Carte archéologique et archéogéographique

de la Mayenne sur Google Earth

Note de présentation

 

 

 

 

§1

Macintosh HD:Users:gerardchouquer:Desktop:Mayenne:LaignéVaugasnier.jpg

Montage de deux images (2006 et 2011) permettant de voir l’ensemble d’un gisement, datant probablement de l’âge du Fer ou du début de l’époque romaine. Commune de Laigné, lieudit Vaugasnier. Source : Google Earth.

 

 

§2

La récente mise à disposition sur Google Earth de missions de juillet 2010 et de juin 2011 qui ont été des années “sèches” propices à l’enregistrement d’indices révélateurs de planimétries anciennes (établissements, enclos, voies et parcellaires), ainsi que le recours à des missions plus anciennes également installées sur le portail de Google Earth (2006, 2008 par exemple), permet de faire progresser la carte archéologique de plusieurs départements. Sont concernés par ces missions :

- une large zone au sud-ouest du département de la Mayenne, au sud/sud-ouest de Laval  (environ 270 gisements observés) ;

- une large bande de 18 km de large (poursuivant la précédente vers le sud), qui prend en écharpe l’ouest du département de Maine-et-Loire, de Segré à Cholet, sur 85 km (environ 130 gisements observés)  ;

- une zone située au nord du département de la Sarthe, entre Beaumont-sur-Sarthe et Mamers (environ 120 gisements observés).

- Une dizine de sites dans le département de Loire Atlantique.

Ce sont, au total, environ 530 gisements qui ont été relevés. Notons que ce relevé a nécessité environ une vingtaine d’heures de dépouillement et qu’il n’est sans doute pas exhaustif, certaines traces ayant été laissées dans le doute et d’autres ayant pu échapper.

 

§3

On présente ici la zone de Mayenne, réservant pour d’autres fichiers la présentation des découvertes dans les deux autres départements.

Carte des sites visibles dans la région de Craon et Cossé-le-Vivien.

 

 

§4

Carte des sites visibles dans la zone de Laval.

 

 

§5

Apports et limites

 

Il faut souligner ici immédiatement les apports et les limites de ces découvertes. Comme la région a bénéficié de prospections aériennes (par exemple Leroux 1997), beaucoup de gisements ici mentionnés étaient déjà connus et excellemment photographiés. La comparaison des traces observées avec les clichés publiés de Gilles Leroux, indique le plus souvent la supériorité des clichés du prospecteur par rapport aux éléments ici recensés.

Mais néanmoins les apports de ces missions peuvent être décrits :

- les missions apportent quelques gisements complémentaires qui n’étaient pas connus.

- les missions offrent la possibilité de compiler les infos par partie de site,  en jouant de la complémentarité des dates de prises de vue.

- les missions apportent une vision irremplaçable du parcellaire disparu, plus ou moins ancien, or celui-ci n’est généralement pas relevé ni cartographié par les prospecteurs.

- enfin les missions offrent une vue à la verticale qui permet de corriger les restitutions proposées par les prospecteurs.

 

Les vues proposées provenant de l’IGN, de Digital Globe, de GeoEye, et il s’agit soit de vues aériennes de moyenne altitude, soit de vues satellitales.

 

 

§6

Comparaison entre les prospections aériennes à basse altitude et le dépouillement de vues verticales

 

Dans l’illustration suivante, j’ai incrusté dans Google Earth, la carte des vestiges repérés par Gilles Leroux en prospection aérienne, afin de comparer les gisements connus. On voit que les deux techniques se recouvrent : la plupart des gisements déjà connus par le travail de G. Leroux (carte en noir et blanc) sont visibles sur les missions disponibles sur Google Earth (signets jaunes indiquant les points d’observation).

Ce transfert de la carte de Gilles Leroux dans Google Earth n’a été possible qu’en se fondant sur la trame hydrographique dessinée dans sa carte. Comme sa carte ne représente pas la planimétrie viaire et parcellaire, on est donc privé d’autres moyens de calage. Cependant, son dessin du réseau hydrographique étant fiable, on peut caler la carte sans problème.

 

Comparaison des informations dans une zone particulièrement bien prospectée par Gilles Leroux. On a incrusté la carte archéologique de G. Leroux dans Google Earth.

La carte sur Google Earth

 

§7

Compilation d’images différentes sur un même site.

 

Pour obtenir l’image placée en tête de cette note, j’ai compilé deux portions d’images, l’une issue de la mission de 2006 (partie occidentale du site), l’autre issue de la mission 2010 (partie orientale), après renforcement des contrastes et de la lisibilité et mise à la même échelle. On obtient ainsi une vision complète du gisement.

 

       

Laigné, Vaugasnier. Captures d’extraits de photographies aériennes, à gauche de 2006, à droite de 2010, avant amélioration des contrastes, et avec le même cadrage (source : Google Earth).

 

 

Les autres missions disponiobles, par exemple sur le Géoportail de l’IGN et celle disponible sur le portail Flash Earth, ne sont pas intéressantes pour ce type de repérage. La misison de l’IGN permet, cepandant, de très précisues superpositions, notamment avec le plan cadastral.

 

   

Mission affichée sur le géoportail IGN, à gauche (avec parcelles cadastrales) ; mission affichée sur le géoportail Flash Earth, à droite.

 

 

 

§8

Au nord de Livré-la-Touche. Capture de Google earth.

 

§9

Le relevé des parcellaires disparus, plus ou moins anciens

 

L’illustration suivante donne un exemple des possibilités de lecture des ensembles planimétriques, voies, fossés, limites parcellaires plus ou moins anciennes, paléochenaux et enclos divers à Ahuillé.

 

Ahuillé, lieudit Étrogné. Nombreuses traces parcellaires et viaires différemment orientées, dans une zone d’enclos (capture de Google earth).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

§10

Restitution à la verticale d’images obliques

 

On sait la difficulté qu’il y a à passer d’une vue oblique à une vue verticale, lorsqu’on ne dispose pas d’un programme de calcul. Les schémas des archéologues sont donc souvent sujets à caution, malgré le soin qu’ils peuvent porter à cette opération technique. Les photographies verticales de Google Earth permettent de corriger certaines lectures imprécises ou fautives.

On donne ici un exemple de différence entre l’image verticale et la carte archéologique publiée.

 

Superposition de la carte de Gilles Leroux (traits épais) sur la vue aérienne de Google Earth (traits fins). Il s’agit du fichier kmz cité précédemment.

 

 

 

§11

Le relevé de Gilles Leroux (en vert) présente une erreur angulaire de 20° environ par rapport aux traces visibles sur la mission de Google Earth (en rouge), ainsi qu’un déplacement sensible vers le sud-est. Cette carte de l’archéologue ne peut donc pas être utilisée pour apprécier des orientaitons et des régularités entre informations planimétriques.

 

 

Gérard Chouquer, avril 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

§12

Bibliographie

 

Henri DELÉTANG (dir)., L’archéologie aérienne en France. Le passé vu du ciel, ed. Errance, Paris 1999, 174 p.  (quelques sites de Mayenne)

Claude LAMBERT et Alain RIOUFFREYT, La recherche archéologique dans le Maine, 3, prospection aériennes en Mayenne, Province du Maine, tome 79, 4e série, tome VI, fasc. 22.

Claude LAMBERT et Alain RIOUFFREYT, Des enceintes protohistotiques aux sanctuaires gallo-romains, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 41-43, 1975-76.

Gilles LEROUX, Archéologie aérienne dans le bassin oriental de la Vilaine (France, dans Revue Archéologique de Picardie, n° spécial 17, 1999, p. 337-349.

Gilles LEROUX, Maurice GAUTIER, Jean-Claude MEURET, Patrick NAAS, Enclos gaulois et gallo-romains en Armorique, coll. Documents archéologiques de l’Ouest, 1999, (les sites de la Mayenne sont pp. 265 à 293 et 320 à 335). c

 

 

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