Quelles définitions pour les opérations d’arpentage

de l’ager Albensis ?

Nouvelles considérations sur le territoire d’Alba Fucens.

 

(version de travail pour les pré-actes du colloque)

 

 

par Tiziana Ercole

 

 

La question de la centuriation d’Alba Fucens a été abordée par plusieurs archéologues qui, à partir des sources, des moyens cartographiques et de la photographie aérienne, soutiennent, en définitive, les hypothèses suivantes :

 

  • Limitatio de l’ager albensis, contemporaine de la fondation de la colonie, reconnaissable dans les tracés des decumani (limites intercisivi) orientés à 62° Le rythme des axes parallèles a été défini en manière différente par les auteurs. Castagnoli parle de 440 m., Mertens de 420 m, Chouquer, Van Wonterghem proposent l’existence des bandes de 1440 pieds, soit 12 actus (424,8 m.) [1]
  • Strigatio/scamnatio à intégration de la limitatio, fonctionnelle au lotissement[2]
  • Centuriation en mailles carrée de 424,8 m.[3] [4]Ce module reprend la distance entre les decumani de 1440 pieds et l’applique à l’équidistance entre les kardines.

Sur l’encadrement temporel de cette intervention d’arpentage, les deux auteurs sont discordants, du fait que Borghesi est pour une datation haute de la centuriation, alors que Van Wonterghem la considère comme une évolution de la limitatio originaire sur laquelle se serait appuyée une subdivision ultérieure, à axes verticaux, dont la fossilisation persiste dans les kardines identifiés dans tout le secteur NO du Lac de Fucino, jusqu’à Celano.[5]

 

Il reste à interpréter la notice du Liber Coloniarum II (253, 5-14 La) et Liber Coloniarum I (244, 13-17 La), où les archéologues ont vu une renormatio de l’opération originaire d’arpentage mais qui n’a été jamais identifié sur le terrain.

 

G. Chouquer vient d’aborder la relecture et la  ré-interprétation des notices du Liber coloniarum en introduisant une hypothèse qui suggère la recherche vers un nouveau modèle appliqué par les arpenteurs et dont les effets de transmission pourraient être lisibles en plusieurs endroits du secteur du Fucino.

Le point de départ des hypothèses de Chouquer est constitué par deux passages des Libri coloniarum II (253, 5-14 La) et I (244, 13-17 La).

 

La notice du Liber coloniarum II (253, 5-14 La) dit :

« Le territoire d’Alba a été, en divers lieux, assigné par limites interparcellaires, avec des bornes de travertin appelées Ciliciennes, et placées sur les limites. En d’autres endroits, en vérité, (on a opéré) avec des monuments religieux ou des tombeaux ou des tracés rectilignes. La distance qui les sépare est de 1250 pieds ou moins. Mais la plus grande partie a été assignée par limites.

En outre le bornage a été effectué le 6e jour des ides d’octobre par Cilicius Saturninus, centurion de la VIIe cohorte, 20 arpenteurs étant intervenus. Et les bornes sont appelées Ciliciennes, du nom de Cilicius. Cette détermination a été exécutée sous le consulat d’Orfitius l’Ancien et de Quitus Scitius Priscus. »

(Trad. Fr. Favory, dans Chouquer et al. Structures agraires..., 1987, p. 67-68).

 

Une confirme de ce qui a été décrit dans le L.C. II (253, 5-14 La) on la retrouve dans le Liber coloniarum I (244, 13-17 La).

 

A partir de ces textes, dans une nouvelle étude (inédite) de G. Chouquer, l’auteur aborde la question de l’intérpretation des formes inhèrentes à une partition intermediaire, dans le territoire de Celano, à l’interieur des bandes définies par la limitatio et suggère une cohérence mètrologique entre sa réconstruction et le texte du Liber Coloniarum.

En analysant le texte du Lib. Col. II (253, 5-14 La) et du Lib. Col. I (244, 13-17), Chouquer pose l’accent sur les deux phases d’arpentage concernant une assignation initiale (303 av. J. C.) et une opération de bornage qui remonte au 149 apr. J. C, bornage effectué selon un rythme de 1250 pieds ‘et infra’.

Sur la base de cette mesure, Chouquer avance l’hypothèse de la présence de scamna/strigae  caractérisée par des unités de 26 actus (3120 pieds) x 12 actus (1440 pieds) qui, considérées comme groupe de 2 unités (2 x 26= 52 actus), équivalent à une longuer de  6240 pieds. Cette mesure, divisée par 5 produit des sub-unités de 1248 pieds x 1440 pieds.

L’intervalle de 1248 pieds est significative et se rapproche à la mesure mentionnée dans le Lib. Col.

(1250).

 

L’expression ‘quam maxime limitibus est assignatus’ laisse entendre que seulement des secteurs ont fait objet d’un remaniement, alors que « la plus grande partie a été assignée par limites »[6].

Au même temps, un article récent sur la centuriatio d’Alba Fucens de Hermann Borghese[7] a enrichi la connaissance de la topographie ancienne de ce territoire, grâce au relèvement systématique des axes du maillage.

L’hypothèse avancée par Borghese est celle d’une centuriatio à mailles carrées de 12 x 12 actus, c’est à dire de 424,8 x 424,8 m[8].

 

Le point de départ de cette étude est constitué par les récentes contributions apportées par les deux auteurs.

Au début, ma recherche était orientée à l’individualisation d’ensembles d’éléments planimétriques qui puissent rentrer dans les définitions multiples des formes d’arpentage documentées ou non par les sources.

On peut définir cette approche comme ‘object oriented’, dans le but d’identifier des objets planimétriques matérialisés ou non, sur différents niveaux mais attribuables aux ensembles homogènes  par leurs aspects géométrique et fonctionnels.

En progressant, l’analyse des formes du paysage a été ouverte à d’autres systèmes, en conflit avec les modèles connus mais marqués dans le sol et visiblement actifs dans l’organisation de cet espace.

 

 

Territoire ou territoires de l’ager albensis

 

Même si l’ager albensis présente une extension de quelques centaines de kilomètres carrés, la morphologie de son territoire n’est pas homogène, au point qu’on peut parler de quatre unités dont les caractéristiques, en termes de la géologie, de l’usage et composition de sols et de hydrographie, sont différentes.

La combinaison variable de ces paramètres n’a pas permis d’établir un potentiel d’occupation et d’exploitation univoque à l’intérieur de ce secteur mais incite à une discrimination en sous-unités territoriales.

 

Plaines d’Avezzano et de Magliano dei Marsi :

Système de basses terrasses et plaines, inondables dans l’antiquité, caractérisé par l’exploitation agricole des petits reliefs (arbres de fruits, vignes).

Les indices ultérieurs sur l’environnement et l’état des lieux dans l’antiquité nous sont fournis par les sources[9].

La description des Cadastres Onciaires de la Province de L’Aquila et des documents datés des XVIII – XIXs[10] dénotent une densité des limites fossoyés et d’intervention de drainage et bonification autour le site de la ville.[11]

Une élaboration effectuée à partir du Modèle d’Elévation du Terrain (25 m de résolution) prospecte encore des zones d’accumulation des eaux bien que de nombreuses opération de comblement, de drainage et de bonification dans la zone aient été effectuées du milieu du XIXe s. à la première guerre mondiale.

Les modèles d’occupation de ce territoire, qui se développent à partir de l’Enéolithique sont schématisés par les habitats et les nécropoles qui suivent les directrices qui s’infiltrent dans l’Apennin, aux marges des zones les plus basses, instables d’un point de vue hydrologique.

Aux sommets des reliefs qui entourent la plaine, comme partout dans le bassin fucense, une couronne d’oppida contrôlait les zones basses à l’Age du Fer. Les analyses de visibilité entre ce centres a permis d’établir les tendances gravitationnelles de certains d’entre eux jusqu’à bâtir des hypothèses de hiérarchisation des sites, comme le cas de l’oppidum d’Alba Fucens (Monte S. Nicola) et les oppida qui y gravitent autour.

Appartiennent à l’époque romaine quelques villae jamais fouillées au nord de Avezzano et une grande structure dégagée il y a un an, en stricte connexion avec un decumanus, découvert pendant les mêmes fouilles.[12] La villa, datée du III s. av. J.C. et orientée selon la même direction que l’axe de la centuriation, témoigne de la présence des nuclei de production cohérentes aux interventions d’arpentage dans la région.

 

Système des Piani Palentini

Ce secteur, souvent inondé à cause de sa configuration oro-hydrographique, est caractérisé par les dépressions provoquées par l’activité sismique et une remarquable présence de nappes aquifères importantes ou secondaires, même superposées à différents niveaux de profondeur. Le cours d’eau le plus relevant est le Fleuve Imele qui arrive dans la vallée du territoire de Carsioli (de Tagliacozzo à Corcumello) et qui a été dévié il y a cent ans.   Le lit et les méandres originaires ont quand même marqué le paysage : plusieurs traces hydromorphes fossiles sont visibles dans les orthophotos dans toute la plaine.

L’abondance d’eaux et la typologie de sols ont contribué à une connotation rurale de la zone (cultures céréalières).

La vocation agricole de ce secteur est validée par la distribution des nombreuses implantations rurales de l’époque républicaine jusqu’à l’époque impériale.[13]

La toponymie aussi ressent de l’héritage romain.

 

Système des bandes de piémont

Unité transversale qui concerne toutes les zones de piémont entourant les plaines et le rivage septentrional du lac, jusqu’à Celano. Traversées par un réseau de tratturi et par des chemins de montagne, caractérisées par un réseau hydrographique de ruisseaux et torrents, ces terres se prêtent aux pâturages et à l’élevage : d’ici partent les directions majeures de la transhumance, soit verticale, vers les montagnes, soit horizontale, vers le sud de l’Italie. La douceur des pentes et la facilité d’irrigation ont favorisé la culture de la vigne et d’arbres de fruits.

Le secteur de Celano, qui rentre dans cette typologie paysagère, représente l’extrémité de l’ager albensis, dont la frontière a été fixée le long du Rio Aielli[14].

 

Le petit plateau de Forme, au NE de la ville de Alba, appartient aussi à ce système. Traversé par le tratturo qui mène au territoire des Vestini, il est caractérisé par une surface irrégulière, presque ‘ondulée’, résidu de l’activité des cours d’eaux qui ont creusé des profondes traces aux pieds des montagnes.  

 

La figure suivante (n°1) illustre, grâce au modèle en 3D du terrain, la morphologie du territoire qu’on à décrite, complétée par la localisation des données sur les formes d’occupation et d’aménagement dont on va traiter dans les chapitres suivants.

 

 

Figure 1- La morphologie selon le Modéle d'Elévation du terrain (résolution 25 m.)

 

 

Objets planimétriques et modèles : quelle restitution spatiale ?

 

A l’aide du SIG, d’images satellitaires et de photos aériennes, on a préparé une base géographique numérique à partir de laquelle il était possible d’isoler des ensembles d’alignements qui puissent répresenter des traces d’intervention d’arpentage, leur distribution géographique à l’interieur du contexte territorial en question et leur eventuelle relation avec des constraints et conditions environnementales qui, contextualment à des choix de nature juridique et fiscale, aie pu déterminer l’application d’une schème de delimitation plûtot qu’un autre.

Voilà comme se présente la limitatio/centuriatio du territoire albense dans l’ossature du territoire moderne (fig.2).

 

 

 

Figure 2- Principales orientations dans tissu paysager de Alba Fucens

A partir des données concernant la reconstruction de la centuriation proposée par Borghesi, digitalisé dans le même système de coordonnées géographiques des autre niveaux numériques, j’ai effectué, d’abord, la modélisation des axes de la centuriation, en générant, de manière automatique, une grille auxiliaire qui présente le rythme suivant[15] :

1440 pieds le long des Decumani

1440 pieds le long des Kardines

soit 424,8 m sur chaque coté.

 

L’utilité du SIG dans ce cas là, réside dans le fait de reproduire automatiquement des lignes selon une distance assignée qui réduit les erreurs  liés à l’usage des mesures manuelles.

Pour les déductions graphiques, en fait, il faut prendre en compte le fait que les mesures ne sont pas exactes, du moment où, sur la carte 1 : 25.000, 1 mm correspond à 25 m. et, si on pense qu’une coté d’un actus est de 35 m. l’écart est significatif.

 

La grille s’appuie sur le Decumanus XI, la Via Valeria à l’Ouest de la ville romaine de Alba Fucens, reconnu comme l’élément morphogénétique de la limitatio[16] et sur le Kardo XXXVII, identifié par un grand trait par Borghesi (fig. 3)

 

Figure 3 – Maillage carré de 1440 x 1440 pieds (en bleu, les axes verticaux, en traits noir hachurés les directrices longitudinales)

 

 

J’ai calculé que, de cette façon, la correspondance entre les axes longitudinaux (kardines) et les lignes de scansion produites artificiellement était la suivant :

les axes de la grille tombent sur 12 kardines (IV, XIII, XV, XVI, XXIX, XXXVII, XLIII, XLIX, LV, XLXI, LII, LXV) et de 18 decumani (I, II, III, V, VI, VIII, X, XI, XVIII, XX, XXVI, XXIX, XXXI, XXXV, XXXVI, XXXVII, XLI, LI), dans toute l’ampleur[17] de l’ager jusqu’à Celano.

 

En suite, tous les éléments linéaires naturels (cours d’eau) ou artificiels (réseau routier, parcellaire, chenaux) qui puissent exprimer leur appartenance au même système, ont été superposés. Le résultat de cet ‘overlay’ est visualisé dans les images (fig. 4) qui offrent une vision de synthèse des alignements distribués sur plusieurs niveaux morphologiques. 

 

Figure 4- Détail du secteur NE : Réseau routier (noir) et centuriation (en bleu les kardines, en noir hachuré les decumanus)

 

L’haute densité des correspondances paraît constituer un élément de validation de la thèse de Borghesi, c’est à dire de l’existence d’une division à mailles carrées de 1440 x 1440 pieds, orientée à 62°.

 

Plus nébuleuse et assurément moins codifiable la subdivision en strigae/scamnae à l’intérieur de la limitatio.

A ce propos, l’observation de la viabilité a été déterminant pour le relevé des formes, dû au rôle de facteur structurant des routes principales mais surtout des chemins champêtres. La sélection et l’isolement de ces informations se sont avérés un révélateur géométrique des sub-structures, par rapport aux divisions macroscopiques.

En fait, certaines unités rectangulaires obéissant à une modélisation de strigatio, se sont dégagées, en consentant l’individuation de bandes divisées par cellules allongées le long des decumanus. 

Chouquer a avancé l’hypothèse de la présence d’une répartition en sub-unités de 26 * 12 actus dans le territoire de Celano. La combinaison de deux unités comporte l’institution d’une mesure (26 * 2 = 52 actus) qui se prête à une ultérieure scansion s dont le rythme est de 1248 pieds, de peu inférieur à la distance indiquée par le Liber Coloniarum (1250 pieds)

Notre exercice a effectivement mis en évidence au moins quatre aires où la modélisation proposée par Chouquer parait être répertoriée.

Il s’agit de portions de territoire isolées où le module semble applicable. L’extension automatique de la matrice au territoire entier ne marche pas du fait que interviennent des facteurs de nature interprétative des formes en question.

 

Un premier problème se pose alors qu’il faut décider le point de départ ou d’appui de systèmes orthonormés connus, du fait que plusieurs alignements sont possibles.

Si la localisation de decumanus ne comporte plus des doutes, la cadence qui intéresse les kardines est variable et Borghesi aussi désigne comme ‘intermediaires’ certains axes verticaux.

A raison, pour ce qui concerne le module du bornage, on a choisi comme ligne de départ, les axes longitudinaux les plus incisifs pour essayer une reconstruction de la grille. En déplaçant l’origine, les correspondances avec les alignements changent mais leur concentration et localisation restent invariables.

 

Une autre considération inhérente à la fluctuation du modèle proposé, réside dans la mention ‘infra’ du Liber Coloniarum qui laisse entendre une variation des mesures pendant la terminatio.

Ce qu’on a pu constater est que la régularité, soit des strigae proposée par Chouquer,  soit de la mesure de 1250 pieds, est applicable en manière autonome  aux quatre sub-secteurs  décrits, mais une extension systématique et rigide dans tous le territoire d’Albe, comporte des décalages.

 

A suivre, la description des secteurs sur lesquels on a pu relever une cadence de 1250 pieds après près et où, en certains cas, le macro-tissu paraît faire émerger une strigatio. 

 

 

Zone 1 FORME

Ce coin est situé au NE de la ville romaine de Alba Fucens, à moins de quatre kilomètres du site, et il est traversé par la directrice qui conduit au territoire des Vestini.

L’orographie de ce secteur est caractérisée par une altitude constante au milieu (976-983m.) et qui, par contre, monte très rapidement en localité Varone où la véritable montagne commence.

A travers ce plateau passait l’aqueduc qui emportait l’eau à la ville.

Dans ce secteur, certains axes de la centuriation on été identifiés par Borghesi : il s’agit des decumani IX et XI et des kardines LXIV, LXV, LXVI et LXVII (fig. 5)

 

 

 

 

Figure 5– Zone 1 a NE de la ville de Alba Fucens : bornage ( ?) 1250 x 1250 pieds en jaune)  en violet hachurè, la scansion des strigae de 26 actus de large ; en vert le parcellaire ; en noir le réseau routier.

 

 

À partir du Nord, la superposition fait émerger des correspondances intéressantes pour ce qui concerne l’espace équivalent à une matrice de 5 lignes x 5 colonnes.

Chaque cellule présente une mesure de 1250 pieds dans le sens de la largeur et de 1440 pieds en hauteur.

De l’Ouest à l’Est, le rythme modulaire supposé ressort dans les cas suivants :

 

Axes verticaux

 

  1. Deux traits du Kard. LXV (loc. Varone et Campo bello)
  2. Kardo LXVI[18], tangent au troisième axe de la matrice, en località Mandruccia (alt. 1092); trois limites parcellaires modernes (loc. Campo Michele, altitude 1022), le chemin à Valle dei Pioppi et Vigne Vecchie qui s’arrête aux pieds de la Montagne Raone
  3. Lignes de parcellaire, loc. Mandruccie et Valle dei Pioppi
  4. Trait de chemin(loc. Varano), deux limites de parcellaire au N de Forme, limes parcellaire à proximité d’un tumulus de l’âge du Fer [19], ligne de parcellaire loc. Colle Dora
  5. Kardo LXX, località Camartino e Pezze; lignes de parcellaire au S de Forme

 

Axes horizontaux

 

L’adhésion de la grille aux éléments de la centuriation sur le territoire selon la cadence de 1440 pieds s’appuie fondamentalement sur   la continuation du Decumanus XI (Via Valeria) dans cette partie de l’ager Albensis: le limes majeur est pérennisé dans un chemin rectiligne au S du village de Forme, visible pour une distance d’un kilomètre et qui entoure partiellement le  tumulus de l’âge du Fer.

De nombreuses limites cadastrales paraissent souligner la cadence de 12 actus, ainsi que le rythme de 1250 pieds entre les composantes verticales du schéma proposé par Chouquer.

La cadence des axes E-O chaque 1440 pieds est favorisée par le rythme naturel des courbes altimétriques qui délimitent des terrasses naturelles, aux limites de ce plateau. La modélisation 3D remarque cette adaptation aux pentes.   

Pour ce qui concerne le tissu paysagère de la zone de Forme, on remarque une très forte isoclinie à la trame de la limitatio de Alba Fucens, qui est moins évidente hors de cette ‘île’ territoriale, dont la surface utile au découpage agraire présente une largeur maxima de 6240 pieds et minima de 3750 pieds. La régularité et l’adhérence des limitations modernes aux directrices de la centuriatio de Alba ressors aussi de l’orthophoto qui dénote la cohérence, en termes d’isoclinie et isotopie, au réticule proposé.

 


 

Figure 6– Isoclinie et isotopie entre le parcellaire moderne et les decumanus

 

 

 

Zone 2 CELANO

 

La bande que occupe l’espace entre le rivage NO du lac de Fucino et les montagnes dénote une configuration morphologique parallèle à la ligne de côte du lac et influencée par orientation des itinéraires routiers qui desservent ce territoire.

Jusqu’avant l’assèchement du bassin (1870), la Via Valeria entrait dans ce secteur par un « passage » de 950 m. entre le Monte Uomo et le lac. Le paysage s’offrait comme un ensemble de terrasses naturelles dégradant, avec souplesse, vers le Fucino. 

Les traces de la limitatio sont bien sédimentées dans la viabilité moderne même si une trame oblique, composée par des torrents et des chemins qui mènent à la montagne, s’infiltre dans cette   grille orientée à 62°. Les limites administratives modernes sont eux aussi parallèles aux directrices de la centuriation.

La complexité de trames qui s’imbriquent et qui conditionnent l’orientation du parcellaire a été mise en évidence par Chouquer qui aborde, au même temps l’interprétation du bornage de 1250 pieds et d’une strigatio éventuelle appliquée à ce secteur (fig. 7).

 

Figure 7 – (de Chouquer, Etude sur Celano)- Les orientations dominantes du parcellaire. Rouge = selon la limitation à 62°E ; bleu = selon les diagonales à 75°E ; jaune = selon les diagonales à 4°E. Les orientations intermédiaires et non signifiantes de la géométrie de l’arpentage sont en vert.

 

 

 

La subdivision avec un intervalle de 1250 pieds est remarquable dans les trames du paysage.

Ils se relèvent plusieurs alignements longitudinaux correspondant à ce rythme et la forme se matérialise sur différents niveaux (axes routiers, cours d’eau, limites parcellaires).

 

(figure momentanément manquante)

Figura 8 - Subdivision longitudinale selon la mesure de 1250 pieds (en jaune) ; en violet hachurè, la scansion des strigae de 26 actus de large

 

Au coin NE, au pieds de la ville moderne de Celano, la répartition en unités de surfaces paraît applicable à modules de 26 x 12 actus avec un totale de 4 sub-unités (fig. 9 et 10).

 

 

Figure 9 - Celano: ossature de la limitation avec une possible insertion de sub-unités (strigae) et de limites inhérents le bornage

 

 

Une carte IGM datant au 1870 simplifie encore plus le schéma des formes paysagères on exaspérant la configuration à bandes ouvertes, sans des axes longitudinaux remarquables, de Celano jusqu’au Rio S.Iona, dépassé lequel s’aperçoit un lotissement plus intensive qui hérite orientation et rythme de la centuriation.

 

Figure 10 - Celano – Carte IGMI 1870

 

Peu loin, vers l’Ouest, en correspondance du village de Paterno, on retrouve une zone limitée où reconnaître un fractionnement qui reproduit le rythme de 26 x 12 actus : dans ce cas, un ensemble de 4 strigae est visible. Ce qui est frappant dans cette aire, est la disposition régulière des cours d’eaux, dont le régime a été visiblement normalisé (fig 11 et 12).  On est à proximité de l’ancien rivage du lac, dont l’ancienne ligne de rivage est suggérée par le long chenal.

 

 

 

Figure 11 - Strigae dans le secteur SO de la bande de Celano (les lignes en violet hachuré signent les 26 actus)

 

 

 

 

Figures 12 a et 12b – Possible modélisation des unités rectangulaires (strigae ?)

 

 

 

Zone 3 – Piani Palentini

 

Il s’agit d’une partie du territoire au Sud-Ouest du village de Scurcola Marsicana qui s’étende à amont et à aval de la Via Valeria (fig. 13). Un deuxième ensemble a été identifiè à l’Ouest de Scurcola. Cette portion de territoire est assez problématique du point de vue hydrographique et une analyse morphologique du tissu parcellaire a fait ressortir le rôle prégnant du fleuve Imele et de ses affluents dans la genèse des formes dans la structure paysagère.

 

 

Figure 13 - Sous-unités de 26 x 14 actus (en bleu ciel, délimitées par le violet hachuré. Les carrés bleu de réfèrent à villae d’époque impériale ; Les étoiles, aux sanctuaires préromains. Les oppida son représentés par des triangles noirs)

 

 

Les données archéologiques justifient une intensification des établissements ruraux dans la zone à l’époque impériale, même si aucune villa a été fouillée.

Dans ce secteur, pour ce qui concerne les axes longitudinaux, on assiste à une « fusion » graduelle des alignements générés par la grille de la centuriation avec une structure parcellaire obéissante à des contraintes naturels, surtout l’hydrographie, qui se dispose à éventail à l’abri des méandres et des bandes de débordement de l’Imele (fig. 14).  Les traces verticales qui, au début, sont strictement cohérentes avec l’orientation du maillage centurié courbent à cause d’une attraction exercée par le Fleuve Imele qui impose une rotation au réticule parcellaire.

 

 

Figura 14 - Hydro-parcellaire et formes orthonormés romaines

 

 

 

Zone 4 – CAPPELLE DEI MARSI

 

Un ultérieur nucleus, où la subdivision de terres selon les mesure indiqué par le LC dans le pas inhérent le bornage paraît appliquée, a été identifié dans un ensemble de lots près de Cappelle dei Marsi. La trame générale de ce secteur résulte de l’imbrication des alignements cohérents avec la centuriation et ceux qui appartiennent au réseau oblique de la colline de Alba. La cadence rapprochée pourrait avoir normalisé un parcellaire qui autrement, aurait suivi d’autres attracteurs, notamment une Trame Oblique qui trouve son origine dans ce contexte de passage obligé et dont on parlera à suivre.

 

 

Figure 15- Unités intermédiaires dan sa plaine de Cappelle dei Marsi (en vert foncé, la Trame Oblique)

 

Pour ce qui regard des contraintes environnementales particuliers de la zone de Cappelle on n’a trop d’indications: il s’agit d’un couloir entre des reliefs importantes et l’application d’un model hydrologique à quand même identifié des aires potentiellement exposée à accumulation des eaux.

 

 

 

 

 

 

 

L’arpentage entre compétition et harmonisation des formes

 

 

Un étude sur les modèles d’occupation du territoire Aequo-Marso en époque pré-romaine[20], validée par une analyse sur l’intervisibilité, révèle un système complexe de relations entre les oppida entourant le site de la colonie et les villages en plaines. La colline de S. Nicole se pose, en fait, au milieu d’une couronne de castella localisés en manière de garantir le contrôle et la défense des terres fertiles autour  de l’habitat d’Alba.

A l’intérieur de ce système, on a remarqué que, bien qu’il s’agisse du secteur le plus proche à la ville, la structure du parcellaire n’obéit pas à l’orientation de la centuriation (62°) mais on retrouve plutôt des enclaves territoriales où le parcellaire s’organise en fonction de l’écoulement de l’eau ou des terrasses fluviales d’ancienne ou récente formation (fig. 16). 

 

Figura 16Centuriatio, cours d’eau et parcellaire

 

Cela a été très intéressant de remarquer que, juste autour des collines de la ville d’Alba Fucens, le parcellaire paraît suivre des directrices obliques par rapport à la direction choisie par les arpenteurs

romains.

 

On a l’impression que cette trame, qui  se propage du nucleus urbain le long des cotés des collines de S. Nicola, S. Pietro e Colle Pettorino,  soit encadré dans un contexte géographique bien défini par les cours d’eau principaux. 

Il s’agit d’une trame orthonormée (surtout en coïncidence de croisement d’axes les plus relevants), parallèle aux torrents qui descendent des montagnes vers la partie la plus baisse de la plaine. 

La persistance de ce système dans les réseaux modernes et, surtout dans les chemins ruraux, se manifeste comme une insertion dans le tissu arpenté par les Romains, où la prévalence des alignements obliques domine, de quelque façon, sur la matrice centuriale. Ce deuxième maillage (en vert foncé sur l’image (Figure 17), qui occupe complètement la colline d’Alba et les bandes environnant le site, paraît avoir son origine de la bifurcation de la Via Valeria vers le lac de Fucino, déjà voie protohistorique, qui imprime une nouvelle orientation en compétition avec le quadrillage romain.

Il est exemplaire aussi l’imbrication de cette grille presque sur la diagonal de la centuriation romaine, en s’orientant à 16-17° E.

Un autre élément intéressant réside dans la mesure entre certains axes qui corresponde à 12 actus, bien que une périodicité cohérente dans cette structure n’ait été vraiment relevée.

La disposition du réseau en direction NE-SO, parallèlement aux reliefs, bien s’adapte à la culture d’arbre de fruits et des vignes, renommés dans l’antiquité et encore pratiqué dans ce secteur aujourd’hui.

On ne veut pas s’aventurer dans une tentative d’encadrement chronologique, même si on peut ouvrir le débat en présentant des considérations sur le sujet.

Les émergences archéologiques les plus relevantes se limitent aux nécropoles de l’Age du Fer découvertes en manière occasionnelle.

 

Figura 17 - Centuriatio et trame oblique(nécropoles Age du Fer : en fuchsia ; Villae romaines : carrés ; oppida : triangles rouges)

 

A l’aide du SIG, on a cherché de comprendre quel était le bassin de gravitation de cette structure planimétrique et s’il existait une entité ou un ensemble d’entités qui exerçaient  des fonctions de pouvoir et de contrôle sur cette zone en particulier. 

Une contribution significative a été offerte par les résultats des analyses de visibilité.

 

Figura 18 - Zones visibles (en vert) et non visibles (en rose) des oppida au N et E de Alba.

 

En performant les fonctions de Viewshed de ArcGis et Observer-Points, on peut démontrer que l’aire en question entre exactement dans les cônes de visibilité des oppida entourant la colline de Alba (fig. 18). Un rôle important, est joué par le complexe constitué par l’oppidum et le sanctuaire du Monte S. Felice, localisé sur la montagne au sud de la bifurcation de la Via Valeria vers le lac, à contrôle, notamment, des voies de transit vers l’Adriatique et vers la Campanie (fig. 19).  Les deux images posent en évidence la complémentarité des points d’observation (oppida) qui tiennent sous contrôle la bande occupé par la Trame oblique.

Ça me paraît évident aussi qu’on est en présence d’un réseau qui traverse le secteur collinaire de Alba jusqu’aux pieds du Monte S. Felice et s’appui sur deux directrices : la via Tiburtina Valeria (E-O) et son raccord ver le Lac Fucino ; l’axe NE-SO qui lie le tratturo menant au territoire des Vestini avec les itinéraires directs en Campanie et qui côtoient les reliefs délimitants les Piani Palentini (M. San Felice).

Cette trame, ancrée fortement à la configuration orographique et hydrographique et liées, en termes de gravitation et contrôle, aux structures préromaines (oppida),   interfèrent avec la morphologie du tissu intéressé par l’arpentage romain en en perturbant la régularité.

Le point d’embrayage de la centuriation avec ce réseau paraît se produire au Sud de la ville de Alba Fucens, en proximité de Cappelle dei Marsi.

 

Figura 19 - Zones visibles (en vert) et non visibles (en rose) du Monte S. Felice

 

C’est à coté de cette zone qu’on nous semble de retrouver une application d’un module de bornage décrit par le L.C. et qui se réfère au 149 d.J.C. qui origine une forme plus rigoureuse du parcellaire.

M. S. Felice

 
 


Une fonction normative, d’un point de vue géométrique et foncière, est à attribuer aussi au grillage densifié de Scurcola Marsicana.

 

 

 

 

Dans ce cas aussi, la portion apparentement divisée par le bornage du 149 ap. J.C., zone charnière entre un territoire plus facile à arpenter et un secteur (les terrasses du Fleuve Imele) problématique à cause de l’hydrographie, exprime une régularisation coïncidente probablement à une intervention de drainage du terrain, que l’adhérence du réseau de chenaux paraît confirmer.

 

Figure 20 - Limitatio, Forme Oblique et sous-unités de 1250 x 1440 pieds

 

Cette nouvelle opération d’arpentage pourrait avoir stabilisé la géométrie du lotissement là ou des causes naturelles et anthropiques (parcellaire préexistantes ?)[21] pouvaient représenter des attracteurs vers des formes dégradées et peu fonctionnelles alla cadastration de cette région.

Ce remaniement peut être mis en relation avec l’implantation des villae impériales qui sont alignées aux kardines et peut lié au nouveau lotissement.  

 

La date de cette intervention, reconstruite à travers les indications du Liber Coloniarum, explique la nécessité d’une renormatio si on considère les grands travaux d’assèchement du Lac Fucino de part de Hadrien. A la suite de l’ouvrage hydraulique, des nouvelles terres ont émergées et se sont rendues disponibles. L’équilibre climatique et hydrologique doit avoir subi des changements et la structure agraire de ce secteur aussi.

Dans ce contexte de réaménagement de l’espace, on pourrait expliquer aussi le réticulé de Forme, bien inséré et cohérent avec la centuriation. Vu la morphologie du petit plateau au pied des montagnes, parcouru par des cours d’eau dont on trouve les traces dans les formes fossiles visibles sur les photographies aériennes, la scansion intense des limites opère une mis en valeur d’un secteur restreint difficile à travailler à cause des sols et des intempéries.

 

 

Conclusions

 

L’extension de la centuriation, si on veut définir le maillage carré proposé par Borghesi, s’applique d’une manière magistrale à la plaine d’ Alba, au point que l’héritage du modèle et sa transmission dans le tissu morphologique de la zone imprègne en manière capillaire la structure paysagère moderne. Par contre, l’origine du maillage carré (la centuriation) à mon avis est encore a rechercher, du moment où ils n’existent pas des données archéologiques qui puissent contribuer à l’encadrement historique de l’application de ce modèle dans l’ager albensis.

 

Cette forme d’arpentage est moins reconnaissable sur le rivage septentrional du lac Fucino, le territoire de Celano, où la matérialisation des kardines est inférieure par rapport au reste de l’ager albensis.

Dans ce secteur, plus que l’exploitation dans le but de retrouver un lotissement homogène et détaillé, qui paraît suivre des directrices différentes (voir la reconstruction de Chouquer), la limitatio a une fonction dynamique de traversée et de projection vers l’Est dont la consolidation de la trame est assurée surtout par les axes routiers, dominant, encore aujourd’hui, dans le système.

La limitatio, si on veut faire des préférences de définition sur la base d’une forme dominante, occupe des terres de frontière à contact direct avec le territoire d’une autre ethnie et le lac.

La concertation de deux ensembles planimétriques, celui là à l’intérieur du territoire de Alba et celui-ci de Celano exprime, à mon avis, un projet d’occupation de la part de Rome qui dépasse la conception de cet espace, alimentée jusqu’à ce moment-là par les hiérarchies qui dominaient les systèmes précédents : l’équilibre entre le milieu (le Lac, les paludes, les montagnes, les couloirs et les passages entre la terre et l’eau) et les habitats, les structures de défense, les aires sacrées.

L’habitat de Alba Fucens, aeque ou marse[22], évolue du concept et de la fonction d’emplacement de frontière, au rôle de plateforme de passage pour avancer à l’est vers des territoires au delà de la barrière physique (le rivage oriental du Lac).

On peut alors partager la thèse de Coarelli qui, à propos de l’aménagement du territoire Aeque, situe la construction de la Via Valeria dans un moment antérieur à la conquête (307 av. J.C.) dans le cadre d’un opération planifiée d’infiltration dans le territoire aeque.

La fondation de Alba et Carsioli en constituerait une étape, et pas le but de la campagne contre les Aequi.

Cette affirmation justifie la concordance entre la fondation de Alba dans un territoire déjà contrôlé[23].

La théorie de Coarelli, qui interprète la conquête et la création de la colonie latine dans un contexte stratégique élaboré par Rome, peut constituer, a mon avis, le prétexte idéologique à la base des modalités d’interventions d’arpentage sur le territoire d’Alba jusqu’à Celano, la bande fertile la plus proche et en ligne avec les directrices d’occupation.[24]

L’axe gravitationnel rote d’une direction NE-SO et vice-versa, à une flux O-E, matérialisé dans le nouveau réseau qui, à travers ses niveaux de structuration, exprime la pénétration, l’occupation et l’organisation définitive, pas seulement spatiale mais aussi juridique et fiscale.

La dynamique de cette progression parait se dévoiler dans la pluralité des systèmes et des sous-unités qui en dérivent, sans oublier les scénarios environnementaux dans lesquels cette évolution s’est déroulée : la région du Lac Fucino, le lac en mouvement.

Et ça sera justement avec l’assèchement presque total du bassin, après nombreuses tentatives de conquête des terre du lit, de Cesar à Hadrien, que le projet se complétera, en ouvrant des nouvelles trajectoires qui alimentent et  harmonisent l’articulation et la vitalité du tissu paysager actuel.

 

 

 

 

 

 

Oppidum de Monte S. Felice

 
 

 


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[1] Castagnoli F. 1953-55, I più antichi esempi conservati di divisioni agrarie, BComAR, LXXV, (BullMusCiv-Rom, XVIII), 3-9

 

Chouquer G., Favory F., Vallat J. P., 1987, 135, Structures agraires en Italie centro-méridionale, Cadastre et paysages ruraux, CEFR 100, Rome

Van Wonterghem 1991. La viabilità antica nei territori di Alba Fucens e Carseoli, en Il Fucino, 1991, pp;423-440

Mertens

[2] Chouquer G., Favory F., Vallat J. P., 1987, 135, Structures agraires en Italie centro-méridionale, Cadastre et paysages ruraux, CEFR 100, Rome

[3] F. Van Wonterghem 1990. Note su alcune divisioni agrarie romane nell’Italia centrale, Acta Archaeologica Lovaniensis, n. 28-29, 1989-1990

[4] H. Borghesi, H. Borghesi, La centuriazione, en Poco grano, molti frutti. 50 anni di archeologia ad Alba Fucens, Sulmona 2006, pp. 176

[5] Une troisième remaniement ou, au moins, l’hypothèse d’une distribution d’une partie du territoire d’Alba en époque syllanienne est avancée par  Catalli (Catalli F. , Città di Avezzano: Il Museo Lapidario Comunale, Avezzano, 1998, p. 23) et D. Liberatore, Alba Fucens. Studi di storia e di topografia, Bari, 2004, p. 19, n. 50.

La découverte en 1870, de trois bornes en calcaire in situ afférents au même propriétaire (Caio Lollio Chilone) équidistantes ‘plus ou moins’ 500 m., (Catalli 1998, p. 23)  soit approximativement 14 actus, paraissent suggérer d’autres mesures inhérentes au lotissement.

 

[6]  Chouquer, Etude …

[7]   H. Borghesi, La centuriazione, en Poco grano, molti frutti. 50 anni di archeologia ad Alba Fucens, Sulmona 2006, pp. 175-185…

[8] L’acquisition en format numérique des axes identifiés par Borghesi a été effectué sur la base de la description de chaque traits,  en manquant, dans le texte publié, une carte illustrant les segments décrits. Pourtant seulement les alignements assurément identifiables sur l’IGMI ont été pris en considération.

[9] Sil. It. VIII, 506-507

[10] Catasto Onciario de la Provincia di L’Aquila,

[11] Relation de Genius Civil de la Province de l’Aquila, Août 1868, Archive d’Etat de l’Aquila, Dep ; 202.24 « … la costruzione si é tenuta tutta in rinterro piuttosto alto, sopra quella campagna sommergibile dalle acque del F. Imele, alle quali si é dato sufficiente sfogo dai 7 ponticelli stabiliti lungo il rettilineo che costituisce la linea di progetto tra la (Strada)Provinciale Carseolana  ed il piazzale”.

[12] AAVV, la Villa in località Macerine, en Poco grano, molti frutti. 50 anni di archeologia ad Alba Fucens, Sulmona 2006, pp. 186-190

 

[13] G. Grossi, R. Colapietra, F. D’Amore, Scurcola Marsicana, Historia, Scurcola, 2005, p. 43-44

[14] Borghesi, p. 177

[15] Pour maintenir une gestion séparée des éléments horizontaux et de ceux verticaux, ils ont été codifiés de manière différente et restitués souvent, dans les figures de cet article, à travers un symbolisme variable, indiqué dans la légende ou la description des didascalies. 

[16] G. Chouquer, M. Clavel-Léveque, F. Favory, J.P. Vallat, Structures agraires en Italie centro-méridionale, Rome, 1987, p.130, n. 145

[17] A propos des dernières considérations sur l’extension de l’ager albensis, Van Wonterghem…,

Borghesi …

[18] Considéré par Borghesi un limite de division à l’intérieur de la trame principale de la centuriation (Borghesi, p. 183)

[19] G. Grossi, R. Colapietra, F. D’Amore, “Scurcola Marsicana, Historia”, Scurcola, 2005, p. 45

[20] V. D’Ercole, Modelli insediamentali nell’Abruzzo preistorico, pag. 20-21,Cheiron, Mantova

 

[21] Une étude sur des structures morphologiques transversales à la centuriation est en cours.

[22] Les récentes interprétations de l’historien Firpo, reprennent en considération les sources littéraires qui situent Alba Fucens dans le territoire des Marses [22] dont l’habitat constituait le dernier centre à Occident du Lac Fucino.

Cette hypothèse parait être consolidée par les analyses spatiales effectuées par le SIG qui montrent une logique géographique et stratégique dans la distribution des oppida marses entourant la colline de Alba. Le contrôle du territoire (perçu par les rapports de visibilité) est remis aux rôles complémentaires de chacun emplacement par rapport aux autres.

Firpo G., Fonti latine e greche per la storia dell'Abruzzo antico: vol. II/1,2 L'Aquila 1998, pp.

[23] Coarelli F. 1988,, Stradone: Roma e il Lazio, in G. Maddoli(ed.), Stradone e l’Italia antica, Incontri perugini di storia della storiografia antica e sul mondo antico, II, Acquasparta 1987, Perugia, 73-91

Pour la date 307 av. J.C. pour la fondation de la colonie, v. Sordi M., L’excursus sulla colonizzazione romana in Velleio e le Guerre Sannitiche, Helikon, 6, 627 ss.

[24] Pour ce qui concerne la ‘perception’ des territoires du Lac Fucin de pars des Romains, je n’exclurait pas qu’ils avaient déjà fait des évaluations à propos du régime instable du bassin et des possibilités d’aborder la question de la bonification précoce de certaines aires.  La découverte, à l’intérieur de l’ancien bassin, de chenaux de drainage d’époque préromaine près du sanctuaire de Angitia (Luco dei Marsi), peut éclairer le niveau d’intéresse et de maîtrise des eaux de pars des populations autochtones. Au même temps, il faut rappeler que les ouvrages de bonification des Plaines Pontines et la fondation de Norba sont contemporains à l’occupation du territoire d’Alba et que deux décennie plus tard, dans la Sabine , le Lac Velino sera complètement asséché. 

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