Brian CAMPBELL,

The writings of the Roman Land Surveyors. Introduction, text, translation and commentary,

Society for the promotion of roman studies, Journal of Roman Studies, monograph n° 9, London 2000, 570 p. + 6 planches.

 

 

 

 

 

 

Table des matières

 

Abréviations (xi)

Préface (xv)

Remerciements (xvii)

 

PREMIÈRE PARTIE : INTRODUCTION

 

Introduction (xx)

1. Le texte (xxi)

2. Les illustrations (xxiii)

3. Les auteurs (xxvii)

4. Origines, développement et statut de l’arpentage (xlv)

5. La division des terres dans l’histoire romaine (liv)

 

DEUXIÈME PARTIE : TEXTE ET TRADUCTION

 

Frontin (2)

Agennius Urbicus (16)

Commentum (50)

Hygin 1 (76)

Siculus Flaccus (102)

Hygin 2 (134)

Liber coloniarum (164)

La description et l’analyse de toutes les figures par Balbus (204)

Lex Mamilia Roscia Peducaea Alliena Fabia (216)

Tombeaux (220)

Extraits de Dolabella (222)

Extrait de Latinus sur les bornes (226)

Casae litterarum (232)

Les noms des arpenteurs, définitions des limites et des bornes (240)

Divers auteurs : limites et bornes (248)

Illustrations (277)

 

TROISIÈME PARTIE : COMMENTAIRE

Frontin (318)

Agennius Urbicus (333)

Commentum (353)

Hygin 1 (357)

Siculus Flaccus (368)

Hygin 2 (384)

Liber coloniarum (402)

Balbus (433)

Lex Mamilia (437)

Tombeaux (438)

Dolabella (439)

Latinus (440)

Casae litterarum (441)

Les noms des arpenteurs, etc (443)

Divers auteurs : limites et bornes (445)

 

APPENDICES

 

1. Les contenus du Corpus Agrimensorum Romanorum (450)

2. Liste des bornes avec inscription cadastrale (452)

3. Liste des inscriptions relatives à un conflit de limites (454) 

4. Marquage des limites (468)

5. Types de terres (472)

6. Les arpenteurs et la Loi (475)

7. Les Provinces italiennes et les communautés dans le Liber coloniarum (478)

8. Table des mesures (482)

 

FIGURES (483)

 

Glossaire (499)

Bibliographie (505)

Indices

1. Sources (525)

2. Mots latins (533)

3. Ancients lieux géographiques (553)

4. Noms et matières (557)

5. Manuscrits (563)

 

Cartes (568)

Planches.

 

 

 

Cet ouvrage constitue la première et la seule entreprise de traduction de la presque totalité du corpus gromatique dans une langue actuelle, l’anglais, existant de nos jours. Brian Campbell, professeur d’histoire romaine à Belfast (Queen’s University), a mené à bien ce travail considérable, ce qui place son livre très haut, désormais, dans la hiérarchie des outils de travail sur l’arpentage romain.

Se fondant sur le texte de Thulin, pour la partie que le savant suédois a éditée, puis sur l’édition plus ancienne de Karl Lachmann pour le reste des textes, l’ouvrage propose le latin en page gauche et la traduction en page droite. Il reproduit ensuite la totalité des illustrations de l’édition Lachmann (p. 278-316). Une présentation des auteurs, des commentaires sur chaque texte, huit annexes substantielles, une bibliographie, un glossaire, des cartes, des figures explicatives et plusieurs index complètent l’ouvrage. Les planches finales sont toutes empruntées à l’ouvrage classique de John Bradford, Ancient Landscapes (1957). L’ensemble de l’ouvrage présente de constantes qualités d’édition et de présentation.

 

Les positions de Brian Campbell (arrêtées en 1998) sur les auteurs antiques et leur datation sont assez classiques ou même un peu en retard sur les avancés de la recherche. Pour Frontin, il accepte les contenus que proposait Thulin et identifie le même personnage que celui qui écrivit les Stratagemata et les Aqueducs de Rome. Pour Hygin, qu’il choisit d’appeler Hygin 1, sa proposition de datation est de le situer vers 100 après J.-C. Pour Hygin Gromatique — Hygin 2 chez lui —, sa proposition est plus incertaine puisqu’il suggère les IIe ou IIIe s. Il ne connaît pas les propositions de datation à la fin du Ier s. et du début du IIe s. qui ont été faites depuis un certain temps déjà (par Philipp von Cranach et aussi par Stéphane Ratti, tous deux en 1996 ; résumé dans Gérard Chouquer et François Favory 2001 : 25-26).  Pour Siculus Flaccus, il propose le IIe siècle et pour Balbus la fin du premier.

 

Sur Agennius Urbicus, il propose une datation du Ve ou du VIe s., mais il ne dégage pas nettement la personnalité de la source anonyme que cet auteur tardif reprend et commente. Dans cette source, dans laquelle on pensait reconnaître Frontin au XIXe s., il voit moins les termes de Frontin que « quelque chose de dérivé de Frontin, peut-être recouvert par un autre matériau » (p. 333). Cette demi-mesure me paraît regrettable car le texte de l’anonyme de l’époque de Domitien (celui que nous avons appelé Pseudo-Agennius dans notre ouvrage de 2001) est l’un des principaux recueils d’instructions de l’ensemble du corpus gromatique. À ce sujet, mon impression est que le texte de Frontin sur les Controverses pourrait bien être le résumé de ce que celui-ci a compris de la lecture de cette œuvre flavienne importante. Les travaux de Lauretta Maganzani me confortent dans l’idée que nous avons là un auteur majeur, toujours insuffisamment restitué.

 

On ne comprend pas la raison du rejet de certains textes, sauf à reconnaître à l’auteur que le travail accompli est déjà considérable et qu’il ne pouvait peut-être pas tout faire. Mais le choix des suppressions (liste donnée p. 450) peut expliquer la nature des commentaires et des positions de l’auteur. Il ne retient pas les textes juridiques, certaines listes de bornes, une partie des Casae litterarum, et les textes les plus tardifs (Cassiodore, Boèce). La suppression du texte de M. Iunius Nipsus paraît la plus curieuse. Brian Campbell situe rapidement cet auteur à l’époque tardive (p. xliv) mais il ne le publie ni ne l’exploite. Là encore son livre accuse un retard sur l’état de la réflexion car cet auteur est une pièce importante dans le dispositif flavien de révision cadastrale : il a été en effet celui qui a aidé un arpenteur à retrouver sur le terrain la disposition d’une seconde centuriation à partir du rapport géométrique qu’elle entretient avec une autre.

 

Les annexes de l’ouvrage rendent de très grands services. On retiendra tout particulièrement les annexes 2 et 3 qui donnent le résultat d’un ample dépouillement des séries épigraphiques.

 

Ainsi, de page en page, l’impression que donne ce gros volume érudit se précise. Important et utile pour la somme des traductions, des annexes et des présentations qu’il fournit, ce livre reste dans la demi-teinte en ce qui concerne les commentaires et l’analyse. Héritier d’une vision classique qu’il répercute, l’auteur ne met pas en évidence l’originalité de la constitution du corpus. Dans ce livre, les textes et les auteurs existent, individuellement et à la suite les uns des autres, comme dans les éditions anciennes, mais le corpus en tant que tel, comme constitution d’un recueil d’instructions cadastrales à l’époque flavienne disposant d’une cohérence certaine, n’est pas perçu. (GC, juin 2008)

 

(À noter, le prix invraisemblable de cet ouvrage. À la date de rédaction de cette notice, un exemplaire était proposé à 541 dollars - 340 euros environ - sur un site de vente par correspondance ! On peut consulter l’ouvrage en France seulement à Paris (ENS, Bibliothèque de la Sorbonne et INHA), à Bordeaux (Ausonius), à Poitiers et à Reims).

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