Une documentation cadastrale exceptionnelle :

les plans cadastraux d'Orange

de 77 apr. J.-C.

 

 

 

 

Les documents cadastraux d'Orange constituent une des plus exceptionnelles découvertes épigraphiques concernant le monde romain, dans un domaine où, cependant, les découvertes fameuses ne sont pas rares. Orange se trouve être, à la suite de cette découverte, la seule cité de l'Empire romain pour laquelle on ait une idiée de ce que pouvait être son tabularium (dépôt d'archives) en matière agraire.

On connaissait un fragment de ces plans cadastraux depuis 1856, date de sa publication par A. Caristie. Ce fragment provenait du théâtre antique. Un autre fut signalé en 1886, deux autres en 1888, d'autres encore en 1904, 1927, 1929. Mais tout ceci n'était que peu de choses en comparaison avec la découverte de 1949 et celle de 1952-53, lorsqu'un gisement de fragments de marbres apparut à l'occasion de travaux de construction de la chambre forte d'une banque. On mit alors au jour des centaines de fragments dont la lecture et l'interprétation fut l'œuvre d'André Piganiol, dans une publication remarquable (Piganiol 1962).

On sait aujourd'hui que l'ensemble de ces documents constituent les archives d'une opération originale de restitution de la fiscalité publique à la suite de désordres, datant de Vespasien. Les pièces maîtresses de l'ensemble sont trois immenses plans cadastraux gravés sur marbre, ce qui semble assez exceptionnel, puisque la plupart du temps les arpenteurs parlent de plans sur plaques de bronze.

L'ensemble des documents cadastraux est conservé au Musée Municipal d'Orange.

 

(fragment du plan cadatral A, exposé au Musée d'Orange)

 

 

 

I - LES DOCUMENTS

 

1/ Le tabularium d'Orange

 

Les trois plans cadastraux d'Orange prennent place dans un ensemble de documents cadastraux, ruraux et urbains, édités par André Piganiol en 1962, dont ils constituent cependant les trois pièces maîtresses. Les autres documents d'archives accompagnant ces trois plans sont les merides, les areae et les agri publici.

 

— les merides

Meris est le mot grec désignant un emplacement urbain où on concède le droit d'établir une échoppe, un étalage, ou une statio, comme autour de la place des corporations d'Ostie. Le mot apparaît en toutes lettres au début de chaque article. Cet emplacement est mesuré en pieds sur la façade, et est loué à un tarif élevé, ici d'un denier par pied.

La répétition de la formule a permis à Charles Saumagne de proposer la reconstitution type d'un article des merides.

« — Meris (une telle),

    de (tant) de pieds de front,

    (fournira) chaque année (tant) de deniers ;

    (un tel) en est le preneur à perpétuité ;

    de cette opération (un tel) est la caution ;

    Ad K (?) ;

    ce qui fait (tant) de deniers »

L'acquéreur reçoit le nom de manceps, et c'est celui qui sous-loue, et non pas celui qui exploite directement le lieu pour lui-même. Il est garanti par une caution (fideiussor). Dans la littérature gromatique, on désigne par le même mot de manceps celui qui prend en charge des agri vectigales pour les sous-louer :

« Et les acquéreurs qui achètent le droit de redevance selon la loi dite, eux-mêmes louèrent ou vendirent par centuries aux possesseurs les plus proches.»

(Hygin, 79, 22-24 Th ; 116, 21-23 La ; trad. H. Marchand).

L'interprétation couramment admise a été de dire qu'il s'agissait de locations de parcelles urbaines, sur lesquelles pesait le solarium. A. Piganiol a proposé une autre interprétation en parlant d'un droit d'installation des échoppes. Pour Charles Saumagne, en revanche, on est en présence d'un cas de locatio-venditio, qui est une pratique courante en matière de gestion communale, et non pas en présence d'une sorte de droit de superficie.

 

— les agri publici

Il s'agit des documents les plus fragmentaires de tous, puisqu'on ne dispose pas d'un seul article complet. André Piganiol, observant que les surfaces sont calculées en jugères et non en pieds carrés, et que les surfaces sont exiguës, en déduit qu'il s'agit d'espaces extra-urbains. C'est par déduction que Piganiol les intitule agri publici, puisqu'on ne possède le début d'aucun article et qu'on ne sait pas quel est le terme ou l'expression employés.

Les documents mentionnent les noms des adjudicataires, et André Piganiol a cru pouvoir interpréter la mention in, qui apparaît une fois, comme étant le terme inlicite, ce qui indiquerait des occupations sans titre qu'on régularise moyennant le paiement du vectigal. Cette lecture est confortée par la mention identique qui apparaît dans les areae. Mais faut-il généraliser cette interprétation à l'ensemble de ce document ?

Saumagne (98-99), quant à lui, ne pense pas qu'il puisse s'agir d'agri, parcelles rurales, mais plutôt de parcelles urbaines. Le fait que le jugère soit l'unité dont on indique la fraction ne doit pas être lu comme l'indice de parcelles rurales. Si dans la campagne l'unité divisée était la centurie, en ville ce devait être le jugère. Ici encore on serait en présence d'une locatio-venditio.

 

— les areae

Il s'agit des espaces publics urbains, notamment ceux qui entourent les temples. A Orange, les plaques des areae mentionnent en effet le Capitole, et un aedes Iuventutis. Mais elles mentionnent aussi les remparts et les tours. On les mesure en pieds carrés. La redevance s'intitule solarium, mais il n'est pas certain que ce soit ce mot qui doive être restitué au fragment  T9 où SO doit être, comme le suggère A. Piganiol, le début du mot solvit. Les surfaces concédées vont de 6 à environ 1000 m2. Le taux est de 4 as par pied. Il est fait mention d'un taux d'intérêt moratoire qui est toujours de 6% ; c'est le taux normal pour l'époque.

Le fragment T 56 mentionne le telonium, qui est un bureau d'octroi municipal. La perception de cet octroi était affermée, et c'est pourquoi le fermier paie un vectigal, comme occupant du sol public.

Comme pour les merides, Saumagne (p. 99) a proposé la formule type d'une area.

« — Un tel, pour la raison qu'il a occupé (tant) de pieds (carrés) d'une area,

    qu'il paie (tant) d'as pour chaque pied (carré) :

    ce qui fait (tant) de deniers :

    avec les intérêts (de ces derniers), cela fait (telle somme) au Kalendarium :

    ces intérêts sont de 6%.»

Il y voit le ton impératif d'une sentence, car il s'agirait d'un document émanant d'une autorité qui a le pouvoir de dicere, de caractère judiciaire. Il interprète les areae comme étant des terrains plans, demeurés vacants, localisés d'après les remparts, les tours et un limes (finitimus ?) qui pourrait être le pomoerium de la ville. Il pourrait s'agir de lieux publics occupés par des tombeaux, de loca pro-religiosa, édifiés par de pieux usurpateurs, en raison de l'anarchie dans la gestion du domaine communal.

 

Ces documents appellent un commentaire général. Ils semblent se rapporter à des lieux publics inaliénables, mais pouvant être exploités sous le régime de la possession. On peut donc se demander, en développant l'intuition de Saumagne, si nous ne serions pas en présence de lieux publics urbains, généralement compris dans la notion de "biens urbains en tutelle", c'est-à-dire à la fois des remparts, des espaces publics, des biens publics (ex. thermes) situés dans la ville, mais aussi de lieux suburbains, et des lieux agrestes comme les forêts qui sont nécessaires à la construction et au fonctionnement des opera publica (bois de construction pour les édifices ; bois de chauffage pour les thermes). Sur ces types de biens voir le chapitre 5.

 

 

2/ Des formae particulières

 

Les trois plans cadastraux ont été identifiés par André Piganiol, qui les a dénommés de façon commode et neutre, A, B, C, sans qu’il faille voir une datation relative d’une lettre à l’autre.

Nous ne reprenons pas les explications de base données par A. Piganiol quant à la nature et au contenu de ces textes. Elles constituent un acquis que nous supposons connu. Nous choisissons, en revanche, de faire porter notre commentaire sur des points en débat, ou des découvertes nouvelles.

 

Les trois plans cadastraux en question ne sont pas des formae originelles. Il s'agit, en effet, de trois plans cadastraux très particuliers, qui ne sont pas même une mise à jour de la propriété du sol par rapport aux formae initiales. Ce serait le cas, par exemple, si les plans cadastraux faisaient connaître les mutations de la propriété des colons, ou encore de la propriété indigène. Il s'agit de plans qui répondent à un objectif précis, celui de dresser la carte et la liste des occupations des lieux publics de la colonie. Avec les documents urbains du tabularium, dont il vient d'être question ci-dessus, ainsi que la grande inscription de Vespasien qui dénonce les occupations illicites, nous sommes donc en présence d'une documentation spécifique et cohérente. De là découle le caractère déséquilibré de l'information qu'ils rapportent : très développé sur les terres soumises à la possession, le texte est, en revanche, très sommaire sur toutes les autres catégories de terre, puisque ce n'est pas son objet.

 

 

* Les terres publiques concédées à la colonie.

 

Coloniae  ou Reliqua jugera coloniae

Nous sommes ici en présence de la catégorie de terres qui est concernée par la révision cadastrale. Le fait que ces terres soit dites, dans les marbres, COL(oniae)  ou REL(iqua) COLON(iae)  [mais on aurait pu trouver REL(icta loca coloniae)  conformément à la notion gromatique] permet de les interpréter comme étant, à l'origine, des terres confisquées donc devenues propriété du peuple romain, restant en surplus après la distribution des lots aux vétérans, et qui furent concédées à la colonie par l'auteur de la division. La colonie eut alors la possibilité de les rentabiliser en les soumettant au régime de la possession, sous la forme d'agri vectigales.

Le fait qu'elles soient dites "coloniales" indique que nous sommes en présence de ce qu'on appelle dans la littérature gromatique des "subsécives concédés".

Il est important de noter que le mot COLONIAE n'apparaît jamais au cadastre A, mais seulement la mention RELIQ(VA COLONIAE). Comme le remarque Hinrichs, la mention RELIQ(ua) COLON(iae) sur le fragment A 47 n'est pas significative puisque la pierre est opistographe et que les centuries y sont de 200 jugères. L'appartenance de cette pierre au cadastre A est donc suspecte. Nous y reviendrons ci-dessous en évoquant une hypothèse de Charles Saumagne à son sujet. Cette absence du mot COLONIAE sur le cadastre A est-elle significative ?

 

On peut assimiler à cette catégorie générale des terres de la colonie les terres qui sont dites de façon plus exceptionnelle dans les trois plans, publica  et nova.

 

publica

Notons que c'est le terme générique que Piganiol propose de restituer dans l'inscription solennelle de Vespasien, pour désigner les terres publiques soumises à l'opération de révision (voir ci-dessous).

Dans le cadastre B, le mot publica apparaît trois fois, deux fois dans le même contexte que les terres dites plus généralement COL. Les publica sont dites une fois nova. L'identification entre ces deux termes, publica et reliqua (iugera coloniae) est donc acceptable. Mais on ne voit pas la raison qui amène une fois le graveur, dans le fragment B 220, à les différencier : dans cette centurie particulière, sans dessin des limites et non localisable en raison de la perte du début du texte, on observe successivement la mention des terres de la colonie (COL(oniae)), puis celle de la surface des PVB(lica), avec pour chaque catégorie le nom de l'adjudicataire. Il y a donc une nuance entre les deux mots que nous ne saisissons pas.

 

nova (iugera)

Lorsque cette menion apparaît, on se trouve également dans le cas de terres assimilables aux terres de la colonie. A plusieurs reprises les nova sont une catégories de la liste des terres louées par la colonie.  C'est le cas au cadastre B, dans les fragments 104 et 105, dans des centuries où la totalité de la terre est louée par la colonie ; 107 ; 108. Dans le fragment 206, en SDII VKVII, nova est le qualificatif des terres dites publica. Dans le ragment 213, la centurie DDXXIX VKV est un subsécive, et on trouve une nouvelle fois le mot sous la forme SUB(seciva) NOVA suivi d'une surface. Enfin, au cadastre C, fragment 326, A. Piganiol propose de restituer le mot accessiones, qui signifie accroissement (de terres), et qui, si la lecture s'avérait bonne, indiquerait aussi de nouvelles terres, également de statut public puisque la mention est suivie d'une indication de tarif.

 

— terres de la colonie dans les subseciva

A proprement parler, les subsécives ne sont pas, comme le classement d'André Piganiol le laisserait croire, une "catégorie de terre" de la colonie, puisqu'un subsécive peut être soit assigné, soit concédé à la colonie. Subsecivum est le nom technique donné aux terres assignées aux colons, soit individuellement, soit collectivement, et qui n'ont pas pu être délimitées par les quatre côtés d'une centurie, en raison d'un relief ou d'une étendue d'eau par exemple. C'est donc une notion gromatique et non une catégorie. Mais le terme prend un sens juridique général puisque, comme nous l'avons vu au chapitre 5, les auteurs gromatiques parlent du ius subsecivorum. C'est pour cela qu'il n'est pas abusif, en fait, d'y voir une catégorie de terre.

 

A Orange, une partie des subsécives a été concédée à la colonie. En voici la description.

 

Dans le cadastre A

La mention SVB(seciva) est indiquée sur la première ligne du texte de la centurie, après les coordonnées, et classe celle-ci dans une catégorie particulière, celle des centuries dont on n'a pas pu fermer les quatre côtés, ici en raison d'une étendue marécageuse probablement. Dans ces centuries, on voit bien que la surface de ces centuries doit être répartie de deux façons différentes : dans la partie quadrillée, délimitée par les axes cadastraux, c'est-à-dire le subsecivum au sens strict, les terres peuvent être assignées à des colons ou louées par la colonie ; dans la partie extérieure, celle qui est au-delà d'une ligne oblique ou brisée qui interrompt le dessin normal des limites, il n'y a rien. Par exemple, dans la centurie DD V CK IV, la surface louée par la colonie est de 2 jugères et 10 onces, et l'adjudicataire est un certain ...ius Pa...us. Il reste donc 397 jugères et 2 onces pour lesquelles le cadastre n'indique rien. Sur le strict plan de la technique gromatique, ces terres pour lesquelles rien n'est indiqué, ne sont pas des subsécives. Elles s'apparentent plutôt à l'ager extra clusus. Mais, sur le plan du droit, leur condition est la même, parce que le même ius subsecivorum s'y applique.

 

Dans le cadastre B

L'abréviation SVB apparaît également en tête de centurie, sur la deuxième ligne.

- Exemple dans le fragment 170 (Piganiol p. 202), 210 (p. 249), 213 (p. 251), 214 (P. 251

- Le fragment 194 comporte une centurie dite subsécive où 44 jugères sont assignés et 40 3/4 sont loués par la colonie ; au-delà, il reste donc 115 jugères 1/4 non précisés.

- Mais un cas inverse se produit, comme dans le fragment 206 (Piganiol, p. 242) : dans une centurie dite SVB, 186 jugères 1/2 sont assignés, et 13 1/2 loués par la colonie, soit un total de 200. Il n'y a donc plus d'autres terres dans cette centurie. Théoriquement, cette centurie ne devrait pas être classée en subsécive puisque son occupation est complète.

- Dans le même fragment, en SDI VKVIII (Piganiol, p. 245), dans une centurie dite subseciva, la colonie ne loue que 104 1/2  jugères ; il n'y a rien d'indiqué pour le reste.

- En SDI VKIX (fragment 209 ; Piganiol p. 248), la centurie est un subsécive et la colonie y possède 37 jugères 1/2 dites nova ; comme le dit Piganiol : "la ligne 2 précise qu'il s'agit d'abord de subseciva nova, résemment annexés".

 

Dans le cadastre C

Il n'y a pas de mention de subsécives, y compris dans la zone des insulae Furianae, où la topographie interdit pourtant qu'on ferme toutes les centuries. Mais le terme d'insulae en tient lieu, car les îles entrent dans la catégorie des lieux publics, comme nous l'avons indiqué au chapitre 5.

 

On retiendra donc que dans les deux plans d'Orange qui les mentionnent, les subsécives sont les terres assignées aux colons ou concédées à la colonie qui se trouvent dans des centuries incomplètes, et qu'ils ne peuvent être, au sens tehnique du mot subsecivum, confondus avec les terres non documentées situées au-delà du quadrillage et de la ligne oblique. Ces dernières correspondent, techniquement parlant, à l'ager extra clusus. Cependant, au sens large, ce sont des terres comparables. Il n'est donc pas exact de dire, comme le fait Saumagne (114), que les subsécives sont maintenus hors de toute évaluation. Ce qu'on doit appeler subsécive, c'est justement la part mesurée de la centurie incomplète ; le reste, c'est déjà l'ager extra clusus, et celui-ci n'est pas mesuré. Et il n'y a pas que dans le cas des subsécives nouvaux que la terre est mesurée.

On peut, par conséquent, se passer de l'hypothèse de Saumagne (115) qui voulait voir dans les subsécives le souvenir de subsécives "bruts" initiaux, et dans les nova et publica des cadastres, des subsécives convertis et assimilés désormais aux reliqua coloniae ou confondus avec eux.

 

 

* Les terres assignés aux colons

 

Pour indiquer les terres qui sont la propriété des descendants des colons, les cadastres se contentent de la brève formule EXT ou EXTR dont Mommsen puis Piganiol ont donné le sens, confirmé par quelques mentions plus explicites : EX TRIB, au cadastre A (n° 24, Piganiol, p. 122) ; EXTRIBUTA au cadastre B (n° 190, Piganiol, p. 228) ; EXTRIB au cadastre C (n° 303 et 310, Piganiol, p. 278 et 310). Il s'agit du sol retiré au pays tributaire, le tribut caractérisant le sol indigène.

Charles Saumagne a beaucoup insisté sur le point suivant : selon lui, la présence des jugères assignés aux colons « ne doit pas nous précipiter à supposer qu'ils ont été "exclus", en même temps qu'"exraits" du sol tributaire pour former une enclave immunis » (Saumagne 105 ; 108-109). Rien ne porterait à penser que le sol assigné ait été soustrait au tributum,

Si nous avions été en présence d'une forma d'origine, les cadastres auraient précisé les noms des colons assignés et la superficie qui leur était attribuée dans la centurie. Dans les plans de l'époque de Vespasien, comme ces propriétés ne sont pas l'objet de la révision, on se contente de rappeler leur existence pour mémoire, de la façon la plus brève qui soit.

 

* Les terres rendues aux Tricastins

 

Cette mention ne concerne, on le sait, que le seul cadastre B. On discutera plus avant de son existence, qui est liée à l'interprétation que l'on peut proposer de la centuriation B.

Contentons-nous, ici, d'observer que cette mention se limite, elle aussi, au strict minimum. Le cadastre indique la superficie des terres rendues aux Tricastins, précisant quelle est la part des terres "cultes" et celle des terres incultes. Mais rien ne nous est dit sur les noms des propriétaires, alors que pour les locations de terres publiques le détail des noms figurait. Comme les terres assignées aux colons, les terres indigènes ne sont rappelées dans le plan B que pour mémoire.

Charles Saumagne, contestant l'idée de Piganiol d'une restitution aux Tricastins de leurs terres un siècle après la conquête, lors de la promotion d'Augusta Tricastinorum comme colonie flavienne, a défendu l'idée suivante : pour lui, les Tricastins redditi sont des pérégrins, sinon même des latins, adtributi ou contributi au sein de la communauté coloniale. Les terres rendues sont donc hors du champ des publica possessa a privatis dont s'occupe Vespasien. Ce ne sont pas des terres vectigaliennes. Dans la forma originelle, ces terres devaient être nominalement désignées : en 77 ap. J.-C., la mention du nom n'importait plus. Il en déduit que les terres rendues continuent à représenter un élément de l'ager publicus populi romani, dont les occupants sont des "possesseurs", mais non assujettis au paiement d'un vectigal.

Il n'est pas inutile de citer, à la suite de Saumagne, un extrait de la lex Thoria de 111 av. J.-C., qui éclaire cette question.

« Ceux qui relativement à cet ager n'ont pas accoutumé de payer le vectigal, les decumae ou les scripturae pro pecore conformément à ce que prescrit la lex Sempronia, dans le cas où cet ager leur a été donné ou restitué ou échangé en vertu de la présente loi, celui d'entre les individus de cette catégorie qui détient, possède une telle terre et en jouit, ne devra fournir pour cet ager ni vectigal, ni decumae, ni scripturae, pour la part dont il jouira en vertu de la présente loi.

L'ager que le peuple romain a donné en location en vertu de la présente loi, lorsqu'un latin ou un pérégrin l'aura possédée, que celui-ci ne paie de vectigal, de decumae pou de scripturae au Peuple romain ou à son exacteur que ce que, pour ce même ager mis en location par le Peuple romain, devrait donner le citoyen romain qui l'aurait possédé.»

(Lex agraria, lignes 82-83 ; trad. Saumagne, p. 112-113 d'après le texte restitué par Mommsen ; pour une édition plus récente, voir Lintott 1992)

On aurait, à Orange, un cas de figure semblable, à cette nuance près que dans le cas de la loi de 111 il s'agit de terres publiques de l'Etat, alors qu'à Orange il s'agit de terres de la colonie. Pour Saumagne, donc, les agri redditi sont des terres publiques dont les possesseurs ont été dispensés de payer la redevance.

 

 

* Les terres dites RP dans le cadastre A

 

Seul le cadastre A porte la mention de terres RP, c'est-à-dire rei publicae. Comme le suggère André Piganiol, on peut y voir des terres publiques qui ne sont pas concédées à la colonie d'Orange, mais qui restent la propriété d'une res publica. Mais, comme le pense Hinrichs critiquant Piganiol, il ne faut sans doute pas y voir les terres de l'Etat romain qui sont dénommées res populi romani (Hinrichs 1989, 151). Ce sont les terres d'une collectivité autre que l'Etat. Mais de quelle res publica  s'agit-il ? Contrairement à ce que pense Hinrichs, qui n'a pas connaissance, au moment où il écrit, de la localisation originale du cadastre A, il ne faut pas songer à la communauté d'Orange.

On sait, en effet, que les cas de figure sont nombreux. Il faut, pour s'en rendre compte, comparer avec l'ager extra clusus, lequel peut dépendre de diverses rei publicae ou encore de "lieux" particuliers.

« Il y a aussi une catégorie de terres dont la condition est semblable à celle des subsécives, c'est le territoire exclu (ager extra clusus = hors de la zone close) et non assigné ; si ces terres ne sont données ni à la res publica du peuple romain, ni à celle de la colonie elle-même, dont la frontière l'entoure, ni à celle d'une ville étrangère, ni à des lieux sacrés ou religieux, ou ni à des lieux qui appartiennent au peuple romain, elles restent au pouvoir de celui qui aura pu assigner, avec le régime juridique des subsécives (fig. 10 La/Th) »

(Frontin, 3, 6-12 Th ; 7, 8, 1-6 La ; trad. H. Marchand ; sur ce texte, voir les commentaires de Jean Peyras 1995, p. 35 sq.)

Ici, dans le cadastre A, on ne peut rien dire. S'agit-il de terres restées dans la main de l'auctor divisionis, donc en définitive de l'Etat romain ? ou de terres concédées à une res publica particulière différente de celle des Secundani ? Leur statut a-t-il un rapport avec leur localisation plutôt groupée à l'est du cadastre, entre Cavaillon et Eyguières, comme semblent le montrer les fragments conservés ?

En outre pourquoi ces terres ne sont-elles pas affermées, alors qu'on pourrait s'attendre à trouver ces terres publiques louées par des acquéreurs, dans le cas des agri vectigales, quelle que soit la res publica à laquelle elles appartiennent ? La localisation de ces terres dans le cadastre A peut cependant rendre plausible l'interprétation de terres publiques qui n'auraient pas trouvé d'acquéreurs ou de possesseurs, en raison de la mauvaise qualité des sols : les centuries notées RP correspondent en effet soit au cours de la Durance, soit à des zones des Alpilles, soit enfin à la Crau.

 

* Une hypothèse de Charles Saumagne

 

Il nous reste à évoquer l'hypothèse de Charles Saumagne concernant la pierre opistographe A 47, la seule qui soit écrite sur les deux faces, et qui présente d'incontestables originalités par rapport à toutes les autres inscriptions des plans.

Sur une face on lit : DDI VK V — extr iug (?)CC, et il n'y a aucun quadrillage dessiné. L'appartenance au cadastre A, malgré ce qu'en pense Piganiol, est incertaine. La restitution de plus de deux-cents jugères est plus que conjecturale. Si la pierre appartenait bien au cadastre A, elle se situerait au sud-ouest de Beaucaire, sur la rive droite du Rhône. Cette face a-t-elle jamais appartenu à l'un ou l'autre des cadastres ? On peut se poser la question.

Sur l'autre face, la plus riche en informations, on lit dans la colonne de gauche : DDI VKIII — militibus extr ­­— iugera C — relq colon C — poss STF I uti du — ses aeris XXVIII ; dans la colonne de gauche : R. Il n'y a aucun quadrillage dessiné.

C'est évidemment le R, interprété comme le début de RP qui n'existe qu'au cadastre A, qui a fait "nécessairement" joindre à ce cadastre cette pierre singulière Mais l'originalité tient surtout à la présence des mots milites et possessores, qui n'ont jamais été rencontrés dans les autres inscriptions. Saumagne voit dans ce texte le témoin d'une inscription plus ancienne, une sorte d'esquisse, abandonnée, et qui serait ici en réemploi. RP signalerait le statut des arva publica du peuple romain, restés tels par rapport aux jugères données aux soldats, et à ceux remis aux colons (collectivement). On serait donc en présence d'un document plus ancien que les autres documents d'Orange, mais sans qu'il soit permis de le dire antérieur à la décision de Vespasien (p. 105). Après détermination de l'ager publicus, puis des arva publica et du tribut, on aurait extrait, dans le cas qui nous occupe (A47 face 2), 200 jugères de la centurie destinés à demeurer dans le domaine public du peuple romain ; on aurait donné 100 jugères de ce sol extrait aux colons, cent autres à la colonie. Ainsi le tribut demeurerait la matrice commune.

 

 

3/ Les possesseurs

 

André Piganiol a rassemblé l'essentiel de ce qu'il faut savoir à propos des adjudicataires des terres publiques dont les noms sont détaillés par les cadastres. Mais les commentateurs n'ont pas exploité toute la subtilité et la précision de ses observations.

Le preneur d'un ager vectigalis est assimilé à un possesseur et le contrat qu'il passe avec la colonie lui enjoint de verser un vectigal. Celui-ci est de faible valeur, symbolique, car les terres publiques ne sont pas directement exploitables et doivent être, au préalable, drainées, irriguées ou plantées. Malgré cela, c'est l'arrêt du versement de ce vectigal pendant les années de trouble qui a poussé Vespasien a provoquer la révision des cadastres et la perception des arriérés. Comme le dit expressément Piganiol, l'adjudication pouvait concerner soit des exploitants eux-mêmes, soit des fermiers, ou mancipes, qui ensuite relouaient les terres.

Malgré cette précision de l'éditeur des marbres, l'idée que les possesseurs des terres publiques des Secundani soient des exploitants s'est imposée. André Pelletier a ainsi réalisé une étude sur la superficie des "exploitations agraires" dans le cadastre B d'Orange, dans laquelle il a examiné le sort des 877 ha dont on connaît les adjudicataires (Pelletier 1976). Il a calculé que les plus grandes surfaces louées sont de 73, 83 et 97 hectares. Il s'agirait donc, non pas de latifundiaires, mais de "moyens propriétaires, à la tête d'exploitations dont certaines devaient dépasser cent hectares". Depuis cette étude on a pris la mauvaise habitude de parler de domaines, d'exploitations et de propriétaires, ce qui n'est qu'un cas de figure possible, et le moins vraisemblable.

La lecture des textes gromatiques comme la répétition des noms, quelquefois dans des secteurs éloignés du cadastre, conduit en effet à réviser cette opinion, dans le sens qu'avait déjà indiqué Piganiol. Nous sommes, au moins pour partie des adjudicataires, non pas en présence d'exploitants, mais bien de fermiers généraux, de possesseurs qui louent les terres pour en tirer un profit en les relouant eux-mêmes aux exploitants les plus proches. Il est ainsi hautement probable que ni les héritiers de Marcius Firmus, ni Sextus Careius, ni les pupilli Maccii, par exemple, ne soient des exploitants des terres qu'ils louent, mais plutôt des notables réalisant des placements.

Michel Christol vient d'en apporter une quasi-preuve en réexaminant l'onomastique du cadastre C.

- Il est possible, par exemple, qu'on puisse faire le lien entre l'adjudicataire Indelvius Fronto, dont M. Christol restitue la lecture pour la première fois, et le gentilice Indelvius connu par une inscription de Nîmes, récemment découverte (l'inscription est publiée dans Gallia, 37-2, 1979, 543 ; RAN, 15, 1982, 290-93 ; AE, 1982, 682 ; nous avions nous-même déjà fait ce lien entre ..NDELVI.. et ce gentilice nîmois, mais nous en tirions des conclusions erronées sur la localisation du cadastre : Chouquer et Favory 1991, 159). La localisation du fragment près de Vaison, dans notre calage du réseau présenté ci-dessous, va dans le sens des liens entre notables volques et voconces que Michel Christol relève et commente.

- Cornelius Sacratus, dont le nom est également lu pour la première fois, serait selon M. Christol un important adjudicataire de la zone nord-est du cadastre. Dans notre calage du réseau, nous serions enclins à le localiser en CK VIII-IX et DDVIII ou DDIX, soit à proximité même de l'endroit où fut trouvée la stèle CIL XII 1300 mentionnant Sex. Cornelius Sacratus (Sablet, "les Fades"). On tiendrait là un rapprochement particulièrement direct entre une inscription du cadastre et une stèle votive. Mais le rapprochement peut être délicat à faire car l'autel serait peut-être postérieur à l'époque du cadastre. On aurait plutôt là un descendant de l'adjudicataire, selon M. Christol.

- Iuventius Pedo est le cas le plus net puisque son nom se lit sur des fragments très éloignés du cadastre, n° 318, 325 (mais ce fragment n'est pas localisé en raison de la perte des coordonnées ; comme il présente une ligne oblique, peut-être est-il à situer dans une région de subsécives ?), et pobablement aussi n° 351. L'éloignement de ces fragments interdit qu'on y voie une exploitation. Ce possesseur prendrait donc des terres publiques de part et d'autre de la zone cadastrale, près de Vaison dans la vallée de l'Ouvèze, et dans les insulae Furianae.

Terminons sur une idée générale : dans les plans cadastraux, les possesseurs dont on lit les noms ne sont pas, comme une tendance d'interprétation semblerait le sous-entendre de plus en plus, des fautifs qu'on épingle et qui voient leur situation régularisée, mais plutôt des possesseurs légitimes qui sont rétablis dans leur bon droit, pour ceux du moins dont la possession avait été troublée par des usurpations illicites dues aux temps de crise. Ainsi, tout en réaffirmant les droits de la res publica des Secundani (comprendre le droit pour la colonie de percevoir le vectigal), l'inscription de Vespasien réaffirme en fait les intérêts d'une classe de notables, celle qui édifie sa puissance sur la gestion de ces biens publics, que ces notables soient les descendants des colons ou non. 

 

 

4/ La mise en valeur des terres

 

Parmi les travaux récents concernant le cadastre B, ceux portant sur la tarification des terres et leur mise en valeur ont considérablement fait évoluer notre perception de la réalité antique. Ces travaux nécessitant de longs développements, notamment quant à la description des protocoles d'enquête — morphologiques, archéologiques, paléo-environnementaux, géologiques, mais aussi agronomiques —, nous nous contentons de les mentonner ici pour mémoire.

 

* La tarification des sols

 

Une confrontation a été tentée entre les données des marbres, à savoir la variation du tarif des locations des terres publiques, et la pédologie de la plaine du Tricastin. L'hypothèse, exprimée par Thierry Odiot dans les années 80, tendait à dire que la variation de ce tarif (en gros de 2 à 8 as au jugère, avec une moyenne de 4 as) avait un rapport avec les sols, notamment leur plus ou moins grande hydromorphie.

Pour explorer cette idée, il a fallu d'abord connaître quelle était la perception des potentitalités agrologiques par les spécialistes antiques eux-mêmes, Columelle et surtout Pline l'Ancien ; ensuite essayer de classer les sols du Tricastin selon la classification antique, par un essai de corrélation ; enfin connaître la dynamique pédo-sédimentaire des unités édaphiques, afin d'apprécier les changements éventuels survenus depuis l'Antiquité, qui compromettraient la comparaison. Une certaine stabilité a pu être mise en évidence dans certaines zones, rendant possible l'utilisation de la carte pédologique, alors que dans d'autres secteurs il faut corriger l'information.

On peut donc ainsi comprendre la différence des tarifs, et apprécier les choix techniques et agricoles qui ont été ceux des agriculteurs de l'Antiquité.

Cette intuition s'est donc avérée particulièrement heureuse, dans la mesure où elle a apporté une interprétation acceptable et dans la mesure où elle a provoqué un développement de la recherche.

 

 

* La mise en valeur

 

La découverte de l'importance des structures matérielles du cadastre dans la gestion de la circulation de l'eau, — dont nous avons fait un modèle morphologique et archéologique —, a conduit à poser l'hypothèse que l'implantation du cadastre sous Auguste, et la révision cadastrale décidée à l'époque de Vespasien auraient pu avoir eu une fonction d'aménagement en matière d'hydraulique agricole notamment.

En ce qui concerne les fonctions agricoles de la centuriation, les fouilles occasionnées par le tracé du TGV Méditerranée, ont permis de découvrir des structures du Ier s. qui attestent principalement de la fonction drainante des fossés cadastraux, et de leur hiérarchie dans le cadre du réseau antique. D'autre part la mise en place du cadastre a été précédée, au moins dans un cas observé à Pierrelatte, d'un aplanissement volontaire qui est venu achever un long processus d'érosion qui avait commencé à éroder les parties hautes des ondulations et à colmater les parties basses, pendant toute la protohistoire. Dan un autre cas il a été observé que le réseau des fossés mis en place en fonction des axes de la centuriation avait alternativement fonctionné comme réseau d'irrigation et comme réseau de drainage. Enfin, un ample développement de la viticulture atteste, au premier siècle, de la quasi monoculture de la vigne dans certains secteurs de la plaine tricastine.

Dans ces conditions archéologiques, renouvelées depuis peu, les mentions des  cadastres B et C prennent un relief nouveau. La présence de nova iugera témoigne à sa façon de cet aménagement, par gain de terres cultivables en bordure du Rhône, ou dans des bassins hydromorphes internes du massif d'Uchaux. La mention de terres remises en eau montre d'ailleurs que ces tentatives n'ont pas toujours été un succès, en raison du régime du Rhône. Mais globalement l'impression d'une conquête des terres en liaison avec la bonification s'impose. Peut-être dès l'installation de la centuriation, le secteur des insulae Furianae est valorisé par la construction de la fossa Augusta qui autorise la navigation et l'évitement du secteur mouvant et impraticable des îles. Puis, au plus tard à l'époque de Vespasien, ces terres ont été partiellement bonifiées par l'intervention de Quintus Curtius Rufus, "inventeur" des îles, c'est-à-dire entrepreneur des travaux de bonification et de mise en valeur. Ce magistrat — il est duovir — agit dans le cadre de ses fonctions, et on peut éclairer son action en la rapprochant du texte de la loi municipale d'Irni, en Bétique, d'époque flavienne.

« <LXXXII> R(ubrique). Sur les voies, les chemins, les rivières, les canaux et les égouts.

Les voies, les chemins, les rivières, les canaux et les égouts que les duumvirs, ensemble ou l'un ou l'autre, souhaiteront faire construire ou modifier, pourvu que ce soit en vertu d'un décret des décurions ou conscripti et sur le territoire de leur municipe et sans dommage pour les personnes privées, que les duumvirs ensemble ou l'un ou l'autre aient le droit et le pouvoir de le faire faire. Si ces travaux ou modifications ont été accomplis de cette manière, qu'il soit légitime qu'ils existent et soient entretenus ainsi. »

(Lex Irnitana ; trad. AE, 1986, n° 333, p. 132-133)

 

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Bibliographie

 

CHOUQUER 1983 = Gérard CHOUQUER, Localisation et extension géographique des cadastres affichés à Orange, dans Monique CLAVEL-LEVEQUE (éd)., Cadastres et espace rural. Approches et réalités antiques, Actes de la table-ronde de Besançon (mai 1980), Paris CNRS 1983,  p. 275-295.

CHOUQUER 1993 = Gérard CHOUQUER, Cadastres d'Orange et archéolologie. Résultats et hypothèses, dans FAVORY et FICHES (dir.), Les campagnes de la France méditerranéenne dans l'Antiquité et le haut Moyen âge, DAF n° 42, Paris 1994, 51-55.

CHOUQUER 1993b = Gérard CHOUQUER, Etude morphologique du cadastre B d'Orange, dans FAVORY et FICHES (dir.), Les campagnes de la France méditerranéenne dans l'Antiquité et le haut Moyen âge, DAF n° 42, Paris 1994, p. 56-72.

CHOUQUER 1993C = Gérard Chouquer, « Répertoire topo-bibliographique des centuriations de Narbonnaise », Revue Archéologique de Narbonnaise, 26, 1993, pp. 87-98.

CHOUQUER et FAVORY 1991 = Chouquer, G et Favory, F., Les paysages de l'Antiquité. Terres et cadastres de l'Occident romain, Ed. Errance, Paris, 250 p.

CHOUQUER et FAVORY 2001 = Gérard Chouquer et François Favory, L’arpentage romain, Histoire des textes, Droit, Techniques, ed. Errance, Paris 2001.

CHRISTOL ET al. 1998 = M. Christol, Jean-Claude Leyraud et Joël-Claude Meffre, « Le cadastre C d’Orange. Révisions épigraphiques et nouvelles données d’onomastique », Gallia, 1998, pp. 327-343.

MOATTI 1993 = Claude Moatti, Archives et partage de la terre dans le monde romain (IIe siècle avant – Ier siècle après J.-C.), Collection de l’École française de Rome, n° 173, Rome 1993.

NICOLET 1988 = Claude Nicolet, L’inventaire du Monde, Ed. Fayard, Paris 1988.

ODIOT et al. 1992 = Thierry ODIOT, Valérie BEL, Michèle BOIS (dir.), D'Augusta Tricastinorum à Saint-Paul-Trois-Châteaux Drôme, Documents d'Archéologie en Rhône-Alpes n°7, Lyon 1992, 224 p.

PELLETIER 1976 = André Pelletier, « La superficie des exploitations agraires dans le cadastre d’Orange », Latomus, 25, 3, 1976, pp. 582-585.

PIGANIOL 1962 = André PIGANIOL, Les documents cadastraux de la colonie romaine d'Orange, XVIe suppl. à  Gallia, Paris 1962.

SALVIAT 1977 = François SALVIAT, Orientation, extension et chronologie des plans cadastraux d'Orange, Revue Archéologique de Narbonnaise, X, 1977, p. 107-118.

SALVIAT 1985 = François SALVIAT, Le cadastre B d'Orange, la route antique au sud de Montélimar, le problème de Dourion et le cours inférieur de la Berre, RAN, 18, 1985, p. 277-287.

SALVIAT 1986 = François SALVIAT, Quinte Curce, les "Insulae Furianae", la "Fossa Augusta" et la localisation du cadastre C d'Orange, Revue Archéologique de Narbonnaise, 19, 1986, p. 101-116.

 

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