DICTIONNAIRE SOMMAIRE

DES TERMES ET EXPRESSIONS

DE L’ARPENTAGE ROMAIN

 

LISTE COMPLÉMENTAIRE

 

 

Édition des textes gromatiques utilisées :

— F. BLUME, K. LACHMANN et A. RUDORFF, Die Schriften des römischen Feldmesser, Berlin 1848-1852, 2 vol. ; réimpression chez Georg Olms, Hildesheim 1967 (les textes sont dans le volume 1 de 1848).

— Carl THULIN, Corpus agrimensorum romanorum, Opuscula agrimensorum veterum, coll. Teubner, Stuttgart 1913, réimpression 1971.

C’est à ces deux éditions que renvoient les références :

- 145, 5-6 Th signifie, p. 145, lignes 5-6 de l’édition Thulin (La pour l’édition Lachmann)

 

Les noms des auteurs sont abrégés.

- Fr = Frontin

- Hyg. = Hygin

- Hyg. Grom. = Hygin Gromatique

- Ps.-Hyg. = Pseudo-Hygin

- Ag. Urb. = Agennius Urbicus

- Ps.-Agen. = Pseudo-Agennius Urbicus

- Sic. Flac. = Siculus Flaccus

- Iun. Nyps. (ou Nips.) = Iunius Nypsius (ou Nipsius)

- Epaph. = Epaphroditus

- Vitr. Ruf. = Vitruvius Rufus

- Isid. = Isidore

- Comm. anon. = Commentateur anonyme

 

Autre abréviations couramment employées dans le dictionnaire.

Casae = Casae Litterarum, « Maison des lettres », titre de cinq listes de domaines.

Cod. Théod. = Code Théodosien.

De iug. met. = De iugera metiundis, La mesure des jugères, opuscule tardif.

Dig. = Digesta Justiniani, ou Digeste, compilation de la jurisprudence romaine éditée en 533 ap. J.-C. et publiée par Mommsen.

Exp. term. = Expositio terminorum, liste de bornes de diverses provinces.

Lib. col. = Liber coloniarum, titre d’un répertoire de cités italiennes publié dans l’édition Lachmann.

 

CIL = Corpus des inscriptions latines

AE =   l’Année Épigraphique

 

Les notices ci-dessous ont été réalisées en partie par nos propres travaux sur le vocabulaire de l’analogisme dans le corpus gromatique et sur l’enregistrement cadastral (notices signées GC), en partie à l’aide des travaux suivants :

- ARNAUD, Pascal, « Des documents méconnus du bornage : determinatio, depalatio, definitio », dans A. GONZALES et J.-Y. GUILLAUMIN (ed), Autour des Libri coloniarum. Colonisation et colonies dans le monde romain, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon 2006, p. 67-79.

- CAMPBELL, Brian, « Surveyors, topogaphy and definitions of landholding in ancient Rome », dans D. CONSO, A. GONZALES, J.-Y. GUILLAUMIN (ed), Les vocabulaires techniques des arenteurs romains, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon 2006, p. 173-181.

- GUILLAUMIN, Sur quelques notices des arpenteurs romains, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon 2007, 182 p.

- GUILLAUMIN, Jean-Yves, « Tysilogramus, epitecticalis : deux mystères gromatiques », dans D. CONSO, A. GONZALES, J.-Y. GUILLAUMIN (ed), Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon 2006, p. 41-46.

 

 

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Ad mensuram redigere — soumettre à la mesure ; expression d’Hygin Gromatique pour expliquer pourquoi et comment il faut diviser les terres arcifinales soumises au vectigal par des tracés rectilignes (recturae) et un bornage afin d’en conserver définitivement la valeur (167, 16-17 Th = 204, 16-17 La).

 

Analogia — analogie ; le terme apparaît sous la plume d’Agennius Urbicus (25, 24 Th), dans le long commentaire initial de sa source flavienne. Il se rapporte à la géométrie et l’art de la mesure que domine l’arpenteur. Il évoque :

- des analogies géométriques : on peut songer à diverses formes de champ et de surfaces à mesurer, désignées par des expressions telles que champ en forme de lune, de croissant ; en forme de tête de bœuf ;

- des analogies harmoniques et des analogies arithmétiques en précisant : « comme les contraires, les quintes ou les sixtes et tous les autres intervalles » : il s’agit ici des mesures fondées sur des rapports arithmétiques. On songe aux relations arithmétiques exploitées dans la mise en œuvre de la varatio (voir à ce terme dans le Dictionnaire).

Il a le sens de proportion ou de mise en rapport, sens constant et général qui donne sa caractéristique principale à la rationalité antique. Il s’agit d’une rationalité que nous qualifions, avec un terme moderne, de “spatiale”, car c’est par la mise en relation dans l’espace que se fait la cohérence, bien plus que par le récit historique et la cohérence dans le temps. (GC)

 

Comparatio — comparaison, méthode d’appréciation de la continuité de la possession ; la comparaison des cultures est une notion technique qu’il faut apprécier sur un plan cadastral. On la voit appraître dans le corpus gromatique sous l’angle des controverses. Dans la controverse sur le lieu (locus), l’un des modes de résolution des conflits est de comparer les cultures. Hygin explique qu’on doit ainsi estimer si l’on est en présence d’un terrain inculte, d’une forêt, si l’âge des arbres est comparable, des variétés d’arbres, de vignes, etc. C’est ce que le même Hygin appelle par ailleurs la continuatio soli. La logique du principe de continuité du sol est telle qu’un arpenteur doit expliquer que l’unité d’apparence ne signifie pas toujours l’unité de possession ou de propriété  (Sic. Flac., 125, 18-27 Th = 161, 3-11 La ; trad. 262-264 Bes.). Alors que l’aspect est unique, on peut avoir plusieurs lots. (GC)

 

Constitutio — classe, catégorie ; le mot est employé par Hygin Gromatique lorsqu’il définit les classes de sol des terres vectigaliennes, afin de déterminer leur degré d’imposition et qu’il pend l’exemple des six classes existant en Pannonie (Hyg. Grom. 168, 9-16  Th = 205, 9-16 La). (GC)

 

Convenentia — convenance ; c’est le point de l’espace où se constate l’accord (des possesseurs entre eux). Ainsi on trace une limite par une ligne régulière ou droite qui va d’un point de convergence des possessions ou d’accord des possesseurs à un autre de même type (ex convenienti ad convenientem ; ex convenientia). Le point de convenance est donc le point de convergence des limites des différentes possessions (Sic. Flac, 103, 4-8 Th = 139, 4-8 La ; 105, 21-24 Th = 141, 20-23 La).

Comme le remarque avec sagesse Hygin, quand des possesseurs ont convenu des limites entre eux et même si ces limites sont différentes de celles qui ont été antérieurement portées dans les archives (notamment le plan cadastral), que peut-on faire de mieux que de s’y ranger ? « Ainsi, comment pourrait-on revenir au bronze si, comme je l’ai dit, pour les deux personnes entre lesquelles il y a controverse les possessions conviennent ». Ce point s’explique par le fait que la convenance n’est pas seulement un accord oral entre deux voisins, mais correspond à l’établissement d’une determinatio ou d’une definitio, comme l’indique Agennius Urbicus (28,24 - 293 Th ; trad. H. Marchand dans Chouquer et Favory 2001, p. 386, n° 392 ; trad. reprise et améliorée par Arnaud 2006, p. 76). La determinatio ou definitio fait donc office d’enregistrement de la mutation. (GC)

 

Definitio — acte ou document administratif concernant une description de confins ; on peut reproduire une definitio dans une décision exposée dans un lieu public (AE, 1913. 2 ; Arnaud 2006 p. 72 et note 31). La definitio pourrait porter, au moins en principe, sur les limites naturelles, alors que la determinatio porterait plus sur les bornes installées. Mais dans les textes juridiques, la mention des deux termes (trois si on ajoute depalatio) ne signifierait pas des nuances de sens, mais plutôt le souci de ne pas laisser de place à la chicane. On peut songer aussi à rapprocher la definitio de la controverse sur la limite et la determinatio de celle sur la position des bornes. (d’après PA)

 

Depalatio — acte administratif décrivant un bornage (Arnaud 2006) ; voir à determinatio : même sens mais avec des bornes en bois.

 

Determinatio — acte administratif décrivant un bornage (lequel se nomme terminatio) ; la determinatio, contrairement au sens jusqu’ici admis (par exemple dans notre dictionnaire ; voir aussi chez J.-Y. Guillaumin, dans sa traduction d’Hygin Gromatique ; également dans la traduction bisontine d’Agennius Urbicus, p. 58-59) aurait un autre sens comme vient de le démontrer de manière convaincante Pascal Arnaud (2006). Il s’agit de l’acte qui fonde, atteste, garantit le tracé et permet la restitution ultérieure en cas de vérification du bornage. C’est un acte daté d’un jour précis (ex : CIL VIII, 27459 ; Lib. col., 244, 13 La, à propos de la determinatio sur le sol d’Alba Fucens). C’est une pièce d’archive à laquelle on peut se référer en en rapportant les termes dans une autre (ex de la determinatio reprise dans un libellus vetus, présenté lors du conflit de bornage opposant  le municipe d’Histonium à Tillius Sassus (CIL, IX 2827 = Dessau 5982 ; Arnaud 2006, note 20, p. 69 ; Moatti 1994, p. 136-137).

La determinatio est l’équivalent du grec aphorismos, ou aussi du terme plus ancien périorismos ou périhorismos.

De l’étude de Pascal Arnaud et du réexamen des textes, on peut observer que la determinatio / depalatio /definitio intervient dans deux cas assez différents par l’échelle et par le but, mais dont la réunion s’explique par le fait qu’il s’agit du même principe, décrire des confins :

- l’acte peut décrire les confins d’un territoire : c’est ce qu’on propose de reconnaître dans l’exemple que donne Hygin au sujet de la controverse sur le droit du territoire (74, 4-19 Th ; Arnaud 2006, p. 75 ; trad. Chouquer et Favory, 2001, p. 182-183) et que reprend dans un montage complexe le commentateur anonyme (65, 25 - 66, 17 Th ; texte traduit dans Chouquer et Favory, 2001, p. 393, n° 437), et ceci bien que les mots determinatio ou definitio ne soient pas expressément mentionnés.

- l’acte peut décrire les confins des propriétés ou des possessions, entre voisins, avec mention expresse de leurs limites et des noms des voisins. C’est ce que décrit Hygin (74,24 - 75, 9 Th ; trad. p. 189-190) et cette fois en employant le terme definitio, lorqu’il décrit la controverse entre voisins au sujet de la limite. (d’après PA)

 

Epitecticalis (terminus) — surajouté ; désigne les bornes qu’on ajoute à un trifinium au delà des trois bornes, et à un quadrifinium au delà des quatre bornes qu’on y trouve normalement ; le mot viendrait du terme (termini) epithetici, devenu epitheticales, avec le sens de “bornes-ajouts” ; il est plus difficile d’expliquer pourquoi ce mot qualifie des bornes indiquant des subsécives (epetecticalis en 307, 13 ; 341, 14 ; 344, 6 et 9 ; 346, 18 La ; epitecticalis en 352, 16-17 La). (d’après JYG)

 

Forma censualis — archives du cens : expression désignant le mode d’enregistrement de la terre par domaines (agri, fundi) au sein d’unités plus vastes nommées pagi, mons ; ce mode est décrit par le juriste Ulpien : «  On prendra garde que les domaines (agri) soient inscrits ainsi dans les documents du cens (forma censualis) : on indiquera le nom du domaine (fundus), dans quelle cité et dans quel pagus il se trouve et quels sont ses deux plus proches voisins ; et les champs (arvum) : combien de jugères seront labourés dans les dix prochaines années ; les vignes : combien de pieds ; les oliviers : combien de jugères et combien d’arbres ; les prés : combien de jugères seront fauchés dans les dix prochaines années ; les pâtures : combien de jugères il semble y avoir ; de même pour les bois de coupe. Que celui qui déclare fasse lui-même l’estimation. »  (Dig, 50, 15, 4 ; trad. M. Tarpin, p. 193). (GC)

 

Loca hereditaria — lieux reçus par héritage ; d’après Rudorff, suivi par F. Grelle (“Struttura e genesi dei Libri coloiarum”, dans O. Behrends et L. Capogrossi Colognesi (ed), Die römische Feldmesskunst, Göttingen 1992, p. 82), il s’agirait de lieux légués à la collectivité publique par des possesseurs privés ; dans la notice du Liber coloniarum dans laquelle cette expression apparaît, il s’agirait d’un emprunt à Siculus Flaccus (Lib. col. 226,2 La, notice sur Spolète).

 

Magister pagi — magistrat du pagus ; personnage qui exerce des fonctions d’administration dans le pagus ; il effectue la lustration du pagus, ce qui permet d’en connaître les limites ; on pense que le magister pagi est le même personnage que le praepositus pagi mentionné dans la table de Trinitapoli au IVe s., lequel est chargé d’établir la liste des possesseurs contribuables de son pagus (Sic. Flac., 129, 14 Th = 164, 28 La pour la mention du magister ; AE, 1984, n° 250, p. 67-70, pour celle du praepositus pagi). (GC)

 

Mons - mont ; en Italie, unité géographique et/ou circonscription, équivalente et associée au pagus, dans laquelle on enregistre les citoyens pour les charges qu’ils doivent, notamment les contributions. Le pagus et le mons sont associés dans un exemple que Siculus Flaccus rapporte d’après les archives cadastrales, et dans lequel il explique qu’on peut assigner un complément de terre en se référant à ces lieux, hors de la limitation (Sic. Flac., 125, 6-7 Th = 160, 18-19 La). (GC)

 

Opinio — estime ; terme “cadastral” et fiscal indiquant un procédé d’appréciation de la quantité et de la valeur d’une propriété ou d’une possession sans recours à la mesure détaillée par un arpenteur, mais sur la base de la déclaration du possesseur. C’est ce que relève Hygin, qui invite (par deux fois) l’arpenteur à se renseigner pour savoir « si, dans toute la région, on n’a pas l’habitude de saisir la surface (modum) plus à l’estime (opinio) que par mesurage (mensura) » (Hyg. 96, 3-10 Th = 132, 16-23 La ; Chouquer et Favory 2001, p. 59). (GC)

 

Particula — parcelle ou portion d’un domaine ; le terme est employé par Siculus Flaccus lorsqu’il traite de la continuité de la possession et qu’il indique qu’une partie d’une possession peut se trouver de l’autre côté d’une voie (ce qui sous-entend que la voie doit en principe faire limite ; Sic. Flac. 109, 21 La = 145, 21 La) ; qu’on peut acheter des parcelles ou portion de terres de l’autre côté d’un ruisseau alors que celui-ci fait limite (114,18 Th = 150, 17-18 La) ; qu’on échange des parcelles ou portions entre possesseurs pour reconstituer la continuité de la possession  (119, 20-27 Th = 155, 15-22 La) ; enfin que les mutations par achat ou vente de portions ou parcelles ne correpsondent plus à ce qui est mentionné dans les archives (126, 14-18 Th = 161, 25 - 162, 2 La). Dans tous ces exemples, le mot renvoie donc plutôt à une portion d’un domaine, de taille indéterminée, et la traduction par parcelle, qui peut être juste, peut néanmoins induire en erreur, en raison du sens moderne du terme. (GC)

 

Ratio — rapport, proportion ; ordre, logique, mode ; règle, méthode ; système.

1. Le mot signifie mise en rapport ou proportion. La ratio, c’est le rapport qui permet de passer d’un existant à un autre, d’un singulier à un autre, par une proportion qui peut être exprimée de façon diverse. Dans l’espace non limité, l’arpenteur qui procède à une circumambulation pour délimiter un territoire met en rapport des éléments de bornage et élabore ainsi la ratio des choses, c’est-à-dire le mode de liaison qu’elles ont entre elles et qui fait chaîne. Dans l’espace limité, c’est évidemment par le quadrillage que passe cette mise en rapport.

On suggèrera la définition suivante : « ensemble d’éléments placés entre eux dans une relation donnée ou un rapport ». Ainsi, dans l’expression qu’emploie Frontin à propos de la position des bornes : voir, « entre deux (voisins), si c’est par l’alignement rigoureux de tous les autres (il s’agit des termini), ou si c’est par le calcul (ratio) » (4, 13-14 Th = 10, 2-3 La ; trad. H. Marchand). La ratio d’un ensemble de bornes c’est donc quelque chose de plus que la visée qui en réunit deux : c’est tout ce qui fait la limite entre deux voisins, par la relation de proche en proche. Même sens chez le Ps.-Agennius, toujours à propos des ensembles de bornes en relation : un praticien incompétent peut ne pas voir que les bornes obéissent à des relations (rationes)  (30, 20 Th).

2. Le mot a un sens très voisin du sens précédent, lorsque, toujours à propos du bornage, Pseudo-Agennius précise : « Cependant, en vérité, un grand nombre (de possesseurs) suit non seulement la coutume du sacrifice mais aussi la ratio et les plantent sur la limite elle-même » (33, 8-10 Th ; trad. H. Marchand). La coutume c’est, quelquefois, de planter les bornes là où on fait le sacrifice, même si ce n’est pas exactement le lieu. La ratio, c’est le respect du lieu précis où il faut les planter, en fonction de la limite elle-même, définie par des alignements et des positons de bornes, et par le respect de la bande de 5 pieds séparant les possesseurs voisins, qui n’appartient ni à l’un ni à l’autre. Le bornage respecte donc la ratio lorsqu’il est conforme à ces éléments de droit. Dans la phrase citée, le Pseudo-Agennius se félicite que des possesseurs réussissent à conjuguer les deux nécessités : la coutume du sacrifice et la ratio du bornage. Le mot ratio peut ici être traduit par des équivalents tels : ordre (du bornage), logique (du positionnement des bornes).

3. Ratio signifie aussi « règle ». Exemples en 32, 17 Th : c’est une règle que d’attribuer toute la pente au possesseur du haut pour qu’il garantisse sa terre ; alors que certains dérogent à cette ratio, l’arpenteur devra apprécier ; et en 32, 22 Th : plus sûre apparait la règle ou l’habitude qui veut qu’on garantisse la possession jusqu’à la base, même si les bornes font défaut.

4. Quelquefois enfin, le mot ratio signifie “méthode”, notamment dans l’expression ratio mensurae, qu’emploie Frontin pour désigner le recours à la méthode des mesures pour trancher un litige dans les terres assignées.

5. Enfin le mot signifie “système”, comme dans l’expression de ratio mundi, le “système du monde”. Ce sens très globalisant ne renvoie pas à l’abstraction naturaliste, mais au monde comme collectif au sein duquel sont distribuées les myriades de singularités qui le composent. C’est un cosmocentrisme. Mais il n’y a aucune raison de voir dans le quadrillage de la centuraition le summum de la ratio mundi, comme si, dans les territoires non quadrillés, l’ontologie puisse être plus faible : le système n’est pas moindre dans la terre occupatoire qu’il l’est dans la terre divisée. C’est une attitude de modernisation des réalités antiques. (GC)

 

Separatio agrorum — « séparation des terres », définition des confins des domaines ; dans la terre arcifinale de province, Hygin Gromatique indique qu’on effectue le recensement et la définition des confins des domaines en les enregistrant dans des scamna et des strigae. Ici, ager est pris dans le sens de domaines, possessions, selon un sens courant de ce terme, lorsqu’il est employé de façon interchangeable avec fundus, voire avec villa. L’expression separatio agrorum est l’équivalent de l’expression de separatio fundorum signalée à propos de l’ager Ausculanus (voir à ces mots dans le Dictionnaire). (Hyg. Grom., 208, 1-2 La). (GC)

 

Servitus — servitude ;  dénomination générale des servitudes de passage dont peuvent être grevées des terres (Sic. Flac., 110, 17 Th = 146, 17 La ; 116, 12 Th = 152, 11 La).

 

Tysilogramus (terminus) — (borne) présentant des stries ou des rayures ; mot figurant dans la notice de la colonie de Fida Tuder pour qualifier une borne ; il dériverait du grec poïkilogrammos, terme qui signifie “strié” et qui qualifie l’apparence d’une espèce du poisson “serran” ou mérou, à la suite d’une déformation de la forme lapis pycilogrammus qui aurait été la forme correcte ;  (Lib. col., 214, 8 La). (d’après JYG)

 

Vocabula villarum agrorumqueles noms des domaines et des terres : expression par laquelle Siculus Flccus désigne l’un des deux modes d’enregistrement de la terre faisant foi en justice, l’autre mode étant l’enregistrement selon la forma divisée et quadrillée ; ce mode se rencontre dans les terres arcifinales ou occupatoires ; on peut faire des compléments d’assignation de terres en se référant à ce mode (Sic. Flac., 126, 15 Th = 161, 26 La). Voir à forma censualis. (GC)

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