection aérienne à basse altitude dans une région où des exemples fameux avaient déjà été présentés par le passé, notamment par John Bradford. L’inventaire du Tavogliere des Pouilles se poursuit et la densité des vestiges atteint des niveaux records (fig. 1, p. 223). Un autre article décrit le projet de prospection aérienne de la Toscane en insitant sur l’organisation de la recherche, et livre quelques-uns des résultats. Enfin, un article décrit les premiers résultats du projet de prospection aérienne de la région de Mazara del Vallo en Sicile.

Les techniques sont représentées par un article sur les anaglyphes, qui permettent de voir en relief les structures photographiées.

À noter, dans ce second volume, une série de six comptes rendus.

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