ISIDORE DE SÉVILLE,

 Les étymologies, Livre 15 : Les constructions et les terres,

 

texte établi, traduit et annoté par Jean-Yves Guillaumin et Pierre Monat

Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon 2004, 94 + XV p.

 

 

 

 

 

 

Isidore de Séville (vers 560 ou 570 — 636) est l’auteur d’une œuvre considérable à visée encyclopédique, dont se détachent ses Étymologies (Etymologiæ) constituées de vingt livres, qui proposent un classement des mots en 448 chapitres. Cette œuvre rend compte d’une grande partie du savoir antique par la technique de la définition et de l’étymologie. Le livre 15 comprend 16 chapitres et des centaines de définition.

Jean-Yves Guillaumin et Pierre Monat proposent une version de référence. Le lecteur y trouvera une traduction justifiée, et un ensemble luxueux de remarques, de liens et de commentaires répartis en 415 notes érudites.

 

Contenu de l’ouvrage

 

Introduction (p. VII -XV)

Texte et traduction (p. 1-28)

Notes (p. 29-67)

Index verborum (p. 69-80)

Index nominum (p. 81-86)

Index graecus (p. 87)

 

Les 16 chapitres du livre 15 portent sur les matières suivantes (dans la traduction des auteurs) : Les cités ; Les édifices publics ; Les habitations ; Les édifices sacrés ; Les resserres ; Les lieux de travail ; Les accès ; Les différentes parties des édifices ; Les fortifications ; Les tentes ; Les tombeaux ; Les constructions de la campagne ; Les terres ; Les limites des terres ; Les mesures dans les terres ; Les chemins.

 

 

Commentaire sur les chapitres gromatiques du livre 15.

 

Les quatre derniers chapitres, qui nous intéressent plus particulièrement ici, ont été édités dans le corpus gromatique de Blume, Rudorff et Lachmann (368, 19 - 370, 30 La). Mais il existe des différences notables d’établissement du texte et le recours à l’édition et traduction de Guillaumin et Monat est donc indispensable (lire leur note 338 qui recense ces différences).

Dans ces derniers chapitres, Isidore de Séville procède selon sa méthode habituelle qui est un collage de documents anciens dont il a connaissance et dans lesquels il prend la matière de sa définition, quand il ne fait pas une citation pure et simple. Pour les chapitres 13 à 16, il emprunte à Varron, Servius, Virgile, Frontin, Pline l’Ancien, Siculus Flaccus, Balbus, Columelle, etc.

Mais la lecture de ces paragraphes laisse une impression curieuse. Si l’on apprend ici ou là tel ou tel détail, le plus souvent on reconnaît la source et le résumé que propose Isidore paraît alors fade ou elliptique. Ainsi, dans le chapitre 14, le plus gromatique des tous, celui qui traite des confins des terres, on passe de l’étymologie de fines à celle de limes, aux bornes, pour revenir aux deux limites majeurs, kardo et decumanus, et terminer avec arca, trifinium et quadrifinium. Certes, il était difficile de ne pas prononcer des mots aussi importants au sujet des confins, mais ce choix et ce resserrement de la matière n’ont guère de sens, si ce n’est de nous montrer ce à quoi un esprit comme Isidore était sensible au début du VIIe s., ce qu’il pensait devoir retenir de tout ce qu’il avait pu lire.

 

Le livre 15 comporte cependant d’autres passages intéressants pour l’historien de la cadastration romaine et de l’occupation antique du sol. Par exemple, les définitions du livre 2 portant sur les édifices publics présentent beaucoup d’intérêt pour préciser le sens de termes aussi délicats que civitas, oppidum, conciliabulum, vicus, pagus. L’archéologue trouvera aussi du grain à moudre dans les définitions des bâtiments, des dépendances, des temples et des tombeaux.

 

 

Bibliographie

 

Travaux de Jean-Yves Guillaumin concernant l’arpentage

 

Jean-Yves GUILLAUMIN, Sur quelques notices des arpenteurs romains, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon 2007 (recueil de 7 études de l’auteur).

 

Jean-Yves GUILLAUMIN, Les trois notices des Libri coloniarum sur l’ager Asculanus, Dialogues d’Histoire Ancienne, suppl. 1, 2005, p. 277-290.

 

Jean-Yves GUILLAUMIN (ed. et trad.), Balbus. Présentation systématique de toutes les figures. Podismus et textes connexes, Jovene Editore, Naples 1996, 220 p.

 

Antonio GONZALES, Jean-Yves GUILLAUMIN (ed.), Autour des Libri coloniarum. Colonisation et colonies dans le monde romain, Presses Universitaires de Franche-Comté, 2006.

 

Danièle CONSO, Antonio GONZALES, Jean-Yves GUILLAUMIN (ed.), Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains, Presses Universitaires de Franche-Comté, 2006.

 

Autres travaux

 

F. BLUME, K. LACHMANN et A. RUDORFF, Die Schriften der römischen Feldmesser, I, Texte und Zeichnungen, Berlin 1848 [réimpression ed. Georg Olms Hildeshein 1967], 416 p. + 39 pl.

 

CAMPBELL Brian, The Writings of the Roman land surveyors. Introduction, text, translation and commentary, Society for the Promotion of Roman Studies, 2000, 570 p., VI pl.

 

Gérard CHOUQUER et François FAVORY, L’arpentage romain, Histoire des textes, Droit, Techniques, ed. Errance, Paris 2001, 492 p.

 

Carl THULIN, Corpus Agrimensorum Romanorum, Opuscula agrimensorum veterum, coll. Teubner, Leipzig 1913 [rééd. 1971].

 

Lucio TONEATTO, Codices artis mensoriae. I manoscritti degli antichi opuscoli latini d’agrimensura (V-XIX sec), Spoleto 1994, 3 tomes.

 

Accès privé